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Petit trek dans le Nord du Laos

Dans l’épisode précé­dent, nous venions d’arriver à Luang Namtha, une petite ville au Nord du Laos. Après une journée de vélo, et une nuit dans notre petit bun­ga­low, nous par­tons pour l’activité touris­tique prin­ci­pale de la région : le trek.
Bon, trek est un grand mot, dans la mesure où la bal­lade ne dure que deux jours, mais on a quand même un peu souf­fert, entre les dénivelés et la chaleur !

Dans la région, les treks sont organ­isés de sorte à ce que chaque vil­lage puisse en prof­iter. Les touristes sont accueil­lis tour à tour et l’argent est répar­ti équitable­ment pour encour­ager les vil­la­geois à garder leurs tra­di­tions, sans pour autant les forcer à se déguis­er, loin de là. Le but est que le tourisme leur prof­ite aus­si, sans déna­tur­er les lieux. Nous par­tons donc avec notre guide pour deux jours de marche à tra­vers la jun­gle et les mon­tagnes.

Les chemins sont assez escarpés et la pre­mière côte sem­ble sans fin. Nous faisons des paus­es toutes les vingt min­utes pour nous désaltér­er et repren­dre notre souf­fle. Le guide nous taille des bâtons qui ne nous aideront pas franche­ment (j’ai même man­qué m’empaler dessus) mais frap­per le sol fait fuir les ser­pents, d’après lui. En réal­ité, nous n’en crois­erons aucun (les bâtons seraient effi­caces ?), heureuse­ment, et nous ne ver­rons d’ailleurs pra­tique­ment aucun ani­mal sauvage. On enten­dra bien quelques singes et autres oiseaux, mais la végé­ta­tion est telle­ment dense qu’on ne voit rien.
Nous nous arrê­tons dans une petite cahute sur pilo­tis pour déje­uner. Le planch­er n’est pas des plus con­fort­able, mais s’affaler fait un bien fou. Nous dévorons du riz avec des pouss­es de bam­bou et un peu d’omelette. A ce moment pré­cis, nous trou­vons ça déli­cieux. Ce sera égale­ment notre repas du soir ain­si que nos petits déje­uners et repas de midi du lende­main... Over­dose de riz, je n’en mangerai pra­tique­ment plus pour le reste du voy­age !

Le repas fini, nous reprenons la marche. Deux jeunes lao­tiens nous dépassent, ten­ant un cochon en laisse. Quelques heures plus tard, nous le retrou­verons embroché au-dessus d’un feu. En atten­dant, il nous reste quelques kilo­mètres et surtout une bonne descente, tout aus­si inter­minable que la mon­tée, bousil­lant les genoux, et se ter­mi­nant sur une nou­velle côte. Quand ils dis­ent que les vil­lages ne sont acces­si­bles qu’à pied, ils ne rigo­lent pas, le chemin est de moins en moins prat­i­ca­ble.
Sans compter les paus­es, nous aurons marché cinq heures pour rejoin­dre, enfin, la petite mai­son où nous passerons la nuit, dans le vil­lage, mais un petit peu à l’écart.

Le vil­lage est presque comme nous l’imaginions. Des maisons en bois, sur pilo­tis, des paraboles pour l’unique télé de la com­mu­nauté, des enfants qui jouent, et un cer­tain calme. Nous le tra­ver­sons dis­crète­ment pour aller dépos­er nos sacs avant d’en faire le tour.
L’école est presque neuve, l’électricité est fournie par une petite tur­bine sur la riv­ière. Il y a même un bar ! Les bois­sons, ramenées de la ville, à pied, y sont par con­tre hors de prix (mais au final moins chères que dans cer­taines villes).

Entre les poules et les chiens, on trou­ve beau­coup de cochons, la plu­part en « tas » dans les cen­dres d’anciens feux, comme s’il fai­sait froid. Les enfants jouent avec toute la basse-cour et, de temps à autres, on voit une poule cours­er un porcelet.
Nous mar­chons calme­ment, salu­ant les gens en restant dis­crets. On regarde un match de foot vol­ley, sport impres­sion­nant très pra­tiqué ici : deux équipes, un filet, un bal­lon en osier, et inter­dic­tion d’utiliser les mains. Ce qui donne des fig­ures dignes d’un sport de com­bat ! (d’ailleurs, pour leur ren­dre une balle per­due pen­dant leur match, le Belge enver­ra la balle dans la seule flaque de boue à 300m à la ronde...)

