Comment je me suis décomplexée du portrait

Je suis quelqu’un de plutôt timide et intro­ver­ti. A l’inverse de mon copain Julien, aller vers les gens pour leur tir­er le por­trait n’est pas une chose naturelle pour moi. Pour­tant, j’aime les vis­ages et les scènes de vie...

J’avais ini­tiale­ment inti­t­ulé ce bil­let com­ment je me suis décom­plexée de la pho­to de rue, avant de réalis­er que peu des pho­tos que j’avais choisies pour l’illustrer avaient été réelle­ment pris­es dans la rue. C’est une affaire de goût, j’aime pho­togra­phi­er les gens dans leur univers. Par exem­ple, quand, il y a deux ans, je me suis lancée dans une série de por­traits en Mayenne, chaque lieu de prise de vue a été choisi en rap­port avec une des facettes de la per­son­nal­ité des per­son­nages.
Aus­si, même quand il s’agit de pho­tos spon­tanées, j’aime garder cette approche. La rue en tant que telle m’intéresse au final assez peu. Mais je crois que l’approche reste la même, qu’il s’agisse de pho­togra­phi­er un com­merçant dans sa bou­tique ou un pas­sant sur le trot­toir : le prob­lème est tou­jours d’oser, oser deman­der, oser faire une pho­to, et ne pas rester à angoiss­er d’un hypothé­tique refus.

J’ai mis du temps à trou­ver une tech­nique qui me con­vi­enne. Je ne suis pas très socia­ble, je n’ai pas un con­tact facile ou naturel avec les gens. Par­fois, je laisse pass­er un super por­trait, mor­ti­fiée à l’idée d’approcher la per­son­ne. Pour­tant, j’ai con­staté une chose : j’essuie peu de refus si j’ose deman­der. Et surtout, quand on me dit non, j’essaie de ne pas rumin­er, de ne pas me bra­quer. Ce fut longtemps un de mes défauts : quelqu’un refu­sait, et je pas­sais des heures à tout remet­tre en ques­tion. Je me pour­ris­sais la journée, et arrê­tais par­fois pen­dant plusieurs jours de deman­der à tir­er un por­trait.

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C’est une affaire de principe, je ne vole pas de portrait.

Lors de mon pre­mier voy­age, j’ai volé une pho­to. Sur le moment, je n’avais pas l’impression de faire quelque chose de mal. J’étais à Ulan Bator, la cap­i­tale mon­gole, et j’ai vu une scène qui m’amusait. A peine avais-je déclenché que mes per­son­nages m’ont invec­tivée, et même sans par­ler mon­gol, j’ai bien com­pris qu’ils n’étaient pas d’accord avec ce que je venais de faire. Plus tard, j’ai com­pris que pour eux, il était impor­tant de paraître bien sur les pho­tos, et que la scène qui m’amusait témoignait surtout pour eux d’une cer­taine pré­car­ité. Je me suis sen­tie extrême­ment mal après coup. C’est le moment où j’ai com­pris que je voulais avoir une approche de la pho­to qui soit respectueuse des gens.

En ren­trant de Mon­golie, j’ai imprimé pra­tique­ment tous mes por­traits pour les envoy­er par la Poste à notre inter­prète (qui avait pour mis­sion de les dis­tribuer ensuite). Du coup, pour pou­voir don­ner les pho­tos directe­ment, j’ai acheté une polaroid Pogo que j’ai emmenée dans les voy­ages suiv­ants. C’est une imp­ri­mante portable qui per­met de don­ner immé­di­ate­ment la pho­to, for­mat carte de crédit. L’impression n’est pas très belle, mais ça a tou­jours fait des heureux.
Le prob­lème c’est qu’elle n’est aujourd’hui plus pro­duite, et que toutes les imp­ri­mantes de poche qu’on trou­ve sur le marché fonc­tion­nent en wifi ou en blue­tooth, deux tech­nolo­gies encore peu présentes sur les réflexs. Je ne peux donc pas vrai­ment vous con­seiller d’en acheter une. Néan­moins, si vous avez un smart­phone avec vous lors de vos voy­ages, vous pou­vez utilis­er la polaroid Zip. (Il est aus­si pos­si­ble de trou­ver des jou­ets type Instax, à la manière des anciens polaroids, mais cela sup­pose de s’encombrer d’un deux­ième appareil pho­to).

Les pho­tos qui illus­trent cet arti­cle ont été pris­es soit avec un ultra grand angle, soit avec un 50mm : des objec­tifs qui oblig­ent à la prox­im­ité. Je n’ai jamais util­isé un téléob­jec­tif pour chop­er un por­trait en mode nin­ja, et je suis en oppo­si­tion avec un cer­tain nom­bre de pho­tographes de rue qui pro­posent mille et unes astuces pour pho­togra­phi­er sans être vu. Ça donne cer­taine­ment de belles images, mais ça n’a jamais été mon approche ni de la pho­togra­phie, ni du voy­age. On pho­togra­phie des gens, parce qu’on aime les gens, non ?

