fbpx

Luang Prabang

Après le trek, nous pas­sons une dernière soirée sur le marché de nuit de Luang Namtha, avec deux japon­ais et un sud-coréen. Ce dernier est un féru de vélo et tra­verse ain­si le Laos, après avoir voy­agé dans beau­coup d’autres pays, tou­jours avec son VTT.

Et, au petit matin, il nous faut par­tir pour Luang Pra­bang, anci­enne cap­i­tale royale et cap­i­tale actuelle du tourisme.
Un taxi pour la gare et on monte dans le bus, un petit truc ultra lent qui s’ar­rête tous les deux kilo­mètres pour charg­er et décharg­er des marchan­dis­es.

Ca ne sem­ble pas loin, sur une carte, mais il faut la journée pour y aller. Les paysages sont mag­nifiques, on ne s’ennuie pas. Des paus­es régulières sont amé­nagées, dans les prin­ci­pales villes du tra­jet. On peut ain­si tester les toi­lettes des gares (2 fois moins chères que dans les vil­lages impro­visés en pis­sotières où les arbres sont de fac­to très utiles), ou tester de nou­velles bro­chettes de trucs bizarres mais par­fois bons. J’in­siste sur le par­fois. Cous, pattes, vis­cères de poulet... On avait quand même prévu des bis­cuits !

Mais 70 km avant d’arriver, le chauf­feur casse sa boîte de vitesse dans une mon­tée sin­ueuse. Impos­si­ble de repar­tir. Tout le monde doit sor­tir du bus. Comme nous sommes dans une côte et que le bus ne tient que par une cale en bois et quelques pier­res, on ne se fait pas prier. Nous restons sur le bas côté, à rigol­er avec les autres pas­sagers. C’est à cet instant qu’on mesure les dif­férences cul­turelles : per­son­ne ne râle ! Sec­onde dif­férence, une demi-heure plus tard, un autre bus est là pour nous emmen­er à des­ti­na­tion. Les dirigeants de la SNCF devraient faire un stage ici !

Le nou­veau bus est bien mieux que le précé­dent. Flam­bant neuf, cli­ma­tisé, grand, rapi­de. Mais le chauf­feur décide de met­tre une vidéo très mal filmée d’une chanteuse à la voix très aiguë avec le son à fond. Mal­gré les boules Quiès, c’est avec de gros maux de crâne que nous arrivons à Luang Pra­bang. Comme quoi, on était bien mieux dans notre vieux bus, finale­ment.
Il fait nuit quand nous arrivons dans le quarti­er des hôtels. Il nous fau­dra en faire plusieurs pour enfin en trou­ver un qui nous pro­pose un lit dou­ble, une fenêtre et un prix cor­rect ; de préférence avec un pro­prié­taire qui n’est pas un vieux blanc tant obèse qu’é­trange­ment entouré de jeunes femmes asi­a­tiques aux vis­ages fer­més...

Nous pas­sons la pre­mière journée à vis­iter la ville, plutôt agréable même si l’omniprésence des touristes est assez hal­lu­ci­nante. Je croy­ais le Laos rel­a­tive­ment peu touris­tique, mais nous nous con­cen­trons tous dans les mêmes endroits (oui, c’est tou­jours la faute des autres touristes !)…