Le guide com­mence à devenir col­lant. A chaque fois que nous nous éloignons, il revient vers nous, nous dit « mar­chons un peu » et nous ramène en cinq min­utes à la cahute où nous dormirons tous les trois, mais où il n’y a rien à faire ni voir. Nous finis­sons par l’ignorer et rigol­er avec des enfants qui s’amusent à pren­dre la pause devant mon objec­tif. Deux frères et une sœur, ils écla­tent de rire à chaque fois que je leur mon­tre l’écran de l’appareil affichant leurs bouilles. Je leur offre un petit tirage pogo, qui est directe­ment accroché au mur de la mai­son famil­iale !

Peu à peu, la nuit tombe. Ils organ­isent une fête, pour célébr­er le mariage prochain d’une des filles du vil­lage mais nous ne nous y joignons pas. Je pense qu’on y aurait été les bien­venus, mais nous préférons les laiss­er entre eux, et ten­ter de dormir, mal­gré la musique à fond (ils passeront trois font Justin Bieber !).

Le calme qui règne le matin est impres­sion­nant. La val­lée est com­plète­ment plongée dans le brouil­lard. On ne croise pra­tique­ment per­son­ne et même les poules sont silen­cieuses. Nous par­tons tant qu’il fait encore un peu frais. Nous prenons un chemin dif­férent de l’aller, mais pas plus sim­ple, loin de là.
Nous allons marcher sept heures, avec notam­ment une mon­tée d’une bonne heure en plein soleil. C’est là que je vais souf­frir. J’ai eu du mal à manger du riz, épicé qui plus est, au petit déje­uner, et le guide n’a prévu qu’un litre d’eau par jour et par per­son­ne, ce qui est large­ment insuff­isant (mais on com­prend le prob­lème du poids). Nous imposons quelques paus­es sup­plé­men­taires dès que nous croi­sons un cours d’eau, his­toire de plonger la tête dessous. Comme nous avons refusé de faire une sieste à midi, le guide se venge en marchant très vite, loin devant nous. Qu’importe, on prof­ite de l’ombre et des paysages !

23 Commentaires

  1. Bon­jour Madame Oreille,

    Bra­vo pour ce post et ces pho­tos qui retran­scrivent bien l’ambiance du nord du Laos !

    J’avais fait Luang namtha Muang Sing en VTT jusqu’à la fron­tière chi­noise (ça grimpe ! d’ailleurs on peut échang­er des infos pour ceux que ça intéresse !)

    La brume mati­nale et l’overdose de « Sticky Rice » m’avaient égale­ment beau­coup mar­quées.

    Ce tourisme sol­idaire est vrai­ment, à pre­mière vue, un super sys­tème, mais as tu trou­vé que les échanges avec les familles respon­s­ables de l’accueil des voyageurs étaient très chaleureux ? Moi j’ai été un peu plus mit­igé (à part avec les jeunes), c’est peut être aus­si la cul­ture Lao qui veut cela (dis­cré­tion)

    Julien, reporter de voy­age @ trav­el VOX

    1. « Ce tourisme sol­idaire est vrai­ment, à pre­mière vue, un super sys­tème ».

      Ça, c’est ce qu’on vous faire croire... Ces « treks » « sol­idaires » ne le sont que dans cette appel­la­tion com­mer­ciale : si vous saviez ce qui revient au vil­la­geois : une obole, des miettes.

  2. Julien : ah, en VTT jusqu’à Munag Sing, ça doit être très sym­pa ! C’était ton vélo ou tu as trou­vé quelque chose sur place ? Faire du cyclo­tourisme me tente de plus en plus (je suis par­tie une fois avec un vélo, mais ce n’était pas mon moyen de trans­port prin­ci­pal, juste un pal­li­atif au fait que je n’ai pas le per­mis !).
    Quant aux locaux, ils ne sont pas très chaleureux, mais j’ai trou­vé ça plutôt ras­sur­ant. Enfin, je suis tou­jours un peu mal à l’aise lorsqu’on devient l’attraction du vil­lage, même si ça facilite les con­tacts. J’aime bien qu’ils nous ignorent, et ne s’intéressent à nous que si on vient vers eux.

    4 petits suiss­es : La pogo, vous allez aimer 😉 Franche­ment, le sticky rice au petit dej, ça passe vrai­ment dif­fi­cile­ment. Je veux bien chang­er mes habi­tudes, me priv­er de jus d’orange, mais j’ai besoin de sucré, et surtout, manger la même chose à tous les repas... Heureuse­ment, je pars tou­jours avec des bar­res de céréales et quelques cochon­ner­ies (qu’on finit la pre­mière semaine...), qui nous ont don­nées quelques calo­ries !

  3. Ouu­u­upsss j’ai dis com­potes , je voulais dire pho­tos.
    Je regar­dais une con­ner­ie a la télé qui ma décon­cen­trée -_-»
    I’m Sor­ry Madame Oreille

  4. Mer­ci pour ce bil­let de voy­age et pour votre site. C’est avec plaisir que je clique sur « madame oreille » dans ma liste des favoris.
    les voy­ages + la pho­to = tout ce que j’aime.
    Si vous étés du coté de Paris, se serait avec plaisir que je vous ren­con­tr­erais.

