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Le Plateau de Millevaches à vélo, en famille

Car­net de voy­age et infos pra­tiques pour trois jours de cyclo-tourisme en famille dans le Lim­ou­sin, sur le Plateau de Mill­e­vach­es.

L’idée de par­courir le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo a ger­mé au détour d’une con­ver­sa­tion. Décou­vrir, à coup de pédale, la mon­tagne lim­ou­sine qui bor­de le Mas­sif Cen­tral. Et voilà com­ment, au début de l’été, j’ai embar­qué ma fille dans 3 jours d’itinérance en Cor­rèze (avec une petite incur­sion dans la Creuse).

Plateau de Millevaches

Notre itinéraire : une arrivée par le train depuis Uzerche et une boucle de 3 jours au départ de Cham­beret

Jour  1 : Chamberet – Marcy

Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 1, Km 0 : Cham­beret

Tan­dis que Petite Oreille dort encore, je pré­pare nos bagages. Je tâche de répar­tir nos vête­ments, affaires de toi­lette et pro­vi­sions con­tre les petits creux entre mes deux sacoches. Dans la car­riole, je pose mon matériel pho­to et le sac de ma fille où elle trou­vera ses crayons, son car­net, des mag­a­zines, sa cas­quette, ses lunettes de soleil, sa gourde, etc.

J’étudie la carte en mangeant mon crois­sant. Pen­dant les trois prochaines journées, je vais pédaler à tra­vers le Plateau de Mill­e­vach­es, entre la Cor­rèze et la Creuse. Des petits vil­lages, des bois et des champs, ce sont les seules images que j’ai en tête. Petite Oreille finit sa tasse de lait et grimpe dans sa car­riole. Elle a l’habitude du cyclo-tourisme, elle adore être promenée ain­si. À ma plus grande sur­prise, elle ne s’ennuie pas, loin de là.

J’attache Petite Oreille et c’est par­ti !

 

Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 1, Km 3

Nous quit­tons Cham­beret par une petite route en lacets à tra­vers le Mas­sif des Monédières. Et pre­mière con­stata­tion : ça monte ! Plateau ne veut pas dire plat, loin de là !

 

Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 1, Km 7

Nous nous arrê­tons pour dis­cuter avec un cou­ple d’éleveurs. Ils emmè­nent un veau se faire vac­cin­er. Le bovidé monte dans la remorque avec sa mère. Hop, direc­tion le véto ! Et nous, on reste regarder le trou­peau en dis­cu­tant avec la pro­prié­taire. Ce sont des lim­ou­sines, comme partout ici. Et au milieu, il y a Neuneu le tau­reau qui porte bien mal son prénom. Il a bien un autre nom, un vrai, mais son précé­dent pro­prié­taire lui avait trou­vé ce sobri­quet, et Neuneu ne répond, depuis, qu’à son surnom.
Neuneu, neuneu. Petite Oreille s’époumone mais Neuneu n’est pas un tau­reau facile, il ne veut pas venir se faire papouiller. Alors on observe son harem, com­men­té par l’éleveuse. Les cornes asymétriques d’une des vach­es fasci­nent ma fille.

J’apprends, au pas­sage, que les voitures lim­ou­sines tirent, elles aus­si, leur nom de la région : en effet, les con­duc­teurs de fiacres étaient sou­vent orig­i­naires du Lim­ou­sin.

Plateau de Millevaches

Plateau de Millevaches Plateau de Millevaches

Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 1, Km 20

C’est à cet instant que je fais une bêtise qui va me coûter quelques heures, et quelques litres de sueur.
En pen­sant faire un cro­chet pour admir­er un belvédère, je m’arrête au mau­vais point de vue sans le savoir, et je m’engage alors, insou­ciante, sur la mau­vaise route.

Le belvédère que j’aurais dû voir sur­plom­bait le lac de Viam. Quelques tables de pique-nique pour un arrêt bien con­nu dans le coin, offrant une superbe vue sur le lac de presque 200 hectares. Raté, j’ai juste eu une vue (certes jolie) sur les champs.

Plateau de Millevaches

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Une heure et 15km plus tard, je finis pas m’arrêter pour véri­fi­er la carte. On aurait dû crois­er un autre vil­lage, là, dis-je à Petite Oreille qui ne bronche pas, absorbée par sa lec­ture. Et effec­tive­ment, nous voilà bien loin de notre itinéraire. Qu’à cela ne tienne, je sors mon télé­phone : GoogleMaps à la rescousse. À coup de pouce et d’index, je trou­ve notre prochaine étape. Et à coup de pédale, je remonte la côte. Parce que se per­dre c’est encore plus drôle si ça implique de se far­cir une mon­tée. Mais qu’importe. Il fait beau. Le paysage est joli. On est bien, là, toutes les deux.