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Une pho­to mal cadrée, mais des gens heureux d’être pho­tographiés, aux USA (oui, c’était facile de devin­er le pays)

Étape 1 : oser

Sou­vent, ce qui empêche de d’oser se lancer, c’est la peur. Mais il faut se deman­der, de quoi avons-nous peur ? Que peut-il se pass­er de grave ? Ben pas grand chose ! Au pire, quelqu’un vous stip­ulera qu’il n’a pas envie d’être pris en pho­to... (Certes, dans cer­tains pays on évit­era de pho­togra­phi­er les mil­i­taires, et si quelqu’un vous dit non, il ne fau­dra pas insis­ter, mais c’est du bon sens !) Alors voilà, il faut oser, franchir le pas, se dire que dire de grave ne va arriv­er si on ose deman­der à pren­dre une pho­to, quelle que soit la réponse !

En 2010, je suis allée en Inde. C’était mon deux­ième voy­age hors d’Europe, je man­quais alors encore beau­coup d’assurance. C’est un pays par­fait pour s’initier à l’exercice du por­trait et de la pho­to de rue. Quelques min­utes dehors, et vous avez déjà dix pho­tos. Pour autant, il y a de grandes chances que ces pho­tos ne soient pas très intéres­santes, ou en tout cas pas celles que vous voulez. Mais c’est pas grave ! Pourquoi ? Parce que c’est en faisant des por­traits sans intérêt qu’on apprend à oser. En tout cas, c’est ce qui m’aide beau­coup, per­son­nelle­ment. On apprend que finale­ment, beau­coup de gens aiment être pris en pho­to, ou sont indif­férents, et surtout, on gagne en con­fi­ance en soi, et ça, c’est cap­i­tal. Ensuite, quand on est plus à l’aise, il faut essay­er de con­stru­ire quelque chose, une com­po­si­tion, une his­toire.

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Voici quelques pho­tos pris­es en Inde, donc. C’est un pays par­fait pour oser se lancer dans le por­trait, c’est vrai, il faut juste essay­er de ne pas se lim­iter à la facil­ité. Ain­si, pour la pre­mière pho­to, nous avons croisé ces gamins alors qu’ils sor­taient de l’école. Ils ont vu mon appareil pho­to et ont cou­ru vers nous, se col­lant à l’objectif. J’ai essayé de faire une pho­to cor­recte, pleine de vie.
Pour la deux­ième pho­to, c’est lui aus­si un gamin qui est venu me voir, voulant absol­u­ment une pho­to : j’ai fait plusieurs images jusqu’à ce qu’il regarde ailleurs, ça me sem­blait plus intéres­sant, même si, comme pour la pre­mière, la pho­to ne racon­te rien.

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La pho­to avec les deux jeunes hommes qui jouent dans l’eau me plaît déjà un peu plus : y’a du mou­ve­ment, une impres­sion de vie, on sent qu’ils sont heureux au moment de la pho­to. C’était un groupe d’amis en train de jouer, un jour de grosse chaleur. Pour obtenir cette image, j’en ai pris­es beau­coup d’autres, suis restée longtemps à dis­cuter, et ils ont pris au moins autant de pho­tos de moi que moi d’eux. Bref : il y a une con­fi­ance mutuelle qui s’est instal­lée.

La dernière pho­to est de loin ma préférée, même si y’a des défauts tech­niques. Nous sommes en pleine mous­son, les rues sont inondées dès qu’il pleut, mais ce jeune vendeur reste à côté de son étal comme si de rien n’était. L’échange avec lui a été bref, quelques regards, un hoche­ment de tête. Je savais déjà quel cadrage je voulais.

Si je vous mon­tre ces qua­tre pho­tos, c’est parce qu’il y a une gra­da­tion dans l’investissement que j’y ai mis : aller chercher un cadrage, con­stru­ire une his­toire. C’est toute la dif­férence entre canarder et essay­er d’avoir une démarche pho­tographique. Au fil du voy­age, j’ai réus­si à laiss­er de côté ma peur de deman­der pour pou­voir me con­cen­tr­er sur le con­tenu de mes images.

Étape 2 : ne pas rester sur un refus

Vous essuierez des refus, c’est inévitable. Vous ver­rez des gens vous jeter des regards sus­picieux, par­fois vous aurez peut-être même droit à des mots doux. Pour­tant, il faut essay­er de ne pas se bra­quer, rester posi­tif, souri­ant et sûr de soi. Comme je vous le dis­ais plus haut, c’est quelque chose que j’ai beau­coup de mal à faire. Si je débar­que dans un pays et que la pre­mière per­son­ne refuse, je vais avoir du mal à recom­mencer. Je sais donc d’autant mieux à quel point il est impor­tant de se forcer à rées­say­er, comme quand on tombe de vélo. Oui, une per­son­ne a refusé, mais com­bi­en seront con­tents par la suite ? Est-ce que la peur du refus jus­ti­fie de se frus­tr­er ?

Étape 3 : oser s’approcher

Oser s’approcher ne veut pas néces­saire­ment dire que vous allez pho­togra­phi­er un très gros plan du vis­age de la per­son­ne mais que vous allez essay­er de créer un lien avec elle. Ça peut être une longue dis­cus­sion, ou par­fois un sim­ple échange de sourires. Il ne faut pas chercher à fuir les regards des autres, bien au con­traire. D’ailleurs, je garde sou­vent les deux yeux ouverts, ça évite de don­ner l’impression que je me cache der­rière mon gros appareil.

Selon les sit­u­a­tions, je m’adapte, mais j’ai tou­jours la même recherche : que mon sujet m’ait vue, avec mon appareil, et soit en posi­tion de refuser. Cette façon de faire est un cer­cle vertueux : je suis bien dans mes chaus­sures, je me motive plus facile­ment à oser deman­der, je dégage un meilleur kar­ma et les gens dis­ent plus facile­ment oui !

