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Safari au Kenya en famille

par Madame Oreille

J’ai emme­né ma fille au Kenya pour par­ta­ger avec elle ma fas­ci­na­tion pour les animaux. 

C’est assu­ré­ment l’un des plus beaux voyage qu’on ait pu faire toutes les deux, parce que toutes les condi­tions étaient réunies : un cadre excep­tion­nel, des ani­maux pour les­quels je n’ai pas assez de super­la­tifs, un iti­né­raire adap­té à une enfant, mais aus­si un âge qui per­met à ma fille de pro­fi­ter plei­ne­ment des safaris !

Notre iti­né­raire kid-friendly

Pourquoi j’ai choisi le Kenya

Lorsque j’ai com­men­cé à cares­ser l’i­dée d’emmener ma fille en safa­ri, la ques­tion du pays s’est vite posée. J’a­vais déjà été en Afrique du Sud, au Kenya ain­si qu’en Tan­za­nie. J’ai envi­sa­gé un temps de par­tir sur une nou­velle des­ti­na­tion : Nami­bie, Bots­wa­na, Ougan­da ? Mais le Kenya s’est vite impo­sé ! Tout d’a­bord, parce que j’en gar­dais un beau sou­ve­nir (et je n’en avais vu qu’une infime por­tion !)(ce qui est d’ailleurs tou­jours le cas mal­gré ce deuxième voyage !). Ensuite, parce que la chasse y est inter­dite (et on déteste vrai­ment les riches occi­den­taux qui vont tuer les ani­maux afri­cains). Enfin, et ce fut l’ar­gu­ment ultime, les options pour la plon­gée sous-marine y sont les plus inté­res­santes. Oui, j’ai choi­si l’en­droit où faire un safa­ri en fonc­tion de l’offre en matière de pois­sons... (On en reparle après !)

Quel âge doit avoir un enfant pour un safari ?

Ma fille avait 10 ans lors de ce voyage, et je pense que c’est le bon âge. 

J’ai croi­sé nombre d’en­fants plus jeunes que Petite Oreille, bien sûr, et pour­tant je pense qu’elle était à l’âge par­fait pour com­men­cer à en pro­fi­ter plei­ne­ment. Le safa­ri est une acti­vi­té qui demande de la patience, du calme, de l’ob­ser­va­tion. Autant de choses qu’on ne peut pas attendre d’un jeune enfant.

Bien sûr, je l’a­vais déjà emme­née obser­ver des ani­maux : mar­cher dans la jungle à la recherche d’o­rangs-outans ou de lému­riens.... Nous avions éga­le­ment déjà fait des excur­sions en 4×4 pour aller voir les élé­phants au Sri Lan­ka. Mais l’ex­pé­rience safa­ri en Afrique n’a rien à voir : il s’a­git d’ac­cep­ter de res­ter dans une voi­ture, calme, pen­dant plu­sieurs heures, plu­sieurs jours d’af­fi­lé ! Certes, il est pos­sible de se mettre debout dans la voi­ture, quand le toit est levé, mais les jour­nées peuvent être longues si l’en­fant a besoin de bou­ger (et c’est nor­mal d’a­voir besoin de bou­ger pour un jeune enfant !).

À 10 ans, Petite Oreille était donc tout à fait en mesure de com­prendre qu’un safa­ri dans un parc natio­nal sans clô­ture n’est pas une pro­me­nade dans un zoo, qu’il s’a­git d’a­ni­maux sau­vages et qu’il faut donc res­ter calme. Nous avons fait plu­sieurs longues jour­nées de safa­ri, dont une de 6h à presque 18h : elle ne se las­sait pas et aurait pu res­ter encore dans le parc si celui-ci n’a­vait pas eu un horaire de fermeture !

Un itinéraire pensé pour les enfants

La clé pour faire de ce voyage un moment agréable en famille est aus­si, il me semble, d’a­dap­ter l’i­ti­né­raire. J’ai choi­si de cou­per le voyage en deux : des safa­ris puis du bal­néaire. Ain­si nous pou­vions nous « repo­ser » en pro­fi­tant de la plage sur la deuxième par­tie du voyage (tra­duc­tion : je me levais aux aurores pour pas­ser 4h à avoir le mal de mer sur un bateau immo­bile au milieu des vagues tan­dis que Petite Oreille vivait sa meilleure vit sous l’eau avec les tor­tues).
Et pour les safa­ris, j’ai vou­lu varier les expé­riences : je gar­dais un beau sou­ve­nir de safa­ris à vélo ou à pied, et j’a­vais à cœur de pro­po­ser ces expé­riences à ma fille. Elle a adoré ! 

Per­son­nel­le­ment, je n’au­rais aucun mal à pas­ser 15 jours dans une voi­ture, qua­si-immo­bile, à pho­to­gra­phier des ani­maux du lever au cou­cher du soleil. Mais ce qui plaît aux adultes n’est pas tou­jours com­pa­tible avec les envies des enfants, même quand ils sont calmes et pas­sion­nés par les ani­maux ! Ils ont besoin d’être actifs de temps en temps, et d’a­voir l’im­pres­sion que les jour­nées ne se res­semblent pas toutes !

Notre voyage mère-fille au Kenya

Nous arri­vons à Nai­ro­bi le same­di soir, après une jour­née pas­sée dans l’a­vion. C’est le pre­mier jour des vacances. Nous sommes les­si­vées mais heu­reuses. Enfin, elle est heu­reuse et je suis les­si­vée. J’ai eu mal au ventre une bonne par­tie du vol, et j’ac­cuse la fatigue accu­mu­lée. Dans l’aé­ro­port de Nai­ro­bi, nous sui­vons les cou­loirs jus­qu’à trou­ver la longue queue de l’im­mi­gra­tion. Je sens mon esto­mac de moins en moins content. J’ai, bien sûr, choi­si la mau­vaise file, celle qui n’a­vance pas, et nous sommes les der­nières à pas­ser. Je tends mon pas­se­port. Quelques ques­tions, un sou­rire, clic clac kodak, les empreintes, je cours aux toi­lettes. Je suis une mère indigne qui laisse sa fille pas­ser l’im­mi­gra­tion seule, mais il est hors de ques­tion que le poli­cier puisse ima­gi­ner que j’in­tro­duis la moindre mala­die dans le pays. Sur­tout que je n’ai plus aucun doute quant à l’o­ri­gine du mal de ventre. Ma fille s’en amuse, ce n’est pas la pre­mière fois. Elle n’a pas vou­lu man­ger l’en­trée du pla­teau repas d’Air France. « Dou­teuse », a‑t-elle dit. Mais je n’aime pas le gas­pillage. Alors j’ai man­gé les deux. Et clai­re­ment, pas mer­ci Air France.