À 200m, tournez à gauche. GoogleMaps con­naît les rac­cour­cis mais n’est pas tou­jours digne de con­fi­ance. Nous voilà lancées dans les pistes forestières. Une biche tra­verse tran­quille­ment devant nous. Puis une deux­ième, quelques mètres plus loin. Je n’ai pas le temps de dégain­er l’appareil pho­to mais le sou­venir restera imprimé dans nos têtes. Nous pas­sons par quelques points de vue en hau­teur qui lais­sent admir­er la forêt et les lacs.

Ce chemin alter­natif pour filles per­dues n’est pas des plus prat­i­ca­bles avec une car­riole. À plusieurs repris­es, je dois descen­dre du vélo pour le pouss­er dans les mon­tées, sur des chemins trop caill­ou­teux ou rem­plis de hautes herbes. Mais en VTT, on s’amuserait bien !

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Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 1, Km 24 (+30 !) : Bugeat

Je ne suis pas mécon­tente d’atteindre enfin Bugeat et de retrou­ver le tracé de l’itinéraire orig­inel. Il m’aura fal­lu 30km pour revenir sur la bonne route. Mes cuiss­es ne me remer­cient pas mais ma fille ne m’en tient pas rigueur. Elle est telle­ment bien qu’elle refuse de descen­dre de la car­riole quand je m’arrête devant la jolie église du vil­lage. Plongée dans son colo­riage, elle lève vague­ment les yeux. Ouais ouais, c’est joli, t’as rai­son maman. Ok, mer­ci ma puce !

L’église du 15ème siè­cle se trou­ve sur une petite place, au cen­tre du bourg, face à quelques com­merces. Le clocher est typ­ique de la Cor­rèze : deux cloches sont sus­pendues dans le mur, sous de petites arcades.
À côté de l’église, un grand bâti­ment affiche sur sa façade École et Mairie. Aujourd’hui, l’école n’est plus ici, mais l’édifice résume à lui seul quelques années d’histoire de France.

À l’ombre des arbres de la place, nous grig­no­tons un morceau en regar­dant quelques pas­sants. Et puis j’étudie de nou­veau la carte, parce qu’il est hors de ques­tion de se per­dre à nou­veau !

J’aimerais rester plus longtemps pour enten­dre les cloches, mais il faut repren­dre la route : nous avons plein de choses à voir cet après-midi : des maisons au toit de chaume, un pont, un site gal­lo-romain... C’est qu’il y en a des choses à voir, sur le Plateau !

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Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 1, Km 32 (+30 !) : Var­iéras

L’histoire de Var­iéras est intime­ment liée à l’histoire d’un homme, Mau­rice Gorsse. Au début des années 60, il décide de restau­r­er une mai­son de famille en lui faisant un toit de chaume. Mau­rice devient arti­san spé­cial­isé en char­p­ente et en cou­ver­ture en chaume. C’est le début de sa car­rière, mais pas encore le début de l’histoire du renou­veau de Var­iéras. C’est 13 ans plus tard qu’il revient en Cor­rèze avec une idée folle : con­stru­ire d’autres chau­mières et redonner ain­si vie au bourg.

Aujourd’hui, Mau­rice Gorsse est décédé mais son fils con­tin­ue de faire pouss­er les « maisons de schtroumpfs ».

Tan­dis que je pédale à tra­vers le vil­lage, on observe les maisons, toutes au toit de chaume. Il y en a 70, répar­ties dans plusieurs quartiers dif­férents. C’est pit­toresque et orig­i­nal.

Au détour d’un car­refour, nous nous arrê­tons. Je pose le vélo au bord du chemin. Ici, pas besoin d’antivol, tout le monde laisse les portes ouvertes. Et puis de toute façon, au pied d’une côte, il faudrait être motivé pour vol­er un vélo avec une car­riole !
Petite Oreille et moi descen­dons le chemin, tout en rochers, bor­dé d’arbres. Nous croi­sons deux jeunes filles. C’est bien par ici le pont ? Elles acqui­es­cent, ouf ! En bas, coule la riv­ière d’Ars. Et au dessus de ce petit cours d’eau passe un pont. On n’en con­naît pas vrai­ment la date de con­struc­tion même si on le devine assez ancien. Il a un charme fou, dans son petit écrin de ver­dure !