Et puis par­fois, on a une bonne sur­prise en deman­dant. Une pho­to qui donne une belle ren­con­tre, une his­toire à racon­ter au lieu d’une sim­ple image.

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J’ai pris ces deux pho­tos au Japon, lors d’un récent voy­age. Dans les deux cas, j’ai demandé à pren­dre la pho­to et obtenu un grand oui. Dans chaque cas, je savais exacte­ment ce que je voulais. Pour le « cheminot », je l’ai vu au bon moment. il allait ouvrir la fenêtre, j’étais à quelques mètres. Je lui ai fait un grand sourire. Il me l’a ren­du et je l’ai sen­ti fier d’être vu ain­si à l’œuvre. Il n’a pas hésité une sec­onde quand je lui ai mon­tré mon appareil pho­to. J’ai déclenché une pre­mière fois, lui ai sourit à nou­veau. Je savais que cette pre­mière pho­to ne serait pas la bonne. C’est une astuce que j’utilise sou­vent : la pre­mière pho­to est trop figée, les suiv­antes le sont moins. Et j’ai gardé une des suiv­antes, juste­ment, quand l’un de ses col­lègues l’a appelé.

Dans le cas de la pre­mière pho­to, c’était juste­ment l’inverse que je recher­chais : un por­trait posé, regard caméra, où l’homme dont je vis­i­tais la mai­son invite le lecteur à le rejoin­dre. J’ai pris la pho­to à la fin de la vis­ite. Ça m’a per­mis à la fois d’avoir le temps pour lui par­ler, mais aus­si pour décou­vrir toutes les pièces. Dans un coin de ma tête, je rete­nais les endroits qui m’intéressaient, pour une rai­son ou pour une autre. A la fin, lorsque je lui ai demandé s’il accep­tait que je le prenne en pho­to, je savais donc exacte­ment où je voulais qu’il se mette. C’était l’une des pre­mières pièces, mag­nifique, celle où étaient reçues les per­son­nes impor­tantes. Il s’est prêté au jeu sans prob­lème, et je suis plutôt con­tente de l’ambiance qui se dégage de la pho­to : le choix de la pièce et du cadre était pri­mor­dial pour cela.

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J’ai pris cette pho­to cet été, à Izmir, en Turquie. J’en ai d’ailleurs pris­es plusieurs, sur le même principe, au même endroit : des com­merçants dans le bazar. La pho­to donne l’impression que l’homme attend non­cha­la­m­ment le client, per­du dans ses rêver­ies. J’aurais cer­taine­ment pu le pho­togra­phi­er sans lui deman­der, me cacher, aller vite. Mais j’aime ce cadrage frontal. Je me suis donc arrêtée devant la bou­tique, souri­ante. J’ai mon­tré mon appareil. Il n’a mon­tré ni ent­hou­si­asme ni gène : ma présence sem­blait plutôt l’indifférer. Alors j’ai pris ma pho­to, tran­quille­ment.

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La pho­to ci-dessus est l’opposé de la pho­to d’Izmir dans l’idée : je suis en Loire Forez, je décou­vre une super bou­tique, à la fois con­fis­erie et salon de thé, et je demande à la patronne de pos­er pour moi. Géral­dine n’est pas à l’aise, ce n’est pas son univers. Pour­tant, elle se prête au jeu qui est pour le coup, par­ti­c­ulière­ment dif­fi­cile : il s’agit de pos­er, pas d’être pho­tographié dans l’action. C’est typ­ique­ment un moment où vous ne savez plus com­ment vous tenir, où vous ne savez pas où met­tre vos mains. Je le sais pour ne pas être à l’aise, moi-même, devant un objec­tif. Alors pour faire la pho­to, il faut par­ler, déten­dre la per­son­ne, plaisan­ter, et réus­sir à trou­ver ce moment qui lui ren­dra hom­mage, où on ver­ra les yeux qui pétil­lent et le sourire, au lieu de la gène.

Étrange­ment, on a l’impression que c’est plus com­pliqué de pren­dre des pho­tos en France. Il y a cer­taine­ment un fond de vérité : les gens peu­vent être méfi­ants, se deman­der où va atter­rir la pho­to, quel usage vous allez en faire. Pour­tant, en France, on a l’avantage de la langue. Il suf­fit bien sou­vent d’expliquer ce que vous voulez faire, de façon sim­ple et hon­nête. Et Géral­dine savait donc par­faite­ment qu’elle serait en pho­to sur ce blog !

Pour pren­dre ce genre de pho­tos, out­re la con­fi­ance à gag­n­er pour con­va­in­cre le sujet d’accepter, il y a aus­si un fac­teur chance : être là au bon moment. Il m’est donc arrivé d’attendre la fin du ser­vice pour obtenir une pho­to du chef, par exem­ple. Dans le cas où une per­son­ne nous accorde quelques min­utes sur son temps de tra­vail, il fau­dra alors être irréprochable : savoir ce qu’on veut, que le matériel et les réglages soient prêts.

