Et comme chaque voyage a une fin, nous voilà de retour à Paris. Dimanche soir, nous avons rejoint l’aéroport de Bamako, et lundi matin, après un détour à la maison pour une douche et des vêtements propres, nous sommes retournés à nos emplois respectifs.
Mais il y a deux choses qui font que cette horrible claque thermique ne nous déprimait pas trop : préparer nos prochains voyages (des histoires de bateau, de vélo, de France et de pays froids...) et commencer le futur carnet du Mali ! Trier les photos, relire mes notes, vous raconter tout ça...
Et je commence aujourd’hui par une petite synthèse sur quelques points qui pourraient servir à ceux qui souhaitent se rendre au Mali dans les prochains mois.
Une histoire de cartes Visa
Tous les voyages commencent en général de la même manière : en sortant de l’aéroport ou de la gare, on cherche un distributeur de billets. En général, on prend de quoi tenir quelques jours et on en reprend un peu plus tard. Ça occasionne des frais de banque (faudrait quand même pas qu’on puisse accéder gratuitement à notre propre argent), mais ça évite une trop grande perte en cas de vol.
Nous avions déjà eu quelques soucis de cartes. Au Laos, dans une petite ville du Sud, nous avions cherché longtemps pour trouver un distributeur avant de nous résoudre à prendre une plus petite somme : ils étaient vides ! Aux États-Unis, nous avions frôlé la catastrophe en atteignant les plafonds autorisés. Plafonds qui avaient déjà failli nous empêcher d’acheter nos billets, un mois plus tôt : on ne peut pas payer ses impôts et partir en voyage le même mois !
Mais tout s’était toujours arrangé. Pourtant, au Mali, nos premiers jours ont vraiment été difficiles, et nous avons un instant songé à prendre un vol pour Dakar... Le dimanche, nous faisons le tour des banques : le Belge retire l’équivalent de 150€ et je n’obtiens rien avec ma carte, malgré plusieurs essais dans différents distributeurs. On conclue que les distributeurs doivent être vides... Le lendemain, le Belge refait un tour avec nos deux cartes, retirant à nouveau 150€ avec la sienne mais rien avec la mienne.
Ça commence à devenir délicat... Nous ne pourrons pas trouver de distributeurs en Pays Dogon, et nous n’avons pas assez d’argent pour y aller et y payer un guide. On passe alors du temps à chercher une solution (on demande du liquide dans un grand hôtel, en vain ; on appelle nos banques respectives, ce qui permet au Belge de prendre 150€ de plus cette même semaine) avant de se résoudre à la dernière option, gênante et coûteuse : Western Union. Je remercie donc Fred, un ami de mon Belge, et mes parents qui ont gentiment accepté de nous avancer l’argent.
On trouve d’ailleurs plus facilement des comptoirs Western Union que des distributeurs pour cartes Visa !
Bref, on s’en est sorti comme ça, et ma banque n’a pas été fichue de me donner une explication (après 10 minutes de musique, je me suis faite envoyer sur les roses...). Apparemment, ce genre de situation est de plus en plus courant au Mali. On ne va pas faire de supputations quant aux raisons de ces blocages, mais ça tombe curieusement au mauvais moment...
Le budget
De la partie cartes Visa, je saute donc directement à la partie argent dépensé. Je vous avais déjà parlé de ce que nous avions dépensé avant le départ (billets d’avion, vaccins...), voici ce que nous avons dépensé sur place : environ 1600€ à deux. C’est un budget assez élevé, mais qui inclut les souvenirs (nous n’en avions jamais ramené autant !), les boissons (on ne s’est pas privé sur les rafraîchissements, même lorsqu’ils coûtaient plus cher qu’à Paris), pas mal de restaurants.