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Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 1, Km 35 (+30) : les ruines gal­lo-romaines des Cars 

Nous quit­tons Var­iéras pour Ars. Ici se trou­vent les ves­tiges des Cars. S’il est une chose qu’on n’attend pas en Cor­rèze, c’est bien une ruine gal­lo-romaine. Et pour­tant, le Plateau est habité depuis plus de 2000 ans. Comme si des géants avaient per­du au jen­ga, de gros blocs de pierre jonchent le sol. Mais si on y prête un peu atten­tion, on devine les escaliers et le podi­um. Il y avait ici, en effet, deux mon­u­ments religieux.

Plus bas, après avoir tra­ver­sé un petit bois et un cours d’eau, on décou­vre les ruines d’une vil­la. Une grande habi­ta­tion avec des dépen­dances et un ingénieux sys­tème d’acheminement de l’eau (puisque, rap­pelez-vous de vos cours d’histoire : à l’époque, ils aimaient bar­bot­er...).
Un cou­ple de touristes est en train de finir de vis­iter les yeux, avec leur chien. Le canidé est plus grand que ma fille et s’appelle Her­cule.

Petite Oreille essaye de com­pren­dre à quelle époque c’était, tout ça. C’est entre la grand-mère de ta grand-mère et les dinosaures, oui, à peu près. Dif­fi­cile à 3 ans et demi de se représen­ter quelque chose d’aussi abstrait que les mil­lé­naires passés, mais Petite Oreille s’amuse à explor­er les pièces, à essay­er de devin­er ce que les occu­pants de la mai­son pou­vaient y faire. Et on véri­fie nos théories sur les pan­neaux expli­cat­ifs : ils avaient une piscine dans la mai­son ?!

Plateau de Millevaches Plateau de Millevaches Plateau de Millevaches

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Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 1, Km 47 (+30) : mai­son du PNR

C’est l’heure du goûter, ample­ment mérité. Pour moi, parce que j’ai pédalé toute la journée, oui. Et pour Petite Oreille parce qu’elle a été super sage, assise dans la car­riole, à bouquin­er ou à chanter entre deux paus­es. Nous rejoignons la mai­son du Parc Naturel Région­al. C’est un joli corps de ferme rénové dans lequel on peut trou­ver toutes les infor­ma­tions sur le Plateau de Mill­e­vach­es. Et tous les mardis de l’été, le PNR pro­pose un petit goûter où l’on décou­vre des pro­duits locaux.

Par­mi les spé­cial­ités, on trou­ve notam­ment le miel (déli­cieux) le jus de pomme (très bon) et des con­fi­tures et com­potes de myr­tilles. Je suis un peu sur­prise de voir ici des pro­duits à base de myr­tilles. Mais c’est oubli­er que le Plateau se trou­ve à 1000m d’altitude ! On y retrou­ve donc la flo­re de mon­tagne clas­sique, et donc les myr­tilles. Et c’est suc­cu­lent !

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Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 1, Km 53 (+30) : fin de la journée

En fin de journée, nous regagnons notre héberge­ment. Nous sommes accueil­lies par Minette, la chat­te des pro­prié­taires : le meilleur argu­ment pour faire sor­tir Petite Oreille de la car­riole !

Francine et Jean-Claude ont quit­té la Dor­dogne pour ouvrir une cham­bre d’hôtes en Cor­rèze, dans le hameau de Mar­cy. Ils ont trou­vé une vieille ferme qu’ils ont retapée.

Après une douche, plus que néces­saire, nous nous instal­lons à table. Enfin, je m’installe à table. Parce que Petite Oreille a repéré le petit coin avec les jeux, à côté de la chem­inée. Nous parta­geons le dîn­er avec un cou­ple de retraités en voy­age, qui loge ici toute la semaine. Ils sont par­tis en voiture avec leurs vélos élec­triques pour ray­on­ner à la journée en toute lib­erté. Ils ne taris­sent pas d’éloges sur tout ce qu’ils ont vu !
Francine et Jean-Claude cuisi­nent en util­isant autant que pos­si­ble les légumes et les fruits de leur potager, ou en priv­ilé­giant les pro­duc­teurs locaux. Avoir une ferme, c’était un idéal de vie pour Jean-Claude. S’occuper de ses ani­maux, de son potager, être le plus auto­suff­isant pos­si­ble. Une vie sim­ple et heureuse, même si tenir une cham­bre d’hôtes n’est pas de tout repos !

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Jour 2 : Marcy – Saint-Marc-à-Loubaud

Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 2, Km 5

Nous ne sommes par­ties que depuis quelques min­utes, et déjà nous nous sommes arrêtées plusieurs fois pour regarder de petits lacs.