On com­mence par une décon­v­enue. Alors que nous cher­chons un bateau pour les grottes de Pak Ou, un homme nous dit qu’il cherche juste­ment d’autres per­son­nes pour par­tir avec des clients qu’il a déjà. On s’accorde sur le prix, et il nous dit de revenir à midi. On se promène donc le long du Mékong, on vis­ite un tem­ple, puis on revient. L’autre cou­ple cen­sé venir n’est pas là. On attend. Tou­jours rien. Un peu paniqué, l’homme revient nous voir et nous dit qu’il va trou­ver d’autres per­son­nes, si on attend un peu. Il aurait un copain qui… Bref, on attend. Il trou­ve. On attend. Et per­son­ne ne vient. Ça fait plus d’une heure qu’on fixe le Mékong quand notre homme revient, un bar­il d’essence à la main, en nous dis­ant qu’on peut y aller, on sera seuls mais ça ne sera pas beau­coup plus cher. On lui explique qu’on s’était mis d’accord sur un prix au départ, que ça n’est pas notre prob­lème si les autres l’ont plan­té. Le ton monte un peu et on finit par s’en aller, ques­tion de principe. C’est un peu énervés et dégoûtés d’avoir per­du ain­si une demi-journée qu’on se met en quête d’un restau­rant où nous déten­dre. La rive du Mékong regorge de ter­rass­es. On en choisit une qui ne paie pas de mine mais où les prix nous sem­blent nor­maux. Et non seule­ment l’en­droit est agréable, mais en plus la nour­ri­t­ure y est déli­cieuse. Ce sera notre meilleur restau­rant sur les 3 semaines de périple.

Après avoir fait le tour de quelques tem­ples, nous déci­dons de tra­vers­er l’un des ponts de bam­bous, his­toire de voir ce qu’il y a de l’autre côté. Hé bien, en fait, pas grand chose. Une petite plage à touristes avec un bar ; c’est agréable mais on n’a pas fait autant de kilo­mètres pour rester sur le sable avec des com­pa­tri­otes occi­den­taux. En allant un peu plus loin, on retrou­ve la ville. Mais tra­vers­er l’un de ces ponts reste amu­sant, et vaut bien les quelques cen­times don­nés à l’en­trée !A Luang Pra­bang, nous décou­vrons les fruit shake, et nous y devenons vite accro (surtout moi parce que le Belge, il préfère évidem­ment la Beer­Lao locale...). Des dizaines d’é­tals pro­posent de choisir un gob­elet avec des morceaux de fruits dedans (on peut ain­si choisir la com­po­si­tion du bre­vage). La vendeur vide alors le verre en plas­tique dans un mixeur, un peu de glace pilée, un peu de sirop ultra sucré, et voilà, un jus de fruit frais à déguster. Rien de bien nou­veau, je fais déjà ça chez moi, à peu de choses près, mais là, c’est très peu cher (un jus d’o­r­ange indus­triel à Paris équiv­aut à 1L de fruit shake...) et on peut donc se faire plaisir, au petit déje­uner, au goûter, en dessert...

Le soir, les rues du quarti­er touris­tique se trans­for­ment en marché de nuit, où on retrou­ve toutes les spé­cial­ités plus ou moins arti­sanales. Même sans acheter, c’est l’oc­ca­sion d’une prom­e­nade sym­pa entre les boîtes, les tis­sus, les bijoux et le café...

Nous prenons rapi­de­ment nos petites habi­tudes. Tous les matins, nous irons déje­uner au même endroit, sur les bor­ds du Mékong, en regar­dant le soleil se lever et en partageant un petit déje­uner pas franche­ment local, mais ô com­bi­en agréable (ma revanche sur le riz).
Pour notre deux­ième jour, nous déci­dons de louer une moto (100cc), direc­tion les chutes de Kuang Si. A une trentaine de kilo­mètres de Luang Pra­bang, on décou­vre un lieu par­a­disi­aque, mêlant piscines naturelles et cas­cades, le tout dans la forêt, avec de petits sen­tiers, de petits ponts, et une eau turquoise vrai­ment limpi­de.
Sur le chemin, nous croi­sons nos pre­miers éléphants. Leurs cor­nacs rient de nous (moi) voir ain­si courir der­rière pour pren­dre des pho­tos, quitte à marcher dans la bouse, mais je suis ravie ! Après tout, il est cen­sé y avoir un mil­lion d’éléphants au Laos, non ?

L’après-midi, nous prenons la route du Nord, mais sans rien trou­ver d’in­téres­sant, sinon un bras de riv­ière où quelques enfants jouent. Un peu déçus de ne pas avoir plus prof­ité des idylliques chutes du matin, nous ren­trons à Luang Pra­bang décou­vrir l’autre face du marché de nuit : la nour­ri­t­ure.