C’est donc avec ce grand moment d’é­lé­gance à la fran­çaise que nous com­men­çons notre voyage. Et si je vous le raconte, c’est parce que la pre­mière acti­vi­té du séjour, c’est un safa­ri à vélo. La pre­mière nuit, à Nai­ro­bi n’est clai­re­ment pas assez répa­ra­trice et je n’ai qu’une envie : coma­ter sur la ban­quette de la voiture.

Safari à vélo : pédaler au milieu des animaux sauvages

Nous nous levons tôt pour prendre la route. J’ai peu dor­mi, pas vrai­ment man­gé depuis la veille, et il faut que j’aille pédaler. 

Ma fille, elle, est aux anges. Elle a ado­ré sa pre­mière nuit dans un hôtel magni­fique, et elle est sur­ex­ci­tée à l’i­dée de faire du vélo. Je ne peux pas la déce­voir, sur­tout que le vélo, c’é­tait mon idée. Je trou­vais ça chouette de com­men­cer le voyage ainsi. 

Nous voi­là donc devant le loueur. Des dizaines de vélos attendent les tou­ristes. On en essaye cha­cune un. Et c’est parti. 

safari en vélo au Kenya

Mal­gré mon esto­mac qui semble coin­cé dans un manège de fête foraine, l’ex­pé­rience est magique. Les girafes nous toisent, de loin, alors que nous rou­lons. Petite Oreille a des étoiles dans les yeux : elle voit des zèbres en liber­té pour la pre­mière fois, et ils ne sont qu’à quelques mètres, sans bar­rière, sans car­ros­se­rie. L’ex­pé­rience est magique. 

Je ne peux m’empêcher de sou­rire en la voyant si heu­reuse, si sur­prise aus­si. Il est même pro­bable que j’ai une micro larme au coin de l’œil, mais c’est cer­tai­ne­ment la pous­sière sur la route, et non le fait de voir ma fille béate d’ad­mi­ra­tion devant les animaux.

J’en oublie peu à peu mon esto­mac et com­mence à profiter. 

Il va sans dire que les vélos ne sont, bien sûr, ni de pre­mière jeu­nesse ni de grande qua­li­té, mais ça n’a aucune impor­tance : ils roulent et les freins fonc­tionnent. On n’est pas là pour faire des records de vitesse, mais bien pour pro­fi­ter du cadre ! 

Nous lais­sons les vélos au bout du che­min, une dizaine de kilo­mètres plus tard. Ici, les guides ont l’ha­bi­tude de pro­po­ser la des­cente dans une petite gorge. Je l’a­vais déjà visi­tée lors de mon pré­cé­dent séjour au Kenya, mais celui-ci date d’a­vant la nais­sance de ma fille, et le lieu a bien chan­gé. L’eau chaude, voire bru­lante qui sort de la roche amuse Petite Oreille, mais pas autant que les singes qui cha­hutent à proxi­mi­té des escaliers !

Le parc se nomme Hell’s Gate à cause de ces par­ti­cu­la­ri­tés géo­ther­miques. L’eau bruyante sort des entrailles de la terre... Nous ne nous y aven­tu­re­rons pas mais, plus loin dans le parc, on peut trou­ver des geysers.

Nous rejoi­gnons l’hô­tel, Cres­cent Camp. C’est exac­te­ment ce que j’es­pé­rais et ma fille adore immé­dia­te­ment le lieu. Une petite série de lodges situés au bord du lac Nai­va­sha. Je ne prends pas la peine de vider la valise, nous ne res­tons que deux nuits. Je me contente de la lais­ser ouverte dans l’im­mense chambre pour, vite, aller m’ins­tal­ler sur le bal­con. D’i­ci, nous avons vu sur les ani­maux. Des cen­taines d’oi­seaux, bien sûr, mais aus­si des cobes à crois­sant, une anti­lope dont le mâle pos­sède des cornes superbes. 

En fin d’a­près-midi, les piro­guiers qui pro­mènent les tou­ristes rentrent chez eux. Les abords du lac deviennent alors le refuge des mara­bouts, l’un des oiseaux que je tenais abso­lu­ment à mon­trer à Petite Oreille. Ima­gi­nez, il fait la même taille qu’elle ! 1m50 ! Et ses 3m d’en­ver­gure sont réel­le­ment impres­sion­nants lors­qu’il passe en volant à quelques mètres de vous !

Nous res­tons à obser­ver et pho­to­gra­phier les oiseaux jus­qu’au cou­cher du soleil, mais le clou du spec­tacle a lieu un petit peu plus tard, alors que la nuit est tom­bée : voi­là que les hip­po­po­tames broutent tran­quille­ment à quelques mètres de nous !
Nous n’ap­pro­chons pas. La mince clô­ture que l’hô­tel ins­talle, une fois la nuit venue, ne pour­rait en rien rete­nir les 1500 kg de l’a­ni­mal le plus dan­ge­reux d’A­frique ! (après le mous­tique) (les hip­po­po­tames mâles peuvent atteindre 4500kg, soit le poids de 3 Kan­goo, ou de 64 Por­tia Woodman). 

Safari en bateau :
naviguer au milieu des oiseaux sur le lac Naivasha

Parce que la faune de l’A­frique de l’Est ne se limite pas aux grands mam­mi­fères, nous embar­quons sur une pirogue pour obser­ver, notam­ment, les oiseaux. Gilet obli­ga­toire car il y a éga­le­ment, comme nous avons pu le consta­ter la veille, de nom­breux hippopotames...