Étape 4 : l’autorisation tacite

C’est à cette étape qu’on arrive à s’épanouir en pho­to de rue, il me sem­ble. La fron­tière entre por­trait et pho­to de rue est par­fois sub­tile, mais il suf­fit sou­vent de s’interroger sur le sujet de la pho­to. Il ne s’agit pas des pro­por­tions pris­es dans l’image par un per­son­nage, mais d’un con­texte. Est-ce qu’on tire le por­trait de quelqu’un, ou pho­togra­phie-t-on une scène de vie ? Est-ce que ce qui nous intéresse c’est la per­son­ne en tant que telle, ou ce qu’il est en train de se pass­er ? Oui, la fron­tière est mince.

Réus­sir à obtenir une autori­sa­tion tacite, est la meilleure façon d’arriver à se décom­plex­er par rap­port à la pho­to de rue. On ne cherche pas un gros plan sur un vis­age, on veut immor­talis­er une scène de vie. Hors, inter­rompre une dis­cus­sion pour dire « Ola, se puede tomar une pho­tographia de ust­edes ? » (oui, les deux pho­tos qui vont servir d’exemples ci-dessous ont été pris­es au Pana­ma et mon espag­nol est rouil­lé) casserait toute l’ambiance, et gâcherait la pho­to. Ils pour­raient dire oui, bien sûr, mais l’instant qu’on voulait immor­talis­er se serait déjà envolé, et on se retrou­verait avec des per­son­nages qui pren­nent la pose. Alors il faut trou­ver des astuces.

Prenons donc deux exem­ples, dans les rues de Pana­ma City.

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En marchant dans la rue, je vois un groupe d’écoliers en uni­forme. Je regarde rapi­de­ment autour de moi : je veux un bel arrière plan. Je repère un mur blanc, avec deux tâch­es jaunes. Par­fait.
Je me place en face, je regarde dans mon viseur, pré­pare mon cadrage. J’ai mon idée en tête. L’appareil est telle­ment vis­i­ble qu’un auto­mo­biliste s’arrête pour me laiss­er pren­dre ma pho­to, et que l’un des gamins me regarde (et j’aime beau­coup les regards caméra).

J’ai la pho­to que je voulais, je n’ai dérangé ni offusqué per­son­ne.

Tou­jours dans une rue panaméenne, mon regard est attiré un étal de cha­peaux. La scène est très graphique. Une des nappes est assor­tie aux poteaux et à une plaque de tôle instal­lée con­tre le mûr. Un miroir ren­voie l’image d’une façade dont le rouge fait écho à la nappe et à la route fraîche­ment refaite. Les trois couleurs se répon­dent entre elles, comme dans un tableau de Mon­dri­an.
Je m’arrête en face, sourit à la vendeuse. Je suis cer­taine­ment la dix­ième touriste à pho­togra­phi­er sa petite bou­tique aujourd’hui, elle ne sem­ble pas s’intéresser à moi. Mon appareil est dans ma main, bien vis­i­ble, elle sait que je vais pren­dre une pho­to. Et voilà qu’arrive un garçon. Il est habil­lé en bleu, elle est en jaune, j’ai la touche finale à mon tableau, je déclenche. J’attends quelques sec­on­des, espérant qu’une per­son­ne en rouge tra­verse mon cadre, mais ce ne sera pas pour cette fois-ci !

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Pour ces deux pho­tos, j’étais sur le trot­toir d’en face. Il y avait peu de voitures, l’espace était dégagé. Ils auraient pu tra­vers­er, m’interpeller, me sig­ni­fi­er un refus. Mais ma pho­to ne les dérangeait pas, alors ils m’ont lais­sée faire.

Conclusion

Je ne serai jamais la pho­tographe la plus extraver­tie au monde, j’aurai tou­jours un temps d’hésitation avant d’aller abor­der quelqu’un, avant d’oser déclencher. Mais avoir une approche éthique de la pho­to me facilite les choses : je ne vis plus la pho­to comme une intru­sion. J’aime met­tre les gens en valeur, les mon­tr­er beaux, et j’essaie que cela se ressente lorsque je prends une pho­to. Être à l’aise avec son matériel (ne pas chercher son réglage) est aus­si impor­tant qu’être à l’aise dans son approche de la pho­togra­phie : savoir ce qu’on veut pho­togra­phi­er, et com­ment.

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Quelques conseils pour s’entraîner

Toutes les pho­tos qui suiv­ent ont été pris­es lors d’un voy­age au Mali, en 2012. C’est un pays où faire des pho­tos est à la fois très facile et très com­pliqué, cer­taines per­son­nes se méfient des appareils par super­sti­tion. Ils sont minori­taires, mais j’ai eu droit à des réac­tions assez vir­u­lentes. Aus­si, j’ai pris de gross­es pincettes à chaque fois que j’ai voulu tir­er un por­trait !

Loger chez l’habitant

C’est sim­ple, loger chez des gens est le meilleur moyen de sym­pa­this­er avec eux. J’ai pris cette pho­to à Bamako. La fil­lette s’appelle Ma, c’est la voi­sine du mon­sieur chez qui nous dor­mons. Nous ne sommes pas dans un quarti­er très touris­tique, et de toute façon, il n’y a presque plus de touristes au Mali à ce moment-là.

Ma joue toute la journée dans la cour com­mune. Et for­cé­ment on com­mence à échang­er, avec elle mais aus­si avec sa famille. Le fait de loger dans le quarti­er nous per­met de ren­tr­er dans le quo­ti­di­en. La con­fi­ance s’instaure beau­coup plus facile­ment.

