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Premières impressions sur Malte

Bugib­ba, dimanche 12 Mai.

Je suis arrivée sur l’île de Malte il y deux jours. Je ne sais pas si c’est parce que je voy­age seule que je me focalise sur le négatif, mais tout a très mal com­mencé. Habituelle­ment, c’est mon Belge qui râle, et moi qui dit « mais non, c’est pas grave ». On se com­plète bien. Sauf que là, c’est moi qui dois tri­er le posi­tif et le négatif toute seule...
En arrivant à l’aéroport, je n’avais absol­u­ment aucune idée de l’itinéraire à emprunter pour rejoin­dre mon hôtel, je savais juste qui me faudrait pren­dre au moins deux bus et que je n’avais pas vrai­ment de plan pré­cis. Du coup, quand, au moment de récupér­er ma valise, une dame m’a pro­posé un ser­vice de shut­tle à un prix tout à fait cor­rect, je me suis dit « Ban­co !». J’ai payé 10€, et je suis sor­tie de l’aéroport pour rejoin­dre la zone où on est cen­sé atten­dre.


J’ai atten­du 20 min­utes, puis j’ai relu le papi­er qui dis­ait que la navette était là en moins de 20 min­utes et qu’au-delà, il fal­lait appel­er leur hot­line ; puis j’ai atten­du encore un peu. Au bout de 30 min­utes, un groupe de per­son­nes arrivées après moi est par­ti, alors j’ai demandé au respon­s­able ce qu’il se pas­sait. Il m’a dit « wait ». Au bout de 45 min­utes, « wait ». Le respon­s­able pas­sait son temps à faire des aller-retours à l’extérieur, pour clop­er avec une bande de mecs dont le boulot n’a pas l’air très prenant.
Au bout d’une heure, je bouil­lais intérieure­ment, et j’ai fini par explos­er. Le mec m’a dit « non mais j’y peux rien, moi aus­si je les attends » (mau­vaise réponse, en principe on dit « je vais me ren­seign­er » ou « je vais voir ce que je peux faire », on n’essaie pas de se dédouan­er comme ça, même si dans les faits ce n’est pas sa faute). Je lui ai demandé de me rem­bours­er, que j’aille pren­dre un taxi, il m’a dit qu’il ne pou­vait pas.
Du coup, dans un élan de colère, j’ai attrapé mon sac pour retourn­er voir la nana qui m’avait ven­du le truc. Prob­lème, la zone des bagages n’est plus acces­si­ble dès qu’on est sor­ti. J’ai bien réus­si à me fau­fil­er, j’étais à deux mètres de son bureau, mais un mec de la sécu­rité m’a attrapée. J’ai essayé de lui expli­quer, de lui dire que je voulais juste par­ler à la nana, là, avec son shut­tle pour­ri, mais j’ai bien com­pris que je ne pour­rais pas négoci­er, et je n’avais pas envie de décou­vrir ce qu’il se passe dans les pris­ons mal­tais­es.
Je suis retournée au shut­tle, j’ai dis­cuté un peu avec une col­lègue du mec, moins détestable que lui. Je lui expli­quais qu’en soit, atten­dre une heure n’est pas dra­ma­tique ; le prob­lème, c’est de ven­dre un ser­vice où on vient te chercher en 20 min­utes, puis de dire « wait, wait » sans plus d’informations. Une ital­i­enne, elle aus­si excédée  a essayé d’appeler la hot­line, sans réponse, puis un groupe est arrivé. Deux familles, une dizaine de per­son­nes. Et comme par magie, le shut­tle est apparu. Alors j’ai com­pris l’astuce : le shut­tle, c’est comme un minibus malien ; il ne part que quand il est plein, ou en tout cas bien rem­pli. Et comme il est impos­si­ble de se faire rem­bours­er, ils savent bien com­ment piéger les clients. Le truc, c’est qu’au Mali on t’annonce la couleur dès le début, et on te file des mangues en atten­dant.

Voilà, ça com­mençait mal. 2h30 après être sor­tie de l’aéroport, j’arrivais enfin à mon hôtel, où je décou­vrais que le WiFi était présent mais pas inclus, qu’il me faudrait pay­er pour une carte de la ville mais que, ouf, c’était plutôt un hôtel de vieux. Ce qui veut dire : du calme !

