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Laos – Carnet (plus ou moins) pratique

par Madame Oreille

Nous par­tons dans quatre jours pour Mia­mi, presque trois semaines pile après notre retour du Laos. C’est donc le moment par­fait pour écrire le Car­net de Voyages, quand c’est un peu digé­ré mais pas trop oublié. Je ferai un vrai car­net de voyages un peu plus tard, et ce texte m’ai­de­ra à me rafrai­chir la mémoire !

Pour les pho­tos, c’é­tait ici, et pour le résu­mé, c’est donc dans la suite :

Vers le Nord de la Thaïlande

Nous quit­tons Paris le ven­dre­di 14 Jan­vier, au soir. Une escale à Oman (moi non plus, je ne savais pas trop où c’é­tait) et nous sommes déjà same­di soir quand on atter­rit à Bang­kok, déca­lage horaire oblige. Ren­trer en Thaï­lande est très simple : on fait la queue, on sou­rit au mon­sieur, on tend le pas­se­port, on se laisse prendre en pho­to et il donne un coup de tam­pon. Et tout ça gra­tui­te­ment. Je ne cite­rai pas de noms, mais y en a un ou deux qui pour­raient en prendre de la graine...

Le len­de­main matin, nous pren­drons le pre­mier vol pour Chiang Rai. On opte donc pour la faci­li­té : trou­ver un hôtel près de l’aé­ro­port. J’a­vais lu que cer­tains pro­po­saient des navettes, mais impos­sible de les trou­ver. On s’en pas­se­ra aisé­ment : des « offices de tou­risme » (qui n’ont rien d’of­fi­ciel) se chargent de tout, moyen­nant com­mis­sion. On est ain­si pris en charge jus­qu’au len­de­main, les deux taxis com­pris. Nous voi­là au SP Power Lodge, un hôtel sans charme où il nous faut insis­ter pour obte­nir un lit double (« vous ne vou­lez pas deux lits sépa­rés, vous êtes sûrs ? »), mais qui offre eau chaude, télé­vi­sion, wifi et petit déjeu­ner. On n’en deman­dait pas tant, mais c’est appréciable.

Je découvre les poi­gnées de porte thaï­lan­daises, que nous retrou­ve­rons aus­si au Laos : il faut enfon­cer un bou­ton à l’in­té­rieur pour fer­mer la porte, même de l’ex­té­rieur. Ce qui per­met de faire des blagues très drôles, comme pous­ser le bou­ton de la porte de la salle de bain pour que la pro­chaine per­sonne qui ferme la porte, la bloque. Ou com­ment, ayant fer­mé les toi­lettes pour la nuit, je n’ai pas su les ouvrir, quand je me suis levée pour faire pipi à 3h mu mat ». J’ai dû aller déran­ger l’un des employés, qui jouait avec une voi­ture télé­gui­dée, pour qu’il m’ouvre. Ils semblent avoir l’ha­bi­tude, il avait tout un atti­rail pour ce genre de situa­tion... mais aucune clef.

Dimanche matin, nous embar­quons avec Air Asia, la ver­sion asia­tique de Rya­nair : faut être ni gros ni grand, et heu­reu­se­ment que le vol était court. Chiang Rai est tout au nord de la Thaï­lande, et c’est de là que nous allons pou­voir le plus faci­le­ment rejoindre le Laos. Et quand je dis faci­le­ment, je n’exa­gère rien : tout est extrê­me­ment fluide et s’en­chaîne parfaitement.

Rejoindre Luang Namtha

Dans l’aé­ro­port de Chiang Rai, on trouve un comp­toir pour taxis pré­payés, ça évite les sur­prises. Nous payons 200 baths pour aller jus­qu’à la gare rou­tière, pile pour le départ du bus pour Chiang Khong (130 baths). Il ne nous dépose pas tout à fait là où on le vou­drait, et les tuk-tuk le savent bien : ils attendent les tou­ristes pour les emme­ner à la fron­tière. Enfin, quand je dis fron­tière... C’est un vrai mou­lin per­cé, à tel point qu’il nous faut cher­cher le poste fron­tière pour le trou­ver, bien plan­qué. Un coup de tam­pon et nous voi­là hors de Thaï­lande, tra­ver­sant le Mékong sur une petite pirogue pour rejoindre le Laos. Là, c’est exac­te­ment pareil, c’est à nous de cher­cher le poste fron­tière. On rem­plit des for­mu­laires, on donne les pas­se­ports et sur­tout, on paye. 30$ pour moi, 35$ pour le Belge, plus 1$ cha­cun parce qu’on est dimanche (au retour on paye­ra aus­si parce qu’il sera plus de 16h...). On paye en dol­lars. De sombres cal­culs d’é­qui­va­lences de mon­naies, entre l’eu­ro, le dol­lar et le kip lao­tien rendent celui-ci plus inté­res­sant pour nous.

Un tuk-tuk plus tard nous voi­là à la gare rou­tière, tout contents d’être à l’heure pour le der­nier bus de la jour­née en direc­tion de Luang Nam­tha (il n’y en a que deux, un à 9h, l’autre à 12h30, ça nous coûte 55 000 kips cha­cun). Le bus, rem­plis de locaux, de gros car­tons, d’en­fants et de poules, met 4h30 à arri­ver à des­ti­na­tion. Mais on perd une heure bête­ment : au ter­mi­nus, nous pen­sons naï­ve­ment être à Luang Nam­tha, puisque c’est la ville pour laquelle nous avions ache­té un billet. Mais sur notre plan, on ne com­prend pas très bien où on doit aller. On com­mence à mar­cher. On se fait indi­quer une direc­tion. On conti­nue de mar­cher sans com­prendre. Dans le Guide du Rou­tard, la gare est à quelques cen­taines de mètres seule­ment du centre ville. On passe alors à côté d’une borne : Luang Nam­tha, 8km. Il y a en fait deux gares, mais le guide ne pré­cise pas que celle qui est sur le plan ne cor­res­pond pas à tous les bus. On marche jus­qu’à la tom­bée de la nuit, puis on se résout à prendre le pre­mier tuk-tuk qui passe, parce qu’il y a des chiens partout...

Luang Namtha

Nous pre­nons une chambre au Dara­sa­vat (60 000/nuit). Il s’a­git de petits bun­ga­lows en bois, très mignons, don­nant sur un étang et la cam­pagne. Seul défaut, c’est ni iso­lé ni chauf­fé, et à cette sai­son, les nuits sont fraîches. Et je ne parle pas de l’eau froide qui ne moti­vait pas fran­che­ment à prendre une douche.

