La photo de voyage en vidéo, épisode 2 : les aurores boréales

Le mois dernier, je vous présen­tais mon nou­veau pro­jet, le petit truc que je veux dévelop­per cette année sur ce blog : des vidéos qui par­lent de pho­to de voy­age. Tous les mois, je vous emmèn­erai sur une nou­velle des­ti­na­tion pour traiter d’un nou­veau sujet. Ain­si, le pre­mier épisode se tenait à Etre­tat, en Nor­mandie, et avait pour sujet les fil­tres dégradés. Et pour le deux­ième épisode ? Hé bien, vous le devinerez aisé­ment si vous avez vu les derniers arti­cles (et si vous avez lu le titre de cet arti­cle...), suivi Face­book ou Insta­gram : je vous emmène en Norvège !
Et avant de chas­s­er les aurores boréales, je vous par­le un peu de quelques pré­cau­tions à pren­dre pour pro­téger son appareil pho­to lorsqu’on voy­age dans le froid (n’en déplaise aux grincheux dilet­tantes).

Je vais revenir en détails sur la marche à suiv­re pour pho­togra­phi­er une aurore mais avant cela, il faut que je vous dise la vérité sur les aurores boréales. Il y en a beau­coup. De plusieurs sortes. Presque toutes les nuits. Pour autant, les gross­es explo­sions de vert que vous voyez dans les pho­tos à la fin de la vidéo restent rares, alors que les petits filets, comme celles du time-lapse, sont très com­munes et presque invis­i­bles à l’oeil nu (du moins quand on ne con­naît pas). Les deux sont des aurores boréales, la dif­férence réside dans leur inten­sité.
En effet, les petites sont bien vis­i­bles sur l’appareil, mais deman­dent un min­i­mum d’attention à l’œil nu : ça ressem­ble à un nuage gris vague­ment vert si on plisse les yeux mais rien d’éblouissant. Ain­si, il fau­dra repér­er ses trainées blanch­es et déclencher pour bien véri­fi­er qu’il s’agit d’aurores boréales ! Au départ, je croy­ais avoir affaire à de la pol­lu­tion lumineuse émanant des lam­padaires situés der­rière nous sur le pont...

Par con­tre, quand une vraie, grosse aurore appa­raît, c’est mag­ique et il n’y a aucun doute, c’est bien vis­i­ble à l’œil nu et illu­mine le ciel dans son entièreté. Le vert emplit le ciel, et on ouvre la bouche, bête­ment, en lais­sant exprimer ses émo­tions. C’est rel­a­tive­ment inde­scriptible mais les pho­tos sont fidèles, c’est presque mys­tique et, l’espace d’un instant, on pour­rait croire aux trolls et autres elfes.

Matériel nécessaire pour photographier une aurore boréale

Basique­ment, si vous n’arrivez pas à faire des pho­tos cor­rectes de nuit avec votre appareil, vous pou­vez oubli­er l’idée de pho­togra­phi­er les aurores boréales. Dans les faits, il faut absol­u­ment un appareil qui per­me­tte de gér­er le temps de pose, donc plutôt de type reflex ou hybride.
Ensuite, un trépied est indis­pens­able puisque, qui dit pose longue, dit appareil qui ne doit pas bouger d’un poil pen­dant de longues sec­on­des.
Enfin, comme dit dans la vidéo, une télé­com­mande ou un déclencheur filaire reste un gros plus, même si on peut utilis­er le retar­da­teur : le but étant de ne pas faire bouger l’appareil en déclen­chant.

Où photographier une aurore boréale

For­cé­ment, il vaut mieux être dans le Cer­cle Polaire, ou en tout cas dans des con­trées nordiques, et plutôt en hiv­er (févri­er est un très bon mois : on a assez de lumière pour prof­iter de la journée un min­i­mum, et il y a encore de nom­breuses aurores boréales bien vis­i­bles dans la nuit noire). Ensuite, il fau­dra trou­ver un endroit prop­ice aux pho­tos, donc loin des méga­lopoles (qui n’existent pas dans nos cer­cles polaires mais vous avez com­pris l’idée), et tourné vers le Nord (on ne dit pas « noth­ern lights » pour rien) à moins d’être déjà au Pôle ou d’avoir choisi l’antarctique (mais on par­lerait d’aurore aus­trale plutôt que d’aurore boréale).
Il fau­dra bien sûr que la météo soit de la par­tie, un nuage épais pou­vant obscur­cir le ciel et ne pas per­me­t­tre de voir l’aurore.
Pour savoir s’il faut aller poireauter de longues heures dehors, il y a donc quelques sites et appli­ca­tions don­nant des pré­dic­tions :

Et pleins d’autres... Mais la magie d’une aurore boréale réside aus­si dans la longue attente, dans le « wouah » qui sort naturelle­ment quand enfin elle appa­raît et qu’on oublie que nos orteils sont con­gelés.