Quelques exemples de prix :
1 nuit chez l’habitant à Bamako : 3500 FCFA/personne
1 nuit chez l’habitant à Ségou : 2500 FCFA/personne
1 nuit d’hôtel à Mopti : 18000 FCFA/chambre
1 heure dans un cyber café : entre 300 et 500 FCFA
1 petit téléphone portable pour mettre une carte SIM locale : 11500 FCFA (1000 FCFA donnent 4 minutes à l’international)
1,5L d’eau : 350 à Bamako, 500 sur bord de route, jusqu’à 1500 chez les Dogons
33cl de bière : 600 à Siby, 500 à Bamako, 700 chez les Dogons, 2000 à l’aéroport de Bamako...
1 sucette : 15
1 billet de bus Bamako-Ségou : 3500 + 1000 par bagage en soute
1 billet de bus Sévaré-Ségou : 6500
1 plat du jour dans un restaurant : 1500
1 repas en bord de route (chaud et avec de la viande) : entre 200 et 500 selon les faims !
4 jours chez les Dogons pour deux en « tout compris sauf les boissons » : 180 000
Le FCFA est équivalent à l’ancien franc français. Il faut diviser les valeurs par 655.
A cela, il faudrait ajouter les frais bancaires, les frais Western Union, et les colossaux hors-forfaits sur nos téléphones respectifs pour appeler banques et amis, histoire de trouver une solution quant au problème énoncé plus haut...
Changer d’itinéraire
L’avantage quand on voyage en indépendant, c’est qu’on fait ce qu’on veut. On a une date d’arrivée, une date de retour, et aucune obligation entre les deux. Nous avons donc fait à notre guise, éliminant Djenné au profit de Siby. Ce qui nous donne un trajet du genre : Bamako – Ségou – Mopti – Bandiagara – Pays Dogon – Bandiagara – Ségou – Markala – Ségou – Bamako – Siby – Bamako.
Les bus ne partent que pleins
Et heureusement que nous n’avions aucune obligation, vu les difficultés que nous avons parfois rencontrées avec les transports ! Ainsi, notre premier bus, non content de partir en retard, a crevé peu de temps après le départ, avant de tomber vraiment en panne pendant plusieurs heures !
Les horaires sont globalement assez approximatifs, mais il faut toujours être en avance, même quand on sait que le bus ne sera jamais à l’heure, pour avoir son billet.
Chaque compagnie a sa propre gare (ce qui ne facilite pas les recherches d’horaires !) et les bus ne sont pas franchement agréables : des bus européens trentenaires importés. Sauf qu’ici, il fait 35°C, et que ces fichues vitres ne s’ouvrent pas. Résultat, certains ouvrent les portent pendant tout le trajet (quitte à entendre l’horrible « bip » mentionnant la porte ouverte au conducteur pendant des heures). A cela, il faut ajouter la vétusté des véhicules...
Pour des trajets plus courts, ce n’est pas plus simple, et ça peut même être plus long : il faut trouver un minibus, et ceux-ci ne partent pas en deçà d’un certain nombre de passagers ! Et ne croyez pas que compter les sièges va vous donner le nombre de places : ici, on se serre. Nous avons ainsi pris un Renault Espace à 12, avec quelques enfants et beaucoup de bagages sur le toit !
La Case à Voyage pour dormir chez l’habitant
Dormir chez l’habitant est pour moi un vrai plus dans un voyage. C’est une façon simple de rencontrer des gens, de partager leur vie, d’apprendre et d’échanger beaucoup plus que dans un hôtel.
La Case à Voyage est une association française qui met ses adhérents en contact avec des familles au Mali et au Sénégal. Nous n’avons ainsi que très peu dormi à l’hôtel (une nuit à Mopti) et avons beaucoup discuté avec nos hôtes. Je vous en parlerai plus en détail dans les prochains articles, mais ce fut vraiment une bonne expérience !
Remplir la tête et le sac
Nous avons parfois voyagé avec un seul « grand sac » (130L) pour deux, mais ici, c’était hors de question ; je voulais ramener plein de choses ! Nous sommes donc partis avec des sacs pratiquement vides, mais les avons bien remplis (à la fin du voyage, surtout, on n’est pas fous !).
