Comment je me suis décomplexée du portrait

Je suis quelqu’un de plutôt timide et introverti. A l’inverse de mon copain Julien, aller vers les gens pour leur tirer le portrait n’est pas une chose naturelle pour moi. Pourtant, j’aime les visages et les scènes de vie…

J’avais initialement intitulé ce billet comment je me suis décomplexée de la photo de rue, avant de réaliser que peu des photos que j’avais choisies pour l’illustrer avaient été réellement prises dans la rue. C’est une affaire de goût, j’aime photographier les gens dans leur univers. Par exemple, quand, il y a deux ans, je me suis lancée dans une série de portraits en Mayenne, chaque lieu de prise de vue a été choisi en rapport avec une des facettes de la personnalité des personnages.
Aussi, même quand il s’agit de photos spontanées, j’aime garder cette approche. La rue en tant que telle m’intéresse au final assez peu. Mais je crois que l’approche reste la même, qu’il s’agisse de photographier un commerçant dans sa boutique ou un passant sur le trottoir : le problème est toujours d’oser, oser demander, oser faire une photo, et ne pas rester à angoisser d’un hypothétique refus.

J’ai mis du temps à trouver une technique qui me convienne. Je ne suis pas très sociable, je n’ai pas un contact facile ou naturel avec les gens. Parfois, je laisse passer un super portrait, mortifiée à l’idée d’approcher la personne. Pourtant, j’ai constaté une chose : j’essuie peu de refus si j’ose demander. Et surtout, quand on me dit non, j’essaie de ne pas ruminer, de ne pas me braquer. Ce fut longtemps un de mes défauts : quelqu’un refusait, et je passais des heures à tout remettre en question. Je me pourrissais la journée, et arrêtais parfois pendant plusieurs jours de demander à tirer un portrait.

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C’est une affaire de principe, je ne vole pas de portrait.

Lors de mon premier voyage, j’ai volé une photo. Sur le moment, je n’avais pas l’impression de faire quelque chose de mal. J’étais à Ulan Bator, la capitale mongole, et j’ai vu une scène qui m’amusait. A peine avais-je déclenché que mes personnages m’ont invectivée, et même sans parler mongol, j’ai bien compris qu’ils n’étaient pas d’accord avec ce que je venais de faire. Plus tard, j’ai compris que pour eux, il était important de paraître bien sur les photos, et que la scène qui m’amusait témoignait surtout pour eux d’une certaine précarité. Je me suis sentie extrêmement mal après coup. C’est le moment où j’ai compris que je voulais avoir une approche de la photo qui soit respectueuse des gens.

En rentrant de Mongolie, j’ai imprimé pratiquement tous mes portraits pour les envoyer par la Poste à notre interprète (qui avait pour mission de les distribuer ensuite). Du coup, pour pouvoir donner les photos directement, j’ai acheté une polaroid Pogo que j’ai emmenée dans les voyages suivants. C’est une imprimante portable qui permet de donner immédiatement la photo, format carte de crédit. L’impression n’est pas très belle, mais ça a toujours fait des heureux.
Le problème c’est qu’elle n’est aujourd’hui plus produite, et que toutes les imprimantes de poche qu’on trouve sur le marché fonctionnent en wifi ou en bluetooth, deux technologies encore peu présentes sur les réflexs. Je ne peux donc pas vraiment vous conseiller d’en acheter une. Néanmoins, si vous avez un smartphone avec vous lors de vos voyages, vous pouvez utiliser la polaroid Zip. (Il est aussi possible de trouver des jouets type Instax, à la manière des anciens polaroids, mais cela suppose de s’encombrer d’un deuxième appareil photo).

Les photos qui illustrent cet article ont été prises soit avec un ultra grand angle, soit avec un 50mm : des objectifs qui obligent à la proximité. Je n’ai jamais utilisé un téléobjectif pour choper un portrait en mode ninja, et je suis en opposition avec un certain nombre de photographes de rue qui proposent mille et unes astuces pour photographier sans être vu. Ça donne certainement de belles images, mais ça n’a jamais été mon approche ni de la photographie, ni du voyage. On photographie des gens, parce qu’on aime les gens, non ?

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Une photo mal cadrée, mais des gens heureux d’être photographiés, aux USA (oui, c’était facile de deviner le pays)

Étape 1 : oser

Souvent, ce qui empêche de d’oser se lancer, c’est la peur. Mais il faut se demander, de quoi avons-nous peur ? Que peut-il se passer de grave ? Ben pas grand chose ! Au pire, quelqu’un vous stipulera qu’il n’a pas envie d’être pris en photo… (Certes, dans certains pays on évitera de photographier les militaires, et si quelqu’un vous dit non, il ne faudra pas insister, mais c’est du bon sens !) Alors voilà, il faut oser, franchir le pas, se dire que dire de grave ne va arriver si on ose demander à prendre une photo, quelle que soit la réponse !