 

Provoquer les occasions

Dje­ba est le neveu de notre logeuse, Ami­na­ta, à Ségou. Tous les soirs, les touristes en cham­bre d’hôte (juste moi et Mon­sieur Oreille, en fait) et la famille fai­saient table com­mune. Dje­ba venait manger avec nous avant de repar­tir dormir chez lui.

J’avais déjà pris quelques pho­tos de Mohamed, le petit fils d’Aminata. Très pho­togénique, tou­jours très expres­sif, il aimait se voir sur l’écran LCD et surtout être au cen­tre de toutes les atten­tions. Son grand frère, Abu, agé d’une dizaine d’année, nous regar­dait du coin de l’œil. Je voy­ais bien qu’il mour­rait d’envie de se faire pren­dre en pho­to, lui aus­si. Alors je lui ai pro­posé. Je lui ai dit où s’installer pour avoir de la lumière sur son vis­age, et j’ai déclenché. Il s’amusait à faire le gros dur sur la pho­to, et rigo­lait en se regar­dant ensuite.

De fil en aigu­ille, j’ai ain­si tiré le por­trait de presque chaque mem­bre de la famille, et je sais qu’ils ont passé une jolie soirée à rire, et en plus gardé les petits tirages de la Pogo (l’imprimante portable dont je par­lais plus haut) comme sou­venirs. Ici, l’appareil pho­to était vrai­ment un moyen d’échange, cha­cun venant regarder la pho­to sur l’écran, se moquant du grand frère, ou riant d’une gri­mace.

 

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Profiter de chaque rencontre

Nous sommes dans le Sud du pays. En emprun­tant une route pleine de cail­lasse, nous avons cassé la pédale de frein de notre moto. Comme elle nous a été prêtée par l’ami de quelqu’un ren­con­tré sur place, nous ne voulons pas la ren­dre abîmée. Nous nous arrê­tons tour à tour dans deux « garag­istes » de bord de route, qui met­tent tout en œuvre pour rem­plac­er la pédale foutue.

Nous dis­cu­tons avec eux. Ils rigo­lent quand on explique qu’on a passé la journée sans pédale de frein, l’ambiance est bon enfant. La sit­u­a­tion pour­rait ne pas prêter à rire, surtout qu’il faut qu’on se dépêche. Le soleil descend rapi­de­ment, et nous voudri­ons ren­tr­er de jour. Mais je passe le temps en pho­tographi­ant nos garag­istes au tra­vail.

Il ne faut jamais oubli­er que chaque événe­ment peut devenir une occa­sion de pren­dre une pho­to, et chaque per­son­ne que l’on ren­con­tre devenir le per­son­nage d’une image. Si on a déjà échangé quelques mots avec la boulangère en achetant du pain, pourquoi ne pas pouss­er la con­ver­sa­tion en deman­dant si on peut pren­dre une pho­to ?

 

 

32 Commentaires

  1. Je me retrou­ve beau­coup dans ce que tu décris. Pas facile de deman­der au début mais quel bon­heur ensuite car cela crée des moments insoup­con­nés. Je trou­ve tou­jours cela tres impres­sion­nant de pho­togra­phi­er quelqu’un. L envie de ren­dre hom­mage, d embel­lir la per­son­ne, de la respecter rend l’excercice telle­ment stres­sant pour moi. L’astuce de ne pas regarder dans son viseur est déclencher des pre­mières pho­tos marche bien pour déco­in­cer.
    Mon astuce pour pren­dre des per­son­nes en pho­to ce sont les marchés, j’arrive facile­ment à dis­cuter avec les marchands et après avoir papot­er un peu je trou­ve cela plus sim­ple de deman­der.
    Quand on crée ses petits moments de rela­tion même si la pho­to n’est pas par­faite elle aura tou­jours un petit plus affec­tif qui lui don­nera quelque chose de plus. Mon plus beau sou­venir de por­trait s est passé au guatemala quand se sont deux femmes qui m’ont demandé à être prise. Même si je n ai pas été à la hau­teur de leur demande tech­nique­ment j’adore cette pho­to.
    Je vais essay­er de met­tre en pra­tique tous ses bons con­seils à Mada­gas­car prochaine­ment. Il faut que je me per­fec­tionne pour don­ner cet asoect lumineux aux vis­ages !

  2. Et voilà, suite à mon expéri­ence à Istan­bul, même si il ne s’agissait pas de por­trait mais de pho­to de rue, ton arti­cle apporte de l’eau à mon moulin, je con­tin­ue à lire les avis de cha­cun sur la ques­tion, ça me fait du bien. 🙂

  3. Bon­jour,
    Mer­ci pour cet arti­cle, très intéres­sant pour les per­son­nes timides (comme moi). Je partage ton point de vue sur les pho­tos de rue volées. Il est préférable d’avoir l’accord de son sujet même si ce n’est pas tou­jours évi­dent.

    Voici ce que je peux partager de mon expéri­ence parisi­enne.
    – Il est plus facile de pren­dre des pho­tos de rue lors de grands événe­ments (Fête de la musique, 14 juil­let, JDL, salons etc...)
    – Dans les lieux les plus touris­tique de paris (ce n’est pas force­ment les cadres les plus intéres­sants)
    – Tou­jours avec un grand sourire.
    – Par­ler, dis­cuter et échang­er avec les per­son­nes dans la rue. (punks, artistes, autres pho­tographes!, touristes...) Ils ont tous une his­toire.