Ce n’est pas forcément moins cher qu’en France, mais c’est le plaisir de le ramener soi-même, de rencontrer l’artisan, le créateur, etc.
Nous avons forcément ramené des masques et sculptures, principalement du Pays Dogon. Nous avons aussi trouvé des écharpes en Bogolan et Indigo, des savons au beurre de karité et du beurre de karité naturel dans une petite calebasse, des petits couteaux, des confitures de mangues et des mangues séchées, un balafon et une petite kora, un boubou sur mesure pour le Belge, une robe d’écolière pour moi...
Sourires et salutations
Ce qui m’attirait au Mali, c’était avant tout les gens ; et, là-dessus, nous n’avons pas été déçus : ils sont géniaux. Bon, il y a quelques exceptions, forcément (comme certains enfants mal élevés), mais globalement tout le monde est accueillant, chaleureux. On vous dira bonjour presque partout, toujours suivi d’un « ça va ? », même si on ne vous connaît pas. Certains enchaîneront sur une série de questions « ça va le voyage ? », « ça va à Ségou ? », « ça va la famille ? », « c’est quoi ton nom africain ? ».
Et la santé, ça va ?
Point important : nous sommes en pleine forme (pour l’instant). Il est arrivé que certains repas passent mal, mais je n’ai été réellement bien malade qu’une fois (une nuit où nous dormions sur un toit et où les « toilettes » se trouvaient très loin, au milieu de rien...).
Nous avons bu l’eau du robinet sans soucis, et celle des forages également (sans pastilles). Par contre, nous avons évité celle des puits et bu de l’eau en bouteille (ou en sacs...) dès lors que nous n’avions que ça, où qu’un doute se faisait sentir.
Quant aux moustiques, ils n’ont pas été si nombreux que ça !
Il a fait beau ?
Oui, et chaud. Notre dernier jour chez les Dogons fut d’ailleurs une vraie épreuve à cause du soleil. Entre 11h30 et 15h30, il est difficile de faire quoi que ce soit de fatigant ou dans un lieu sans ombre.
Nous avons quand même eu une vague de « froid » sur la deuxième moitié du voyage, et les paysages se sont voilés, que ce soit à Ségou où à Siby, au Sud. Nous avions pris des duvets, et ils ont bien servis !









15 commentaires
Merci pour ce premier retour. Je suis assez attiré par l’Afrique, il faut vraiment que je me programme ça un jour.
Tes 2 dernières photos donnent clairement envie.
WOW ! Effectivement, vous en avez ramené des souvenirs !
Les masques ont juste l’air maginifiques !!
Tu vas faire un concours pour en faire gagner un ? Comment ça je suis interessée ?? 🙂
T’as ramené une robe boubou ?
Voilà des voyageurs heureux.
il n’y à plus cas attendre les photos
Il a dû être génial ce voyage !
Contente que ça vous ait plu 🙂
J’ai hâte de connaitre votre prochaine destination.
Manon de Libertrip.
Le récit de ce voyage promet d’être riche !
Bon courage pour la post production 😉
Tewoz : tu choisirais quel pays ?
Estelle : et y’a même pas tout sur la photo ! 😀 Mais la moitié était destinée à servir de cadeaux aux gens qui nous ont aidé avec Western Union, et à la famille. Le belge s’est fait faire un beau boubou brodé avec un bélier, et moi une petite robe d’écolière 🙂
Le Chat : au final, je crois qu’on n’a jamais rentrés malheureux ! ouf !
Manon : pour le prochain « grand » voyage (trois semaines quoi !), il va y avoir une préparation physique et matérielle, ça fera quelques articles 😉 Un truc nordique, qui se fait bien à vélo...
Flo : y’a du tri à faire, j’avoue ! Et c’est là que ne pas être tour du mondiste est bien :p ça va occuper nos soirées d’hiver !
wouhouuuuuuu !
c’est joliiiiiiiiii !
(ouais, je fais toujours des commentaires constructifs !)
