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Effacer un câble électrique sur Photoshop

C’est sans doute une affaire de goût, mais je trou­ve sou­vent les lignes élec­triques affreuse­ment moches, dénat­u­rant les paysages, enlaidis­sant les villes. Dans cer­tains endroits, on peut voir des dizaines de câbles courir sur les murs, se nouer, créer de véri­ta­bles toiles d’araignées au-dessus de nos têtes.

Lorsqu’on est sur place, on le remar­que, on se dit que c’est moche, et lorsque l’on regarde la pho­to plus tard, on ne voit plus que ces lignes noires qui bar­rent l’im­age. Par­fois, ça aura son charme, créant des sit­u­a­tions intéres­santes ; d’autres fois, ça ne ren­dra pas du tout jus­tice au lieu sur lequel vous étiez.

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La pho­to ci-dessus a été prise à Pushkar, en Inde. Si vous cherchez bien, vous ver­rez le petit détail qui m’a poussée à déclencher ! Elle mon­tre bien le nom­bre de fils élec­triques qui peu­vent pass­er au-dessus de notre tête.

Effacer ou laisser les câbles ?

Avant de par­ler tech­nique, inter­ro­geons-nous sur la jus­ti­fi­ca­tion de l’opéra­tion. Une inter­ven­tion visant à effac­er une par­tie de l’im­age, en pho­to de voy­age, doit être le fruit d’un petite réflex­ion. La ques­tion n’est pas « est-ce que la pho­to sera plus belle » mais « est-ce que cela influ­ence le sens de la pho­to et, si oui, est-ce que ça change l’im­age que l’on donne du lieu ? ». Ce serait presque une ques­tion philosophique, mais la réponse est en général assez sim­ple.

Prenons deux exem­ples :

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La pho­to de gauche vient de Zagreb, cap­i­tale de la Croat­ie, et celle de droite a été prise sur le Canal de la Marne au Rhin, en Alsace.

Sur la pre­mière, j’ai lais­sé les câbles : des tramways quadrillent la ville et on en voit juste­ment un sur l’im­age. Ces câbles font véri­ta­ble­ment par­tie de l’i­den­tité de Zagreb, et sem­blent mar­quer tous les touristes qui s’y ren­dent. Les enlever serait presque men­songer. Acces­soire­ment, un tram sans câbles, ça fait un peu con.

Sur la deux­ième, un fil élec­trique tra­verse l’im­age et, cette fois-ci, j’ai choisi de l’ef­fac­er : il ne racon­te rien. Savoir que l’électricité tra­verse le canal en aérien pour rejoin­dre le poste de l’é­cluse ne change pas le sens de l’im­age. C’est typ­ique­ment le genre de câble qu’on ne voit pas sur le moment, mais qui gâche l’im­age, en coupant ain­si le ciel et en atti­rant le regard.

Et on fait comment ?

Les out­ils sont les mêmes que pour effac­er une pous­sière de cap­teur ou par­faire une peau : cor­recteur et tam­pon.
Je vais pren­dre un exem­ple assez sim­ple, direc­tion le désert du Thar (en Inde...) :

Les fils sur la mai­son ne me choquent pas. Le but n’est pas de faire croire qu’ils n’ont pas l’électricité ! Par con­tre, celui qui part du bâti­ment pour tra­vers­er le ciel me gène beau­coup plus.
On va donc com­mencer par créer un nou­veau calque :


Il ne faut jamais agir directe­ment sur le calque qui con­tient la pho­to orig­i­nale. On par­le de tra­vail non-destruc­tif : à tout moment, on peut revenir en arrière ; aucune mod­i­fi­ca­tion n’est défini­tive.
Nous allons utilis­er le « panse­ment », ou cor­recteur local­isé (cor­recteur de tons directs selon les ver­sions).
 

De base, cet out­il ne per­met pas de tra­vailler sur un calque vide. Il faut cocher une case : « échan­til­lon­ner tous les calques » pour qu’il analyse l’ensem­ble des calques inférieurs et agisse sur notre nou­veau calque.


