L’île Maurice est une île incroyable, un paradis pour qui aime la photographie !
Petits conseils photos pour les futurs voyageurs : que photographier à Maurice, et comment.
Vous partez à l’Île Maurice bientôt ? Vous avez déjà eu du mal à savoir que mettre dans votre valise, entre les maillots de bain et les affaire de randonnée. Et c’est encore pire pour le matériel photo ? C’est la beauté et la difficulté des endroits comme l’Île Maurice : le choix est vaste tant tout y est possible !
Que Photographier à Maurice, et comment ?
L’île Maurice a comme principale force de pouvoir convenir à tous les photographes (et à tous les voyageurs) : que vous aimiez les paysages, les portraits, la faune, vous trouverez quelque chose à mettre devant votre objectif.
Il faudra moduler vos choix matériels en fonctions des activités que vous avez prévu sur place. Cet article ne mentionne pas, par exemple, les baleines. Mais si votre voyage a lieu entre juin et septembre, cela peut valoir le coup de prévoir une sortie en mer pour admirer les danses des baleines à bosses, et donc d’amener un téléobjectif. Et toute l’année, on peut observer les cachalots et les dauphins !
Cet article n’a donc bien sûr pas la prétention d’être exhaustif, mais juste de redonner quelques conseils pour réussir les classiques !
Les levers de soleil
La lumière est magique. Douce, chaude, rose. Je suis toujours fan des golden hours, comme tout photographe, mais là-bas j’ai vraiment été époustouflée !
Quelques conseils pour réussir ses levers de soleil
Le repérage
Partout dans le monde, le lever de soleil est toujours plus rapide qu’on ne le croit. La meilleure manière de réussir ses photos est donc de se préparer à l’avance. La veille, regardez une carte (c’est facile, le soleil se lève à l’Est !), demandez des conseils à vos hôtes ou à l’hôtel, ou partez simplement vous promener en cherchant vous même les bons spots. Ainsi, le matin, vous pourrez aller directement au bon endroit, prêt pour votre photo.
Être en avance
Oui, il est possible de connaître l’heure exacte du lever de soleil, chaque jour. Mais gardez en tête que, d’une part, ça va aller vite, et d’autre part les jolies lumières commencent avant le lever du soleil. Ainsi, quand je veux photographier un lever de soleil, je suis toujours dehors alors qu’il fait encore nuit noire !
Prendre un trépied
Ce n’est pas obligatoire, mais si vous en avez la possibilité, je vous le conseille vivement : il vous permettra de faire des photos nettes même si la lumière n’est pas encore là.
Mitrailler
C’est un conseil à appliquer en toutes situations. Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’il faut enchaîner les déclenchements en rafales. Mais si la lumière est belle et que vous tenez une belle scène, ne vous limitez pas et tentez d’autres cadrages, d’autres angles, et expérimentez. Bref, faîtes des essais, jouez avec votre sujet, et vous aurez sans doute de belles surprises !
Quels réglages
Shootez en RAW, toujours ! Et particulièrement pour les couchers et levers de soleil, photographier en RAW vous permettra, entre autres, de jouer avec la balance des blancs (réchauffer ou refroidir l’image).
Personnellement, j’opte généralement pour les mêmes réglages que j’utiliserais pour photographier un paysage : mode Priorité à l’Ouverture, f/8 ou f/11 (d’où l’utilité du trépied, qui me permet de ne pas trop monter dans les ISOs). Les réglages sont bien sûr à affiner selon les situations (personnage qui bouge, par exemple).
Quel objectif prendre avec soi ?
Celui que vous voulez ! Un téléobjectif vous permettra de chercher les détails pour jouer aux ombres chinoises, un grand angle vous permettra d’immortaliser le calme et les couleurs.
Pour aller plus loin
Voici un article consacré à la photo de coucher de soleil (avec des conseils qui s’appliquent bien sûr aussi aux levers de soleil !) et un autre consacré au post-traitement de celles-ci.
Photographier l’Océan Indien
Enfonçons des portes ouvertes : Maurice est une île au milieu de l’Océan Indien. Alors forcément, vous allez photographier l’eau à un moment ou à un autre, que ce soit pour les reflets, pour sa clarté, ou tout simplement parce qu’elle fait partie du paysage.
Photographier l’océan est toujours un peu délicat : l’image raconte peu de choses. Au mieux, on constatera que l’eau est vraiment limpide et donne envie de se baigner...
La composition
A moins d’avoir un premier plan intéressant (un bateau, un baigneur...), vous pourrez tenter principalement deux types de compositions.
La symétrie : placer l’horizon à mi-hauteur de l’image donnera une impression de calme, accentuera l’effet grande étendue (particulièrement si l’image est prise avec un grand angle) et vous permettra d’amplifier la perception des reflets.
La règle des tiers : placer l’horizon dans le tiers supérieur donnera plus de place à la mer par rapport au ciel (oui, c’est logique...), qui pourra alors devenir le sujet de votre image.