Le saviez-vous : Le Plateau de Mill­e­vach­es ne tire pas son nom des bovidés !

Oui, naïve­ment, on pour­rait penser que les mille vach­es sont les lim­ou­sines qui peu­plent le plateau. Quelques légen­des locales vien­nent même ren­forcer cette idée. Pour­tant, ça n’a rien à voir. Mill­e­vach­es désigne en réal­ité les sources : vachas, en occ­i­tan. Et l’étymologie du lieu n’est pas men­songère, il y a bien de l’eau partout. Des sources, des cours d’eau, des lacs. Partout.

Et ce soir, nous rejoin­drons juste­ment l’un des plus grands lacs du Plateau. Mais avant, il faut pédaler !

Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 2, Km 8 : Peyrel­e­vade

Après avoir longé la tour­bière de Ribière Nègre, nous voici à Peyrel­e­vade. Des tour­bières, il y en a quelques-unes, ici. Ce sont des zones humides avec de petites mottes, de la mousse. Cer­taines se vis­i­tent, avec des chemins en caille­bo­tis pour pro­téger cet écosys­tème frag­ile.

Nous prenons quelques min­utes pour regarder l’étrange Croix du Mou­ton avant d’aller faire la pre­mière pause de la journée au bord du lac. Non pas qu’elle soit vrai­ment méritée après si peu de kilo­mètres, mais l’endroit est agréable, tout sim­ple­ment !

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Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 2, Km 20 : lac de Cham­met

Les prochains kilo­mètres nous guident vers le lac de Cham­met, à cheval entre la Creuse et la Cor­rèze (c’est le lac qui est à cheval, hein, moi je suis tou­jours à vélo). Comme les routes sont belles aujourd’hui, et qu’on avance bien, je me per­me­ts un petit cro­chet pour aller voir ce joli lac de plus près.

J’emprunte la route de l’ancien cen­tre de loisirs. Tout au bout, la vue vaut le coup, en effet. Mais ce qui m’interpelle, c’est ce cen­tre de loisirs, juste­ment. Le site est cen­sé être à l’abandon depuis plusieurs année, mais j’y croise plusieurs per­son­nes en train de cuisin­er, de dis­cuter. Sur le bâti­ment, un pan­neau fait à la main indique « la Soucoupe», en clin d’œil à la forme étrange de la con­struc­tion. Le site n’est occupé que depuis quelques semaines avec l’idée d’en faire un cen­tre d’études et de recherch­es autour de la forêt.
Car le Plateau de Mill­e­vach­es est très boisé, mais il s’agit en par­tie de pins Dou­glas des­tinés à l’exploitation (der­rière lesquels, seuls des chênes pour­ront pouss­er). Ils seront donc coupés, créant des zones rasées à blanc par endroits. L’idée est donc de réfléchir à com­ment on peut amélior­er les choses.

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Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 2, Km 26 : Faux-la-mon­tagne

Nous pique-niquons sur le bord du lac de Faux-la-Mon­tagne. C’est là que nous ren­con­trons Stéphane Grass­er. Guide de ran­don­née et urban­iste, l’ex-alsacien est très impliqué dans la vie locale. Il nous par­le du vil­lage, du Plateau, de la Creuse. Je retrou­ve l’esprit que j’avais pu crois­er dans quelques coins de Mayenne : des locaux qui aiment leur région et veu­lent main­tenant les vil­lages vivants. Ils mon­tent donc des ini­tia­tives pour créer du lien social et dynamiser les bourgs. À Faux-la-Mon­tagne, la Société Coopéra­tive d’Intérêt Col­lec­tif, dont Stéphane est le prési­dent, a notam­ment con­stru­it un loge­ment passerelle, en plein dans l’éco-quartier, pour accueil­lir de nou­veaux arrivants qui veu­lent créer des pro­jets dans la Mon­tagne Lim­ou­sine.