La pre­mière jour­née, nous pas­sons à l’Of­fice de Tou­risme pour réser­ver un trek (moins cher que dans les agences pri­vées) et récu­pé­rer un « plan » de la région. Celui-ci indique les che­mins à prendre pour un grand tour de vélo autour de la ville. Pour 10 000 kips, je loue pour la jour­née un petit vélo sans vitesse pen­dant que son altesse le Belge ne peut asseoir son popo­tin que sur un VTT à 15 000. Nous ferons une tren­taine de kilo­mètres. Le tra­jet ne pré­sente pas de grandes dif­fi­cul­tés mais fait mal aux bras : les che­mins caillou­teux, ça ne par­donne pas. On com­mence par aller à la cas­cade de Nam Dee, un peu ridi­cule mais rafraî­chis­sante. On n’y reste pas long­temps cepen­dant, un magni­fique ser­pent tra­verse le sen­tier juste devant nous. Ce sera d’ailleurs la jour­née des ser­pents, puis­qu’on en recroi­se­ra un mort et un vivant (puis plus du tout jus­qu’au tout der­nier jour).
La pre­mière moi­tié du par­cours est très sym­pa. On tra­verse des rizières sur de minus­cules sen­tiers, qui dis­pa­rais­saient par­fois, nous lais­sant tra­ver­ser les hautes herbes en chan­tant, pour éloi­gner les bes­tioles sym­pa­thiques qu’on trouve dans ces contrées. La deuxième moi­tié est moins agréable, on passe sur des routes plus larges, pleines de cailloux, de trous, et de pous­sière (une route au Laos est rare­ment gou­dron­née). Du coup, on rentre assez tôt à Luang Namtha.

La ville est construite de façon très simple : il y a une rue prin­ci­pale, où se trouvent les gues­thouses, les res­tau­rants, les agences, et puis il y a les rues paral­lèles, où on ne croise plus un seul blanc et où la nour­ri­ture est bien moins chère. On mange viet­na­mien en regar­dant un entrai­ne­ment de foot-vol­ley, un sport très impressionnant.
Le soir, par contre, le meilleur endroit pour man­ger se trouve au cœur du « quar­tier tou­ris­tique » : le mar­ché de nuit. Quelques tables, quelques étals, et on choi­sit tous les trucs bizarres qu’on veut ! On essaye des bro­chettes, des choux, des pièces de pou­let, etc. Et une ving­taine de chiens attend, patiem­ment, avec de grands yeux, qu’on leur donne les restes, où qu’on tourne les yeux.

Le len­de­main matin, on part pour nos deux jours de « trek ». Je ne pense pas qu’on puisse appe­ler trek une expé­di­tion d’une si courte durée. Néan­moins, j’ai été très sur­prise par sa dif­fi­cul­té : des putain de déni­ve­lés ! Sur la pre­mière par­tie, on fait des pauses constam­ment tel­le­ment ça monte. Et pour nous faci­li­ter la tâche, même si on s’en dou­tait, le che­min n’est pas des plus pra­ti­cables. Enjam­ber des racines, ne pas regar­der en bas, faire atten­tion à sa tête, tra­ver­ser sur des bouts de bam­bous, voire car­ré­ment remon­ter par le lit d’un ruis­seau. Nous mar­che­rons cinq heures le pre­mier jour, et sept le second, pour ren­trer par un che­min dif­fé­rent. Mais au final, les des­centes sont plus dou­lou­reuses que les mon­tées : bon­jour les genoux.

En ren­trant à Luang Nam­tha, nous pre­nons une chambre au Ula­nan. Pour 10.000 kips de moins que notre pré­cé­dente gues­thouse, nous per­dons le charme, les mous­tiques et les arai­gnées, mais gagnons une télé avec une chaîne anglaise, et de la presque eau chaude. Par contre, là encore, il nous faut insis­ter pour avoir un grand lit double. Je com­mence à com­prendre que la coupe ultra courte faite avant le départ les per­turbe. Je me dis que d’autres indices devraient les mettre sur la voie, genre mes seins, mais ce sera pareil tout au long du voyage. Pire, ce soir là nous man­geons au mar­ché de nuit et trois quin­qua­gé­naires soli­taires se joignent à nous. Deux japo­nais et un sud-coréen. Le Belge s’a­muse à mon­trer ce qu’il sait dire dans les deux langues (les man­gas et le taek­won­do, ça aide). Nous par­lons des pays que nous avons aimé. Le coréen est impres­sion­nant, c’est son deuxième voyage à vélo de chez lui au Laos, et il est déjà allé dans beau­coup d’autres endroits, tou­jours à vélo. Au fil de la dis­cus­sion et de la bière (la pre­mière du Japo­nais n°2 !), le sud-coréen (oui, vous m’ex­cu­se­rez, j’ai eu un peu de mal à rete­nir leurs noms) se détend et com­mence à m’ex­pli­quer que, de loin, avant de venir s’in­crus­ter, il pen­sait que j’é­tais le petit frère du Belge. Il me demande par­don, tout en rigo­lant, et je fais mine de ne pas me vexer, mais ça explique pour­quoi on nous pro­pose tou­jours deux lits...

Luang Prabang

Jeu­di matin, nous par­tons pour Luang Pra­bang. Ça ne semble pas loin, sur une carte, mais il faut la jour­née pour y aller. Le bus (80.000 cha­cun) avance len­te­ment, s’ar­rête sou­vent pour char­ger des tonnes de mar­chan­dises, puis les déchar­ger. Les pay­sages sont magni­fiques, on ne s’en­nuie pas. Mais 70 km avant d’ar­ri­ver, le chauf­feur casse sa boîte de vitesse dans une mon­tée sinueuse. Impos­sible de repar­tir. Tout le monde doit sor­tir du bus. Comme nous sommes dans une côte et que le bus ne tient que par une cale en bois et quelques pierres, on ne se fait pas prier. Nous res­tons sur le bas côté, à rigo­ler avec les autres pas­sa­gers. C’est à cet ins­tant qu’on mesure les dif­fé­rences cultu­relles : per­sonne ne râle ! Seconde dif­fé­rence, une demi-heure plus tard, un autre bus est là pour nous emme­ner à des­ti­na­tion. Les diri­geants de la SNCF devraient faire un stage ici !
Le nou­veau bus est bien mieux que le pré­cé­dent. Tout neuf, cli­ma­ti­sé, grand, rapide. Mais le chauf­feur décide de mettre une vidéo très mal fil­mée d’une chan­teuse à la voix très aiguë avec le son à fond. Mal­gré les boules Quiès (l’ac­ces­soire indis­pen­sable pour moi, il n’y a qu’une nuit où je m’en suis pas­sée...), c’est avec de gros maux de crâne que nous arri­vons à Luang Pra­bang. Comme quoi, on était bien mieux dans notre vieux bus.

Le Belge négo­cie le tuk-tuk pour 6 per­sonnes et nous nous enfi­lons dedans, direc­tion le quar­tier des gues­thouses. Leur nombre est assez dingue dans la rue, il n’y a que ça. Pour­tant, il nous fau­dra en faire plu­sieurs pour en trou­ver une qui n’af­fiche pas com­plet et nous convienne (une fenêtre et un prix cor­rect). Nous voi­là chez Som­jith (100.000 pour un bal­con mais la salle de bain com­mune). Point posi­tif : c’est un peu à l’é­cart du brou­ha­ha de la rue prin­ci­pale. Point néga­tif : il faut enle­ver ses chaus­sures. Ça peut paraître con, mais c’est super chiant avec des chaus­sures de ran­don­née (a contra­rio des locaux et des tou­ristes enva­his­seurs-imi­ta­teurs qui sont en cla­quettes). Au Laos, ils ne savent pas faire les salles de bain. Dans la même pièce, ils mettent une pomme de douche, un lava­bo et les toi­lettes. For­cé­ment, le sol est mouillé en per­ma­nence. Ah, et autre point com­mun à pra­ti­que­ment tous les hôtels : les draps. Oui, ils ont tous des draps, for­cé­ment (quoique) ; mais sur­tout, des draps trop petits. Et je ne parle pas de 10cm, non ; quand je rentre mon 1m60 dans un lit fait au Laos, j’ai le choix entre cou­vrir mon buste ou cou­vrir mes pieds. For­mi­dable. Et ima­gi­nez le Belge avec son mètre 82...

