fbpx

Photographier les geysers en Islande

Je ne pense pas que pho­togra­phi­er les gey­sers islandais ou les gey­sers de Yel­low­stone soit très dif­férent d’un point de vue tech­nique mais, n’ayant vu que ceux d’Islande, c’est de cette expéri­ence dont je vais vous par­ler aujourd’hui. Au pas­sage, si vous voulez les voir en action, j’en avais filmé pas mal, et ils sont tous à la fin de cette vidéo.

Vous avez été plusieurs à me deman­der quelques con­seils avant vos voy­ages en ter­res nordiques et, même si la tech­nique est rel­a­tive­ment sim­ple, je me suis dit qu’y con­sacr­er un arti­cle pour­rait être une bonne idée. Voici donc quelques con­seils pour réus­sir vos pho­tos de gey­sers lors de votre voy­age en Islande !

Quelques mots sur Gesyr

Gesyr, c’est LE site des gey­sers en Islande, en plein dans le Cer­cle d’Or. Et ce n’est pas le site des gey­sers pour rien, c’est tout sim­ple­ment là qu’on trou­ve celui qui a don­né son nom aux autres : le Gesyr. Il monte très haut (70m) mais n’a pas explosé depuis longtemps, con­traire­ment au Strokkur, qui est celui que vous pho­togra­phierez sans doute.
Le site en lui même est tout petit mais assez mag­ique, avec des fumerolles qui sor­tent de partout, lais­sant devin­er l’activité géother­mique qui se trame sous nos pieds.

Beau­coup de voyageurs font le tour du Cer­cle d’Or dans la journée. C’est effec­tive­ment ten­tant vu la prox­im­ité avec Reyk­javik, mais c’est à mon sens vrai­ment dom­mage. De notre côté, nous avions choisi de pass­er la nuit à Gesyr (et une autre à Thingvel­lir, pour les mêmes raisons, et parce qu’en vélo, on va moins vite, aus­si !). Il y a un super camp­ing qui donne sur le site et, du coup, ça per­met de prof­iter des gey­sers tard le soir et/ou tôt le matin.

Les cars de touristes défi­lent dès 9h ; avant, c’est pra­tique­ment désert. Du coup, nous avons eu longtemps les gey­sers pour nous seuls, l’occasion de voir le Strokkur sous tous les angles, puisqu’il jail­lit toutes les 5 à 10 min­utes.

Ce sera donc mon pre­mier con­seil : n’y allez pas entre 9h et 19h ! Gesyr est gra­tu­it et ouvert 24h/24, prof­itez des durées d’ensoleillement de l’Islande esti­vale pour vous y ren­dre très tard ou très tôt, et prof­iter du silence.

Petite pré­cau­tion quand même : c’est de l’eau chaude, donc faites atten­tion.

Photographier les geysers
Canon 5dII + 16–35 f/2.8 II à 19mm – f/8.0 – 1/125 – ISO 1000 – +0,33IL

Photographier un geyser

Ci-dessous, vous voyez le Strokkur sur deux pho­tos séparées de quelques sec­on­des. Que s’est-il passé sur la sec­onde ? Hé bien c’est de la buée, tout sim­ple­ment. Lorsque l’eau retombe, non seule­ment elle éclabousse dans un grand périmètre, mais elle dif­fuse aus­si suff­isam­ment de chaleur pour cou­vrir un objec­tif de buée !

Photographier les geysers Photographier les geysers

La pho­to de gauche est celle que tous les touristes font, et soyons hon­nêtes, elle n’a aucun intérêt : on ne voit pas l’échelle, il n’y a pas vrai­ment d’arrière plan, le cadrage est creux. Je lui préfère large­ment celle-ci :

Photographier les geysers
Canon 5dII + 16–35 f/2.8 II à 16mm – f/10.0 – 1/160 – ISO 400

Elle n’est pas par­faite, certes. Et je n’aime pas vrai­ment le fait que l’on voie les bâti­ments en arrière-plan. Mais au moins, le geyser est replacé dans un con­texte qui per­met de com­mencer à racon­ter quelque chose.

Ce sera donc mon deux­ième con­seil : n’hésitez pas à vous éloign­er, à essay­er d’autres cadrages que le plan ser­ré sur le geyser. 