Pen­dant que Petite Oreille joue avec mon appareil pho­to, la télé­com­mande et le trépied (ce qui don­nera ce mag­nifique gif...), Stéphane nous racon­te que la sol­i­dar­ité a tou­jours été une valeur impor­tante ici. Dans une région rurale et pas très peu­plée, il est naturel de s’entraider.
Stéphane me par­le aus­si des Maçons de la Creuse (qui venaient aus­si de Haute-Vienne et de Cor­rèze), qui ont large­ment col­laboré tant aux mou­ve­ments soci­aux qu’au développe­ment du com­mu­nisme rur­al. Pen­dant plusieurs siè­cles, beau­coup d’hommes par­taient à la fin de l’hiver. Ils rejoignaient les grandes villes pour tra­vailler, pen­dant quelques mois, sur les chantiers. Ce sont eux qui ont pop­u­lar­isé les idées de gauche sur le Plateau. L’histoire a retenu Mar­tin Nadaud qui, devenu député à la fin du 19ème siè­cle, a œuvré pour l’instauration des retraites ouvrières, la pro­tec­tion con­tre les acci­dents du tra­vail, ain­si que pour le développe­ment de l’école publique et laïque.

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Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 2, Km 31 

Alors que je suis lancée en pleine descente, j’aperçois une jeune femme au milieu de la route, toute seule. Elle marche avec sur le dos un petit sac d’où dépasse un dra­peau français. Je freine à sa hau­teur, et sans trop réfléchir, je lui demande si tout va bien. Nous sommes loin d’une ville, en pleine forêt. Elle est sur­prise mais me répond que oui, aucun souci. Vol­ume à fond sur son télé­phone, elle écoute un pod­cast. Une aigu­ille dans chaque main, elle tri­cote en marchant. Étrange per­son­nage. Ce pour­rait être le début d’un film d’horreur comme d’un livre de développe­ment per­son­nel, la Cheryl Strayed de la Cor­rèze.

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Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 2, Km 34 : Gen­tioux

À Gen­tioux, je fais une pause pour mon­tr­er un mon­u­ment un peu spé­cial à ma fille. C’est un mon­u­ment qui rend hom­mage aux morts de la guerre 14–18. Chaque ville de France, ou presque, a sa plaque, sa liste de noms. Ici, point de glo­ri­fi­ca­tion du héros de guerre ou d’appel à la haine de l’ennemi san­guinaire : Gen­tioux fait par­tie des rares villes à avoir choisi de faire un mon­u­ment paci­fiste (une page wikipedia les recense). À côté de la petite obélisque, un enfant bran­dit le poing fer­mé et l’on peut lire sur une plaque : mau­dite soit la guerre. Le mon­u­ment n’a, bien sûr, plu ni aux autorités ni à l’armée, mais il est tou­jours là, et chaque 11 novem­bre, c’est un rassem­ble­ment paci­fiste qui s’y tient.

 

Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 2, Km 38 : Senoueix

Impos­si­ble de ne pas s’arrêter au pont de Senoueix ! D’une part parce que c’est l’heure du goûter, mais aus­si parce que c’est un véri­ta­ble appel aux pieds dans l’eau ! Le coin sem­ble d’ailleurs assez con­nu, puisqu’une autre famille arrive peu de temps après nous, glacière dans une main, para­sol dans l’autre.
Les berges ombragées sont par­faites pour se repos­er, et le petit pont de pierre, pit­toresque. Petite Oreille bar­bote un peu, avant que nous ne repre­nions la route, direc­tion notre héberge­ment du soir.

Plateau de Millevaches

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Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 2, Km 45 : Saint-Marc-à-Loubaud

Nous dor­mons chez Brigitte et Joël, sur les bor­ds du lac de Lavaud Gelade, deux­ième plus grand lac de la Creuse (nous ver­rons le pre­mier le lende­main). Brigitte et Joël ont une jolie mai­son, mais nous n’y restons pas longtemps : Joël, pas­sion­né de pêche, nous pro­pose d’aller faire un tour en bateau sur le lac. Tan­dis que quelques vacanciers se baig­nent encore, il nous emmène dans ses endroits préférés. Le lac de Lavaud Gelade est arti­fi­ciel mais pour­tant très sauvage. On passe deux heures à nav­iguer. Et moi, je me laisse con­duire, ça fait du bien !

Plateau de Millevaches

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Plateau de Millevaches Plateau de Millevaches

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Jour 3 : du lac de Lavaud Gelade à Champeret

Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 3, Km 4 : sur le bar­rage

Nous lon­geons le lac de Lavaud Gelade jusqu’au bar­rage. C’est ici que l’on se rend compte de sa taille. Et c’est aus­si ici que je me rends compte que j’ai oublié les san­dales de ma fille à la cham­bre d’hôtes. Je fouille la car­riole, mais rien à faire, elles ne sont pas là. Petite Oreille a passé la soirée pieds nus, et ses san­dales ont, quant à elles, passé la nuit à côté du bac à sable.
J’appelle Brigitte et Joël, pour véri­fi­er que les chaus­sures sont bien chez eux avant de repren­dre le vélo. Mais Brigitte me pro­pose gen­ti­ment de nous apporter l’objet du délit elle-même. Je ne refuse pas.