Un peu à l’é­cart des marchands de sou­venir, on trou­ve des dizaines de « can­tines » : une table, une vendeuse, quelques bro­chettes, du riz, des nouilles, un feu, et pour trois fois rien on s’at­table tous côte à côte et on mange très bien !

Pour notre troisième et dernier jour, on rées­saie d’aller aux grottes de Pak Ou. Nous payons 80 000 kips cha­cun à une agence, sur le bord du Mékong. Ils nous emmè­nent à l’embarcadère où une petite cinquan­taine de touristes est divisée en groupes de cinq ou six. Les bateaux par­tent alors à la queue leu leu. Il nous fau­dra plus d’une heure pour rejoin­dre la grotte, et décou­vrir que l’entrée n’était pas incluse (20 000 kips), et que ladite entrée ne com­prend pas le prix des toi­lettes (« dona­tion »).
En chemin, on s’arrête dans un vil­lage. Dans Le Routard, ça avait l’air sym­pa. En vrai, c’est juste hor­ri­ble. Les touristes errent, tels des zom­bies, dans les rues d’un vil­lage trans­for­mé en Dis­ney­land. Il n’y a pas une seule mai­son qui ne soit pas une bou­tique, on est sol­lic­ité de tous les côtés, même par des enfants. Les mag­a­sins vendent les clas­siques, tis­sus, bijoux et besti­oles dans de l’alcool de riz. Nos com­pagnons de bateau étant aus­si pas­sion­nés que nous, on ne tarde pas à repar­tir. Les grottes seront égale­ment assez déce­vantes. Bah, ce sont des trous avec des Boud­dhas partout… Mais au moins, la balade en bateau était sym­pa !

Je ter­mine ce long résumé par un dernier petit détail : l’aumône des moines. C’est un rit­uel. Tous les matins, les moines de tous les monastères font le tour de la ville aux aurores et les croy­ants leur don­nent un peu de riz. C’est une pra­tique courante partout dans le pays, mais à Luang Pra­bang, c’est devenu une véri­ta­ble attrac­tion touris­tique.
Bien sûr, j’ai eu envie d’y assis­ter, mais je ne m’at­tendais pas franche­ment à ça (le Belge l’avait pour­tant prédit). Tous les touristes sor­tent ensem­ble des hôtels et se font directe­ment abor­der par des lao­tiens qui ten­tent de nous ven­dre du riz, his­toire de pren­dre part à la céré­monie. Et, effec­tive­ment, on retrou­ve des dizaines de per­son­nes qui se pren­nent mutuelle­ment en pho­to, au flash parce qu’il fait encore nuit, en train de dis­tribuer leur riz. Ça a de quoi met­tre très mal à l’aise.
Pour autant, en marchant un peu et en s’éloignant de la zone des hôtels, on peut assis­ter à cela de manière beau­coup plus agréable. Le Belge refu­sant de m’ac­com­pa­g­n­er, je suis allée le plus loin pos­si­ble et me suis instal­lée un peu à l’é­cart, sur un trot­toir où ne pas­saient pas les moines. J’ai alors passé un moment très agréable, empreint de calme et de respect. Sur le retour, j’ai croisé d’autres touristes qui avaient aus­si cher­ché à être dis­crets, et même si nous n’avons pas de pho­tos de nous à côté d’un petit gamin au crâne rasé dans un mag­nifique drap orange, nous avons pu prof­iter de ce moment.

La semaine prochaine, on change rad­i­cale­ment d’am­biance en allant à Vang Vieng, haut lieu de la débauche au Laos !

14 Commentaires

  1. Hel­lo,
    Je con­nais­sais la qual­ité de tes pho­tos ... Mais ces cro­quis, c » es toi aus­si ?! Quel tal­ent 🙂 !
    Bon, bah en tout cas, tou­jours aus­si agréable à lire cha­cun de tes nou­veaux arti­cles !
    Zou ...
    Jean-Fi .