    J’ai rarement eu des refus, à l’inverse beau­coup de per­son­nes me demande de pren­dre des pho­tos pour eux (avec leurs appareils)

    Il y a un point que tu n’as pas abor­dé dans ton arti­cle. Lors de tes voy­ages, as-tu des deman­des d’argent con­tre une pho­to ? Et si oui, qu’elle est ta posi­tion à ce sujet ?

  4. tres bel arti­cle, merci­ii ! et mer­ci pour tes con­seils. Il est vrai que si j’ai eu un refus un peu vir­u­lent, je n’ose plus trop deman­der après... mer­ci !

  5. Mer­ci beau­coup pour cet arti­cle !
    Je suis moi-même en voy­age et pas du tout à l’aise avec la pho­to de rue/portrait ! Je me retrou­ve beau­coup dans ce que tu dis.
    Je ne savais pas trop com­ment abor­der les per­son­nes dans la rue et j’avais l’impression qu’en deman­dant je perdrais l’image que je voulais. Je me rend compte à tra­vers tes pho­tos que tu arrives à obtenir de belles pho­tos même en deman­dant !
    Bon allé, demain je me lance !
    Mer­ci !

  6. Mer­ci Aurélie, je vais pass­er au décom­plex­age je crois aus­si !! Je ne prends jamais de por­trait mais j’ai bien envie de m’y met­tre au moins d’essayer sans idée pré­conçue.

  7. Bon­jour et mer­ci pour cette arti­cle qui donne envie de se lancer ! Que con­seillerais tu de faire si on n’a pas la pos­si­bil­ité d’imprimer des pho­tos en direct pour don­ner aux gens ? Il y a egale­ment des fois ou les per­son­nes acceptent la pho­to mais demande des sous apres coup, com­ment faire dans ce cas ?

  8. De très bons con­seils que je vais essay­er d’appliquer un peu plus sou­vent. Je ne suis pas non plus une pho­tographe extraver­tie. J’habite en Ile de France, et ça ne m’aide pas à me lancer, les gens sont sou­vent à faire la tête et n’ont pas des airs à dire oui, mais peut-être que je pour­rai m’entraîner en Province où je serai sûre que la per­son­ne ne pour­ra pas me suiv­re jusqu’à chez moi en descen­dant à ma gare ! 😀

    1. De mon expéri­ence, il est plus facile de pren­dre des pho­tos de rue en Ile de France qu’en Province.

      Sur Paris, la foule ne remar­que pas tou­jours ta présence, et si des per­son­nes te remar­que ils sont habitués à voir des pho­tographes.

      En province, j’ai eu beau­coup plus de regard méfi­ant. Après peut être qu’en fonc­tion des villes et des régions les per­son­nes se lais­sent pren­dre en pho­to plus facile­ment.

      1. Oui je com­prends ton avis, mais ce n’est pas sur cet axe exacte­ment que je par­lais. Sur Paris, je n’ai pas trop de souci, je passe pour une touriste, il y a beau­coup de monde, donc ça passe. Mais c’est plus sur mon tra­jet de tous les jours, en petite et grande couronne. Je tra­vaille dans le Val-de-Marne et vis en Essonne, je passe par des coins comme Juvisy, Grigny et Evry et j’ai déjà ten­té de juste sor­tir l’appareil, les gens sont à 2 doigts de te sauter à la gorge très sou­vent ... Bref, « est sport !

  9. Super arti­cle !
    Chaque cul­ture, chaque pays a une approche dif­férente de la pho­to his­toire de com­pli­quer un peu la sit­u­a­tion...
    J’ai dernière­ment éprou­vé plus de dif­fi­culté au Guatemala qu’au Sri Lan­ka mal­gré avoir util­isé la même approche.
    Tes con­seils sont les bons, et comme tu le dis : au pire ils dis­ent « non » et c’est tout...
    Pren­dre le temps est une évi­dence : la beau por­trait se fait rarement sans com­plic­ité.
    Dis­cuter, mon­tr­er de l’intérêt et être ouvert... La suite se fait naturelle­ment.
    Et c’est cool de taper la dis­cute ^^
    PS : j’adore le malien fatigué devant sa bou­tique, elle est mag­ique cette pho­to !

  10. Oui super arti­cle !
    J’ai beau­coup de respect pour les gens qui font des por­traits car j’ai vrai­ment beau­coup de mal avec ce type de pho­togra­phie. Je préfère presque tou­jours pren­dre les per­son­nes de dos plutôt que de face alors que la pho­to serait beau­coup plus belle... J’étais à Lis­bonne dernière­ment et j’ai vu une sit­u­a­tion mag­ique, un homme jouait de la musique sur un Mirador, le soleil descendait dans son dos. J’ai déclenché sans réfléchir et il m’a lancé un regard noir. Il a détourné le vis­age à chaque fois que je le pho­tographi­ais et même si sur le moment ça m’a un peu ennuyé, ça m’a tout de même beau­coup fait réfléchir... J’aurais dû lui deman­der son avis, je le sais main­tenant. J’ai effacé toutes les pho­tos que j’ai faites ce soir-là. La prochaine fois, j’essaie de pren­dre mon courage à deux mains et j’irai deman­der. Julien à rai­son, c’est tou­jours sym­pa de se taper la dis­cute 🙂

  11. excel­lent arti­cle qui donne matière à réflex­ion sur sa pro­pre pra­tique ! l’accord tacite, avec une cer­taine dis­tance comme l’espace de la chaussée par exem­ple, ou d’un étal est celui qui me mets cer­taine­ment le plus à l’aise. Cer­tains vis­ages, aux regards ou sourires avenants, font oser pos­er la ques­tion plus facile­ment aus­si... mais dans l’environnement proche je trou­ve ça bien plus dif­fi­cile ! je vis sur une île où les « images » sont nom­breuses, mais au final n’ose pas sou­vent quand c’est à côté de chez moi,arghhh... cet arti­cle me reboost­er et me donne envie de vrai­ment franchir ce cap ... mer­ci pour ce partage et ces superbes pho­tos !

