fbpx

Mali épisode 5bis : souffrir chez les Dogons

Je ter­mi­nais le dernier épisode alors que nous pas­sions la nuit sur le toit de l’auberge à Yabat­alou. Je reprends donc au même endroit, au même moment, mais ce coup-ci, ça va faire mal.
Si ça, c’est pas de l’in­tro qui pousse à lire le reste...
Bon, tuons le sus­pense dans la poule : per­son­ne n’est mort, et je n’ai pas trop de cica­tri­ces.

Après une nuit dif­fi­cile, entre maux de ven­tre et bruits qui font peur, nous aval­ons un petit déje­uner (pain et con­fi­ture de mangue, un régal, avec lait en poudre ou café) et par­tons directe­ment. Gobi nous l’an­nonce d’en­trée, la route va être longue. Et pour­tant, nous emprun­tons le chemin le plus court. Aux touristes qui ont le ver­tige, notre guide fait faire un détour. Le ver­tige ? Oui, car aujour­d’hui nous remon­tons sur le plateau, et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est plutôt abrupt.

On l’ap­pren­dra plus tard, mais de temps en temps, des gens se tuent ici... Il faut dire que les Dogons n’hési­tent pas à emprunter ces chemins en pleine nuit, quand ils ren­trent d’une bringue dans le vil­lage d’à côté, et le lieu est vrai­ment prop­ice aux chutes, entre pier­res qui s’ef­fritent et petits précipices. Sur les polas ci-dessus, vous pou­vez par exem­ple voir un petit pont de bois conçu pour pass­er au dessus d’un trou d’une ving­taine de mètres : des troncs et des « escaliers » ont sim­ple­ment été entassés !
On passe ain­si deux heures à escalad­er des tas de pier­res, à enjam­ber tout et n’im­porte quoi, et surtout, à essay­er de ne pas tomber. En haut, dom­i­nant la falaise, on décou­vre Inde­lou, un char­mant vil­lage ani­miste. Je me dis que je me serais bien vue pass­er la nuit là, que les gens sont gen­tils. Pour la pre­mière fois, aucun enfant ne nous demande quoi que ce soit, ils nous souri­ent sim­ple­ment. Mais non, à peine le temps de souf­fler, nous repar­tons.

Nous tra­ver­sons deux autres vil­lages avant d’ar­riv­er à Dourou. Le soleil com­mence déjà à déclin­er. Nous décou­vrons le marché et com­prenons que c’est quand même un grand vil­lage ! Et ça se ressent aus­si : moins de charme pour plus de déchets par terre. Nous choi­sis­sons de dormir dans une des cham­bres, pour ne pas attrap­er froid... Je ne vais pas dire qu’on a regret­té ce choix, mais on n’a pas chop­pé de rhume, c’est sûr ! La pièce fait 2m sur 2m, juste la place pour le mate­las, et l’u­nique fenêtre a été murée parce « les touristes n’aimaient pas le vent ». Un lieu con­finé sans ouver­ture, tout ce que j’aime...

Je vous dis­ais que nous avions souf­fert, hé bien ce fut le lende­main. De Dourou, nous descen­dons la falaise pour rejoin­dre Nom­bori dans les dunes de sable, et devons ensuite revenir à Dourou avant la chaleur, car c’est alors que vien­dra nous chercher la voiture pour « ren­tr­er ». C’est un tra­jet qu’on fait plutôt sur la journée, mais que Gobi a com­pressé sur la mat­inée.
La bal­lade vaut le coup pour les paysages. Depuis Yawa, nous décou­vrons les dunes et le sable à perte de vue. Et, qui l’eut cru, des gens vivent là-dedans ! Si vous regardez atten­tive­ment la pho­to ci-dessous, à gauche (cliquez pour agrandir), vous apercevrez les petits points noirs cor­re­spon­dants aux huttes de quelques peuls !