Le guide local nous explique que l’eau du lac monte d’an­née en année, noyant ain­si les arbres des abords. C’est lié au chan­ge­ment cli­ma­tique. Mais ce n’est pas le plus gros pro­blème du lac. Mal­heu­reu­se­ment, les jacinthes d’eau pul­lulent. Cette plante inva­sive se déve­loppe extrê­me­ment rapi­de­ment et asphyxie tout sur son pas­sage. C’est une catas­trophe pour l’é­co­sys­tème mais aus­si pour les habi­tants dont beau­coup vivent de la pêche.

J’ai confié un appa­reil à ma fille. Elle canarde joyeu­se­ment. Nous échan­geons régu­liè­re­ment les appa­reils pho­tos afin que cha­cune puisse jon­gler entre les dif­fé­rentes optiques. Tant est si bien que je ne suis plus sûre de qui a pris tel ou tel cli­ché ! Je lui dois l’i­bis, je crois. Et cette série où un aigle pêcheur attrape un pois­son. Lorsque, le soir venu, nous regar­de­rons les pho­tos, elle sera extrê­me­ment fière de cette prise ! (et moi aus­si, je suis fière d’elle !)

Lui confier un appa­reil est vrai­ment une bonne idée parce que ça l’im­plique d’au­tant plus : elle observe, cherche le détail, essaie d’an­ti­ci­per le com­por­te­ment de l’animal...

Alors que notre embar­ca­tion conti­nue de lon­ger les rives du lac Nai­va­sha, nous décou­vrons un groupe de pachy­dermes assou­pis sur un tapis de jacinthes d’eau. Notre capi­taine se tend un peu et met un peu de dis­tance entre eux et nous. Il ne les a vus qu’au der­nier moment. 

Le plus jeune des bébés hip­po­po­tames se redresse et nous observe. J’en­tends ma fille pen­ser « ooooooh trop mignon ». Pen­dant un long moment, le bébé hip­po reste assis, son­geur. Per­sonne ne bouge sur le bateau.
Et puis, dou­ce­ment, le bébé se lève et va dans l’eau. Pas loin. Il a pied. Mais cela suf­fit à déclen­cher un branle-bas de combat !

En quelques secondes seule­ment, tous les autres hip­po­po­tames se lèvent et se mettent à cou­rir dans l’eau. Ils écla­boussent par­tout et semblent inar­rê­tables. Le nombre ajoute au carac­tère déjà impres­sion­nant de la mon­tagne de muscles lan­cée à vive allure. 

Pen­dant ce même court laps de temps, notre capi­taine, qui n’a­vait jamais cou­pé le moteur ni même reti­ré sa main de la barre, met les gaz en s’é­loi­gnant le plus pos­sible des hip­po­po­tames. Il n’est clai­re­ment pas en confiance ! 

Les acci­dents avec des tou­ristes sont rares et géné­ra­le­ment impu­tables aux tou­ristes eux-mêmes qui s’ap­prochent trop (dédi­cace à l’a­mé­ri­cain qui a por­té plainte contre son agence de voyage après le décès de sa femme parce qu’ils n’é­taient pas au cou­rant que c’est un ani­mal dan­ge­reux...). Par contre, une dizaine de pêcheurs locaux décède chaque année sur le lac Nai­va­sha, en voyant leurs embar­ca­tions être ren­ver­sées par les pachydermes.

Crescent Island : marcher au milieu des girafes

I had a farm in Africa...

Le bateau approche dou­ce­ment d’une petite île, c’est Cres­cent Island. Nous débar­quons pour explo­rer l’île, tou­jours en com­pa­gnie de nos guides, mais cette fois-ci à pied.

L’his­toire de Cres­cent Island est inti­me­ment liée à un film célé­bris­sime. Pour ma fille, Meryl Streep est avant tout Top­sy, et elle n’a pas la moindre idée de qui est Robert Red­ford. Par contre, je lui ai par­lé de Karen Blixen, et de la roman­ti­sa­tion du colo­nia­lisme (si bon le film soit-il). 
Nous voi­ci donc dans les pay­sages où fut tour­née une par­tie de Out of Afri­ca, de Syd­ney Pol­lack. Dif­fi­cile de recon­naître quoi que ce soit, c’é­tait il y a 40 ans ! 
Pour les besoins du film, cer­tains ani­maux furent intro­duits sur ce qui était à l’é­poque une pres­qu’île. À la fin du tour­nage, les fauves ont été remis dans les pacs natio­naux, mais les autres ani­maux sont res­tés. Avec la mon­tée de l’eau, Cres­cent Island a été cou­pée des terres, et la réserve pri­vée s’est muée en sanctuaire. 

Nous tom­bons presque direc­te­ment nez à nez avec une gigan­tesque girafe mâle. Le guide encou­rage Petite Oreille à s’ap­pro­cher, dou­ce­ment. Ici, les ani­maux n’ont pas peur. Ni voi­ture, ni pré­da­teur. Nous ne pré­sen­tons aucun dan­ger pour eux alors si on reste calme, on peut s’ap­pro­cher, dou­ce­ment, petit pas après petit pas. 

Petite Oreille est fas­ci­née. Elle observe chaque détail. Nous res­tons ain­si long­temps jus­qu’à ce que la girafe soit ras­sa­siée pour le moment et décide de partir.

Plus loin, en conti­nuant notre safa­ri à pied, nous croi­sons des zèbres, des autruches, des cobes, des gnous, des impa­las, et même des hip­po­po­tames, assou­pis au soleil. Pour les hip­pos, inter­dic­tion for­melle d’ap­pro­cher, je demande à ma fille de res­ter proche de moi. Mais pour les autres ani­maux, elle a bien com­pris la tech­nique ! Ain­si, elle reste immo­bile au milieu des zèbres, les lais­sant s’ap­pro­cher en l’ignorant !