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Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 3, Km 12 : lac de Vas­sivière

Voici donc le plus grand lac de la Creuse, qui est aus­si l’un des plus grands de France. Rad­i­cale­ment dif­férent du lac de Lau­vaud Gelade, il com­porte beau­coup d’aménagements pour les loisirs aqua­tiques. Mais nous, on va se con­tenter de regarder les pêcheurs en pédalant. Et d’admirer les paysages, les petites plages qu’on décou­vre au détour d’un sen­tier... On pour­rait facile­ment pass­er la journée ici.

Plateau de Millevaches

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Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 3, Km 37 : la Cité des insectes

À Ned­de, nous faisons un cro­chet pour rejoin­dre la Cité des insectes. L’endroit est bien amé­nagé, mélangeant des instal­la­tions en intérieur et de l’observation en extérieur. C’est ludique, et il est tout à fait pos­si­ble d’y rester plusieurs heures sans s’ennuyer. Il y a le cri­quet géant et trans­par­ent dont les organes s’illuminent pour mon­tr­er leur dis­po­si­tion, des puz­zles pour recon­stituer une ter­mite, une four­mil­ière dans un énorme vivar­i­um qui per­met de pass­er dans un tun­nel pour observ­er les four­mis... Et puis quelques éle­vages de phasmes (et autres mantes religieuses) pour jouer à cache-cache. On observe d’ailleurs un cousin du phasme feuille que nous avions déjà vu à Beli­tung, et on s’amuse à tous les chercher mal­gré leurs cam­ou­flages. Saviez-vous que les phasmes peu­vent se repro­duire par parthéno­genèse thé­ly­toque, sans fécon­da­tion ? Ain­si, dans cer­taines sous-espèces, il n’existe pas de mâle : il n’est pas néces­saire à la repro­duc­tion, et la parthéno­genèse thé­ly­toque ne donne que des femelles !

Plateau de Millevaches

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Plateau de Millevaches
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Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 3, Km 49 : l’Église-au-bois

Si j’aime le cyclo-tourisme, c’est parce que c’est un éloge de la lenteur et un rap­port dif­férent aux paysages. Sans vit­re ni car­lingue pour nous sépar­er du monde, on entend tout ce qui se passe autour de nous. On a le temps d’observer, on peut s’arrêter facile­ment partout.
Et en arrivant dans ce petit vil­lage, je repère une jolie église, isolée, loin du bourg. Je regarde sur la carte. Nous sommes à l’Église-au-bois, la bien nom­mée. L’édifice est loin du bourg, au milieu d’un champ. On retrou­ve ce mur-clocher typ­ique. Je reste quelques min­utes à regarder l’église avec Petite Oreille, sim­ple­ment parce que c’est joli.

Plateau de Millevaches

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Le Plateau de Mill­e­vach­es à vélo, Jour 3, Km 62 : Cham­peret

Retour à notre point de départ, je ne suis pas mécon­tente d’avoir fini la boucle ! Petite Oreille court faire de la bal­ançoire pen­dant que je m’affale sur un banc.
Nous dor­mons au vil­lage des Monédières. Nous avions passé la pre­mière nuit dans une petite cabane tor­due appelée « cabane mag­ique», et pour cette nuit nous aurons une roulotte. De nom­breuses familles font escale ici, pour décou­vrir la région en prof­i­tant des amé­nage­ments du site. Il y a la piscine cou­verte, qui a for­cé­ment du suc­cès en cette chaude soirée d’été. À côté, on retrou­ve les clas­siques tourni­quets, bal­ançoires et tobog­gans. Et plus loin, une cabane (pour jouer, cette fois-ci), une table de ping pong et un tram­po­line gigan­tesque : ma fille s’étant fait des copains, ils sont mon­tés à 6 dedans. C’est trop cool, il est plus grand qu’à la mai­son ! Nia­ni­a­nia.

Plateau de Millevaches

Plateau de Millevaches

Plateau de Millevaches

Au matin, le petit déje­uner nous est apporté dans un panier. Pen­dant que Petite Oreille se réveille en douceur, je range nos affaires dans le sac à dos que j’avais lais­sé à l’accueil. Notre train n’est qu’en début d’après-midi, à Uzerche, mais j’ai envie que nous explo­ri­ons un peu plus le Vil­lage des Monédières. Car au-delà des héberge­ments, il y a un vaste espace de prom­e­nade avec un plan d’eau, un arbore­tum, une bam­bouseraie, une petite ferme avec des ani­maux prin­ci­pale­ment issus de sauve­tages...