Nous pas­sons la pre­mière jour­née à tour­ner dans la ville, plu­tôt agréable même si l’om­ni­pré­sence des tou­ristes est assez hal­lu­ci­nante. Je croyais le Laos rela­ti­ve­ment peu tou­ris­tique, mais nous nous concen­trons tous dans les mêmes endroits... On com­mence par une décon­ve­nue. Alors que nous cher­chons un bateau pour les grottes de Pak Ou, un homme nous dit qu’il cherche d’autres gens pour par­tir avec des clients qu’il a déjà. On s’ac­corde sur le prix, et il nous dit de reve­nir à midi. On se pro­mène donc le long du Mékong, on visite un temple, puis on revient. L’autre couple cen­sé venir n’est pas là. On attend. Tou­jours rien. Un peu pani­qué, l’homme revient nous voir et nous dit qu’il va trou­ver d’autres per­sonnes, si on attend un peu. Il aurait un copain qui... Bref, on attend. Il trouve. On attend. Et per­sonne ne vient. Ca fait plus d’une heure qu’on fixe le Mékong quand notre homme revient, un baril d’es­sence à la main, en nous disant qu’on peut y aller, on sera seuls mais ça ne sera pas beau­coup plus cher. On lui explique qu’on s’é­tait mis d’ac­cord sur un prix au départ, que ça n’est pas notre pro­blème si les autres l’ont plan­té. Le ton monte un peu et on finit par s’en aller, ques­tion de prin­cipe. C’est un peu ener­vés et dégoû­tés d’a­voir per­du ain­si une demi-jour­née qu’on se met en quête d’un res­tau­rant où nous détendre. La rive du Mékong regorge de ter­rasses. On en choi­sit une qui ne paie pas de mine mais où les prix nous semblent nor­maux : Mékhong Kong­ve­ha. Et on fait bien, c’est tel­le­ment bon qu’on y retour­ne­ra deux jours plus tard. De nos trois semaines, c’est le meilleur res­to qu’on ait fait. Et avec ça, le ser­vice était impec­cable, la famille très gen­tille. Bref, bonne adresse. Le menu est assez amu­sant dans ses approxi­ma­tions anglaises, mais reste compréhensible.
L’a­près midi, nous ten­tons d’al­ler voir de l’autre côté d’un des ponts de bam­bous. Il y en a deux, ils sont tous les deux payants, et ça ne vaut pas fran­che­ment la peine. Le pre­mier donne accès à une « plage » avec un bar et un peu de sable. C’est « sym­pa » mais au bout de dix minutes on s’en­nuie. Le second donne accès à... bah on n’a pas com­pris, en fait. On finit l’a­près-midi en gra­vis­sant le Mont Phou­si (20 000 kips/personne), comme la plu­part des tou­ristes du coin ! De là-haut, on a une vue pano­ra­mique sur toute la ville.

Notre deuxième jour sera bien plus inté­res­sant. Nous louons un scoo­ter (190 000 pour un 115cc auto­ma­tique sans le plein, c’est assez cher) et par­tons en direc­tion de Kuang Si. A une tren­taine de kilo­mètres de Luang Pra­bang, on découvre des ours, et sur­tout, un lieu para­di­siaque, mêlant pis­cines natu­relles et cas­cades, le tout dans la forêt, avec de petits sen­tiers, de petits ponts et une eau tur­quoise vrai­ment lim­pide. Tout en haut, une cas­cade encore plus haute, avec un pan­neau « to the top ». For­cé­ment, on monte. Et on le regrette : c’est de la véri­table esca­lade pour ne rien voir, la vue étant bou­chée par les arbres !
En redes­cen­dant, le Belge s’ar­rête pour nager dans la plus basse pis­cine, his­toire de tes­ter l’eau, quand même. Et appa­rem­ment, c’é­tait agréable !
L’a­près-midi, nous rou­lons vers le Nord, sans rien trou­ver de pas­sion­nant. Au final, on regret­te­ra de ne pas être res­tés dans l’eau.

Pour notre troi­sième et der­nier jour, on rées­saie d’al­ler aux grottes de Pak Ou. Nous payons 80 000 kips cha­cun à une agence, sur le bord du Mékong. Ils nous emmènent à l’embarcadère où une petite cin­quan­taine de tou­ristes est divi­sée en groupes de cinq ou six. Les bateaux partent alors à la queue leu leu. Il nous fau­dra plus d’une heure pour rejoindre la grotte, et décou­vrir que l’en­trée n’é­tait pas incluse (20 000 kips), et que ladite entrée ne com­prend pas le prix des toi­lettes (« dona­tion »). En che­min, on s’ar­rête dans un vil­lage. Dans Le Rou­tard, ça avait l’air sym­pa. En vrai, c’est juste hor­rible. Les tou­ristes errent, tels des zom­bies, dans les rues d’un vil­lage trans­for­mé en Dis­ney­land. Il n’y a pas une seule mai­son qui ne soit pas une bou­tique, on est sol­li­ci­té de tous les côtés, même par des enfants. Les maga­sins vendent les clas­siques, tis­sus, bijoux et bes­tioles dans de l’al­cool de riz. Nos com­pa­gnons de bateau étant aus­si pas­sion­nés que nous, on ne tarde pas à repar­tir. Les grottes seront éga­le­ment assez déce­vantes. Bah, ce sont des trous avec des Boud­dhas partout...