En 2010, je suis allée en Inde. C’était mon deuxième voyage hors d’Europe, je manquais alors encore beaucoup d’assurance. C’est un pays parfait pour s’initier à l’exercice du portrait et de la photo de rue. Quelques minutes dehors, et vous avez déjà dix photos. Pour autant, il y a de grandes chances que ces photos ne soient pas très intéressantes, ou en tout cas pas celles que vous voulez. Mais c’est pas grave ! Pourquoi ? Parce que c’est en faisant des portraits sans intérêt qu’on apprend à oser. En tout cas, c’est ce qui m’aide beaucoup, personnellement. On apprend que finalement, beaucoup de gens aiment être pris en photo, ou sont indifférents, et surtout, on gagne en confiance en soi, et ça, c’est capital. Ensuite, quand on est plus à l’aise, il faut essayer de construire quelque chose, une composition, une histoire.

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Voici quelques photos prises en Inde, donc. C’est un pays parfait pour oser se lancer dans le portrait, c’est vrai, il faut juste essayer de ne pas se limiter à la facilité. Ainsi, pour la première photo, nous avons croisé ces gamins alors qu’ils sortaient de l’école. Ils ont vu mon appareil photo et ont couru vers nous, se collant à l’objectif. J’ai essayé de faire une photo correcte, pleine de vie.
Pour la deuxième photo, c’est lui aussi un gamin qui est venu me voir, voulant absolument une photo : j’ai fait plusieurs images jusqu’à ce qu’il regarde ailleurs, ça me semblait plus intéressant, même si, comme pour la première, la photo ne raconte rien.

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La photo avec les deux jeunes hommes qui jouent dans l’eau me plaît déjà un peu plus : y’a du mouvement, une impression de vie, on sent qu’ils sont heureux au moment de la photo. C’était un groupe d’amis en train de jouer, un jour de grosse chaleur. Pour obtenir cette image, j’en ai prises beaucoup d’autres, suis restée longtemps à discuter, et ils ont pris au moins autant de photos de moi que moi d’eux. Bref : il y a une confiance mutuelle qui s’est installée.

La dernière photo est de loin ma préférée, même si y’a des défauts techniques. Nous sommes en pleine mousson, les rues sont inondées dès qu’il pleut, mais ce jeune vendeur reste à côté de son étal comme si de rien n’était. L’échange avec lui a été bref, quelques regards, un hochement de tête. Je savais déjà quel cadrage je voulais.

Si je vous montre ces quatre photos, c’est parce qu’il y a une gradation dans l’investissement que j’y ai mis : aller chercher un cadrage, construire une histoire. C’est toute la différence entre canarder et essayer d’avoir une démarche photographique. Au fil du voyage, j’ai réussi à laisser de côté ma peur de demander pour pouvoir me concentrer sur le contenu de mes images.

Étape 2 : ne pas rester sur un refus

Vous essuierez des refus, c’est inévitable. Vous verrez des gens vous jeter des regards suspicieux, parfois vous aurez peut-être même droit à des mots doux. Pourtant, il faut essayer de ne pas se braquer, rester positif, souriant et sûr de soi. Comme je vous le disais plus haut, c’est quelque chose que j’ai beaucoup de mal à faire. Si je débarque dans un pays et que la première personne refuse, je vais avoir du mal à recommencer. Je sais donc d’autant mieux à quel point il est important de se forcer à réessayer, comme quand on tombe de vélo. Oui, une personne a refusé, mais combien seront contents par la suite ? Est-ce que la peur du refus justifie de se frustrer ?

Étape 3 : oser s’approcher

Oser s’approcher ne veut pas nécessairement dire que vous allez photographier un très gros plan du visage de la personne mais que vous allez essayer de créer un lien avec elle. Ça peut être une longue discussion, ou parfois un simple échange de sourires. Il ne faut pas chercher à fuir les regards des autres, bien au contraire. D’ailleurs, je garde souvent les deux yeux ouverts, ça évite de donner l’impression que je me cache derrière mon gros appareil.

Selon les situations, je m’adapte, mais j’ai toujours la même recherche : que mon sujet m’ait vue, avec mon appareil, et soit en position de refuser. Cette façon de faire est un cercle vertueux : je suis bien dans mes chaussures, je me motive plus facilement à oser demander, je dégage un meilleur karma et les gens disent plus facilement oui !

Et puis parfois, on a une bonne surprise en demandant. Une photo qui donne une belle rencontre, une histoire à raconter au lieu d’une simple image.