Transparence Vs. Reflets
Selon les images, vous aurez envie de valoriser les reflets sur l’eau, ou bien la transparence légendaire de l’Océan Indien. Il existe un accessoire pour cela : le filtre polarisant.
Voici un exemple, avec deux photos (brutes, aucune retouche) :
Le filtre polarisant se fixe sur l’objectif. Il permet généralement de gérer les contrastes (pour les ciels par exemple) mais a également des effets sur l’eau. Ainsi, en le tournant, on affecte l’ensemble de l’image : plus ou moins de reflets, plus ou moins de transparence, ciel pour ou moins contrasté, etc.
Un article complet sur le polarisant (et lesquel choisir selon votre objectif) se trouve ici.
Et pour photographier sous-l’eau ?
Je vais être honnête avec vous : je n’aime pas mettre la tête sous l’eau. J’aimerais aller photographier les coraux, les poissons, et tout cet univers fascinant invisible à la surface, mais mes tentatives ne se soldent que par des crises de panique.
Si vous voulez vraiment faire de belles images, je vous conseille d’aller lire le blog de Corinne, spécialiste de la plongée qui détaille son matériel photo et donne quelques conseils ici.
Si vous n’avez pas envie d’investir dans un caisson, vous pouvez regarder du côté des caméras embarquées de type GoPro. Les modèles récents sont maintenant capables de faire des images correctes sous l’eau. Si vous envisagez de passer beaucoup de temps dans l’eau, regardez aussi du côté des dômes, ce petit accessoire qui rend possible les photos mi-immergées.
Les Mauriciens
Comment parler de Maurice sans parler des Mauriciens ?
Vous avez en tête une île remplie de gens souriants, chaleureux, accueillants ? Hé bien c’est vrai. Des sourires à tous les coins de rue. Si vous voulez tirer des portraits, ce sera le moment !
Sachez qu’à Maurice, on trouve principalement trois langues : l’anglais, le français et le créole. Il n’y a pas de langue officielle, mais tout ce qui est administratif se fait en anglais. Au quotidien, on entendra surtout le créole mauricien, mais aussi le bhojpuri, l’hindi, le tamoul, [...], le mandarin, l’arabe, l’ourdou. Bref, c’est à l’image de la société mauricienne : un grand melting pot !
Pourtant, quasiment tout le monde parle français ! Mieux, j’ai eu constamment l’impression que si le choix était proposé entre le français et l’anglais, mes interlocuteurs optaient pour le français. Et qui dit langue française omniprésente, dit facilité pour échanger... et donc prendre des photos !
Quel rapport ont les mauriciens à la photo ?
Il me faudrait être restée beaucoup plus longtemps pour avoir un avis réellement pertinent, mais je n’ai essuyé aucun refus quand j’ai demandé à prendre des photos. Au contraire, les gens se prêtaient au jeu assez facilement !
Et la photo de rue ?
Les villes sont colorées et vivantes, il serait dommage de ne pas s’y amuser un peu ! Par ici pour oser se lancer dans la photo de rue !
Quels objectifs et quels réglages ?
De manière générale (il y aura donc de nombreuses exceptions !) j’aime les portraits qui montrent le personnage dans son environnement, et je privilégie le grand-angle. Pour des cadrages plus rapprochés, un objectif de type 50mm sera plus approprié (moins de distorsions).
Au niveau des réglages, il peut être intéressant d’avoir un premier plan et un arrière plan flous. Il faudra alors se mettre en Priorité à l’Ouverture et ouvrir le plus possible. En photo de rue, tout dépendra du rendu souhaité : netteté optimale (fermer à f/8 par exemple) ou jouer sur des flous de mouvement (Priorité Vitesse et temps d’obturation lent).
Photographier la nourriture
Je ne connais rien à la gastronomie. Je suis juste capable de dire si j’aime ou pas quelque chose ! Par contre, je sais que la nourriture mauricienne est très photogénique, avec toutes ses couleurs !
Pour photographier la nourriture, où que l’on soit, il y a globalement deux façons de faire, pour deux rendus très différents. (Il y a en réalité bien d’autres techniques, mais restons dans le cadre « photos de voyage » où on ne se déplace pas avec un styliste culinaire !)
La première technique correspond aux photos ci-dessus et ci-dessous. Le but est de faire ressortir un élément dans la photo, avec beaucoup de flou (bokeh) tout autour : le regard se focalise dessus, on ne voit que ça ! Pour ce genre de rendu, on optera pour des optiques de types 50mm : on ne veut pas un angle trop large, il faut un objectif lumineux (plus de bokeh) et on ne veut pas que ça zoome trop non plus car il faudrait se lever de sa chaise pour photographier son assiette !
Il suffit ensuite de passer en Priorité à l’Ouverture, d’ouvrir grand, de faire la mise au point à l’endroit souhaité, et de déclencher ! C’est simple et vivant !