  5. Ye Lili : la brume donne vrai­ment l’impression d’être per­dus au milieu de nulle part ; elle est vrai­ment épaisse !

    Viivii84 : aha­ha ! j’ai éclatée de rire ! Je penserai à toi la prochaine fois que je mangerai une com­pote 😀 (mer­ci!)

    Marie : Mer­ci. Les lao­tiens sont tous très beaux, avec des vis­ages empreints d’une espèce de sérénité...

    Patrice : Hé bien mer­ci à toi ! (j’habite à côté du Père Lachaise 😉 )

    Lucie : oui, c’est génial ! Entre un objec­tif et la pogo, je crois que je choisir­ai tou­jours l’imprimante ! Le regard inter­ro­ga­teur des gens quand ils voient que je branche le petit truc, suivi de leur regard émer­veil­lé quand ils com­pren­nent ce que c’est, c’est vrai­ment mer­veilleux. Ça ne coûte pas grand chose et ça fait tou­jours plaisir aux gens de pou­voir garder un petit tirage.

  6. @Madame Oreille : pour le trip en vélo, j’ai tout loué sur place à Luang­Nam Tha, 3 jours de loca­tion. Le VTT était de bonne qual­ité. J’aime bien voy­ager en trans­ports publics et ensuite louer un vélo pour ray­on­ner autour des villes/villages. ça fait un com­pro­mis comme ça. Mais je t’avoue qu’un trip 100% vélo me tente aus­si.

    Con­cer­nant l’accueil dans les vil­lages, je partage totale­ment ton point de vue, je préfère aus­si être le plus effacé et dis­cret pos­si­ble.

  7. Sym­pa le trek au Laos. J’ai essayé de chercher sur votre site des infos pour pro­téger son appareil pho­to lors d’un trek mais j’ai pas trou­vé.

    Je pars fin novem­bre pour le Cos­ta Rica et je vais tra­vers­er pas mal de « rain for­est », avez vous quelques con­seils à me don­ner pour con­serv­er au mieux mon Nikon (hormis la coque étanche)

    Chris­sand

  8. Chris­sand : c’est sur la liste des arti­cles à faire, mais il n’est pas encore écrit... Là, comme ça, je te con­seille au moins un sac avec une housse étanche, des sachets de sil­i­cat pour absorber un peu d’humidité, faire atten­tion aux dif­férences de tem­péra­ture qui pour­raient engen­dr­er de la con­den­sa­tion (chaleur étouf­fante dehors VS grosse clim, par exem­ple). Je vais tach­er d’écrire un truc un peu plus com­plet bien­tôt !

  9. Mal­gré la beauté de cer­tains paysages et le côté « authen­tique » des petits vil­lages avec leurs cou­tumes et tout, ça a l’air d’avoir été une sacrée galère quand même, surtout les « balades » à pied dont une par­tie au soleil, 1litre d’eau par jour, ne manger que du riz...
    Mais tu dois sûre­ment en garder de très beaux sou­venirs main­tenant et rigol­er de ces moments de souf­france à pied !

  10. Ah le Laos... ca me rap­pelle mon voy­age en Thaï­lande, je suis allé dans le tri­an­gle d’or : j’ai fini à Chieng Kong, mes amis ont pour­suivi au Laos, moi je suis redescen­du (voy­age au Népal par la suite oblige).

    A ce moment-là, j’ai aperçu le Laos, c’était juste de l’autre côté du fleuve 🙂

  11. Bon­jour Aurélie,

    Très joli réc­it con­cer­nant ce trek.
    Je me rends dans pas longtemps au Laos pour ten­ter l’expérience, du côté de Luang Namtha, s’il ne pleut pas trop. Sinon très jolies pho­tos 🙂

  12. Bon­jour, j’ai beau­coup aimé votre arti­cle, les pho­tos des enfants sont adorables ! Je me suis ren­du au Laos avec mon fils. Nous avions réservé notre voy­age sur ce site (http://www.globesetters.com/fr/ou-voyager/laos) et celui-ci inclu­ait égale­ment une ren­con­tre avec les eth­nies des mon­tagnes lao­ti­ennes, nous avons adoré, c’était extrême­ment touchant tant ces pop­u­la­tions sont chaleureuses et authen­tiques !
    Je recom­mande à tout le monde de s’y ren­dre, c’est un pays incroy­able et plein de richess­es.

  13. Ralalala on a adoré ce trek, c’était telle­ment dif­férent ! Notre guide était un vrai sur­vivor ; impres­sion­nant.
    On a vrai­ment envie d’y retourn­er 🙂

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