Vang Vieng

Nous sommes déjà lun­di quand nous par­tons pour Vang Vieng. C’est une ville dans laquelle nous avions beau­coup hési­té à aller. Les pay­sages me ten­taient, l’am­biance beau­coup moins. Sur notre der­nier iti­né­raire, elle ne figu­rait plus. Mais fina­le­ment, comme nous avions pris de l’a­vance, et déci­dé de ne pas nous arrê­ter à Vien­tiane, nous voi­là à attendre notre mini-van pour Vang Vieng (110 000 kips/personne dans une agence prise au hasard).
En fait de mini-van, c’est d’a­bord un tuk-tuk qui vient nous cher­cher à l’hô­tel. Le départ est pré­vu pour 9h, il est 8h55, on ne s’in­quiète pas trop. Il nous dépose à la gare où nous nous enfour­nons dans le mini-van. On découvre l’in­con­fort du truc : 4 ran­gées de trois per­sonnes, et pas de fenêtre au fond (où nous sommes évi­dem­ment). Autant dire que nous res­pi­rons dif­fi­ci­le­ment. Pro­blème : il reste une place de libre à côté de nous. Notre chauf­feur regarde donc un match de foot en atten­dant que quel­qu’un s’y ins­talle. Un mini-van ne part que plein. On poi­reaute ain­si 45 minutes. Puis une amé­ri­caine arrive et nous sauve. Enfin, pour dix mètres. Nous atten­dons encore dix minutes pour que le chauf­feur aille dépo­ser des papiers, puis fasse le plein. Vous ima­gi­nez les « aaah » de sou­la­ge­ment quand il démarre », sui­vis des « oooh » de décep­tion quand il s’ar­rête cent mètres plus loin. Car oui, autre chose amu­sante au Laos : le bus ou mini-van ne sera jamais prêt avant de par­tir. Le plein se fait avec les pas­sa­gers, les courses aus­si. Mieux, sur un autre tra­jet, le chauf­feur pas­se­ra chez le gara­giste... pour chan­ger un pneu. Il faut prendre ça avec le sou­rire, et com­prendre qu’eux, ils sont tou­jours déten­dus, jamais pres­sés. Sur un menu, nous lirons que les ini­tiales P.D.R. de LAO P.D.R. ne signi­fient pas Peo­ple’s Demo­cra­tic Repu­blic, mais « please don’t rush »...
Lorsque nous par­tons enfin, on le regrette presque, tant notre chauf­feur a l’air déci­dé à rat­tra­per son retard. Il roule vrai­ment vite, et vrai­ment n’im­porte com­ment, sur des routes de mon­tagne que, certes, il a l’air de connaître, mais qui sont des lacets assez flip­pants en bord de pré­ci­pice. Nous sommes bal­lo­tés de tous les côtés, et c’est avec un petit mal de voi­ture qu’on appré­cie le pre­mier arrêt : la pause pipi. Il s’a­git d’une attrac­tion assez amu­sante que j’au­rais vrai­ment dû prendre en pho­to : quatre bâti­ments se dis­putent les tou­ristes à l’en­droit où tous les mini-vans semblent s’ar­rê­ter. On a ain­si l’embarras du choix quant à l’en­droit qui rece­vra notre pipi, mais, sans les avoir tes­tés, j’i­ma­gine qu’ils sont équi­va­lents. Ils affichent tous le même prix, 2000 kips. En euros, c’est un prix bas, mais c’est deux fois plus cher que dans une gare rou­tière, et il s’a­git juste d’un trou et d’une porte... Ça semble rap­por­ter, en tout cas. Mais on pré­fère se fau­fi­ler der­rière des stères de ron­dins de bois à une cen­taine de mètres ; pour la gra­tui­té et le paysage.

Nous arri­vons 5h plus tard à Vang Vieng. On pour­rait com­men­cer à avoir l’ha­bi­tude, mais non, on essaie d’a­bord de mar­cher avant de com­prendre que la gare est bien loin du centre et ne cor­res­pond à rien de ce que dit notre guide. Nous pre­nons une chambre au Nana Gues­thouse. Comme je me suis habi­tuée à pas­ser pour un gar­çon, je peux affir­mer que la pro­prié­taire est homo­phobe, vu les gestes qu’elle a fait au Belge. Ce qui est amu­sant, c’est que Vang Vieng n’est pas au Laos, c’est une colo­nie amé­ri­caine, et les mœurs ne doivent pour­tant pas tou­jours y être très élevées...
Expli­quer ce qu’est Vang Vieng est un peu com­pli­qué. Il faut voir la rue prin­ci­pale, bor­dée de bars/restaurants/guesthouses qui se res­semblent tous : des mate­las et des cous­sins dans les­quels on se vautre pour regar­der des séries amé­ri­caines (Friends et les Grif­fin, géné­ra­le­ment) ; ce sont des bars lounge, me crie le Belge : « tu bois, et tu t’al­lounges... ». Les cartes pro­posent des plats occi­den­taux, et les clients sont mas­si­ve­ment amé­ri­cains. Quelques aus­tra­liens et anglais, éga­le­ment, mais plus le moindre couple de retrai­tés fran­çais. Ici, on vient faire la fête et l’ac­ti­vi­té prin­ci­pale est le tubing. Les enfants lao­tiens en font éga­le­ment, et on peut s’y essayer dans nombre de villes, mais Vang Vieng en est la capi­tale. Qu’est-ce que le tubing ? Ça consiste à se lais­ser flot­ter sur une chambre à air de camion, une grosse bouée de récup », quoi. A Vang Vieng, ils ont rajou­té de l’al­cool. Un taxi vous dépose en amont de la ville, avec votre bouée, et vous pas­sez l’a­près-midi à vous lais­ser flot­ter, sous le cagnard, en vous accro­chant aux cordes sus­pen­dues sur le che­min, pour faire le plein aux bars qui bordent la rivière.
Pour résu­mer, c’est une ville très par­ti­cu­lière. Pour­tant, s’y arrê­ter vaut le coup : les pay­sages sont magni­fiques. Après, il fau­dra résis­ter à la ten­ta­tion de la nour­ri­ture « comme à la mai­son », quand ça fait une semaine qu’on est au régime nouilles – riz – nouilles. Prendre un hôtel excen­tré aide...

A l’in­verse des groupe d’a­mé­ri­cains qui louent un scoo­ter par per­sonne (sans visi­ble­ment savoir en faire) pour se dépla­cer en groupe, nous optons pour le vélo, direc­tion toutes les grottes des alen­tours. On trouve les mêmes vélos sans vitesse que par­tout ailleurs, à 10 000 kips. J’en prends un tan­dis que le Belge opte à nou­veau pour un VTT ; au double du prix. On a décou­vert, la veille, lors de notre petite balade à pied, qu’il y avait deux ponts pour tra­ver­ser la rivière. Celui du sud sert pour les voi­tures mais ils font payer même les pié­tons. Celui du nord est fait avec trois planches mais gra­tuit et on peut y pas­ser en vélo ou scoo­ter en res­tant pru­dent. On a vu quelques lao­tiens pro­fi­ter du faible niveau de l’eau pour pas­ser direc­te­ment, sans prendre les ponts...

Le long du che­min prin­ci­pal, des pan­cartes indiquent les grottes et autres lieux à visi­ter. Bien sûr, tout est payant. Si vous êtes chô­meur au Laos, inves­tis­sez dans une chaise, une table et un bloc papier : vous pour­rez deman­der un droit de pas­sage à tous les tou­ristes. L’as­tuce, ça peut même être de prendre le même nom qu’un autre endroit connu, pour pro­fi­ter de ceux qui se trompent. Ain­si, il y a deux « Blue Lagoon ». A droite, trois cabanes et de l’eau stag­nante. A gauche, quelques bancs et un bout de rivière un peu plus claire. Pas de quoi appe­ler ça un lagon, certes, mais en fin de mati­née des têtes blondes affluent pour y patau­ger ; et les locaux adorent relu­quer les amé­ri­caines en biki­ni, ce qui fait très glauque... La grotte qui va avec est inté­res­sante et immense, même si très dan­ge­reuse : ça glisse mécham­ment. Comme nous sommes tom­bés tous les deux, nous n’a­vons pas pous­sé jus­qu’au fond, et nous avons bien fait, car un autre tou­riste s’y trou­vait en même temps que nous et s’est fait bien mal... Et je ne sais pas com­ment on peut espé­rer de l’aide, au fond d’une grotte !
Les pre­mières grottes sur le che­min valent aus­si la peine, bien qu’as­sez flip­pantes, mais il vous fau­dra payer le gamin qui joue les guides en plus du droit d’en­trée... On en visite quatre, cha­cune avec ses spé­ci­fi­ci­tés ; cou­loir exi­gu, arai­gnée de la taille d’une main.