Nous quit­tons la quié­tude de Cres­cent Island en fin d’a­près-midi, après je-ne-sais-com­bien de kilo­mètres par­cou­rus au milieu des ani­maux. Il nous faut reprendre le bateau pour retour­ner à l’hô­tel, malheureusement... 

Le Parc National d’Amboseli

Nous pre­nons la route, tôt le matin, pour le Parc Natio­nal d’Am­bo­se­li. Nous y arri­vons en fin de mati­née, pile à temps pour le repas, avant d’en­chaî­ner sur le pre­mier safa­ri en voi­ture du voyage. 

C’est le safa­ri tel que ma fille l’at­ten­dait, celui qu’on a dans l’i­ma­gi­naire col­lec­tif : notre guide sou­lève le toit, et nous nous met­tons debout pour pro­fi­ter d’une vue à 360° sur la savane. L’herbe est jaune, bru­lée par le soleil. Les aca­cias sont majes­tueux. Et entre deux volutes de pous­sières nous aper­ce­vons les pre­miers ani­maux : des zèbres. 

Ma fille est contente, mais ce qu’elle attend, ce sont les autres ani­maux, ceux qu’elle n’a pas encore vus, ceux qu’on ne peut pas aller voir sans la pro­tec­tion de la voiture. 

Et rapi­de­ment voi­là jus­te­ment un pre­mier éléphant !

Avant le départ, Petite Oreille vou­lait voir des gué­pards. Alors, je lui avais bien expli­qué, qu’ils sont dif­fi­ciles à voir, dis­crets, assez rares, que de tous mes voyages je n’en avais vu qu’un seul, une fois.

Mes beaux dis­cours tombent à l’eau moins d’une heure après notre entrée dans le parc ! Voi­là que des sil­houettes félines se dressent au milieu des herbes ! 

Pire : non seule­ment c’est l’un des pre­miers ani­maux qu’on observe dans le parc, mais en plus ils sont plu­sieurs et très proches du che­min ! Voi­là donc cinq gué­pards qui se pré­lassent tels de gros chats, et s’é­tirent, gou­zi gou­zi. Je passe pour qui, moi, si on les trouve si faci­le­ment ? Et ma cré­di­bi­li­té de mère, ils y pensent, les matous ?

Le groupe de félins finit par s’é­loi­gner après plus d’une heure d’ob­ser­va­tion. Ma fille peut alors consta­ter qu’ils sont invi­sibles dès qu’ils s’al­longent dans les hautes herbes. Ouf, je ne suis pas une mytho. 

Nous pour­sui­vons l’ex­plo­ra­tion du Parc d’Amboseli.

L’a­près-midi file extrê­me­ment vite mais ce que nous rete­nons, c’est le nombre de hardes d’é­lé­phants croi­sées. Ils sont partout ! 

C’est, à mon sens, l’un des ani­maux les plus fas­ci­nants à obser­ver dans cette par­tie du monde : on voit les jeux des jeunes, les rôles de chaque indi­vi­du, les petites pro­vo­ca­tions des jeunes mâles, la puis­sance des matriarches...

Le len­de­main matin, nous sommes devant l’en­trée du parc pour l’ou­ver­ture. J’ai bon espoir que nous puis­sions aper­ce­voir le Kili­man­ja­ro, mais le temps reste cou­vert, mal­heu­reu­se­ment. Par contre, la chance sou­rit à nou­veau à Petite Oreille : la radio de notre guide l’in­forme que des lions sont visibles à proxi­mi­té. Ni une ni deux, nous filons voir les félins. Je n’ai pas une grande pas­sion pour les pré­da­teurs, de manière géné­rale, mais le lion fait tou­jours rêver les enfants, j’imagine...

Il n’é­tait, en réa­li­té, guère utile de se dépê­cher. Les deux lions, un jeune et un moins jeune, ne semblent pas déci­dés à quit­ter les lieux. La car­casse de leur vic­time de l’aube est à proxi­mi­té et ils font la sieste. Acti­vi­té épui­sante qui occupe géné­ra­le­ment le lion envi­ron 20h par jour.

Si je n’ai pas un grand attrait pour les félins, je pro­fite tout de même du moment en deman­dant à notre guide de cou­per le moteur. Nous sommes seuls. Aucune voi­ture à proxi­mi­té. Et nous enten­dons les lions res­pi­rer. Un souffle lourd et puis­sant. Quelque chose qu’on ne peut pho­to­gra­phier, juste un sou­ve­nir à gra­ver. C’est assez magique. Le silence abso­lu et ces respirations. 

La jour­née se pour­suit de manière tout aus­si magique. Par­tout, des ani­maux. Et des dizaines d’é­lé­phants. Ils se rendent dans les zones maré­ca­geuses où ils passent une bonne par­tie de la jour­née à man­ger et à boire (il leur faut jus­qu’à 200l d’eau par jour !).

À midi, les tou­ristes convergent vers une petite butte, seul endroit du parc où il est pos­sible de des­cendre de voi­ture. On peut alors man­ger en regar­dant les ani­maux et en cri­ti­quant les tou­ristes qui ne ramènent par leurs déchets à la voiture.

On ne voit plus beau­coup de fla­mants roses dans cette par­tie du Kenya. Il faut mon­ter dans le nord du pays pour espé­rer voir les belles envo­lées. Je savoure donc notre chance d’en aper­ce­voir quelques uns.

Plus loin, la chance nous per­met éga­le­ment de croi­ser deux crues cou­ron­nées, l’un des sym­boles africains !

Nous ter­mi­nons la jour­née en com­pa­gnie de plu­sieurs hardes d’é­lé­phants qui rentrent des marais. Un impo­sant mâle est au milieu. Il se bagarre dou­ce­ment avec un mâle plus jeune, imi­té par deux ados puis deux petits. La ver­sion ados nous amuse beau­coup : ils sont vau­trés par terre et une adulte leur demande d’ar­rê­ter (enfin, j’i­ma­gine !). Quant à la ver­sion petits, c’est ado­rable. Ils se montent des­sus, se poussent, perdent l’é­qui­libre. On sent bien qu’il s’a­git d’un jeu !

