Après un séjour sur Sylt, une visite de Hooge et quelques jours sur Amrum, j’ai fini mon voyage à travers la Mer des Wadden sur l’île de Föhr. Föhr, de par sa fohrme, est la plus verte des îles de la Frise, la moins grignotée par le sable. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir elle aussi ses plages, avec ses strandkorbe, ses petites maisons mignonnes, son port, et tout ce qui fait le charme des îles frisonnes.

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Mais ce dont j’ai envie de vous parler, c’est de deux super expériences que j’ai vécues sur place. La première, à marée basse, consistait à traverser à pieds pour rejoindre l’île de Föhr, rien que ça. Et la deuxième, à marée haute, m’a (enfin) permis d’observer les phoques depuis un superbe voilier.
Rejoindre Föhr, à pieds
Nous rencontrons Max au nord d’Amrum, pas loin de Norddorf. Ancien capitaine, il connaît très bien la mer, les marées, et le chemin à prendre pour rejoindre Föhr. Oui, parce que même si on voit Föhr depuis Amrum, marcher de l’une à l’autre ne veut pas dire aller tout droit, bien au contraire. Et c’est en partie pour cela qu’il est interdit de faire la traversée seul, sans passer par Max ou l’un de ses collègues : sans connaissance, c’est beaucoup trop dangereux.

Max se déplace avec deux accessoires : ses jumelles et sa fourche. La fourche sert à fouiller dans le sable à la recherche d’organismes vivants, mais aussi à surveiller la marée. La traversée fait 8 km (10 km depuis Norddorf) et se fait de façon assez précise : il faut partir quand l’eau est au plus bas mais surtout ne pas se faire surprendre par l’eau qui monte. Alors régulièrement, Max surveille l’horizon avec ses jumelles.
Pendant la traversée, il y aura deux difficultés : deux passages où l’eau est plus profonde. La première fois, ça réveille les mollets. La deuxième, on sent bien l’eau jusqu’aux cuisses. Et, à chaque fois, Max plante sa fourche, visualisant ainsi à quelle vitesse l’eau continue de se retirer, pour que nous passions au meilleur moment. C’est tout un art, de savoir quand il faut être où.
Nous croisons un groupe qui fait la traversée en sens inverse, avec un guide tout aussi précis sur les horaires. La fenêtre pour passer « seulement » avec de l’eau jusqu’aux cuisses est finalement assez maigre...

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La première partie se passe très bien, mais rapidement, les nuages deviennent menaçants et forcément, on se prend une méchante saucée sur toute la fin du parcours. Et là, je dois avouer que c’est difficile. On marche dans le sable et dans l’eau, frigorifiés, trempés jusqu’à l’os, en voyant Föhr à quelques centaines de mètres, tout en devant faire un gigantesque détour pour éviter une zone où l’eau est trop profonde pour traverser. Pour ne rien gâcher, on sait qu’il ne faut pas traîner, parce que la mer remonte. Tic tac tic tac... Alors on marche, vite, en regardant nos pieds pour se prendre le moins de pluie possible dans le visage.
Ça fait partie du jeu, mais ça n’a finalement pas gâché le souvenir que j’ai gardé de cette traversée, et surtout par beau temps, je ne peux que le conseiller !
Infos pratiques :
Vos sacs de voyage sont acheminés par ferry, le jour de la traversée. L’heure de départ dépend bien sûr des marées, et il faut compter trois heures de marche avec les arrêts.
Pour plus d’infos et pour réserver, vous pouvez contacter l’Office de Tourisme.

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Aller voir les phoques à bord de la Ronja
La Ronja, c’est un voilier reconstruit à la manière des vieux gréements, en suivant plans et techniques de l’époque. Le bateau ne sert que pour le tourisme, et c’est déjà pas mal. Dessus, nous rencontrons John, son capitaine, qui aura pour mission de nous emmener voir les phoques qui peuplent la mer des Wadden (ils étaient 26 000 en 2012, et leur nombre ne cesse d’augmenter d’année en année !). On les trouve un peu partout, sur des bancs de sable, et il est difficile de les approcher. En effet, il nous faut rester là où il y a assez d’eau pour naviguer, et le phoque est de toute façon un animal craintif.
Alors forcément ils sont loin, tout petits, et parfois on les confond avec un rocher ou un oiseau, avant de vérifier dans le téléobjectif... Mais qu’importe, c’était notre dernier soir en mer des Wadden, et ça faisait 10 jours que j’attendais ça ! Et John nous a fait serpenter entre plusieurs bancs de sable, à l’aller comme au retour, de sorte à ce que nous puissions bien les voir malgré tout !
Pour plus d’infos et pour réserver, vous pouvez contacter l’Office de Tourisme.

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Le projet #JaimeLAllemagne est le fruit d’une collaboration entre le Collectif des blogueurs voyage et l’Office National Allemand du Tourisme. Tous les choix éditoriaux des billets produits suite à ce voyage me reviennent.

3 commentaires
C´est triste, on dirait qu´il est tout seul 🙁
Oui, pauvre phoque abandonné ^^
(je ne sais pas ce qu’il faisait seul, c’est plutôt un animal grégaire)
Les photos sont absolument magnifiques, elles donnent vraiment envie d’y aller. Merci également pour les conseils pratiques, ce blog est vraiment génial.