Rejoindre Paksé

Mer­cre­di, nous par­tons à 13h pour notre plus long tra­jet. Nous allons d’a­bord jus­qu’à Vien­tiane, pour ensuite chan­ger de bus, direc­tion Pak­sé et le Sud. Comme nous ache­tons les billets ensemble, nous n’a­vons pas de ques­tion à nous poser, nous serons pris en charge de bout en bout. Il me semble qu’on a payé 190 000 kips chacun.
A Vien­tiane, en atten­dant, nous tes­tons un res­tau­rant fran­çais, les 10 Délices, tenu par une fran­çaise. En France, j’au­rais trou­vé la cui­sine à peine pas­sable, mais ici, ça fait du bien, quand même. Et ça nous requinque (oooh, de vraies toi­lettes, et propres, et avec du papier !) pour l’hor­rible nuit qu’on s’ap­prête à pas­ser. Nous sommes dans un bus cou­chettes. Quand on nous dépose à la gare, le coffre est déjà plein et des bagages s’en­tassent devant. Comme on ne sait pas ce qu’ils vont faire, on décide de gar­der le nôtre (on n’en a qu’un pour deux) avec nous. Pour lui, il y aura la place dans le petit ran­ge­ment à nos pieds. Par contre, nos jambes auront plus de mal : la cou­chette doit faire 1m60 sur 50cm. On est donc recro­que­villés... Pire, nous nous retrou­vons au fond, et pour ren­ta­bi­li­ser l’es­pace, il n’y a plus deux cou­chettes et une allée, mais une cou­chette à cinq. J’ai donc dor­mi entre une incon­nue et mon Belge, ça limite les mouvements...

Les Bolovens

Comme un sou­ve­nir d’Inde, ce sont les tuk-tuk qui nous réveillent le len­de­main matin, en tam­bou­ri­nant sur les vitres de notre bus à peine arri­vé. Il est 6h, on n’est pas spé­cia­le­ment frais. On négo­cie un tuk-side­car à 5000 kips et direc­tion le centre. On hésite un peu à par­tir direc­te­ment pour les Bolo­vens, mais le Belge se sent assez bien pour conduire. Il nous faut donc trou­ver un scoo­ter, un petit-déjeu­ner, et un dis­tri­bu­teur de billets. Pour ce der­nier, on va galé­rer un peu, et je n’ob­tien­drai pas plus de 700 000 kips (c’est un mil­lion par­tout ailleurs) après en avoir fait plu­sieurs. J’i­ma­gine qu’il était à sec... Pour le petit déjeu­ner et le scoo­ter, on va attendre que tout ouvre, peu à peu. On apprend qu’il est impos­sible de louer autre chose qu’un scoo­ter manuel, ici. Le Belge devra se résoudre à faire remon­ter ses restes.

Nous sui­vons la boucle indi­quée par le Rou­tard, avec dans l’i­dée de pas­ser la pre­mière nuit à Sara­vane et la seconde à Tad Lo. La route est plu­tôt bonne, avec du gou­dron et tout. On s’ar­rête en voyant un pre­mier pan­neau « water­fall », per­sua­dés d’être à Tad Fane. On com­prend rapi­de­ment que ça n’est pas le cas, mais il s’a­git d’une jolie cas­cade et c’est gra­tuit, alors on fait le tour quand même. Un peu plus loin, on arrive à Tad Fane, jus­te­ment, et on voit la dif­fé­rence : il y a du monde, et il faut payer. Bon, la cas­cade est grande, oui, mais c’est impos­sible de se bala­der vrai­ment autour ou d’y des­cendre. Il y a sans doute un moyen, le « resort » ins­tal­lé là pro­pose des treks, mais nous n’a­vons trou­vé qu’un tout petit che­min qui était vrai­ment trop pen­tu et glis­sant. His­toire de dire qu’on sera res­té plus d’une demi-heure, on sirote des jus de fruits au bar... Pas de bière pour le Belge, il conduit !
Juste en face de Tad Fane, une autre cas­cade, payante éga­le­ment, est délais­sée du public. On s’y aven­ture et la sur­prise est plu­tôt bonne. La cas­cade n’a, certes, rien d’im­pres­sion­nant com­pa­ré aux 200m de sa voi­sine, mais on peut s’y bai­gner, appré­cier le calme. On remonte en selle en début d’a­près-midi. Un gros nuage noir plane au des­sus de nos têtes quand nous arri­vons à Pak­song. Per­sua­dés qu’il va tom­ber des cordes d’une minute à l’autre, nous déci­dons de prendre une chambre dans le seul hôtel que nous trou­vons, même s’il fait peur et même si la ville n’a aucun inté­rêt. Nous trou­ve­rons la gues­thouse dont par­lait le guide en res­sor­tant : elle est bien plan­quée loin de la route prin­ci­pale. Mais c’est trop tard, on a pris l’hô­tel, même s’il est flip­pant et cher, et même si fina­le­ment il ne tom­be­ra pas une seule goutte mal­gré le ciel noir.
L’hô­tel se trouve der­rière deux stup­pas, sur une col­line. Il pour­rait ser­vir de décor à un film d’hor­reur type Shi­ning. Il donne sur la route tout en étant en retrait. Et sur­tout, il est vide. Il y a plu­sieurs bâti­ments, mais aucun client. Au vu des menus et du style, nous pen­sons qu’il est des­ti­né à des week-end d’en­tre­prise (sans WiFi...), mais ça reste très bizarre d’être dans un endroit iso­lé ain­si. Sur­tout que nous échouons dans un bâti­ment du fond, bien seuls, bien loin de tout. Pour­tant, c’est la meilleure nuit de ces trois semaines : pas un bruit, même pas un coq ! Et des draps de bonne taille !

Nous nous pro­me­nons un peu dans la ville. Le mar­ché est pous­sié­reux, les rues sont désertes. Le seul res­tau­rant est plu­tôt bon mais som­maire. On regrette un peu d’être restés...

Nous par­tons tôt le len­de­main, et nous allons faire beau­coup de route, un peu mal­gré nous. On se dit qu’on va aller jus­qu’à Sara­vane quand même, et qu’on y man­ge­ra. Et che­min, on s’ar­rête un peu dans un vil­lage, puis dans un autre. Je fais des pho­tos avec les enfants (la ver­sion impri­mée fait tou­jours son petit effet) tan­dis que le Belge se repose. Si on est un peu déçu par les pay­sages, au moins les gens d’i­ci sont gen­tils (pas qu’ailleurs ça ne soit pas le cas !).