Nous res­tons plus d’une heure à regar­der les élé­phants. Ils sont très proches de nous. À tel point que notre guide doit dépla­cer la voi­ture à plu­sieurs reprises. Les élé­phants finissent par s’é­loi­gner. Chaque famille part de son côté pour la nuit.

En une seule jour­née, nous avons faci­le­ment vu plus de 200 élé­phants. Si ma fille trouve presque cela nor­mal, j’en suis per­son­nel­le­ment très émue. 
Lors de mon pre­mier voyage au Kenya, j’a­vais pu obser­ver quelques élé­phants, mais il s’a­gis­sait de petits groupes, et leur com­por­te­ment était radi­ca­le­ment dif­fé­rent. Je repense à ces deux élé­phants femelles qui, dès qu’elles avaient aper­çu la voi­ture, pour­tant à plus de 200m, avaient enca­dré l’é­lé­phan­teau. Notre pré­sence était clai­re­ment per­çue comme une menace (et, his­to­ri­que­ment, à rai­son...). Douze ans plus tard, le nombre d’é­lé­phants au Kenya a consi­dé­ra­ble­ment aug­men­té. Et j’ai l’im­pres­sion de le consta­ter en voyant des groupes de dizaines d’éléphants ! 

Les terres rouges de Tsavo

L’é­tape sui­vante est un autre parc natio­nal : Tsa­vo Est. Est, parce que Tsa­vo, l’un des plus vieux et plus grand parc natio­nal du Kenya, est cou­pé en deux. D’un côté, Tsa­vo Ouest, plus val­lon­né, rejoint la fron­tière avec la Tan­za­nie. De l’autre, Tsa­vo Est, plus déser­tique, nous rap­proche de Mom­ba­sa et de l’O­céan Indien. On lit par­fois qu’il fau­drait pri­vi­lé­gier Tsa­vo Ouest car « hors des sen­tiers bat­tus ». En réa­li­té, Tsa­vo Est est tel­le­ment éten­du qu’on n’y croise qua­si­ment per­sonne de la journée !

Les deux par­ties du parc sont sépa­rées par une route, et, sur­tout, par une voix de che­min de fer. Et c’est mon petit regret du voyage : j’au­rais aimé prendre ce train. L’ex­pé­rience semble magique. Mais d’un point de vue orga­ni­sa­tion, il était plus simple que notre guide nous emmène jus­qu’au bout, à l’hô­tel où nous fini­rions le voyage, dans une petite ville au bord de l’O­céan Indien.

Notre hôtel est, cette fois-ci, au cœur du parc. Nous y arri­vons en début d’a­près-midi. Il fait extrê­me­ment chaud. Pas de vent, et soleil de plomb, les ani­maux res­tent cachés. Jus­qu’à ce qu’un énorme élé­phant mâle tra­verse devant nous. Puis un deuxième. Puis un troi­sième. Et encore un autre. Et encore un autre. Que des mâles, gigantesques. 

Nous sommes à quelques dizaines de mètres de l’hô­tel. Les élé­phants se rendent au point d’eau situé à proxi­mi­té. Je laisse Petite Oreille aller voir les élé­phants tan­dis que je m’oc­cupe des for­ma­li­tés. Pas­se­ports, for­mu­laire, signa­ture, non je ne veux pas d’une ser­viette humide fraiche, non pas de jus de fruit même s’il a l’air déli­cieux, lais­sez-moi aller voir les élé­phants ! Je bâcle le tout en essayant de res­ter polie et file rejoindre mon enfant. 

Nous ten­tons de comp­ter les éléphants.

...24, 25, 26...

Ils bougent et il en arrive de toutes parts. Dif­fi­cile d’ob­te­nir un compte exact. Des mâles. Tous. Que des mâles. Il y a devant nous plus de 100 tonnes d’é­lé­phants (ça fait 884 Sébas­tien Chabal).

Il n’é­tait en réa­li­té pas néces­saire de se dépê­cher : les élé­phants n’ont clai­re­ment pas l’air d’a­voir envie de par­tir ! Lorsque nous reve­nons, après le déjeu­ner, les élé­phants sont tou­jours là ! Petite Oreille pro­fite donc de la pis­cine avec vue sur le plus gros mam­mi­fère ter­restre qui, lui aus­si, joue dans l’eau ! 

L’hô­tel est magique*. Non pour la qua­li­té de l’hé­ber­ge­ment (très bien, mais rien d’o­ri­gi­nal) mais pour la proxi­mi­té de la faune. Par­tout, d’é­normes lézards (des agames des colons, 40cm de long !) prennent le soleil. On le entend se fau­fi­ler entre les feuilles, au sol.

* je n’ai uti­li­sé cet adjec­tif que 6 fois sur un article de plus de 6500 mots, ça va !

Mais le meilleur endroit reste la ter­rasse du res­tau­rant...
Naïves, nous nous ins­tal­lons dehors, pour pro­fi­ter de la vue sur les élé­phants. C’est un buf­fet, comme sou­vent dans les hôtels, mais ils pro­posent de la nour­ri­ture locale. Je prends donc de petites quan­ti­tés pour tes­ter les dif­fé­rentes spé­cia­li­tés. Petite Oreille et moi nous atta­blons. Nous dis­cu­tons, nous nous exta­sions... Puis, je décide de me lever pour aller me res­ser­vir. J’ai à peine fait trois mètres que je vois une des ser­veuses bon­dir dans notre direc­tion. Je me retourne. Petite Oreille, four­chette bran­die vers ma chaise vide. Une petite sil­houette poi­lue et pour­vue d’une longue queue s’é­chappe dans l’arbre voi­sin. Un singe ver­vet nous sur­veillait et atten­dait le bon moment...

La ser­veuse est injus­te­ment mor­ti­fiée mais finit par sou­rire lors­qu’elle com­prend que ce sera cer­tai­ne­ment l’un des meilleurs sou­ve­nirs du voyage de Petite Oreille ! (Des tou­ristes l’ont-ils déjà embê­tée parce qu’un ani­mal sau­vage était pré­sent dans un hôtel situé au milieu d’un parc ?!)