Je suis alors par­tie faire le tour de la ville, et j’ai décou­vert que je ne pour­rais pas, con­traire­ment à ce que je prévoy­ais, louer un petit scoot­er pour explor­er l’île (puisque même pour un 50cc, il faut un per­mis – ce qui, entre nous, est absurde : ça fait dix ans que j’en con­duis, je suis cer­taine­ment moins dan­gereuse que quelqu’un qui a le per­mis voiture mais n’a jamais touché un deux roues... Enfin, ce sont les lois du pays, je prendrai un vélo).

Je me suis vengée sur un pre­mier vrai repas de la journée, en entrant dans le pre­mier restau­rant qui pro­po­sait des prix cor­rects et du WiFi. J’ai pris un cheese­burg­er avec des frites, lesquelles ont fini sur la table, ren­ver­sées par le serveur, que ça n’a absol­u­ment pas choqué : je n’avais qu’à les ramass­er si je voulais les manger (la table est en extérieur, sans nappe...). Du coup, je me suis défoulée sur Twit­ter. Na.

Ça, c’étaient les pre­mières impres­sions. Je pour­rais m’arrêter là, vu que le con­cept que cette série d’articles en direct du chal­lenge Cigale Four­mi, c’est juste­ment de vous don­ner mes impres­sions pre­mières, avec quelques pho­tos à l’iPhone, et de garder le réc­it et les « vraies » pho­to du voy­age pour plus tard. Mais je crois qu’il faut que je mette un peu de posi­tif dans cet arti­cle, tout de même.

A l’heure où j’écris cet arti­cle, je suis à l’hôtel, sur mon bal­con (avec vue sur un garage, hein, n’allez pas imag­in­er un beau truc non plus ! Mais au moins j’ai de l’air et la lumière du jour). J’ai fait la grasse mat­inée, chose que je ne fais jamais habituelle­ment. La nuit a sim­ple­ment été hor­ri­ble : j’ai les épaules et le dos com­plète­ment cramés. Non, mes coups de soleil ne sont pas la chose pos­i­tive dont je voulais vous par­ler, mais ils en sont la con­séquence factuelle.
J’ai passé douze heures, hier, à faire du vélo (moins 1h de pause si on met les petits arrêts bout à bout, et moins 2h si on enlève les moments où j’ai poussé le vélo !). J’ai com­mencé par la pénin­sule de Mar­fa, plutôt mignonne  puis je suis allée pass­er l’après-midi sur Gozo. Je me suis retrou­vée devant le fer­ry à l’heure où il par­tait, avec un mec qui m’a dit « mon­tez, mon­tez », alors je me suis dit « pourquoi pas ?». Je ne suis pas sûre d’avoir fait tant de kilo­mètres que cela, mais cer­taine­ment un bon dénivelé, puisqu’il n’y a absol­u­ment aucune route plate.

Du coup, je ne con­seillerais pas for­cé­ment à tout le monde de faire du vélo à Malte. Surtout qu’ils roulent à gauche, ce qui demande un petit temps d’apprentissage (par réflexe, j’ai pris mon pre­mier rond-point dans le mau­vais sens, par exem­ple). Les routes sont assez mau­vais­es dès lors que l’on s’éloigne de la route prin­ci­pale et, sur Gozo, il y a quand même pas mal de chiens et de ser­pents (mes deux ani­maux préférés...). Pour autant, ça m’a per­mis d’accéder à des endroits très sym­pas, d’aller à mon rythme (bon, j’ai tracé sur la fin, pour essay­er de ne pas ren­tr­er de nuit, mais j’ai échoué...).
Il y a des tas de petites plages à décou­vrir, et vrai­ment beau­coup de jolies choses... Mais ça, je le garde pour mon retour !

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18 Commentaires

  1. Je crois que tu n’as vrai­ment pas de chance sur ce voy­age. Aller courage tu appréciera le retour. En tous cas mer­ci de nous faire partager tes aven­tures.