Au niveau des réglages, il y a deux pos­si­bil­ités : soit vous ten­tez la pose longue, soit vous ten­tez de figer le jet.
A titre per­son­nel, je suis assez scep­tique sur l’intérêt de la pose longue dans ce cas pré­cis : on perd le mou­ve­ment, on lisse l’eau et on dif­fuse les fumerolles. C’est dom­mage ! Mais rien ne vous empêche d’essayer et de me don­ner tort !
Pour figer le jet, il fau­dra chercher des vitesses d’obturation élevées, mais nul besoin de mon­ter trop haut, surtout si vous vous tenez assez loin : le jet n’est pas si fugace !

Photographier la « bulle » d’un geyser

Par­lons main­tenant de la « bulle ». C’est un gros clas­sique de la pho­to de geyser. Elle se forme dans la sec­onde qui précède le jet. On la voit gon­fler puis explos­er pour laiss­er pass­er l’eau. Les couleurs sont très par­ti­c­ulières, et le phénomène est très pho­togénique : beau­coup de pho­tographes veu­lent l’immortaliser.

Ce n’est finale­ment pas très com­pliqué. Il faut surtout être prêt et déclencher en rafale au bon moment. Si vous déclenchez trop tôt, le boîti­er sera en train d’enregistrer les pho­tos quand la bulle se for­mera. Et si vous déclenchez trop tard, bin, ce sera trop tard !

Voici qua­tre images issues d’une même rafale :

Photographier les geysers Photographier les geysers
Photographier les geysers Photographier les geysers
Canon 5dII + 16–35 f/2.8 II à 18mm – f/4.5 – 1/640 – ISO 2000 – +0,33IL

Le cas présent, j’étais sur un trépied, mais ce n’est absol­u­ment pas néces­saire (c’est juste qu’entre deux pho­tos, je fil­mais et fai­sais des time­laps­es). Au con­traire, un trépied pour­rait vous ren­dre moins mobile : vous aurez peut-être envie de tout de suite reculer pour pho­togra­phi­er le jet du geyser, ou besoin de vous retourn­er très vite parce que vous aurez la chance de voir le Gesyr jail­lir.

Pour figer la « bulle», les réglages de l’appareil sont assez sim­ples : le but est d’avoir une vitesse rel­a­tive­ment élevée. Vous aurez donc ten­dance à favoris­er le mode Pri­or­ité à la Vitesse et à choisir une valeur élevée. Le temps était cou­vert, et j’ai dû mon­ter dans les ISO pour ne pas avoir une ouver­ture trop grande, qui aurait trop réduit la zone de net­teté.

Notez que sur le 5dII, on peut se per­me­t­tre de mon­ter en sen­si­bil­ité ISO, mais selon votre appareil, il fau­dra peut-être se con­tenter de valeurs plus bass­es. De la même manière, les réglages que j’ai util­isés cor­re­spon­dent à la lumière qu’il y avait ce jour-là, et vous pou­vez très bien utilis­er d’autres valeurs ! Le seul truc à retenir, c’est la vitesse assez élevée pour figer la bulle.

J’ai pris quelques pho­tos avant que le geyser ne débute, ce qui m’a per­mis d’affiner mes réglages en fonc­tion du ren­du que je souhaitais. J’ai notam­ment sur-exposé légère­ment ma pho­to, le sol me parais­sant trop som­bre autrement.

Ce sera mon troisième con­seil : pré­parez vos réglages sans atten­dre le geyser, de sorte à être réac­t­if !

Entre les qua­tre pho­tos du dessus, j’ai donc choisi la deux­ième, où la bulle est bien for­mée, avec cette lumière sur­réelle, juste avant l’explosion :

Photographier les geysers

 

J’espère que vous réus­sirez vos pho­tos, et bon voy­age en Islande !

12 Commentaires

  1. J’aime beau­coup la tonal­ité de couleurs que l’on trou­ve dans tes pho­tos. C’est très har­monieux et l’on y retrou­ve un peu ta « mar­que ». Les ciels sont superbes. Sur ces pho­tos de gey­sers, utilis­es-tu un fil­tre ?

    1. Je laisse mon polar­isant mon­té pra­tique­ment en per­ma­nence, mais sur des images comme celles-ci, il n’a pas une grande influ­ence. C’est surtout la lumière qui joue !

  2. Sa y est ! C’est à mon tour d’aller en Islande, et cet arti­cle est par­fait pour pré­par­er mon voy­age ! Lors de mon précé­dent com­men­taire je me doutais pas du tout d’avoir cette chance !

Ajoutez votre commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Pin It on Pinterest