Notre guide revient nous cher­cher en fin d’a­près-midi, quand les ani­maux res­sortent, théo­ri­que­ment, de leurs cachettes. Et une fois encore, la chance sou­rit à Petite Oreille. Elle râlait de n’a­voir vu que des lions mâles à Ambo­se­li. Qu’à cela ne tienne, voi­ci une lionne qui s’approche !

La lionne, visi­ble­ment pleine, contourne la voi­ture puis s’é­loigne pour aller s’al­lon­ger dans les hautes herbes, loin de nous. Une deuxième arrive alors, et suit le même che­min. Puis, tan­dis que nous nous éloi­gnons, nous aper­ce­vons des oreilles qui dépassent : une lionne et un jeune sont allon­gés dans l’herbe ! Tu vou­lais voir des lionnes, mon enfant ?

Vous croyez que ça va s’ar­rê­ter là ? Non, tou­jours pas ! Lorsque la mère et le lion­ceau s’é­loignent, nous repre­nons le che­min... pour tom­ber 200m plus loin sur une qua­trième lionne ! Le com­por­te­ment de celle-ci, par contre, est radi­ca­le­ment dif­fé­rent : elle renifle, appelle, tourne en rond. Elle cherche à retrou­ver ses congé­nères et semble perdue. 

La jour­née s’a­chève ain­si, en ayant pas­sé toute la fin de l’a­près-midi au même endroit, à obser­ver les lionnes. Nous retour­nons à l’hô­tel. Le temps de prendre l’in­dis­pen­sable douche (on est lit­té­ra­le­ment cou­vertes de pous­sière tous les soirs...) et il fait nuit noire. Mais les élé­phants sont tou­jours là, à quelques mètres de notre chambre. Je laisse les fenêtres ouvertes et nous nous endor­mons au son des cla­po­tis. (Bon, 4 tonnes qui jouent à envoyer de la boue, c’est un peu plus qu’un cla­po­tis. Mais c’est un bruit net­te­ment plus agréable que n’im­porte quel voi­sin humain !)

Nous repar­tons tôt, le len­de­main, pour une nou­velle jour­née à explo­rer le parc de Tsa­vo. Ma fille com­mence à excel­ler dans l’art de dif­fé­ren­cier les gazelles de Thom­son, les impa­las et les gazelle de Grant. Et moi, je découvre le bubale, une anti­lope à la tête tout en longueur.

Dans la séche­resse du parc de Tsa­vo, les points d’eau sont des lieux stra­té­giques. Une autre voi­ture est déjà là. Nous nous sta­tion­nons à bonne dis­tance pour obser­ver un large trou­peau de zèbres venir s’a­breu­ver.
Mal­gré les nuages, il fait chaud, et le moment semble très atten­du par les zèbres. La lumière, dure et zéni­thale, est catas­tro­phique pour les pho­tos. Mais la scène est très agréable à regar­der. La terre flam­boyante fait res­sor­tir les zébrures. 

Les zèbres sont calmes, tran­quilles. Ils vont boire par petits groupes. 

Quand sou­dain...

Quand sou­dain arrive un gigan­tesque élé­phant mâle, au pas de charge ! Les zèbres détallent tous, lui lais­sant le champ libre pour accé­der au point d’eau. Mais ce n’est pas l’eau qui l’in­té­resse : il charge l’autre voi­ture ! Le guide s’é­loigne. L’é­lé­phant accé­lère ! La voi­ture file sur le che­min et l’é­lé­phant court der­rière, visi­ble­ment éner­vé. Heu­reu­se­ment, il finit par aban­don­ner et reprend son che­min au milieu des bos­quets... D’a­près notre guide, c’est une his­toire d’hormones... 

Nous atten­dons que l’é­lé­phant ne soit plus visible avant de nous éloi­gner à notre tour. Au détour du bos­quet, nous tom­bons sur un couple de gazelles de Wal­ler. Ces « anti­lopes girafes » sont faciles à recon­naître avec leur cou très allon­gé, leurs oreilles sur­di­men­sion­nées et leur tête étran­ge­ment petite.

Debout à l’ar­rière de la voi­ture, nous scru­tons les alen­tours tan­dis que le guide avance doucement. 

Nous rejoi­gnons un point d’eau où nous attend un autre groupe de félins. Enfin, ils ne nous attendent pas, ils attendent que leur repas s’ap­proche impru­dem­ment du point d’eau.
Un peu par­tout dans Tsa­vo, sont ins­tal­lés des puits qui ali­mentent des points d’eau. Ain­si, mal­gré la séche­resse, les ani­maux conservent un accès à l’eau, indis­pen­sable. Et les lions ménagent leurs efforts en res­tant proches de l’eau...

Ellipse : je vous épargne le retour à l’hô­tel, la nuit, et la mati­née de safari.

En quit­tant Tsa­vo, je fais le bilan avec Petite Oreille. Elle est, je crois, consciente de la chance que nous avons eu. Elle regrette néan­moins de n’a­voir vu ni rhi­no­cé­ros ni hyènes...

Je lui réponds que ça n’est pas plus mal, ça nous don­ne­ra un pré­texte pour refaire un safa­ri, plus tard, quand le rein que j’ai ven­du pour payer ce voyage aura repoussé.

Nous ter­mi­nons le voyage dans une petite sta­tion bal­néaire au sud de Dia­ni. L’hô­tel ne m’ins­pire pas. C’est le type all inclu­sive où tout est fait pour que les gens res­tent à l’in­té­rieur. Mais nous obser­vons des colobes dans le jar­din, et un ver­vet pique la noix de coco que j’ai à peine posée sur la ter­rasse, ça suf­fit à illu­mi­ner la fin de notre séjour. 