J’ai pris ces deux photos au Japon, lors d’un récent voyage. Dans les deux cas, j’ai demandé à prendre la photo et obtenu un grand oui. Dans chaque cas, je savais exactement ce que je voulais. Pour le « cheminot », je l’ai vu au bon moment. il allait ouvrir la fenêtre, j’étais à quelques mètres. Je lui ai fait un grand sourire. Il me l’a rendu et je l’ai senti fier d’être vu ainsi à l’œuvre. Il n’a pas hésité une seconde quand je lui ai montré mon appareil photo. J’ai déclenché une première fois, lui ai sourit à nouveau. Je savais que cette première photo ne serait pas la bonne. C’est une astuce que j’utilise souvent : la première photo est trop figée, les suivantes le sont moins. Et j’ai gardé une des suivantes, justement, quand l’un de ses collègues l’a appelé.

Dans le cas de la première photo, c’était justement l’inverse que je recherchais : un portrait posé, regard caméra, où l’homme dont je visitais la maison invite le lecteur à le rejoindre. J’ai pris la photo à la fin de la visite. Ça m’a permis à la fois d’avoir le temps pour lui parler, mais aussi pour découvrir toutes les pièces. Dans un coin de ma tête, je retenais les endroits qui m’intéressaient, pour une raison ou pour une autre. A la fin, lorsque je lui ai demandé s’il acceptait que je le prenne en photo, je savais donc exactement où je voulais qu’il se mette. C’était l’une des premières pièces, magnifique, celle où étaient reçues les personnes importantes. Il s’est prêté au jeu sans problème, et je suis plutôt contente de l’ambiance qui se dégage de la photo : le choix de la pièce et du cadre était primordial pour cela.

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J’ai pris cette photo cet été, à Izmir, en Turquie. J’en ai d’ailleurs prises plusieurs, sur le même principe, au même endroit : des commerçants dans le bazar. La photo donne l’impression que l’homme attend nonchalamment le client, perdu dans ses rêveries. J’aurais certainement pu le photographier sans lui demander, me cacher, aller vite. Mais j’aime ce cadrage frontal. Je me suis donc arrêtée devant la boutique, souriante. J’ai montré mon appareil. Il n’a montré ni enthousiasme ni gène : ma présence semblait plutôt l’indifférer. Alors j’ai pris ma photo, tranquillement.

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La photo ci-dessus est l’opposé de la photo d’Izmir dans l’idée : je suis en Loire Forez, je découvre une super boutique, à la fois confiserie et salon de thé, et je demande à la patronne de poser pour moi. Géraldine n’est pas à l’aise, ce n’est pas son univers. Pourtant, elle se prête au jeu qui est pour le coup, particulièrement difficile : il s’agit de poser, pas d’être photographié dans l’action. C’est typiquement un moment où vous ne savez plus comment vous tenir, où vous ne savez pas où mettre vos mains. Je le sais pour ne pas être à l’aise, moi-même, devant un objectif. Alors pour faire la photo, il faut parler, détendre la personne, plaisanter, et réussir à trouver ce moment qui lui rendra hommage, où on verra les yeux qui pétillent et le sourire, au lieu de la gène.

Étrangement, on a l’impression que c’est plus compliqué de prendre des photos en France. Il y a certainement un fond de vérité : les gens peuvent être méfiants, se demander où va atterrir la photo, quel usage vous allez en faire. Pourtant, en France, on a l’avantage de la langue. Il suffit bien souvent d’expliquer ce que vous voulez faire, de façon simple et honnête. Et Géraldine savait donc parfaitement qu’elle serait en photo sur ce blog !

Pour prendre ce genre de photos, outre la confiance à gagner pour convaincre le sujet d’accepter, il y a aussi un facteur chance : être là au bon moment. Il m’est donc arrivé d’attendre la fin du service pour obtenir une photo du chef, par exemple. Dans le cas où une personne nous accorde quelques minutes sur son temps de travail, il faudra alors être irréprochable : savoir ce qu’on veut, que le matériel et les réglages soient prêts.

Étape 4 : l’autorisation tacite

C’est à cette étape qu’on arrive à s’épanouir en photo de rue, il me semble. La frontière entre portrait et photo de rue est parfois subtile, mais il suffit souvent de s’interroger sur le sujet de la photo. Il ne s’agit pas des proportions prises dans l’image par un personnage, mais d’un contexte. Est-ce qu’on tire le portrait de quelqu’un, ou photographie-t-on une scène de vie ? Est-ce que ce qui nous intéresse c’est la personne en tant que telle, ou ce qu’il est en train de se passer ? Oui, la frontière est mince.