Nous visi­tons égale­ment la Mai­son de l’Arbre, à l’entrée du vil­lage des Monédières, où l’on en apprend plus sur la flo­re locale. La scéno­gra­phie est sym­pa, avec un arbre de gran­it gigan­tesque plan­té au milieu de la salle d’exposition, de petites traces de renard qui nous guident au fil des pièces, et des jeux ludiques : recon­naître les odeurs de la forêt, écouter les oiseaux...

toues cabanées du village des monédières

Notre voy­age s’achève ici. Nous déje­unons dans la jolie cité médié­vale d’Uzerche avant de grimper dans un train, un inter­cité lent mais direct vers Paris. Petite Oreille est ravie de son voy­age. Elle racon­te à qui veut l’écouter qu’on a vu un ânon et un tau­reau qui s’appelle Neuneu, qu’on a été coursé par un chien mais qu’elle en a caressé plein d’autres super gen­tils, qu’elle a vu des phasmes et con­duit un bateau.
J’aurais aimé une phrase de con­clu­sion type « et elle s’est endormie dans le train en repen­sant à ses sou­venirs cor­réziens», mais en vrai, elle pétait la forme après trois jours de car­riole.

 

Carnet pratique
Faire le tour du Plateau de Millevaches à vélo

Parce que j’espère que ce réc­it vous aura don­né envie de ten­ter l’aventure, voici quelques infor­ma­tions pour, vous aus­si, faire du cyclo-tourisme sur le Plateau de Mill­e­vach­es.

L’itinéraire

Nous avons suivi un itinéraire sur trois jours (donc cinq jours au total en comp­tant les journées de tra­jet en train) : la boucle nous a menées de Cham­beret à Cham­beret en pas­sant par Saint-Merd-les-Oussines et Lavaud Gelade.

Si c’était à refaire, je rajouterais deux jours pour faire ceci :

  • J0 : tra­jet vers Cham­beret, loca­tion des vélos, nuit à Cham­beret
  • J1 : pre­mière étape (50km) : Cham­beret > la Nouaille > les Places > Viam > Bugeat > Var­iéras > site gal­lo-romain des Cars (faire le tour par Fournol si vous avez une car­riole car le chemin de ran­don­née est très caill­ou­teux) > Saint-Merd-les-Oussines > (cro­chet pos­si­ble vers le vil­lage de Mill­e­vach­es et la mai­son du PNR) > Mar­cy
  • J2 : deux­ième étape (40km) : Mar­cy > Peyrel­e­vade > Lac de Cham­met > longer Faux-la-Mon­tagne (cro­chet rapi­de jusqu’au lac) > Gen­tioux > Saint-Marc-à-Loubaud
  • J3 : journée autour des lacs : baig­nade, marche, kayak... au choix !
  • J4 : troisième étpage (60km) : Saint-Marc-à-Loubaud > Royère-de-Vas­sivière > D3 jusqu’à Faux-la-Mon­tagne > Ned­de > (cro­chet par la Cité des Insectes) > la Vil­leneuve > Prabon­neau > Trassoudaine > Cham­beret
  • J5 : journée à Cham­beret pour prof­iter du vil­lage des Monédières, faire de l’accrobranche, vis­iter le bourg
  • J6 : tra­jet retour

Je vous con­seille de pren­dre une carte papi­er (type IGN, comme celle-ci) car le GPS ne sera pas for­cé­ment en mesure de vous localis­er partout.

Louer des vélos

La mairie de Cham­beret pro­pose des vélos élec­triques et des car­rioles, à récupér­er à la Mai­son de l’Arbre, au Vil­lage des Monédières. L’assistance élec­trique, surtout avec une car­riole, est un con­fort appré­cia­ble dans une région aus­si val­lon­née : en trois jours, j’aurai fait plus de 3200m de dénivelé posi­tif ! Les vélos sont con­fort­a­bles, et la bat­terie tient toute la journée si on ne l’utilise pas en per­ma­nence.
Les casques sont four­nis mais pas les sacoches, pensez à pren­dre les vôtres (ou met­tez tout dans la car­riole si vous n’êtes pas très chargé).

Pensez à pren­dre avec vous :

  • Des gour­des pour vous hydrater, indis­pens­ables
  • De la crème solaire
  • Une servi­ette de voy­age (comme celle-ci, en microfi­bre) pour vous séch­er après les baig­nades
  • Quelques bis­cuits pour les petits creux
  • Une carte ! (type IGN, comme celle-ci)

Où dormir

Ces trois héberge­ments sont adap­tés (voire même label­lisés) pour accueil­lir les cyclistes : on peut y ranger les vélos en toute sécu­rité, charg­er les bat­ter­ies facile­ment.