Quand on entre dans Sara­vane, on hésite a faire direc­te­ment demi-tour. On roule quelques minutes dans la ville, pour voir, quand même, et puis on laisse tom­ber. Il y a des tra­vaux par­tout, c’est encore plus pous­sié­reux qu’ailleurs. C’est donc sans repo­ser nos fesses ni rem­plir nos ventres qu’on rejoint Tad Lo. Il n’est pas midi, et on a fait tout ce qui était pré­vu pour la jour­née. Le coin n’est pas foli­chon, la gues­thouse ne nous emballe pas, on décide de ren­trer à Pak­sé, et puis voilà.
En che­min, nous nous arrê­tons un peu par hasard aux chutes de Pha­souam. Au pre­mier abord, on est plu­tôt séduit. Le cadre est magni­fique, l’in­té­gra­tion d’un res­tau­rant ne déna­ture pas tout. Et puis on découvre le « vil­lage éthique », plan­qué dans la forêt mais flé­ché. Et mon Dieu quelle hor­reur. Des petites huttes abritent des enfants habillés en cos­tumes tra­di­tion­nels qui chantent et dansent quand les tou­ristes donnent des pièces. C’est incroya­ble­ment mal­sain. Quelques groupes semblent heu­reux de dis­tri­buer leur argent contre des pho­tos, mais nous fuyons, mal à l’aise et un peu écœurés.

Paksé

Nous arri­vons à Pak­sé à la tom­bée de la nuit, et on va vite com­prendre que ce n’é­tait pas une bonne idée : tous les hôtels sont pleins. On tourne en rond pen­dant deux heures pour avoir le choix entre par­ta­ger une chambre de quatre pour 150 000 kips, n’être que nous deux mais sans fenêtre à 80 000, ou prendre un hôtel plus luxueux à 135 000. Je vous laisse devi­ner ce qu’on a choi­si... Le Belge a négo­cié pour avoir la chambre à 120 000 (dans un 4 étoiles) ; avec son WiFi.

Champassak

Nous ne res­tons qu’une nuit sur Pak­sé. Le len­de­main matin, nous par­tons direc­te­ment pour Cham­pas­sak. Un peu au hasard, on prend un mini van (55 000 kips) dans une agence. On nous laisse sur la rive du Mékong, où une pirogue nous attend. Au lieu de nous dépo­ser à l’autre embar­ca­dère, il va vers une gues­thouse. D’ha­bi­tude, je n’aime pas ce genre de pro­cé­dé, mais per­sonne ne nous attend pour nous pro­po­ser quoi que ce soit, et c’est jus­te­ment celle que nous avions repé­rée dans le guide : Anouxa. Le petit bun­ga­low nous coû­te­ra 70 000 kips, mais la cui­sine n’est pas très variée et assez chère. Par contre, la vue sur le Mékong depuis les hamacs sera appréciée...
Nous ava­lons un petit déjeu­ner avant de louer deux vélos sans vitesses (10 000 kips) et sans selle réglable (ils n’a­vaient pas de clefs...) pour faire la dizaine de kilo­mètres qui nous sépare de l’at­trac­tion du coin : le Wat Phu, un site archéo­lo­gique. La balade vaut le coup, mais on découvre en même temps les joies du Sud : ça cogne pas mal . Il faut vrai­ment y aller tôt.

Le len­de­main, nous louons un scoo­ter pour aller un peu plus loin. Pour 100 000 kips, la gues­thouse nous prête un vieux 110cc manuel presque à sec et deux casques à visière bien pour­ris. On tire un peu la gueule, mais en fait il a de bons amor­tis­seurs et mes fesses appré­cient. Par contre, la pédale de frein se bloque constam­ment. En plus d’être dan­ge­reux, ça nous vide notre plein...

Nous par­tons donc par le Nord de la ville pour tra­ver­ser le Mékong avec le bac (10 000 kips pour le scoo­ter) et rejoindre la grande route. De là, nous filons vers le Sud, en sui­vant la direc­tion d’At­ta­peu. La pre­mière par­tie de la route est bonne, nous ren­trons rapi­de­ment dans le parc natio­nal (10 000 kips/personne) où se trouve notre pre­mière étape, Ban Khiet Ngon, un petit vil­lage connu pour son trou­peau d’é­lé­phants. Jus­qu’à pré­sent, nous n’a­vons croi­sé que deux pachy­dermes, sur un che­min pas loin de Luang Pra­bang, et j’en étais plu­tôt déçue. C’est tout de même cen­sé être le pays du mil­lion d’é­lé­phants ! Nous croi­sons donc les doigts pour en voir au vil­lage. On tourne un peu en rond quand, à la sor­tie, on finit par en voir un qui arrive. Le mahout sou­rit en nous voyant comme des gamins puis tourne dans un champs... qui s’a­vère être un maré­cage (vous savez, ces éten­dues que vous pen­siez être de l’herbe alors qu’il y a un mètre d’eau en des­sous). Nous res­tons là, ravis, à regar­der l’é­lé­phant se faire laver.
Juste à côté du vil­lage, se trouve Phou Asa, un som­met étrange où le sol est recou­vert de roche vol­ca­nique. On se fait indi­quer le che­min, pas tel­le­ment sûrs que ça soit acces­sible. Et en effet, on se retrouve à lais­ser le scoo­ter en bas d’une côte, impos­sible à mon­ter tant les gra­villons nous font déra­per. Nous conti­nuons à pied jus­qu’en haut, mal­gré le peu d’ombre et l’ou­bli impar­don­nable d’une bou­teille d’eau. Nous croi­sons d’autres élé­phants, mais ceux-ci sont là pour por­ter des tou­ristes. La balade à dos de pachy­derme est un clas­sique pour venir jus­qu’à Phou Asa. A dire vrai, nous croi­se­rons d’autres élé­phants pro­me­nant des gens, mais aucun tou­riste sans élé­phant à part nous. L’un d’eux nous pré­ci­se­ra d’ailleurs que ça n’est pas très confortable !
Nous retour­nons au vil­lage pour ache­ter de l’eau et rejoindre un autre vil­lage, mais on s’a­per­çoit rapi­de­ment que l’es­sence à filé. On décide de s’ar­rê­ter au pre­mier ven­deur, mais on va pei­ner à le trou­ver tant tout est vide. On est en plein milieu de l’a­près midi, au milieu de nulle part, avec un scoo­ter qui n’a bien­tôt plus d’es­sence, et on s’i­ma­gine déjà devoir le pous­ser sur des kilo­mètres en plein soleil... On finit par réus­sir à trou­ver une « sta­tion » (une petit baraque où l’es­sence res­semble à de la gre­na­dine et se trouve dans des bou­teilles en plas­tique). Sou­la­gés, on repart, len­te­ment mais sûre­ment, vers Champassak...