Réussir à obtenir une autorisation tacite, est la meilleure façon d’arriver à se décomplexer par rapport à la photo de rue. On ne cherche pas un gros plan sur un visage, on veut immortaliser une scène de vie. Hors, interrompre une discussion pour dire « Ola, se puede tomar une photographia de ustedes ? » (oui, les deux photos qui vont servir d’exemples ci-dessous ont été prises au Panama et mon espagnol est rouillé) casserait toute l’ambiance, et gâcherait la photo. Ils pourraient dire oui, bien sûr, mais l’instant qu’on voulait immortaliser se serait déjà envolé, et on se retrouverait avec des personnages qui prennent la pose. Alors il faut trouver des astuces.

Prenons donc deux exemples, dans les rues de Panama City.

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En marchant dans la rue, je vois un groupe d’écoliers en uniforme. Je regarde rapidement autour de moi : je veux un bel arrière plan. Je repère un mur blanc, avec deux tâches jaunes. Parfait.
Je me place en face, je regarde dans mon viseur, prépare mon cadrage. J’ai mon idée en tête. L’appareil est tellement visible qu’un automobiliste s’arrête pour me laisser prendre ma photo, et que l’un des gamins me regarde (et j’aime beaucoup les regards caméra).

J’ai la photo que je voulais, je n’ai dérangé ni offusqué personne.

Toujours dans une rue panaméenne, mon regard est attiré un étal de chapeaux. La scène est très graphique. Une des nappes est assortie aux poteaux et à une plaque de tôle installée contre le mûr. Un miroir renvoie l’image d’une façade dont le rouge fait écho à la nappe et à la route fraîchement refaite. Les trois couleurs se répondent entre elles, comme dans un tableau de Mondrian.
Je m’arrête en face, sourit à la vendeuse. Je suis certainement la dixième touriste à photographier sa petite boutique aujourd’hui, elle ne semble pas s’intéresser à moi. Mon appareil est dans ma main, bien visible, elle sait que je vais prendre une photo. Et voilà qu’arrive un garçon. Il est habillé en bleu, elle est en jaune, j’ai la touche finale à mon tableau, je déclenche. J’attends quelques secondes, espérant qu’une personne en rouge traverse mon cadre, mais ce ne sera pas pour cette fois-ci !

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Pour ces deux photos, j’étais sur le trottoir d’en face. Il y avait peu de voitures, l’espace était dégagé. Ils auraient pu traverser, m’interpeller, me signifier un refus. Mais ma photo ne les dérangeait pas, alors ils m’ont laissée faire.

Conclusion

Je ne serai jamais la photographe la plus extravertie au monde, j’aurai toujours un temps d’hésitation avant d’aller aborder quelqu’un, avant d’oser déclencher. Mais avoir une approche éthique de la photo me facilite les choses : je ne vis plus la photo comme une intrusion. J’aime mettre les gens en valeur, les montrer beaux, et j’essaie que cela se ressente lorsque je prends une photo. Être à l’aise avec son matériel (ne pas chercher son réglage) est aussi important qu’être à l’aise dans son approche de la photographie : savoir ce qu’on veut photographier, et comment.

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Quelques conseils pour s’entraîner

Toutes les photos qui suivent ont été prises lors d’un voyage au Mali, en 2012. C’est un pays où faire des photos est à la fois très facile et très compliqué, certaines personnes se méfient des appareils par superstition. Ils sont minoritaires, mais j’ai eu droit à des réactions assez virulentes. Aussi, j’ai pris de grosses pincettes à chaque fois que j’ai voulu tirer un portrait !

Loger chez l’habitant

C’est simple, loger chez des gens est le meilleur moyen de sympathiser avec eux. J’ai pris cette photo à Bamako. La fillette s’appelle Ma, c’est la voisine du monsieur chez qui nous dormons. Nous ne sommes pas dans un quartier très touristique, et de toute façon, il n’y a presque plus de touristes au Mali à ce moment-là.

Ma joue toute la journée dans la cour commune. Et forcément on commence à échanger, avec elle mais aussi avec sa famille. Le fait de loger dans le quartier nous permet de rentrer dans le quotidien. La confiance s’instaure beaucoup plus facilement.

 

Provoquer les occasions

Djeba est le neveu de notre logeuse, Aminata, à Ségou. Tous les soirs, les touristes en chambre d’hôte (juste moi et Monsieur Oreille, en fait) et la famille faisaient table commune. Djeba venait manger avec nous avant de repartir dormir chez lui.

J’avais déjà pris quelques photos de Mohamed, le petit fils d’Aminata. Très photogénique, toujours très expressif, il aimait se voir sur l’écran LCD et surtout être au centre de toutes les attentions. Son grand frère, Abu, agé d’une dizaine d’année, nous regardait du coin de l’œil. Je voyais bien qu’il mourrait d’envie de se faire prendre en photo, lui aussi. Alors je lui ai proposé. Je lui ai dit où s’installer pour avoir de la lumière sur son visage, et j’ai déclenché. Il s’amusait à faire le gros dur sur la photo, et rigolait en se regardant ensuite.