Où dormir à Cham­beret : le Vil­lage des Monédières
Héberge­ments inso­lites avec espaces jeux, piscine. On trou­ve ici des cabanes « mag­iques», des pods, des toues cabanées et surtout des roulottes. En famille, ces dernières sont idéales car spa­cieuses et sécurisées.
Plus d’informations.
Réserv­er directe­ment.
Où dormir à Saint-Merd-les-Oussines (hameau de Mar­cy) : La Berg­erie
Table et cham­bre d’hôtes
Chez M et Mme Del­treuil
Télé­phone : 05 55 46 14 45 ou 06 81 97 54 99
Plus d’informations.
Où dormir à côté du lac de Lavaud Gelade : Les cham­bres du lac
Table et cham­bre d’hôtes
Chez Mme Lacroix et M Cap­pi­ot
Télé­phone : 06 17 36 94 83
Plus d’informations.

Où manger

Où manger à Cham­beret : l’hôtel-restaurant de France cham­peret

Dans le bourg de Cham­beret, on peut manger en ter­rasse ou dans la chic salle intérieure. Cui­sine de qual­ité. Pas d’option végé­tari­enne mais pos­si­bil­ité de s’adapter assez facile­ment. Très bons desserts !

Pour les repas de midi, il est plus sim­ple de pique-niquer. Les cham­bres d’hôtes peu­vent vous pro­pos­er des petits paniers repas qui éviteront de devoir chercher des com­merces.


Ce pro­jet a été réal­isé en col­lab­o­ra­tion avec l’Office de Tourisme de la Cor­rèze, avec le sou­tien de l’Office de Tourisme de la Creuse

12 Commentaires

  1. Quelle belle décou­verte ! La nature et la quié­tude dans toute leur splen­deur... ça fait plaisir de décou­vrir un arti­cle sur une région peu con­nue de notre beau pays !
    Incroy­able sur­prise que les ruines de Cras, c’est vrai qu’on ne s’attend pas à voir un tel site au milieu du plateau ! Je note tous ces jolis coins, cela me donne bien envie de les décou­vrir à vélo 🙂

  2. j’habite cette région ( Ned­de exacte­ment ) et le réc­it de votre voy­age accom­pa­g­née de votre petite fille vient de me fascin­er . Quels jolis sou­venirs enrichissants pour votre Petite Oreille ! Bra­vo et mer­ci de ren­dre un si bel hom­mage à notre région dont on par­le si peu sou­vent.
    Bon courage pour la reprise avec de jolies images dans la tête ...
    Bien cor­diale­ment à vous.
    Elis­a­beth GOETZ.

    1. C’est tou­jours un plaisir de savoir que ce qu’on a écrit plaît aux gens qui vivent sur place. Si j’ai réus­si à ren­dre l’âme de votre région, c’est que j’ai bien fait mon tra­vail 🙂
      Vous vivez dans un bien joli endroit, même si je me sou­viendrai de la côte jusqu’à la Cité de Insectes :p

  3. J’ai du chercher sur Google où se trou­vait Cham­beret lol ! J’admire la per­for­mance d’avoir réus­si à te met­tre sur les pho­tos, sa doit pas être évi­dent ! Très beau voy­age, à garder dans un coin de ma tête pour un jour peut être (mais en vélo élec­trique !).

  4. Excel­lent arti­cle ! J’y vais sou­vent car ma famille a migré dans cette mag­nifique région 🙂
    Si j’avais su je t’aurai filé le con­tact de ma soeur qui vit en yourte sur le plateau !
    Bra­vo pour ces très beaux dessins, cha­peau !

  5. Bon­jour, super arti­cle comme tou­jours ! J’y étais juste avant l’été c’était égale­ment très beau 🙂
    Pou­vez vous me dire s’il est pos­si­ble d’avoir les exif des pho­tos présen­tées sur l’article ?
    Mer­ci d’avance
    Bap­tiste

  6. Superbe car­net de voy­age qui illus­tre bien les facettes mul­ti­ples de la région ! Bra­vo !
    (Ps. L’inscription sur le mon­u­ment aux morts de Gen­tioux a par­tielle­ment été effacé, en réal­ité elle dit : Mau­dite soit la guerre qui nous a ren­du orphe­lins ; ce qui donne une vision finale­ment dif­férente...)

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