  12. Super arti­cle ! Je me retrou­ve beau­coup dans ce que tu dis. Je suis quelqu’un de très timide et plutôt intro­ver­tie, pour­tant main­tenant, je n’ai (plus trop) peur de deman­der aux gens pour les pren­dre en pho­tos. Bien sur, cela dépend des endroits, et j’ai moins peur de deman­der après un pre­mier oui !
    J’ai con­staté qu’il était vrai­ment mal vu de faire des pho­tos dans les pays mul­sumans. J’ai eu à m’expliquer pour avoir pris des pho­tos de rue, où c’était pour le coup vrai­ment la rue qui était le sujet et non quelqu’un en par­ti­c­uli­er...
    Sinon je ne demande pas for­cé­ment tout le temps, mais je fais en sorte que la per­son­ne voit que je la prends et je lui fait un geste avec un sourire, sou­vent ça suf­fit. Une fois j’ai voulu pho­togra­phi­er sans deman­der des papis siciliens qui dis­cu­taient. Je ne voulais pas les déranger car ils étaient vrai­ment trop bien sur le vif. Ils m’ont sur­prise et ensuite se sont bien moqué de moi qui était toute gênée de les avoir pris sans autori­sa­tion. Ils étaient morts de rire et je me suis sen­tie un peu bête ^^
    Sinon je partage tes con­seils. Je n’aime pas le principe des pho­tographes de rue qui t’agressent en te flashant dans la fig­ure (je pense à Thomas Leuthard et Eric Kim même si j’adore je résul­tat qu’ils arrivent à obtenir, je trou­ve pas le procédé très fair play)

  13. Wow ton arti­cle est juste superbe... Tes pho­tos sub­limes ! Ton point de vue est très intéres­sant. J’adore faire de la pho­to, et par­fois dans la rue j’aimerais pou­voir pren­dre une scène qui me paraît mag­ique, mais c’est vrai que je n’ose pas, de me pren­dre des cail­lous dans la fig­ure ! Mais grâce à ton arti­cle je vais peut-être réus­sir à me lancer. Alors mer­ci, de nous avoir faire partager ton expéri­ence ! Bonne con­tin­u­a­tion !

  14. Mer­ci pour ton arti­cle, c’est vrai que je passe à côté de plein de pho­tos car je n’ose pas deman­der !

  15. Mer­ci beau­coup pour cet arti­cle qui leve cer­taines inhi­bi­tions. Memes dif­fi­cultes pour deman­der... mais ce qui m’embete ce n’est pas tant le refus que de per­dre la spon­taneite d’une sit­u­a­tion, la rever­ie dans un regard etc....

  16. Superbe ! Et que de chou­ettes con­seils 🙂
    Petite ques­tion techinique, tu utilis­es quel(s) objectif(s) pour les por­traits en général ?
    Mer­ci et bonne journée !
    Vio­laine.

      1. J’utilise le 16–35 2.8 aus­si, mon fétiche qui ne me quitte jamais 🙂 , 50mm 1.4 OK, j’ai le 1.8 (très bon rap­port qual­ité-prix). Bon à savoir ! Mer­ci ! Je vais utilis­er tes con­seils pour les por­traits, je suis moi aus­si timide et ose rarement pren­dre les gens en pho­to de peur de me faire engueuler 😀 ahah

  17. Bon­jour Madame Oreille !

    Je suis une lec­trice dis­crète mais pas­sion­née par le blog ! Chez nous c’est un peu l’inverse, Mon­sieur prend les pho­tos et moi je suis l’assistante ! Tou­jours est-il que ce soir en lisant cet arti­cle j’ai recon­nu chaque atti­tude, chaque façon de faire ... Au début de notre voy­age je déplo­rais que Mon­sieur ne prenne jamais les pho­tos que moi j’imaginais : l’enfant avec sa maman, le petit berg­er avec son trou­peau, le vieil­lard qui fume... Après tout il y a des blogs qui regor­gent de pho­to volées et elles sont plutôt réussies. Mais non. mon­sieur avait son éthique de la pho­togra­phie et il était impos­si­ble de l’en faire démor­dre. Aujourd’hui je me rends compte que cette éthique du por­trait et de la pho­to de rue nous a per­mis de faire les plus belles ren­con­tres, On a lais­sé der­rière nous des gens aus­si heureux et souri­ants que nous, on a faché per­son­ne, on a essuyé de rares refus mais tant pis. Je me rends suis aus­si ren­due compte que les pho­tos volées n’ont pas cette fran­chise, ce con­tact avec l’objectif ( le « regard caméra  » comme tu dis) qui rends la pho­to vivante et lui donne du sens.
    Alors bra­vo pour cette philoso­phie du por­trait. J espère que cet arti­cle va être beau­coup lu et qu’on ver­ra de moins en moins d’apprentis paparrazis fous bra­quer leurs objec­tifs à 3cm de quelqu’un sans même dire bon­jour ....