De fil en aiguille, j’ai ainsi tiré le portrait de presque chaque membre de la famille, et je sais qu’ils ont passé une jolie soirée à rire, et en plus gardé les petits tirages de la Pogo (l’imprimante portable dont je parlais plus haut) comme souvenirs. Ici, l’appareil photo était vraiment un moyen d’échange, chacun venant regarder la photo sur l’écran, se moquant du grand frère, ou riant d’une grimace.

 

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Profiter de chaque rencontre

Nous sommes dans le Sud du pays. En empruntant une route pleine de caillasse, nous avons cassé la pédale de frein de notre moto. Comme elle nous a été prêtée par l’ami de quelqu’un rencontré sur place, nous ne voulons pas la rendre abîmée. Nous nous arrêtons tour à tour dans deux « garagistes » de bord de route, qui mettent tout en œuvre pour remplacer la pédale foutue.

Nous discutons avec eux. Ils rigolent quand on explique qu’on a passé la journée sans pédale de frein, l’ambiance est bon enfant. La situation pourrait ne pas prêter à rire, surtout qu’il faut qu’on se dépêche. Le soleil descend rapidement, et nous voudrions rentrer de jour. Mais je passe le temps en photographiant nos garagistes au travail.

Il ne faut jamais oublier que chaque événement peut devenir une occasion de prendre une photo, et chaque personne que l’on rencontre devenir le personnage d’une image. Si on a déjà échangé quelques mots avec la boulangère en achetant du pain, pourquoi ne pas pousser la conversation en demandant si on peut prendre une photo ?

 

 

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32 Commentaires

laura 23 mars 2016 à 10:01

Je me retrouve beaucoup dans ce que tu décris. Pas facile de demander au début mais quel bonheur ensuite car cela crée des moments insoupconnés. Je trouve toujours cela tres impressionnant de photographier quelqu’un. L envie de rendre hommage, d embellir la personne, de la respecter rend l’excercice tellement stressant pour moi. L’astuce de ne pas regarder dans son viseur est déclencher des premières photos marche bien pour décoincer.
Mon astuce pour prendre des personnes en photo ce sont les marchés, j’arrive facilement à discuter avec les marchands et après avoir papoter un peu je trouve cela plus simple de demander.
Quand on crée ses petits moments de relation même si la photo n’est pas parfaite elle aura toujours un petit plus affectif qui lui donnera quelque chose de plus. Mon plus beau souvenir de portrait s est passé au guatemala quand se sont deux femmes qui m’ont demandé à être prise. Même si je n ai pas été à la hauteur de leur demande techniquement j’adore cette photo.
Je vais essayer de mettre en pratique tous ses bons conseils à Madagascar prochainement. Il faut que je me perfectionne pour donner cet asoect lumineux aux visages !

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Samuel 23 mars 2016 à 10:04

Et voilà, suite à mon expérience à Istanbul, même si il ne s’agissait pas de portrait mais de photo de rue, ton article apporte de l’eau à mon moulin, je continue à lire les avis de chacun sur la question, ça me fait du bien. 🙂

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Thomas 23 mars 2016 à 10:23

Bonjour,
Merci pour cet article, très intéressant pour les personnes timides (comme moi). Je partage ton point de vue sur les photos de rue volées. Il est préférable d’avoir l’accord de son sujet même si ce n’est pas toujours évident.

Voici ce que je peux partager de mon expérience parisienne.
– Il est plus facile de prendre des photos de rue lors de grands événements (Fête de la musique, 14 juillet, JDL, salons etc…)
– Dans les lieux les plus touristique de paris (ce n’est pas forcement les cadres les plus intéressants)
– Toujours avec un grand sourire.
– Parler, discuter et échanger avec les personnes dans la rue. (punks, artistes, autres photographes!, touristes…) Ils ont tous une histoire.

J’ai rarement eu des refus, à l’inverse beaucoup de personnes me demande de prendre des photos pour eux (avec leurs appareils)

Il y a un point que tu n’as pas abordé dans ton article. Lors de tes voyages, as-tu des demandes d’argent contre une photo? Et si oui, qu’elle est ta position à ce sujet?

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Ella 23 mars 2016 à 14:40

tres bel article, merciii ! et merci pour tes conseils. Il est vrai que si j’ai eu un refus un peu virulent, je n’ose plus trop demander après… merci !

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Laure-Line 23 mars 2016 à 14:58

Merci beaucoup pour cet article!
Je suis moi-même en voyage et pas du tout à l’aise avec la photo de rue/portrait! Je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis.
Je ne savais pas trop comment aborder les personnes dans la rue et j’avais l’impression qu’en demandant je perdrais l’image que je voulais. Je me rend compte à travers tes photos que tu arrives à obtenir de belles photos même en demandant!
Bon allé, demain je me lance!
Merci!