4000 iles

Après une nou­velle nuit au calme, nous pre­nons un mini­bus pour notre der­nière étape au Laos. Nous l’a­vons réser­vé à l’au­berge, 60 000 kips, pour ne pas se prendre la tête à cher­cher. Nous arri­vons rapi­de­ment à l’embarcadère. Tout le monde des­cend du bus, il faut prendre un bateau pour finir le tra­jet. Mais alors qu’on s’é­loigne, le chauf­feur nous rap­pelle : « boat ticket here ». Il s’est ins­tal­lé der­rière un bureau. On revient vers lui et pour 30 000 kips nous pre­nons un billet pour Don Khône. On n’a pas per­du grand chose, mais on s’est fait avoir bête­ment. On trou­vait ça bizarre, pour­tant, que le chauf­feur vende les billets. Devant les bateaux, on voit le vrai comp­toir, moins cher, et les ven­deurs semblent pro­fon­dé­ment aga­cés par les pra­tiques de notre chauf­feur... On essaie de ne pas y pen­ser, c’est une somme ridi­cule, et on ne s’est pas encore réel­le­ment fait arna­quer depuis qu’on est au Laos.

La pirogue nous dépose au Nord de Don Khône. Nous mar­chons un peu avant de prendre un bun­ga­low au Som­pha­mit (60 000 kips). C’est plus que rudi­men­taire, mais on a une ter­rasse sur le Mékong, avec un hamac. Eau froide, draps dou­teux, et aucune iso­la­tion. Sans par­ler de la baraque qui tremble dès que quel­qu’un bouge, même un voi­sin. Mal de mer... Et comme si ça ne suf­fi­sait pas, nos jambes sont dévo­rées par les puces de lit (les pre­mières jusque-là, et les seules) et les pro­prié­taires sont rela­ti­ve­ment pénibles : on ne peut pas pas­ser devant eux sans qu’ils essaient de nous vendre quelque chose (vélo, bus...) et quand on s’en va, plus aucune poli­tesse, plus aucun sourire.

On avale un déjeu­ner dans un des petits res­tau­rants qui bordent la route prin­ci­pale, puis nous par­tons à pied vers les chutes de Li Phi. Arri­vés à hau­teur du pont, deux hommes dans une cahute nous inter­pellent : on doit payer pour pas­ser sous le pont. On répond qu’on ne veut pas prendre le pont (il mène à l’île d’en face), juste conti­nuer vers le sud. Ils nous répondent qu’il faut quand même payer pour quit­ter la zone tou­ris­tique. Je regarde le Belge. Je sais qu’on pense la même chose : on fait demi-tour, on prend la pre­mière à droite, puis encore à droite, et on coupe à tra­vers rizière pour rejoindre notre route, et nous voi­là de l’autre côté du « poste-fron­tière », non mais oh.
La route est assez longue, et une fois encore, le soleil tape pas mal. Les bancs ombra­gés de la cas­cade seront appré­ciés... Pour 20 000 kips, nous accé­dons à une tren­taine de bou­tiques de sou­ve­nirs, une plage où le sable est fin mais l’eau crou­pis­sante et à la vue sur le « gouffre du fan­tôme », où le cou­rant est tel que tout objet flot­tant reste coin­cé sous la cas­cade, cadavres com­pris. Fort heu­reu­se­ment, c’é­tait propre ce jour-là !

Le soir, nous dînons dans ce qui est cen­sé être le meilleur res­tau­rant, le Sana. Et on déchante (fran­che­ment, ce ne serait pas drôle d’é­crire un car­net de voyage sans tout cri­ti­quer !). Le cadre est sym­pa, un peu chic. Nous fai­sons limite pouilleux avec nos pan­ta­lons sales et nos grosses chaus­sures. La ter­rasse donne sur le Mékong (en même temps, tout ou presque donne sur le Mékong, ici !) et pour ne pas atti­rer les mous­tiques, l’am­biance est à la lumière tami­sée (très tami­sée). Mais ça empêche aus­si de voir ce qu’on mange. C’est à l’aide d’un télé­phone por­table qu’on va donc devoir virer la ving­taine de piments qui traîne dans nos assiettes res­pec­tives. La nour­ri­ture la plus épi­cée que nous ayons goû­tée jus­qu’i­ci. Le len­de­main, j’ai repris le même plat « no spi­cy at all », et c’é­tait man­geable, même si insi­pide. Bref, on lui aura lais­sé sa chance, mais c’est la preuve que ce n’est pas dans les res­tos à tou­ristes qu’on trouve la meilleure nour­ri­ture... Mal­gré le prix.

Pour notre deuxième jour, nous déci­dons d’al­ler voir les dau­phins. Il y a une petite colo­nie qu’on peut aper­ce­voir au sud de l’île, à la fron­tière avec la Cam­bodge. Nous péda­lons donc de bon matin pour être à 7h30 dans le vil­lage. La vue vaut la peine, mais après une heure à scru­ter l’ho­ri­zon, aucun dau­phin... Nous sommes bien trop loin. Il est 8h30 et nous hési­tons à prendre un bateau pour s’ap­pro­cher. Deux anglais acceptent de se joindre à nous pour divi­ser les 60 000 kips par quatre. La pirogue tangue tel­le­ment qu’il est peu pro­bable qu’il soit vrai­ment rai­son­nable d’être autant (à 5) dedans, mais nous rejoi­gnons un rocher sans nous ren­ver­ser. Nous grim­pons tour à tour pour res­ter là, à attendre. Et enfin, on en voit un, puis un autre, et you­hou, un troi­sième aile­ron. Parce que oui, for­cé­ment, c’est pas un zoo, le dau­phin ne vient pas man­ger dans nos mains ni sau­ter au des­sus du bateau. Mais ça reste agréable d’être au calme, le matin, à espé­rer voir quelque chose. Pour­tant, lors­qu’on repart, une heure plus tard, on est un peu frus­trés. Il y avait un ou deux autres bateaux en même temps que nous qui, eux, se sont beau­coup plus appro­chés. Du coup, on tente d’al­ler à un autre endroit, flé­ché, une petite plage d’où partent d’autres bateaux. Comme les chances de voir les dau­phins sont plus grandes le matin et le soir qu’en pleine jour­née, nous res­tons toute la jour­née sur place, dans un petit res­tau­rant. On dis­cute avec le patron, les autres clients. On ne fait rien et on se détend. Et on mange, aus­si. Et on teste l’al­cool de riz offert par le patron, le lau lao ; enfin, sur­tout le Belge, parce que c’est un peu trop fort pour mes lèvres délicates...

En fin de jour­née, nous par­tons enfin pour notre deuxième tour de bateau (60 000 kips par embar­ca­tion, comme le pre­mier), et là, c’est une grosse décep­tion : la balade sur le Mékong dure une ving­taine de minutes avant d’ar­ri­ver au point de vue, c’est joli, mais c’est com­pris dans l’heure. Du coup, nous res­tons 15 minutes sur place (je ne compte pas la pause pipi du « chauf­feur »...) à entra­per­ce­voir des aile­rons der­rière d’autres bateaux...