Comment photographier un aurore boréale

Ren­trons donc dans le vif du sujet. Comme dit dans la vidéo, il faut repér­er un lieu sym­pa, pos­er son trépied, faire un cadrage qui nous plaît (lais­sant une grande place au ciel, à moins de vouloir jouer sur les reflets dans l’eau, les gros plans...), tester quelques réglages et ensuite, atten­dre et crois­er les doigts (et là, on appré­cie les habits chauds, hein ? et les rasades de gnôle qui tient au corps quand on aime ça).

Pour la mise au point, deux options : la faire sur un élé­ment savam­ment placé en amorce dans votre cadrage, ou la faire sur l’infini.
Pour les réglages, je vous con­seille de pass­er en mode manuel et d’éviter les vitesses trop lentes : entre 10 et 15 sec­on­des on fige le mou­ve­ment de l’aurore sans trop le déna­tur­er. Il fau­dra donc ajuster les ISO et l’ouverture en fonc­tion de cela : le but, c’est de voir les étoiles (évitez de mon­ter trop haut en ISO, sous peine d’image bruitée). Faites quelques tests jusqu’à sat­is­fac­tion. Et surtout, quand l’aurore arrive, regardez bien le résul­tat sur l’écran avant de mitrailler, il fau­dra peut-être affin­er les réglages et par­faire le cadrage.

Si vous êtes proche d’une ville, les fil­tres dégradés dont je vous par­lais dans le pre­mier épisode pour­raient vous être très utiles. Alors, ne faites pas comme ce touriste éta­sunien que j’ai vu met­tre le fil­tre à l’envers de sorte à assom­brir le ciel ! Non, le but c’est juste­ment l’inverse ! Les villes, même petites comme dans les Lofoten, peu­vent devenir des pol­lu­tions lumineuses peu esthé­tique : en gros, on va cramer les zones trop éclairées pour réus­sir à pho­togra­phi­er le ciel, et il est même prob­a­ble que ça occa­sionne des halos lumineux par­a­sites.
Du coup, le fil­tre dégradé per­me­t­tra d’assombrir la ville et autoris­era des vitesses plus lentes pour faire ressor­tir le ciel et l’aurore boréale. C’est surtout val­able pour les aurores de faible inten­sité, bien sûr.

photographier_une_aurore_boreale_avec_filtre_degrade

Un dernier con­seil : je ne le dirai jamais assez, tra­vaillez en RAW !

Attendre

Hé bien oui. Voir une aurore boréale, c’est un peu d’informations glanées sur les sites de pré­dic­tions, un peu de chance, et beau­coup de patience. Ain­si, un soir, nous avons rejoint un groupe de touristes sur un pont. Ils étaient là bien avant 18h, avant même le couch­er du soleil et par­tic­i­paient à une de ces excur­sions conçues pour voir les aurores : on monte à dix dans un van, acces­soire­ment on rem­plit 3 vans ain­si, un pho­tographe est là pour don­ner des con­seils (...), on vous dépose à un spot intéres­sant, et on ne vous rend pas votre argent si vous ne voyez rien ! Ce peut être une bonne option pour cer­taines per­son­nes ; pour autant, nos voisins sur le pont sont par­tis à 20h, frig­ori­fiés et affamés, sans avoir rien vu.
Et à 21h30, alors que nous finis­sions notre paquet de chips (et Le Belge son « sauci­flard » avec ses « litrons de bib­ine »), appré­ciant le silence retrou­vé (nous n’avons croisé que peu de gens durant la semaine, et ce fut le seul groupe), nous avons pu prof­iter du début des aurores...

photographier_une_aurore_boreale_norvege_lofotencliquez pour agrandir
IMG_9173 copie
IMG_9159_2 copie

57 Commentaires

  1. Moi qui rêve de voir des aurores boréales pour de vrai... Mer­ci pour ce mag­nifique arti­cle, ça ne fait que ren­forcer mon souhait. De très belles pho­tos, mer­ci beau­coup pour ce partage...

  2. ah ben le voilà l’article que j’aurais du avoir avant de par­tir.
    Claire­ment les seul cliché potable de mes aurores c’était d’avoir un truc en pre­mier plan.
    j’ai mis des temps de pose trop long et la mise au point à l’infini a un peu rater (juste pas fait quoi) et quand il y a eu la belle grosse aurore vis­i­ble à l’oeil nu, ma foi j’ai préféré l’admirer 🙂
    Et très très bien ta vidéo !

  3. Sinon la chap­ka sur le boiti­er en atten­dant les Aurores c’est pas mal non plus quand on a pas de housse en néo­prène ! 🙂 Par con­tre petit doute sur le fait qu’elles vien­nent tou­jours du Nord, ils nous est arrivés plusieurs soirs d’avoir des départs depuis 3 des 4 points car­dinaux.