  2. Des fois je des­sine, mais c’est vrai que jusqu’à présent, je n’ai jamais rien pub­lié ici (quelques cro­quis trainent dans les car­nets, mais un peu plan­qués !), mais ici, je trou­vais les dessins plus appro­priés que les pho­tos 🙂

  3. Coucou madame Oreille , cette fois ci je ne dirai pas le mot « com­pote » lol.
    Je tien juste a dire que j’adore tes arti­cles et surtout bra­vo pour les pho­tos qui sont vrai­ment très belles.
    Es que la 7eme pho­to est un HDR ? Je la trou­ve tout sim­ple­ment sub­lime avec ce ciel.
    Pas mal tes dessins, tu devrai en met­tre plus sou­vent :).

  4. Viivii84 : aha­ha ! La sep­tième pho­to, ce serait le couch­er de soleil à côté du bus ? Si c’est de celle-ci que tu par­les, non, ce n’est pas un hdr (je n’en fais pas) et elle fait presque sur­na­turelle alors que je n’ai presque rien fait dessus. Juste devant, on voit deux autres touristes qui vien­nent de faire la même pho­to, telle­ment la lumière est sur­prenante !

    Astrid : Pour les dessins, on ver­ra... 😉 C’est presque plus « intime » qu’une pho­to, et moins facile à partager.

  5. Oui c’est bien cette pho­to de couch­er de soleil.
    Ce n’es pas une cri­tique quand je par­lais de HDR car j’adore vrai­ment ce genre de pho­to et j’aimerai m’y met­tre.
    En tout cas bra­vo encore pour ton arti­cle , tes pho­tos et tes dessins. =)

  6. J’avais bien com­pris que ça n’é­tait pas une cri­tique, ras­sure-toi ! (même si celles-ci restent les bien­v­enues) Mer­ci 🙂 Le HDR, je n’y con­nais vrai­ment rien. Je préfère tra­vailler par calques de réglages pour choisir moi-même ce que j’é­clair­cis ou fonce.

  7. Superbes cro­quis, ouhaou, on décou­vre un de tes nou­veaux tal­ents...
    Tu as bien retran­scrit l’am­biance de Luang Pra­bang. J’y étais hors sai­son, et les touristes étaient déjà bien nom­breux, alors j’imag­ine pen­dant la haute sai­son...
    Et par con­tre je pense que vous avez eu un coup de chance pour le bus, car ce n’est pas sys­té­ma­tique qu’un autre bus se pointe seule­ment une heure plus tard (et je par­le avec expéri­ence 🙂 )

  8. Le marché de nuit bien qu’à l étroit est très agréable .
    Ce qui m’a le plus sur­pris dans Luang Pra­bang c’est qu’il n’y est aucune grille métallique, mais des portes en bois ‚c’est devenu extrême­ment rare en Asie du Sud-Est main­tenant.

  9. Curieuse Voyageuse : la semaine prochaine, je me mets à la musique 😉
    Je pense que la ville doit rester touris­tique en toute sai­son, même si c’est for­cé­ment pire en Jan­vi­er. Et c’est quand même très étrange de crois­er plus de français que d’habi­tants ! (je passe sur les vieux bizarres venus acheter des hôtels...)
    Les gens qui étaient avec nous dans le bus sem­blaient effec­tive­ment ravis qu’on soit « dépan­nés » aus­si rapi­de­ment ! On ne va pas s’en plain­dre !

    Bacri : Amu­sant le coup des grilles, je n’y avais pas porté atten­tion... Tu expliques ça com­ment ?

  10. liloulivi : sans touriste, c’est déjà plus sym­pa. Enfin, le prob­lème n’est finale­ment pas les touristes en général, mais le com­porte­ment de cer­tains. Bat­tam­bang a l’air très joli 🙂

    Fab­rice : ce n’est franche­ment pas le lieu que j’ai préféré, mais les longues prom­e­nades sur les rives étaient reposantes. Je com­prends vrai­ment que cer­tains puis­sent avoir un coup de cœur pour la ville.

Ajoutez votre commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Pin It on Pinterest