Ubon Ratchatani

Pour 120 000 kips, nous ache­tons un billet qui nous amène des 4000 Îles jus­qu’à Ubon Rat­cha­ta­ni, en Thaï­lande. Je ne sais pas com­bien on aurait éco­no­mi­sé en fai­sant autre­ment, mais c’est bigre­ment plus simple. On part à 11h et on se laisse por­ter jus­qu’à des­ti­na­tion. Le pas­sage de la fron­tière est amu­sant, per­sonne ne sachant vrai­ment que faire : un gui­chet donne un papier qu’on échange à un second gui­chet contre un autre papier pour reve­nir au pre­mier gui­chet obte­nir notre coup de tam­pon. Et dans tout ça, on perd 1$, parce qu’il est plus de 16h, et qu’il faut pas décon­ner, c’est des heures sup ». Avec un bus de tou­ristes, ils se font plus que le salaire men­suel moyen au Laos...

A Ubon Rat­cha­ta­ni, les prix des tuk-tuks sont fixes (de la gare rou­tière au centre, tout du moins) et on ne par­tage pas... Impos­sible de faire mon­ter avec nous deux japon­nais... Nous allons direc­te­ment à l’U­bon Hôtel, un truc un peu déla­bré mais bien pla­cé (450 baths pour une chambre double de base). Et pour man­ger, direc­tion le mar­ché de nuit. On découvre la gen­tillesse des thaï­lan­dais. Alors que nous nous tenons devant une gar­gote avec nos bro­chettes à tout regar­der, une jeune femme nous aborde pour pro­po­ser de l’aide : on lui explique que les bro­chettes sont froides et qu’on vou­drait les pas­ser au grill, et elle joue les tra­duc­trices. Et tout ça sans mau­vaise inten­tion der­rière. On est sous le charme. La nour­ri­ture est déli­cieuse, les gens adorables.

On passe la jour­née du len­de­main à décou­vrir la ville. On ne peut pas dire qu’il y ait grand chose à y faire... On fait le tour des temples, des parcs. On dis­cute avec une ins­ti­tu­trice qui prend des pho­tos de tous les blancs qu’elle croise, puis avec un moine qui joue les guides. Heu­reu­se­ment, pour nous évi­ter la sieste, le défi­lé du nou­vel An Chi­nois fait reten­tir ses tam­bours et ses pétards. On avait bien vu les lan­ternes rouges, mais sans faire le lien. Le défi­lé est minus­cule, et nous sommes les seules spec­ta­teurs, mais on regarde, contents d’a­voir une « animation ».

A la nuit tom­bée, la ville s’a­nime. Tout le monde sort du tra­vail et rejoint le grand parc qui devient un endroit for­mi­dable. Dans la plus grande har­mo­nie, des cen­taines de thaï­lan­dais font leur sport quo­ti­dien : bas­ket, ten­nis, bad­min­ton, foot, foot-vol­ley et hand-vol­ley (...), gym, foo­ting, et même pétanque. Dans un coin, on trouve du maté­riel de mus­cu­la­tion, dans un autre, des rameurs et des vélos d’appartement.

Bangkok

Ven­dre­di matin, nous rejoi­gnons la gare. 205 baths plus tard, nous voi­là confor­ta­ble­ment ins­tal­lé en troi­sième classe pour une jour­née com­plète de train, 12h, direc­tion Bang­kok. Nous avons fait le plein de cochon­ne­ries chi­miques mais ce n’é­tait pas néces­saire : toutes les cinq minutes, et ce toute la jour­née, des ven­deurs ambu­lants passent en criant pour vendre nour­ri­ture et bois­sons (du thé dans un sac plas­tique, des viandes non iden­ti­fiées dans du jour­nal, etc... C’est un peu plus cher qu’en ville, normal.

Nous arri­vons en retard à Bang­kok. Il fait déjà nuit. On s’en­gouffre dans un taxi qui ne sait pas trou­ver notre hôtel et nous laisse « dans le quar­tier ». On par­court Pha­hu­rat, le quar­tier indien, à la recherche de la « 238 Gues­thouse ». Il est trop tard pour en chan­ger quand nous décou­vrons que les « chambres bien équi­pées » du Lone­ly Pla­net sont toute pour­ries. 500 baths pour de l’eau froide, une chambre pas très feng shui et une vue sur de la tôle dégueu­lasse. On sort man­ger et en vou­lant se cou­cher, on réa­lise qu’il n’y a ni draps, ni ser­viette de toi­lette ni même papier toi­lette. Dans l’ab­so­lu, on a le néces­saire pour s’en pas­ser, mais je vais quand même à la récep­tion récu­pé­rer des draps dou­teux et dépa­reillés, ça nous évi­te­ra de salir nos sacs-à-viande. J’en pro­fite pour deman­der le code du réseau WiFi, mais il s’a­vère qu’il est payant. J’ai envie de rire, mais tant pis.

La jour­née à Bang­kok va être courte. Notre avion est le soir-même. Nous mar­chons dans le quar­tier chi­nois, pre­nons le métro pour le Stade Lum­pi­nee que le Belge tenait abso­lu­ment à voir. Il fait des emplettes dans les bou­tiques des alen­tours, puis nous nous diri­geons vers le Palais Royal. Palais dont on ne ver­ra que l’ex­té­rieur, parce que la foule nous dis­suade assez vite d’al­ler plus loin... On rentre au Wat Pho gra­tui­te­ment sans trop savoir com­ment (en fait c’é­tait une sor­tie...) puis on se met en quête de gongs... Recherche qui va durer très long­temps et nous mener jus­qu’à une rue spé­cia­li­sée dans les gros Boud­dhas dorés et autres décos religieuses.

Et puis la jour­née s’a­chève. Un taxi rose nous dépose à l’aé­ro­port, et nous avons main­te­nant hâte de reve­nir en Thaï­lande pour en voir un peu plus...

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6 commentaires

NowMadNow 4 mars 2011 - 4:41

Je serai au Laos dans quelques mois, j’u­ti­li­se­rai cer­tai­ne­ment des adresses lues ici. 

😉

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Oreille 4 mars 2011 - 16:02

Au moins ça aura ser­vi à quel­qu’un, alors !
J’ai hâte de lire ce que tu en pen­se­ras (mais je ne peux pas être tenue pour res­pon­sable si une « bonne adresse » est deve­nue mau­vaise, hein ! Pas de remboursement ! )

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Ye Lili 29 mars 2011 - 4:11

Tout pareil : je pars au Laos d’i­ci quelques semaines, et je vais bien gar­der cette page sous le coude 🙂
Mer­ci d’a­voir pris le temps de par­ta­ger tout cela ici...

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Oreille 4 avril 2011 - 16:31

Hé bien j’ai hâte de lire vos impres­sions sur vos blogs respectifs 😉

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ella 29 mai 2012 - 23:03

chouette récit et avec de l’hu­mour en plus ! je revien­drai relire tout ca, le jour où on se sera enfin déci­der. Mer­ci en tout cas pour tout tes ecrits.

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Berna Quinlivan 14 février 2014 - 0:45

Superbe site, supers conseils ! C’est exac­te­ment ce que j’attendais.

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