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Décomposition d’une photo n°4

par Madame Oreille

Cet article a été écrit à l’avance et pro­gram­mé. Je me trouve actuel­le­ment quelque part au Mali.
Pour chaque semaine d’absence, j’ai sélec­tion­né une pho­to que je vais « démon­ter » devant vous, en vous par­lant des condi­tions de prise de vue, de mes inten­tions, de mes erreurs, du post-traitement.

Pour cette qua­trième pho­to, nous par­tons à Bar­ce­lone. Nous y allons le temps d’un week-end pro­lon­gé, en Novembre. J’ai choi­si notre hôtel pour sa pis­cine. Non que j’es­père faire trem­pette, il ne fait tout de même pas assez chaud, mais parce que celle-ci se trouve sur le toit, et que j’es­père bien pou­voir y accé­der pour une vue sur la ville.

Et en effet, même s’il ne fait vrai­ment pas chaud là-haut une fois la nuit tom­bée, tous les voya­geurs de l’hô­tel se retrouvent sur le toit pour admi­rer la vue et mitrailler la ville. Ayant pris mon tré­pied, j’en ai pro­fi­té pour faire quelques pho­tos de nuit et des time lapses.

Le pro­blème des toits, c’est qu’on n’a pas for­cé­ment une grande marge de manœuvre. J’a­vais un mur d’un mètre d’é­pais­seur devant moi qui ren­dait le cadrage un peu com­pli­qué. J’ai donc choi­si de mettre en avant la tour Agbar, le seul sym­bole de Bar­ce­lone qui ne soit pas lié à Gaudí (c’est de Jean Nou­vel) ; et ado­ra­ble­ment phal­lique, pour le coup.

J’ai pla­cé l’im­meuble sur une ligne du deuxième tiers, et pour les réglages, je suis pas­sée en manuel : 8 secondes en ouvrant à 8, avec des ISO à 400. Il aurait été pos­sible de le faire en mode Prio­ri­té Vitesse, en lais­sant le boî­tier gérer lui-même l’ou­ver­ture, mais comme j’es­sayais de faire un time lapse...

Pour rap­pel, si vous n’êtes pas fami­lier avec le voca­bu­laire pho­to­gra­phique, vous pou­vez trou­ver le glos­saire, mais éga­le­ment deux articles expli­quant les bases de la pho­to­gra­phie (1 et 2).

ver­sion brute

Vous com­men­cez à connaître la chan­son, l’é­tape sui­vante va être le déve­lop­pe­ment du RAW, et une fois n’est pas cou­tume, le réglage de la balance des blancs va être pri­mor­dial... Comme on peut la modi­fier au déve­lop­pe­ment, je la laisse tout le temps en auto­ma­tique : un truc de moins auquel réfléchir !

Ici, je n’aime pas du tout le ren­du jau­nasse (sans la baleine...) de la ver­sion brute, et je vais donc refroi­dir l’i­mage.

ver­sion développée

Mais ni le contraste ni les cou­leurs ne me satis­font plei­ne­ment. Sous Pho­to­shop, je vais uti­li­ser les masques de réglages pour faire les der­nières cor­rec­tions : désa­tu­rer cer­taines zones, en éclair­cir d’autres...

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8 commentaires

Julien 1 février 2012 - 0:07

J’aime bien la pho­to mais je sens que je vais lan­cer une polémique.
En effet, je ne suis pas super fan de retou­cher les pho­tos. Autant des petits détails pour­quoi pas mais hon­nê­te­ment il y a quand même pas mal de dif­fé­rences entre la RAW et la finale. Du coup, ça dis­tord un peu la réalité.
Après c’est un vieux débat et cha­cun a ses préférences...

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gaspard 1 février 2012 - 0:37

@Julien : je vou­lais faire un article sur la retouche et puis je suis tom­bé là-dessus : 

https://www.madame-oreille.com/index.php/3‑bonnes-raisons-de-shooter-en-raw-et-de-retoucher-vos-photos/

Et donc, Mme. Oreille avait déjà tout dit.