Là où ça se com­plique, c’est pour le retour. Nous quit­tons Nom­bori vers 10h30, après avoir vis­ité le musée (au pas­sage, on s’est fait avoir : on nous a dit de ren­tr­er, on a obtem­péré, et on n’a décou­vert qu’à la fin qu’il fal­lait pay­er... Donc libre, mais je n’aime pas ce genre de sur­prise, par principe). Et là, il faut donc remon­ter, gravir des tas de pier­res, puis marcher longtemps sur l’aride plateau alors que le soleil com­mence à cogn­er très sérieuse­ment.
Le jeune frère de Gobi nous accom­pa­g­nait pour l’oc­ca­sion. Ado, il fai­sait le kéké à marcher vite devant, faisant râler son frère. Sauf qu’il fai­sait telle­ment chaud qu’il a fini par saign­er du nez, à deux doigts de faire un malaise...

On n’é­tait pas mécon­tents en arrivant à Dourou... Mais nous n’é­tions pas au bout de nos efforts. Après le repas, nous grim­pons dans une vieille berline alle­mande garée à la sor­tie du vil­lage. La voiture n’est claire­ment pas adap­tée à l’é­tat des pistes locales. On entend régulière­ment le fond cogn­er con­tre les pier­res ! Mais le chauf­feur sait ce qu’il fait, il roule douce­ment et fait du slalom pour éviter les plus gross­es pier­res. Pour­tant, à plusieurs repris­es, il nous fau­dra sor­tir pour pouss­er la voiture et ain­si redé­mar­rer !

De retour à Ban­di­a­gara, nous savourons la « douche » (le saut d’eau, quoi) et la fraîcheur de la mai­son. On se laisse même aller à regarder la télé, même si elle est cassée et que tout est rose. Les pro­grammes sont en français, il y a de la musique et des séries à l’eau de rose... On mange, on joue avec les enfants, on se repose.

Le lende­main matin, on part tôt pour pren­dre le bus de Sévaré et retourn­er à Ségou. On attend qu’il soit plein et c’est par­ti !

Dans le prochain épisode : des mil­i­taires effrayants, un mar­tin pêcheur et un gros bar­rage.

4 Commentaires

  1. Les pho­tos don­nent vrai­ment envie ! (et tes cro­quis sont tou­jours aus­si bien sen­tis, droit à l’essen­tiel, tu captes l’at­mo­sphère, cha­peau)

  2. Pas trop le temps de com­menter en ce moment, mais j’ai suivi avec grand plaisir toutes vos aven­tures au Mali...
    Pour la ran­do périlleuse, ça m’a un peu rap­pelé le GR20, en Corse : de la cail­lasse et de la grimpette per­ma­nente, les 3 pre­miers jours ! 😀
    Sinon, les pho­tos sont tou­jours réussies, les cro­quis, avec ou sans couleurs, sont sen­sas », et le réc­it donne vrai­ment l’im­pres­sion d’être à vos côtés ! 😉
    Comme lu dans un autre com­men­taire, à quand le car­net « papi­er » ? 😀
    Vite, la suite ! 🙂

  3. Oulala, cette marche à côté d’un ravin et des min­is ponts en bois, c’est imprés­sion­nant !! Je n’en serais pas capa­ble, crise car­diaque avant la fin...
    Héhé pas mal ton « Dans le prochain épisode : des mil­i­taires effrayants, un mar­tin pêcheur et un gros bar­rage »... Tu appâtes le lecteur là... 🙂

  4. Tewoz : mer­ci 🙂

    Minami‑o : ça fait quelques temps que je réfléchis, et celui-là sera dis­po en ver­sion papi­er, c’est sûr. Je vais essay­er de démarcher un ou deux édi­teurs, et si ça ne les intéresse pas, bah ce sera sur blurb.com ! (d’ailleurs, si vous avez des con­tacts... 😀 )

    Estelle : Gobi nous a dit qu’il arrivait de temps en temps que des gens ne le sen­tent pas. Dans ce cas là, il ne force pas et pro­pose un autre chemin, plus long mais moins impres­sion­nant !
    Allez, la prochaine fois, j’appâte le lecteur avec des pho­tos exclu­sives de Brit­ney !

Ajoutez votre commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Pin It on Pinterest