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Catherine 23 mars 2016 à 15:15

Merci Aurélie, je vais passer au décomplexage je crois aussi !! Je ne prends jamais de portrait mais j’ai bien envie de m’y mettre au moins d’essayer sans idée préconçue.

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Emilie 23 mars 2016 à 16:19

Bonjour et merci pour cette article qui donne envie de se lancer! Que conseillerais tu de faire si on n’a pas la possibilité d’imprimer des photos en direct pour donner aux gens? Il y a egalement des fois ou les personnes acceptent la photo mais demande des sous apres coup, comment faire dans ce cas?

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Anne LANDOIS-FAVRET 23 mars 2016 à 16:24

De très bons conseils que je vais essayer d’appliquer un peu plus souvent. Je ne suis pas non plus une photographe extravertie. J’habite en Ile de France, et ça ne m’aide pas à me lancer, les gens sont souvent à faire la tête et n’ont pas des airs à dire oui, mais peut-être que je pourrai m’entraîner en Province où je serai sûre que la personne ne pourra pas me suivre jusqu’à chez moi en descendant à ma gare ! 😀

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Thomas 23 mars 2016 à 17:22

De mon expérience, il est plus facile de prendre des photos de rue en Ile de France qu’en Province.

Sur Paris, la foule ne remarque pas toujours ta présence, et si des personnes te remarque ils sont habitués à voir des photographes.

En province, j’ai eu beaucoup plus de regard méfiant. Après peut être qu’en fonction des villes et des régions les personnes se laissent prendre en photo plus facilement.

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Anne LANDOIS-FAVRET 24 mars 2016 à 11:43

Oui je comprends ton avis, mais ce n’est pas sur cet axe exactement que je parlais. Sur Paris, je n’ai pas trop de souci, je passe pour une touriste, il y a beaucoup de monde, donc ça passe. Mais c’est plus sur mon trajet de tous les jours, en petite et grande couronne. Je travaille dans le Val-de-Marne et vis en Essonne, je passe par des coins comme Juvisy, Grigny et Evry et j’ai déjà tenté de juste sortir l’appareil, les gens sont à 2 doigts de te sauter à la gorge très souvent … Bref, ‘est sport !

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Julien 23 mars 2016 à 21:56

Super article !
Chaque culture, chaque pays a une approche différente de la photo histoire de compliquer un peu la situation…
J’ai dernièrement éprouvé plus de difficulté au Guatemala qu’au Sri Lanka malgré avoir utilisé la même approche.
Tes conseils sont les bons, et comme tu le dis : au pire ils disent « non » et c’est tout…
Prendre le temps est une évidence : la beau portrait se fait rarement sans complicité.
Discuter, montrer de l’intérêt et être ouvert… La suite se fait naturellement.
Et c’est cool de taper la discute ^^
PS : j’adore le malien fatigué devant sa boutique, elle est magique cette photo !

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Letizia 24 mars 2016 à 13:43

Oui super article!
J’ai beaucoup de respect pour les gens qui font des portraits car j’ai vraiment beaucoup de mal avec ce type de photographie. Je préfère presque toujours prendre les personnes de dos plutôt que de face alors que la photo serait beaucoup plus belle… J’étais à Lisbonne dernièrement et j’ai vu une situation magique, un homme jouait de la musique sur un Mirador, le soleil descendait dans son dos. J’ai déclenché sans réfléchir et il m’a lancé un regard noir. Il a détourné le visage à chaque fois que je le photographiais et même si sur le moment ça m’a un peu ennuyé, ça m’a tout de même beaucoup fait réfléchir… J’aurais dû lui demander son avis, je le sais maintenant. J’ai effacé toutes les photos que j’ai faites ce soir-là. La prochaine fois, j’essaie de prendre mon courage à deux mains et j’irai demander. Julien à raison, c’est toujours sympa de se taper la discute 🙂

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carla 24 mars 2016 à 14:09

excellent article qui donne matière à réflexion sur sa propre pratique! l’accord tacite, avec une certaine distance comme l’espace de la chaussée par exemple, ou d’un étal est celui qui me mets certainement le plus à l’aise. Certains visages, aux regards ou sourires avenants, font oser poser la question plus facilement aussi… mais dans l’environnement proche je trouve ça bien plus difficile! je vis sur une île où les « images » sont nombreuses, mais au final n’ose pas souvent quand c’est à côté de chez moi,arghhh… cet article me rebooster et me donne envie de vraiment franchir ce cap … merci pour ce partage et ces superbes photos!