Prendre une pho­to c’est apla­tir l’ins­tant, lui fait perdre de la pro­fon­deur. Les pho­tos, en l’é­tat, n’auront que rare­ment la force du sou­ve­nir. Retou­cher une pho­to c’est essayer de retrou­ver cette magie de l’ins­tant. Les cou­leurs, les contrastes et la pro­fon­deur qui nous a don­né envie d’ap­puyer sur le déclencheur.

Il ne faut pas oublier aus­si que l’ap­pa­reil est une machine et qu’il ne pro­pose qu’une inter­pré­ta­tion de la scène. Entre les réglages, l’ob­jec­tif et le trai­te­ment du logi­ciel interne, le fichier brut affi­ché sur l’é­cran sera déjà dif­fé­rent de ce que l’on aura eu sous les yeux au moment de prendre la pho­to et ne repré­sen­te­ra plus la « réalité ».

La retouche est vieille comme la pho­to­gra­phie et elle per­met juste de cou­rir après la réa­li­té et de par­ta­ger ses sou­ve­nirs avec plus de justesse.

@Mme.Oreille
Une très belle pho­to et un fan­tas­tique jeu de mots (hum...).

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Le Chat Photographe 1 février 2012 - 3:30

Une bonne pho­to d’illus­tra­tion propre mais sans âme(à mon gout)
je pré­fère tes pho­tos de reportage

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tewoz 1 février 2012 - 10:07

Assez d’ac­cord avec le chat, si tes retouches apportent un vrai plus à la pho­to (l’o­ri­gi­nale est vrai­ment très jaune quand même), je trouve la pho­to pas très ori­gi­nale. Bar­ce­lone la nuit c’est peut être pas très pho­to­gé­nique finalement. 😉

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Donlope 2 février 2012 - 14:02

Per­so, la pho­to me plait, les lignes for­mées par l’é­clai­rage des rues, les contrastes tons chauds des rues, tons froids de la tour.
Pour répondre à Julien, je dirais que la pho­to finale res­semble pour le coup beau­coup plus à la vraie vision que la pho­to ori­gi­nale (qui avait effec­ti­ve­ment des pro­blèmes au niveau de la balance des blancs)

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Oreille 3 février 2012 - 18:20

Julien : comme Gas­pard a répon­du, et bien (!), en des­sous, je ne vais pas trop en dire plus... Il ne faut pas voir le RAW comme une repré­sen­ta­tion de la réa­li­té, mais comme la vision de ton appa­reil. En argen­tique, tu choi­sis­sais telle ou telle pel­li­cule pour le ren­du de ses cou­leurs, puis tu gérais les contrastes etc. au déve­lop­pe­ment et au tirage. C’est exac­te­ment pareil, sauf que nos reflexs nous four­nissent des fichiers neutres sur les­quels on peut tra­vailler en non des­truc­tif. \o/

Gas­pard : pas mieux 🙂

Le Chat, Tewoz : je le redis, j’ai choi­si ces images pour ce qu’elles me per­met­taient de racon­ter, et non parce que je les trouve bien (enfin, je ne les trouve pas mau­vaises, sinon je le mon­tre­rai pas, mais je ne les ai pas choi­sies pour ça !). Celle-ci n’a d’ailleurs pas été prise en tant que pho­to, ini­tia­le­ment : elle est issue d’un time lapse mon­trant la nuit qui arrive sur la ville. Mais je n’a­vais que ça comme pho­to de nuit pour mettre en avant ces détails... Bref, vous avez compris 🙂

Don­lope : tu finis donc de tra­duire ma pen­sée 😉 Les éclai­rages jaunes criards n’a­vaient rien de réalistes !

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gaspard 3 février 2012 - 18:31

@Oreille : Oups, déso­lé d’a­voir répon­du à ta place... 😉

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Oreille 4 février 2012 - 10:48

Gas­pard : pour mes pro­chaines vacances, je t’embauche pour répondre à tout le monde 🙂 Blague à part, j’aime bien quand vous vous répon­dez entre vous, voire quand nait une discussion !

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