    1. Oh, c’était surtout sur cette journée là, au final, si on oublie la cham­bre pour­rie d’Istanbul ! La journée poisse, y’en a tou­jours une dans un voy­age...

  2. Héhé, excel­lent cet arti­cle, j’ai bien ri ! Tu as bien joué de malchance pour cette 1e journée...Tu pour­ras aus­si racon­ter com­ment 2 Français t’ont fait atten­dre sur une place pen­dant 1h le 2e jour , pen­dant qu’ils se per­daient dans Bugib­ba... :-p

    1. J’avais 5 jours, dont 3 jours pleins. Je crois que c’est une île où on peut rester une semaine sans avoir l’impression qu’il reste quelque chose à voir, et trois semaines en ayant l’impression qu’on pour­rait encore y rester. Tu vois ce que je veux dire ?

  3. Bon­jour,
    J’ai suivi votre périple Cigale Vs Four­mi via le blog ou les réseaux soci­aux.
    De façon générale, j’ai trou­vé que le fait d’avoir voy­agé seule se ressent énor­mé­ment sur vos réc­its (com­paré au réc­it que vous avez pu faire du Kenya ou bien l’Islande pour citer les plus récents).
    Est-ce qu’il en sera de même pour les pho­tos, ou juste­ment avez-vous eu plus de temps pour par­faire les prise de vue, com­po­si­tion ? etc... j’attends les vraies pho­tos, avec impa­tience.
    Dans tous les cas, cela con­forte un peu mon idée que les voy­ages sont bien plus agréable et enrichissant quand ils sont partagés avec des per­son­nes que l’on appré­cie.
    Céline.

      1. En fait, j’avais déjà un peu voy­agé sans mon com­pagnon, toute seule, dans les Balka­ns, et j’en garde un bon sou­venir (mais j’adore vrai­ment cette région)
        Avec ou sans lui, j’ai tou­jours mon lot de mau­vais­es aven­tures, comme tout le monde.
        Après, c’est vrai que là, j’ai joué de malchance plus que d’habitude, et comme je m’étais arrangée pour avoir du wifi partout, hé bien je me suis défoulée sur les réseaux soci­aux 😀

  4. Après moult hési­ta­tion on a peu être jeté notre dévolu sur Malte pour nos prochaines vacances, on cher­chait un coin au soleil pas trop loin de France où en 2 semaines on puisse ray­on­ner un peu sans se press­er (bébé oblige). Le seul truc qui nous fait peur (mais pas le choix) c’est que ce sera en Aout !!! Affaire à suiv­re. Mer­ci pour ce réc­it, on se méfiera des shut­tles ...

  5. Wow j’ai rarement vu quelqu’un ayant autant la poisse à Malte ! Per­son­nelle­ment j’y suis restée 6 mois (pour un stage) et il ne m’est pas arrivé autant de mésaven­tures (enfin pas tout en même temps puisqu’il m’en est arrivé quelques unes quand même...)
    C’est un pays très petit mais la con­cen­tra­tion de pat­ri­moine est incroy­able, il y a des tem­ples plus vieux que les pyra­mides, des for­ti­fi­ca­tions sur l’ensemble du pays, des églis­es encore plus riche­ment décorées qu’en Ital­ie et des petits villes au charme fou.
    Alors oui le vélo n’est peut-être pas l’idéal pour se déplac­er à Malte, d’ailleurs je m’étais faite la réflex­ion qu’assez de per­son­ne en pra­tiquent là-bas. Finale­ment l’idéal c’est encore le scoot­er (sans vouloir retourn­er le couteau dans la plaie). Pen­dant toute la durée de mon séjour j’ai util­isé le réseau de bus et je m’en suis sor­tie.

    En tout cas je recom­mande Malte comme des­ti­na­tion c’est mag­nifique, on peut se faire des prom­e­nades, vis­iter des lieux très dif­férents (plongée dans l’histoire garantie), se baign­er dans des eaux trans­par­entes et très bien manger pour des prix raisonnables. Le plus cher reste encore le loge­ment je pense.
    Par con­tre, je décon­seille d’y aller en juillet/août, la chaleur est insouten­able. Favorisez avril/mai ou début juin.

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