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Mathilde - Voyager en photos 25 mars 2016 à 20:27

Super article ! Je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis. Je suis quelqu’un de très timide et plutôt introvertie, pourtant maintenant, je n’ai (plus trop) peur de demander aux gens pour les prendre en photos. Bien sur, cela dépend des endroits, et j’ai moins peur de demander après un premier oui !
J’ai constaté qu’il était vraiment mal vu de faire des photos dans les pays mulsumans. J’ai eu à m’expliquer pour avoir pris des photos de rue, où c’était pour le coup vraiment la rue qui était le sujet et non quelqu’un en particulier…
Sinon je ne demande pas forcément tout le temps, mais je fais en sorte que la personne voit que je la prends et je lui fait un geste avec un sourire, souvent ça suffit. Une fois j’ai voulu photographier sans demander des papis siciliens qui discutaient. Je ne voulais pas les déranger car ils étaient vraiment trop bien sur le vif. Ils m’ont surprise et ensuite se sont bien moqué de moi qui était toute gênée de les avoir pris sans autorisation. Ils étaient morts de rire et je me suis sentie un peu bête ^^
Sinon je partage tes conseils. Je n’aime pas le principe des photographes de rue qui t’agressent en te flashant dans la figure (je pense à Thomas Leuthard et Eric Kim même si j’adore je résultat qu’ils arrivent à obtenir, je trouve pas le procédé très fair play)

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Garance eyes 26 mars 2016 à 12:14

Wow ton article est juste superbe… Tes photos sublimes ! Ton point de vue est très intéressant. J’adore faire de la photo, et parfois dans la rue j’aimerais pouvoir prendre une scène qui me paraît magique, mais c’est vrai que je n’ose pas, de me prendre des caillous dans la figure ! Mais grâce à ton article je vais peut-être réussir à me lancer. Alors merci, de nous avoir faire partager ton expérience ! Bonne continuation !

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jasparis 26 mars 2016 à 23:38

Merci pour ton article, c’est vrai que je passe à côté de plein de photos car je n’ose pas demander!

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Tellou 27 mars 2016 à 9:34

Merci beaucoup pour cet article qui leve certaines inhibitions. Memes difficultes pour demander… mais ce qui m’embete ce n’est pas tant le refus que de perdre la spontaneite d’une situation, la reverie dans un regard etc….

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Violaine 31 mars 2016 à 16:24

Superbe! Et que de chouettes conseils 🙂
Petite question techinique, tu utilises quel(s) objectif(s) pour les portraits en général?
Merci et bonne journée!
Violaine.

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Oreille 1 avril 2016 à 0:37

ça dépend des situations, mais je navigue généralement entre 16-35 2.8 et 50 1.4 (canon tous les deux)

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Violaine 1 avril 2016 à 11:58

J’utilise le 16-35 2.8 aussi, mon fétiche qui ne me quitte jamais 🙂 , 50mm 1.4 OK, j’ai le 1.8 (très bon rapport qualité-prix). Bon à savoir! Merci! Je vais utiliser tes conseils pour les portraits, je suis moi aussi timide et ose rarement prendre les gens en photo de peur de me faire engueuler 😀 ahah

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Céline 2 avril 2016 à 13:41

Bonjour Madame Oreille !

Je suis une lectrice discrète mais passionnée par le blog ! Chez nous c’est un peu l’inverse, Monsieur prend les photos et moi je suis l’assistante ! Toujours est-il que ce soir en lisant cet article j’ai reconnu chaque attitude, chaque façon de faire … Au début de notre voyage je déplorais que Monsieur ne prenne jamais les photos que moi j’imaginais : l’enfant avec sa maman, le petit berger avec son troupeau, le vieillard qui fume… Après tout il y a des blogs qui regorgent de photo volées et elles sont plutôt réussies. Mais non. monsieur avait son éthique de la photographie et il était impossible de l’en faire démordre. Aujourd’hui je me rends compte que cette éthique du portrait et de la photo de rue nous a permis de faire les plus belles rencontres, On a laissé derrière nous des gens aussi heureux et souriants que nous, on a faché personne, on a essuyé de rares refus mais tant pis. Je me rends suis aussi rendue compte que les photos volées n’ont pas cette franchise, ce contact avec l’objectif ( le « regard caméra  » comme tu dis) qui rends la photo vivante et lui donne du sens.
Alors bravo pour cette philosophie du portrait. J espère que cet article va être beaucoup lu et qu’on verra de moins en moins d’apprentis paparrazis fous braquer leurs objectifs à 3cm de quelqu’un sans même dire bonjour ….

PS : nous utilisons la mini imprimante photo LG pocket photo, ça fait toujours son petit effet et elle marche très bien !