Le pro­gramme des jours qui suivent est simple : se lever tôt, aller plon­ger, man­ger dans un mignon petit res­tau­rant les pieds dans le sable, se repo­ser. Et tous les après-midis, regar­der ma fille se faire de nou­velles copines dans la pis­cine de l’hô­tel. Pou­voir ter­mi­ner le séjour en lui disant : « tu vois à quoi ça sert, d’ap­prendre à par­ler anglais ? ».

Plonger au Kenya (quand on est enfant)

Au moment de notre voyage, Petite Oreille venait de finir sa troi­sième année de plon­gée en club en France. Elle plonge en pis­cine, en fosse, et je l’emmène faire des plon­gées en mer de temps en temps. Je le pré­cise car je ne pense pas que le Kenya soit le bon endroit pour ini­tier un enfant à la plon­gée, tout du moins pas pen­dant le mois de juillet : il y avait beau­coup de vagues ! Je n’ai pas l’ha­bi­tude d’a­voir le mal de mer, mais j’ai été malade tous les matins sur le bateau, comme une grande par­tie des tou­ristes pré­sents à bord. Un des vacan­ciers, qui plonge de manière régu­lière dans un cadre pro­fes­sion­nel, nous a même confié que c’é­tait la pre­mière fois qu’il avait le mal de mer sous l’eau ! Ces condi­tions n’ont pas empê­ché Petite Oreille de pro­fi­ter de ses plon­gées (elle l’a fait trois jours de suite, sans que je ne la force !) mais je pense qu’être déjà un mini­mum auto­nome et savoir pal­mer était un pré-requis pour s’a­mu­ser sans perdre toute son éner­gie en lut­tant contre les courants !

J’ai échan­gé avec plu­sieurs centres de plon­gée avant d’en trou­ver un qui me convienne : les normes en terme de sécu­ri­té ne sont pas les mêmes par­tout. Ain­si, en France, on com­mence la plon­gée très tôt (bien plus tôt que dans d’autres pays) mais c’est très pro­gres­sif. Les taux d’en­ca­dre­ment ne sont pas non plus les mêmes. Or, si ma fille a quelques com­pé­tences, il était néan­moins impen­sable pour moi qu’elle se retrouve dans une palan­quée de 4 personnes. 

La plon­gée n’est pas une acti­vi­té dan­ge­reuse en soi, mais elle peut être à risque lorsque mal enca­drée. Il me paraît impor­tant de choi­sir un centre auquel on puisse faire confiance. Elle a donc fait trois plon­gées avec Suba Duka, et je peux les recom­man­der sans hésitation !

Par contre, elle a tenu à ne faire qu’une seule plon­gée par jour, même si la deuxième était com­prise dans le prix et que la légis­la­tion locale le per­met­tait. Je pense qu’elle a eu rai­son : en France, c’est 12 ans !

Je croi­sais les doigts pour qu’elle puisse voir des tor­tues au moins une fois. Résul­tat, elle en a vu tous les jours, et deux espèces dif­fé­rentes. En plus des pois­sons, pieuvres, et de la faune sous-marine typique de l’O­céan Idien.

Bref, ma fille a beau­coup de chance, parfois.

Carnet pratique :
les petites infos pour préparer un safari au Kenya

Avec quelle agence partir au Kenya ?

Je vais le dire fran­co : je ne vous conseille­rai aucune agence. Non que celle avec laquelle nous sommes par­ties était nulle, mais je consi­dère que la pres­ta­tion était juste cor­recte et ne mérite pas une mise en avant. Je ne trouve pas l’a­gence assez excep­tion­nelle pour la recommander. 

J’ai hési­té quelques semaines entre deux pos­si­bi­li­tés : par­tir avec un groupe ou par­tir sur un voyage pri­vé. Le voyage pri­vé est, bien enten­du, net­te­ment plus cher, mais c’est l’op­tion que j’ai rete­nue, et ce sans aucun regret : nous étions seules dans la voi­ture avec notre guide. Non seule­ment nous avions toute liber­té pour nous dépla­cer dans la voi­ture selon que les ani­maux étaient à droite, à gauche, devant, etc. mais en plus nous pou­vions déci­der du temps consa­cré à chaque ani­mal sans avoir l’im­pres­sion de gêner les autres. Le voyage en groupe, c’est tou­jours la lote­rie : nous aurions pu tom­ber sur des familles ado­rables, comme sur des gens infects qui, après leur sel­fie avec trois élè­phants n’a­vaient qu’une hate, ren­trer à l’hôtel. 

J’ai donc payé le prix fort pour un luxe : ne pas nous dépê­cher et savou­rer des moment pri­vi­lé­giés rien qu’entre nous. Nous avons ain­si plei­ne­ment pro­fi­té du voyage !

Dans tous les cas, sachez qu’il vous fau­dra pré­voir le coût des pour­boires, et notam­ment le pour­boire de votre guide/chauffeur, qui est impor­tant. C’est à pen­ser à l’a­vance car cela aug­mente consi­dé­ra­ble­ment le bud­get du voyage. Ren­sei­gnez-vous bien sur ce qui est com­pris ou non dans le devis de votre agence, et n’hé­si­tez pas à comparer.

Formalités

Pour les condi­tions d’en­trée dans un pays, la meilleure source d’in­for­ma­tion sera tou­jours l’am­bas­sade de la des­ti­na­tion concer­née : c’est la seule source fiable et, sur­tout, à jour. Oui, j’é­cris ceci en pen­sant aux gens qui ont raté leurs voyages parce qu’une IA leur a dit qu’au­cun visa n’é­tait néces­saire... alors que si. Bref, au moment de notre voyage, il suf­fi­sait de rem­plir quelques for­ma­li­tés en ligne pour obte­nir l’e­TA (elec­tro­nic Tra­vel Autho­ri­sa­ton) . C’é­tait payant mais rapide. Vous n’a­vez besoin d’au­cun pres­ta­taire pour rem­plir ces for­ma­li­tés. Toutes les infos sont sur le site de l’am­bas­sade.