    PS : nous util­isons la mini imp­ri­mante pho­to LG pock­et pho­to, ça fait tou­jours son petit effet et elle marche très bien !

    Céline
    xjetceline.wordpress.com

  18. Mer­ci pour ce très bon arti­cle. Je me suis tou­jours posée beau­coup de ques­tions sur ce sujet et tu y répond entière­ment. Je me retrou­ve entière­ment dans cette philoso­phie et tes mots vont me per­me­t­tre de le met­tre d’avantage en appli­ca­tion. Surtout que cer­taines de tes pho­tos ne man­quent absol­u­ment pas de spon­tanéité.

  19. Un bien bel arti­cle avec des con­seils que je vais éssay­er de met­tre en pra­tique lors de mes prochaines escapades. J’adore les por­traits mais je n’ose jamais aller deman­der. Je cul­pa­bilise après coup, mais « l’angoisse » du refus prends tou­jours le dessus... Mer­ci pour ces pré­cieux con­seils !

  20. Je débute en pho­togra­phie de rue et adhère com­plète­ment au principe de respect des per­son­nes pho­tographiées con­sis­tant à deman­der avant de pren­dre des pho­tos. Je m’interroge toute­fois sur les cir­con­stances con­sti­tu­ant des excep­tions à cette règle. Les pho­tos pris­es au Pana­ma pou­vant illus­tr­er mon idée qui est la suiv­ante : quand on ne peut pas faire autrement que de pren­dre sa pho­to avant, pourquoi ne pas aller après coup trou­ver les per­son­nes con­cernées, leur mon­tr­er la pho­to et la sup­primer de la carte s’ils ne l’aiment pas ? Je fais déjà ça avec les por­traits de mes proches et du coup ils ne se lassent pas de me voir les pren­dre sous toutes les cou­tures car ils savent que je n’en garderai que très peu, les plus flat­teuses..

  21. Mer­ci pour cet arti­cle ! Comme toi, j’ai du mal à « vol­er » des por­traits, d’autant plus qu’en 3 sec­on­des la pho­to est rarement esthé­tique et sera effacée plus tard. Je me sens tou­jours gênée lorsque j’arrive avec mon gros appareil pho­to, seule touriste au milieu d’un marché local par exem­ple. Comme je ne peux pas me fon­dre dans la foule, j’ai plus de mal à pren­dre mon temps et pho­togra­phi­er les scènes de vie. Mais je vais suiv­re tes con­seils à présent, et ten­ter de franchir le pas 🙂

  22. bon­jour,
    Quelle super arti­cle, je souf­fre du même prob­lème, je n’ose pas ! Et cela me rend fou tant j’aime le por­trait spon­tané et la pho­to de rue.

    Je reviens de 4 jours à Mar­rakech, et je n’ai pas un seul por­trait de Maro­cains, pour­tant il y avait de quoi faire. Mais cela a été très dif­fi­cile. J’ai eu l’impression très vite que j’allais être obligé de payé la moin­dre pho­to au mod­èle ce qui casse tout le coté spon­tané de la chose...

    Etes-vous déjà allé à Mar­rakech ? Est-ce les maro­cains qui ne se lais­sent pas force­ment bien pho­togra­phi­er ? Bref je reviens de mon voy­age un peu per­plexe...

    Dom­mage de n’avoir pas vu votre arti­cle avant....

  23. Mer­ci pour tes con­seils ! J’aime beau­coup les por­traits de Steve McCur­ry juste­ment et j’ai tou­jours voulu en faire, mais je n’ose jamais vrai­ment par­ler aux gens et deman­der la per­mis­sion. Je me con­cen­tre plutôt sur les pho­tos de rues où juste­ment comme tu dis, ça bris­erait le moment t’interpeller la per­son­ne. Ce ne serait plus la même pho­to et après tout les scènes de rues se déroulent telle­ment vite. Je vais essay­er de me motiv­er comme toi tu l’as fait. Tes pho­tos mon­trent que l’effort en vaut la peine. Je t’avoue que je trou­ve ça plus facile dans un pays où je ne con­nais pas la langue et c’est avec un regard et en mon­trant ma caméra que je com­prends si oui ou non je peux faire une pho­to. Petite ques­tion, je sais que l’autorisation ver­bal ne vaut pas autant qu’une sig­na­ture pour de futurs pub­li­ca­tions, mais je trou­ve ça étrange de faire sign­er un papi­er pour une pho­to. Ça doit provo­quer des ques­tion­nements au sujet aus­si !?

  24. Quel bel arti­cle, si com­plet et illus­tré d’exemples ! C’est très dif­fi­cile pour moi de deman­der à pren­dre une pho­to... et en même temps j’avoue que je n’ai jamais vrai­ment essayé. J’ai volé quelques pho­tos et je n’en suis pas fière, je me suis promis récem­ment de ne plus le faire alors ton arti­cle tombe très bien ! Mer­ci à toi pour ces con­seils très con­crets ! Félic­i­ta­tion, par ailleurs, pour ces si belles images ! C’est un plaisir d’avoir décou­vert ton blog !

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