Céline
xjetceline.wordpress.com

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Catherine 4 avril 2016 à 9:25

Excellent article, j’ai adoré te lire et découvrir tous ces conseils 🙂

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Aline 9 avril 2016 à 16:38

Merci pour ce très bon article. Je me suis toujours posée beaucoup de questions sur ce sujet et tu y répond entièrement. Je me retrouve entièrement dans cette philosophie et tes mots vont me permettre de le mettre d’avantage en application. Surtout que certaines de tes photos ne manquent absolument pas de spontanéité.

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Cédric 11 avril 2016 à 7:47

Un bien bel article avec des conseils que je vais éssayer de mettre en pratique lors de mes prochaines escapades. J’adore les portraits mais je n’ose jamais aller demander. Je culpabilise après coup, mais « l’angoisse » du refus prends toujours le dessus… Merci pour ces précieux conseils!

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Thierry 9 mai 2016 à 14:04

Je débute en photographie de rue et adhère complètement au principe de respect des personnes photographiées consistant à demander avant de prendre des photos. Je m’interroge toutefois sur les circonstances constituant des exceptions à cette règle. Les photos prises au Panama pouvant illustrer mon idée qui est la suivante : quand on ne peut pas faire autrement que de prendre sa photo avant, pourquoi ne pas aller après coup trouver les personnes concernées, leur montrer la photo et la supprimer de la carte s’ils ne l’aiment pas ? Je fais déjà ça avec les portraits de mes proches et du coup ils ne se lassent pas de me voir les prendre sous toutes les coutures car ils savent que je n’en garderai que très peu, les plus flatteuses..

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Lauren - Visions d'Ailleurs 2 juin 2016 à 15:32

Merci pour cet article ! Comme toi, j’ai du mal à ‘voler’ des portraits, d’autant plus qu’en 3 secondes la photo est rarement esthétique et sera effacée plus tard. Je me sens toujours gênée lorsque j’arrive avec mon gros appareil photo, seule touriste au milieu d’un marché local par exemple. Comme je ne peux pas me fondre dans la foule, j’ai plus de mal à prendre mon temps et photographier les scènes de vie. Mais je vais suivre tes conseils à présent, et tenter de franchir le pas 🙂

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freddides 2 juillet 2016 à 9:15

bonjour,
Quelle super article, je souffre du même problème, je n’ose pas! Et cela me rend fou tant j’aime le portrait spontané et la photo de rue.

Je reviens de 4 jours à Marrakech, et je n’ai pas un seul portrait de Marocains, pourtant il y avait de quoi faire. Mais cela a été très difficile. J’ai eu l’impression très vite que j’allais être obligé de payé la moindre photo au modèle ce qui casse tout le coté spontané de la chose…

Etes-vous déjà allé à Marrakech? Est-ce les marocains qui ne se laissent pas forcement bien photographier? Bref je reviens de mon voyage un peu perplexe…

Dommage de n’avoir pas vu votre article avant….

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yolandabegood 22 juillet 2016 à 16:10

Non mais je découvre ton blog, tes photos sont extraordinnaires, je sais que tu le sais, mais il est bon que je te le rappelle Madame Oreille <3 JE SUIS FAN

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Christine 21 août 2016 à 19:45

Merci pour tes conseils ! J’aime beaucoup les portraits de Steve McCurry justement et j’ai toujours voulu en faire, mais je n’ose jamais vraiment parler aux gens et demander la permission. Je me concentre plutôt sur les photos de rues où justement comme tu dis, ça briserait le moment t’interpeller la personne. Ce ne serait plus la même photo et après tout les scènes de rues se déroulent tellement vite. Je vais essayer de me motiver comme toi tu l’as fait. Tes photos montrent que l’effort en vaut la peine. Je t’avoue que je trouve ça plus facile dans un pays où je ne connais pas la langue et c’est avec un regard et en montrant ma caméra que je comprends si oui ou non je peux faire une photo. Petite question, je sais que l’autorisation verbal ne vaut pas autant qu’une signature pour de futurs publications, mais je trouve ça étrange de faire signer un papier pour une photo. Ça doit provoquer des questionnements au sujet aussi !?

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photospicy 14 novembre 2016 à 23:21

très beau partage sur le ressenti et l’approche dans la photo portait.

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guy 14 novembre 2016 à 23:23

très beau partage sur le ressenti et l’approche dans la photo portait.

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Idil Fortin 27 avril 2017 à 18:40

Quel bel article, si complet et illustré d’exemples ! C’est très difficile pour moi de demander à prendre une photo… et en même temps j’avoue que je n’ai jamais vraiment essayé. J’ai volé quelques photos et je n’en suis pas fière, je me suis promis récemment de ne plus le faire alors ton article tombe très bien ! Merci à toi pour ces conseils très concrets ! Félicitation, par ailleurs, pour ces si belles images ! C’est un plaisir d’avoir découvert ton blog !

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