  4. rien à voir avec la pau­vre aurore boréale que j’ai pu pho­togra­phi­er en sep­tem­bre...
    Vous me don­nez envie de repar­tir en suiv­ant tous vos pré­cieux con­seils 😉

    mer­ci

  5. Très bien illus­tré, le coup de la con­den­sa­tion ! Pour le truc en néo­prène, ta vidéo m’a plus con­va­in­cue que ton précé­dent arti­cle.
    Sinon je rejoins Retour du monde, les aurores boréales ne vien­nent pas que du Nord, mais peu­vent arriv­er de l’Est ou de l’Ouest aus­si. Si tu es même bien au-delà du cer­cle polaire (comme à Trom­sø par exem­ple), tu peux les voir au Sud.

      1. Enfin c’est pas bien grave non plus 🙂 (jsu­is un peu mono­ma­ni­aque sur le sujet des fois, désolée)
        La vidéo est vrai­ment chou­ette, pro et rigolote à la fois. Un indice sur la prochaine des­ti­na­tion ou tou­jours pas ?

  6. Très inter­es­sant cet arti­cle, et super vivant d’avoir une video pour illus­tr­er !
    Je pense que per­son­nelle­ment, je l’admirerais, car je ne pense pas maîtris­er assez mon APN pour « gâch­er » du temps à faire une pho­to qui sera moins bien que les tiennes par exemple...Je galère déjà pour des pho­tos de neige... 🙁
    A quand un tuto neige d’ailleurs ?

    1. C’est vrai que tu lach­es assez vite l’appareil pour regarder 🙂 Après, j’ai une super télé­com­mande inter­val­omètre : tu prends une pho­to, tu check­es sa gueule, et la télé­com­mande mitraille à ta place ^^

      Je penserai à par­ler de neige !

  7. Bra­vo ! De bonnes expli­ca­tions (le coup de la con­den­sa­tion !...j’ai pas de lunettes, je com­prends mieux main­tenant !).
    Belle des­ti­na­tion en tout cas que le grand Nord !

  8. c’est vrai­ment super intéressant....condensé mais on apprend plein de choses!!! j’espère que tu vas con­tin­uer sur ta lancée et que tu vas encore nous apporter plein de belles choses intéres­santes aux appren­tis pho­tographes que nous sommes (enfin je par­le pour moi!!!)

    1. Bien sûr, le but c’est de faire une vidéo par mois 🙂
      La prochaine sera tournée dans deux semaines et ori­en­tée très débu­tant, pour le coup (mais je n’en dis pas plus !)

  9. Excel­lent arti­cle ! Je suis vrai­ment trop fan de l’introduction de ta rebrique. Rien a re-dire sur la video en tant que telle (peut etre le moment ou tu te tele­porte haha). 

    Autrement pour la proc­tec­tion con­tre le froid je suis un peu spe­tique de l’efficacité du matos et encore plus par rap­port a l’eau vu que ce n’est pas com­plete­ment etanche. Surtout avec tes Lentilles L et ton boiti­er trop­i­cal­isé. J’ai été amené à pren­dre des pho­tos pour un fes­ti­val sous la neige par moins 20 et je n’ai eu aucun prob­leme. Alors apres c’est clair que la con­den­sa­tion c’est vrai­ment le gros dan­ger. Je trou­ve que ces pro­tec­tions sem­ble plus utiles con­tre les chocs que con­tre les liq­uides.

    Autrement pour les aurores boréales, cela donne vrai­ment envie. Com­ment as tu trou­vé ce lieu etc ? 

    Ah oui et aus­si quel sac utilise tu ? Je vois que c’est un Lowe­pro. Je cherche un sac en ce moment qui n<est pas chez Van­guard (tu sais pourquoi ...).

    1. Pareil, mon vieux 450D a passé plusieurs heures l’année dernière par -40°c, sans con­stater une énorme baisse de bat­terie, comme quoi par­fois ça peut fonc­tion­ner ! (Bon après faut pas non plus en abuser et faire ça tout les jours, on est d’accord)

      1. Le truc, c’est que t’as pas de prob­lème jusqu’au jour où. Franche­ment, jusqu’à ce matin à New York, j’étais per­suadée que c’était solide, un appareil pho­to. Mais quand le tien ne s’allume plus à cause d’un sim­ple crachin, hé bien tu te dis que tu peux bien lach­er quelques euros pour le pro­téger...

        (le 5DII n’est pas trop­i­cal­isé).

        Je préfère un matériel trop pro­tégé qui me per­met d’avoir l’esprit tran­quille, tout sim­ple­ment.