Santé

Les mous­tiques

Il y a trois ani­maux dan­ge­reux dans cette par­tie de l’A­frique : les hip­po­po­tames, les élé­phants et les mous­tiques. Pour les deux pre­miers, j’ai choi­si de res­pec­ter les dis­tances et de faire appel à de bons guides. Pour le troi­sième, c’est plus compliqué...

On pense tout d’a­bord au palu­disme. Les tou­ristes qui voyagent en Afrique ain­si que dans cer­taines régions d’A­sie sont invi­tés à prendre des trai­te­ments pré­ven­tifs. Je ne l’ai jamais fait pour moi même, me conte­nant d’a­voir les boîtes dans mon sac. J’ai vou­lu le faire pour ma fille, lors de notre voyage à Mada­gas­car, mais après plu­sieurs jours à la voir vomir, j’ai déci­dé d’ar­rê­ter le traitement.

Mais il n’y a pas que le palu­disme... Au moment où j’é­cris ces lignes, le vac­cin pour la fièvre jaune est obli­ga­toire pour se rendre au Kenya. Si la fièvre jaune est moins dan­ge­reuse que la pau­lu­disme, ça n’en reste pas moins un virus poten­tiel­le­ment mortel.

Pour nous pro­té­ger, j’ai donc choi­si d’op­ter pour les vête­ments longs au maxi­mum com­bi­nés à des sprays répul­sifs. Pour autant, je croise plus de mous­tiques tigres en une heure sur ma ter­rasse fran­ci­lienne que je n’en ai croi­sé durant tout notre voyage au Kenya, et ce mal­gré des héber­ge­ments proches de zones maré­ca­geuses. Nous n’a­vons pas été piquées une seule fois de tout le voyage !

L’eau

Il est décon­seillé de boire l’eau du robi­net au Kenya. Par contre, à titre per­son­nel, j’ai tou­jours été hor­ri­fiée à l’i­dée d’u­ti­li­ser de l’eau miné­rale pour me laver le visage ou les dents.

J’au­rais aimé limi­ter au maxi­mum l’u­sage du plas­tique. Je regrette de ne pas avoir spé­ci­fié à l’a­vance que nous venions avec des gourdes et que je pré­fé­rais les rem­plir plu­tôt que d’a­voir plu­sieurs petites bou­teilles chaque jour.

Matos Photo

La plu­part des tou­ristes que nous avons croi­sés n’a­vaient qu’un smart­phone et sem­blaient en être très heu­reux. J’i­ma­gine que leur smart­phone est un poil meilleur que mon vieux machin tout cas­sé, mais comme j’ai la chance d’a­voir du maté­riel pho­to à la mai­son, je l’ai pris ! 

Nous pou­vez retrou­ver des conseils sur cet article dédié à la pho­to en safa­ri, mais pour résu­mer : deux boi­tiers, c’est bien. Non seule­ment ça per­met d’al­ter­ner très rapi­de­ment entre deux focales, mais en plus, ma fille était ravie d’être par­tie pre­nante dans nos pho­tos sou­ve­nir. Elle avait géné­ra­le­ment un 6dII avec un objec­tif Tam­ron 150 – 600 qui ne se fait plus. Per­son­nel­le­ment, j’a­vais le canon 70 – 200, et nous échan­gions au besoin. J’ai éga­le­ment fait pas mal de pho­tos au 16 – 35, et j’a­vais une focale fixe ultra lumi­neuse, qui n’a qua­siem­ment pas servi. Par contre, atten­tion, pen­sez à prendre plein de cartes mémoire, et, sur­tout, un adap­ta­teur pour char­ger les batteries ! 

Indispensables

On met quoi dans sa valise ? He bien son pyja­ma et on n’ou­blie pas :

  • une lampe fron­tale : utile le soir à l’hô­tel parce que les chambres sont sou­vent sombres, mais sur­tout, utiles pour aller du res­tau­rant à l’hôtel !
  • des vête­ments clairs et confor­tables, des che­mises à manches longues pour se pro­té­ger du soleil et des mous­tiques, une couche chaude pour le soir, un cha­peau pour le soleil, des chaus­sures fer­mées pour les jour­nées de safari.
  • un adap­ta­teur sec­teur : il n’est pas pos­sible de bran­cher un appa­reil élec­tro­nique fran­çais sur les prises kenyanes. Il est donc indis­pen­sable de prendre un adap­ta­teur si vous avez quoi que ce soit à rechar­ger le soir !
  • de quoi s’oc­cu­per, et occu­per l’en­fant quand la lumière tombe et qu’on ne voit plus les ani­maux : chez nous le car­net pour des­si­ner est un clas­sique, ain­si que les livres. Un petit jeu de carte non encom­brant pour­rait aus­si être envisagé.
  • le guide Dela­chaux : ce n’est pas des­ti­né aux enfants, mais ça per­met de les impli­quer plei­ne­ment dans la déter­mi­na­tion des dif­fé­rentes espèces, et les infos sont très inté­res­santes ! Ma fille était ravie de le potas­ser régulièrement.
  • une paire de jumelles : les enfants adorent cher­cher l’a­ni­mal avec ! C’est pra­tique et ludique. Inutile d’in­ves­tir dans des jumelles haut de gamme si vous ne pré­voyez pas un usage récurent : leur poids peut démo­ti­ver ! Pri­vi­lé­giez plu­tôt un modèle simple et com­pact (ces jumelles-ci, par exemple).
  • Dans la trousse de san­té : anti­mous­tique, doli­prane, dés­in­fec­tant, pan­se­ments. Les clas­siques. Ajou­tez la crème solaire, également.

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1 commentaire

Clémence 25 février 2026 - 16:06

Un très beau récit ! Quelle aven­ture ! Et comme d’ha­bi­tude, de magni­fiques pho­tos pour nous faire rêver (et pour­tant je rentre d’un safa­ri au Kenya donc j’ai pu rêver sur place mais vos pho­tos sont tou­jours exceptionnelles).
Et pour voir les rhi­no­cé­ros, je vous conseille du coup le parc de Meru au nord du Kenya. En plus d’y être seuls, nous avons pu y obser­ver beau­coup de rhinocéros.

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