Hm vivement la suite... La photo d’Awa est superbe !
Petite question lié aux sous, puisqu’on est dans le sujet : n’as-tu pas senti trop d’intérêt lié à l’argent en tant que Blanc ? Au Sénégal, je me souviens avoir parfois eu l’impression d’être un ATM sur patte...
@Curieuse Voyageuse :
Sisi, ça a souvent été le cas. Même venant des enfants qui, dès leurs premiers mots à notre encontre, sortent : « donne-moi 1000 francs », « achète-moi un ballon », et même quand ils ne connaissent pas la signification de la phrase. Les adultes qui demandent des médicaments comme si on était là en mission pour MSF, aussi.
J’ai dû expliquer à un Dogon ce qui a créé notre crise monétaire. Il croyait que l’Occident se moquait de l’Afrique et qu’on pouvait tout simplement imprimer plus de billets...
Mais à nous de réagir de façon modérée. On ne donne simplement jamais rien. Un enfant qui mendie par habitude ou premier essai, qui rentre chez lui avec plus dans la poche que son père qui bosse toute la journée, il n’ira pas à l’école le lendemain... Il retournera supplier les toubabous.
Avec les adultes, hors médicaments, c’est toujours plus insidieux. Avec notre hôte à Bamako, par exemple, puisqu’il me baladait vaguement avec sa moto qui tombait en ruine, j’ai été bon pour naturellement payer les réparations de son outil de travail. Plusieurs fois, puisque les mécanos sont nombreux mais franchement incompétents. Astuce simple, il n’avait étrangement jamais d’argent sur lui ; pour continuer de rouler, il faut bien que quelqu’un paie...
Madame Oreille racontera certainement tout ça avec beaucoup de tempérance, ça fait partie des détails qui ne sont pas extrêmement choquants et qu’on préfère oublier en revenant d’un voyage où la majorité des situations a réellement été magique.
Ça reste très fatigant au quotidien, voire stressant, se dire qu’on ne va pas pouvoir aller au moindre endroit sans avoir droit à ce type de comportement à notre encontre.
On dirait que ca s’est bien passe votre periple ! J’imagine qu’une serie d’articles va suivre tres bientot 🙂 C’est bien cette association qui met les voyageurs et les familles en contact. Ca donne quoi niveau tourisme la-bas ? Par rapport a la Roumanie par exemple ? (au fait, je suis en train de rediger l’article, je t’envoie ca cette semaine ! Desolee pour le retard)
Oreille> Par simplicité, je pense que je commencerai par le Sénégal parce que j’ai une bonne amie qui y vit. Quand j’aurai enfin réussi à y aller, on verra pour la suite 😉
Merci pour ce retour et cette agréable lecture.
Lucie : Franchement, le séjour en famille, c’était globalement top ! On a eu une déception sur la fin, où le contact était en fait un auberge, et je suis un peu mitigée sur l’hôte de Bamako (le fait qu’il soit un gros fumeur m’a un peu gênée... Et il avait aussi un peu tendance à essayer de nous faire tout payer, ce qui n’était pas le cas ailleurs)
Je pense qu’il y a beaucoup de points communs avec la Roumanie, pour le voyageur : transports en communs compliqués mais on s’en sort toujours, gens accueillants (plus facile au Mali, avec la français !), rien à visiter, il faut juste se laisser porter par les randonnées et les rencontres en prenant son temps !
Tewoz : ça devrait être chouette 🙂 surtout avec une amie pour t’introduire !
Nicolas : merci à toi d’être passé 🙂
Bon et maintenant, faut aller travailler en boubou, hein ? 🙂
Ah, bienvenue en Afrique de l’Ouest :p
Faut pas trop compter sur les distributeurs là bas, soit y en a pas, soit... bah tu l’as très bien raconté !
C’est clair aussi qu’aller en pays Dogon sans ramener de souvenirs aurait été dommage. Content de voir que tout s’est bien passé 🙂
Je fonce lire la suite !