      2. Le truc c’est que dans ce cas autant acheter une rain cov­er qui coutera 5 fois moins cher et pro­tègera bien mieux ton sac con­tre l’eau. Parce que le prob­lème de la pro­tec­tion que tu utilis­es est que ça n’empêche pas vrai­ment l’eau de ren­tr­er : j’aurais même ten­dance à dire que l’eau va venir stag­n­er entre l’appareil et la pro­tec­tion plu­tot que de juste gliss­er. Et par ailleurs, ca ne va pas non plus l’éviter d’avoir de la con­den­sa­tion après étant don­né qu’il va mal­gré tout se refroidir. 

        Autrement pour le sac ? :).

  10. Et bien avec tous ces con­seils je devrais m’en sor­tir ! J’espère réus­sir d’aussi belles pho­tos que les tiennes. Mer­ci pour les tuyaux 🙂 et très chou­ette vidéo

  11. Très bonne expli­ca­tion sur les pré­cau­tions à respecter pour bien pren­dre en pho­to une aurore boréale, dont c’est la bonne péri­ode. Reste savoir ou aller pour voir ces aurores. Je pense que la Laponie reste une meilleure option. Bon courage et bonne chance.

  12. Mer­ci pour ces pré­cieux con­seils ! Je crois que j’ai intérêt à book­mark­er cet arti­cle pour le jour où je ferai enfin l’Islande en hiv­er ! J’aurai trop les boules de louper mes clichés par manque de pré­pa­ra­tion.
    Par con­tre, pour les cli­mats pluvieux/venteux quelle pro­tec­tion pré­conis­es-tu pour l’appareil ?

    1. Si il pleut, tu peux bricol­er avec des sacs plas­tiques et des élas­tiques, ou sinon il existe des espèces de pochons dans lequel on glisse l’appareil (qu’on peut aus­si fab­ri­quer si on sait coudre avec une vieille manche de man­teau imper­méable).
      Mais pour mon appareil trag­ique­ment décédé aux USA, j’avais des sacs plas­tiques... qui se sont déchirés au fil de la journée. Faut être pré­cau­tion­neux, quand même, quand on bidouille.

  13. Com­ment c’est juste beau une aurore boréale
    j’aime pas le froid mais rien que pour en voir en vrai je pour­rai atten­dre.
    Bien sym­pa cette 2 eme vidéo, bonne idée que tu as eue en 2013 de te lancé la dedans.

  14. Je décou­vre ton arti­cle à mon retour d’Islande où j’ai eu la chance de voir des aurores boréales.....le time-lapes, reste je trou­ve la meilleurs manière de partager ce phénomène car c’est un mou­ve­ment, un pré­cip­ité.
    Comme tu le dis elles sont par­fois presque invis­i­bles à l’oeil nu mais cer­taine explosent et dansent.
    Mer­ci encore pour ce blog qui donne envie de voy­ager et de pren­dre de belles pho­tos (deux grands plaisirs de la vie)
    Juste une ques­tion : con­nais-tu un sup­port gra­tu­it qui per­me­t­tent de partager un album pho­to numérique dans le même style que ton port­fo­lio (un ban­deau qui défile) je m’inspire de tes bonnes idées ....je pense que ton hébergeur est payant ?
    Mer­ci encore pour tout tes con­seils et tes mag­nifiques pho­tos.

    1. Pour mon port­fo­lio, c’est un thème word­press payant hébergé sur un serveur privé, mais tu peux trou­ver des équiv­a­lents gra­tu­its dans les thèmes dédiés aux pho­tographes 🙂

  15. Ne serait-ce pas Svolvaer sur ces pho­tos ?!!
    J’ai pris des pho­tos au même endroit cet hiv­er. 🙂 Mais elles ne sont pas aus­si sub­limes que celles-ci. 😉

  16. Ouaw, mag­nifique ! Les pho­tos étaient déjà vrmt belles mais tu es aus­si très douée pour les vidéos. Mer­ci pour toutes ces bonnes infos.

  17. très belle pho­to, je ne réus­sir­ais jamais à en faire aus­si belle mais je vais essay­er, mer­ci pour cet arti­cle

  18. J’ose même pas imag­in­er le temps qu’il t’a fal­lu pour mon­ter la vidéo... Et encore plus pour acquérir tout le savoir faire pour pren­dre ce genre de pho­tos... Bra­vo !

  19. Salut, où est ce que t’as trou­vé ta housse néo­prène pour ton reflex ?
    j’ai regardé un peu sur Ama­zon mais j’en trou­ve pas une exacte­ment comme la tienne avec le pas­sage pour l’objectif et le film trans­par­ent pour accéder à ton écran et tes bou­tons, celles qu’il y a sont toutes fer­mées entière­ment .
    Mer­ci d’avance 🙂

Ajoutez votre commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pin It on Pinterest