L’autre approche est très en vogue actuellement, notamment sur le réseau Instagram : il s’agit de prendre la photo par dessus, tout simplement. Enfin, presque tout simplement. Car la clef des images de type flat lay n’est pas tant de réussir à tenir son appareil à bout de bras en étant debout sur une chaise, c’est surtout de soigner le décors.
Je suis restée quelques nuits à l’hôtel Véranda Pointe aux Biches, et je me suis amusée à prendre un cours de cuisine (ne me demandez pas de refaire le plat !), c’est encore le meilleur moyen pour ce genre d’images : j’avais accès à tous les accessoires pour m’amuser. On pourra tenter des compositions minimalistes, moi je voulais une photo à l’image de la cuisine mauricienne, avec beaucoup de choses dedans !
En flat lay, on essaye d’avoir un élément principal qui se détache des autres (en l’occurrence, l’assiette du plat fini), agrémenté de détails cohérents : on soigne le sens et les couleurs.
Enfin, le fond (surface sur laquelle tout est disposé) est aussi important : s’il est texturé, il ne doit pas gêner la lecture de l’image.
Du coup, faites des essais, disposez les objets autrement, réessayez... mais tachez de manger chaud, quand même !
Photographier les étoiles
Les nuits mauriciennes sont belles et claires, vous aurez sans doute la chance d’apercevoir un bout de voie lactée ! C’est donc le moment idéal pour tenter quelques photos d’étoiles.
Quelques conseils pour vos photos de ciels étoilés :
Le matériel
C’est une évidence, il vous faut un trépied. J’ai déjà fait des photos en calant l’appareil sur des tas de cailloux, ça fonctionne mais c’est quand même loin d’être idéal, surtout pour un cadrage un peu précis.
La télécommande vous permet de ne pas faire vibrer l’appareil en déclenchant (ce qui créé du flou). Si vous n’en avez pas, ce n’est pas la peine d’en acheter une exprès : utilisez la fonction retardateur de votre appareil.
Où s’installer
Éloignez-vous des endroits très lumineux. Sans forcément marcher très loin, cherchez un endroit un peu plus sombre, pour que les lumières de la ville n’apparaissent pas sur votre photo.
Choisir un cadre
Photographier le ciel tout seul ne raconte pas grand chose, trouvez un élément à intégrer dans votre composition : mettez-vous sous les cocotiers, trouvez une plage, une montagne...
Les réglages
Mettez-vous en mode manuel et n’ayez pas peur, il faudra sans doute plusieurs essais ! Faites la mise au point (manuellement) sur l’infini (ou sur votre premier plan), ne montez pas trop dans les ISOs (entre 800 et 2000 sur les boitiers récents), et tentez un premier couple vitesse-ouverture (si tout est sombre, commencez avec une grande ouverture et une vitesse moyenne, par exemple : f/3,5 et 15secondes). Regardez le résultat et affinez les réglages en fonction !
Shootez en RAW (toujours, toujours, toujours !) car comme les couchers et levers de soleil, la balance des blancs peut être difficile à gérer pour l’appareil !
Mon matériel photo sur ce voyage

// Sac photo National Geographic par Manfrotto // Appareil reflex Canon 5d mark II // Objectif Canon 16 – 35 II
// Objectif Canon 50 1.4 // Adaptateur secteur universel // Filtres dégradés LEE + Big Stopper (peu servis)
// Trépied Manfrotto Befree en carbone //
Ce voyage a été réalisé dans le cadre de l’opération #MyMauritius créée par iambassador en partenariat avec Create, AHRIM, Mauritius Tourism et Air Mauritius. Je garde toute liberté quant à mon contenu éditorial.




















9 commentaires
Question technique : changes-tu souvent ton boîtier ? Envisages-tu de passer du 5DMark II ou 5DMark IV ?
Merci pour ces belles photos et tes textes toujours passionnants dans le récit et pertinents dans le conseil.
Super articles et superbes photos comme toujours ! Même si je ne commente pas toujours, je lis tous tes articles et m’émerveille de tes magnifiques photos qui invitent au voyage.
C’est original cet article sur la photo specifiquement dédié à l’ile Maurice !
J’espère retourner bientôt à la Réunion, où jai grandi, et pouvoir appliquer ces conseils à la lettre ! Et pourquoi avec un petit saut à l’ile Maurice (je « ai visité il y a presque 20ans...)
Merci pour la mention, très flattée ! Je ne connais pas encore Maurice... Tes images de l’océan Indien et des Mauriciens me donnent vraiment envie d’aller y faire un tour... 🙂
Whoua, respect, tes photos sont magnifiques (comme d’habitude ahah!). Les levers de soleil m’ont scotché !
Vous avez fait les plus belles photos de mon ile Maurice que je connaisse, chapeau !
Bonjour,
Très belle photos, ça donne vraiment envie d’y aller ^^
Merci beaucoup !
Tes photos sont sublimes et très inspirante !
Mercii....Magnifique reportage,J’adore