Le principe du cor­recteur est assez sim­ple. On clique sur la zone à effac­er, il regarde ce qu’il se trou­ve autour et se base dessus pour un rem­place­ment intel­li­gent. Dans le cas d’un petit bou­ton sur la joue, ou d’un câble qui tra­verse le ciel, c’est idéal, puisqu’on tra­vaille sur des zones glob­ale­ment unies. Lorsqu’on va s’ap­procher du bati­ment, le logi­ciel se saura pas s’il doit se baser sur le ciel ou sur la pierre, et cela devien­dra plus com­pliqué. Mais en atten­dant, restons sur la par­tie sim­ple !
On va paramétr­er le cor­recteur de sorte à avoir un ren­du opti­mal.

Les réglages disponibles sont les mêmes que pour le pinceau, entre autres. L’é­pais­seur va cor­re­spon­dre à la grosseur de la forme util­isée : elle doit être légère­ment plus large que ce que l’on va effac­er, mais pas trop non plus. La dureté définit la douceur des bor­ds ; pour une meilleure inté­gra­tion de la tex­ture de rem­place­ment, il vaut mieux des bor­ds assez flous, et donc une dureté au min­i­mum (vous suiv­ez tou­jours ?). Les autres paramètres ne nous intéressent pas vrai­ment.


On va donc venir « pein­dre » avec le panse­ment sur le câble élec­trique. Pour un meilleur ren­du, il est préférable de le faire par petits tronçons plutôt qu’en une seule fois. Un trait noir va se for­mer sous le clic, le logi­ciel va réfléchir une sec­onde, puis la mod­i­fi­ca­tion va s’af­fich­er : le câble aura dis­paru, rem­placé par une tex­ture « nuage » cohérente avec le reste de l’im­age.
Il peut cepen­dant arriv­er qu’ap­pa­rais­sent quelques aber­ra­tions :
 


Ne prenez pas peur, c’est nor­mal. Il suf­fit de redonner un coup de cor­recteur dessus et elle dis­paraît ! Ain­si, par­fois, on pour­ra être amené à observ­er plusieurs étapes, le résul­tat ne pou­vant pas tou­jours être par­fait dès le pre­mier pas­sage du cor­recteur.
En y allant petit à petit, douce­ment, on arrive à effac­er le câble.
 


La jonc­tion avec la mai­son ne sera pas pos­si­ble avec le cor­recteur, comme je le dis­ais plus haut. On va alors utilis­er un autre out­il, bien con­nu, de Pho­to­shop : le tam­pon. Bon, là-dessus, on trou­ve des cen­taines de très bons tuto­riels sur le net, donc je vous laisse chercher, mais l’aide d’Adobe est glob­ale­ment bien fichue. Quelques con­seils toute­fois : utilisez une opac­ité assez faible pour pou­voir mélanger les nuances, sélec­tion­nez un échan­til­lon­nage « act­ifs et inférieurs » au lieu de « calque act­if » pour tra­vailler sur un calque à part et n’hésitez pas à chang­er sans cesse de source (clic droit + « alt ») pour un ren­du plus naturel (on ne doit pas voir un motif répété).

25 Commentaires

  1. Comme quoi pho­to­shop per­met vrai­ment de faire des trucs chou­ettes...
    Moi qui lutte à la prise de vue pour essay­er de lim­iter l’im­pact des fils élec­triques.
    Un jour je me met­trai sérieuse­ment à pho­to­shop ! 😉

  2. Casse-cou le singe ! Per­so, habi­tant à Hanoï, je trou­ve les câbles plutôt amu­sants à pho­togra­phi­er. Cela dit, j’ai tou­jours peur de me faire élec­tro­cuter lorsqu’ils pen­douil­lent au-dessus de ma tête... :/

    Mer­ci en tous cas pour ce cours magis­tral. Le jours où j’au­rai le courage de m’at­ta­quer à Pho­to­shop, j’y reviendrai ! 🙂

  3. Tewoz : ah, ça peut val­oir le coup de s’y met­tre ! On le méprise sou­vent parce qu’il déna­ture les pho­tos, mais bien util­isé, il peut au con­traire nous per­me­t­tre de retrou­ver quelque chose approchant nos sou­venirs. Et puis pour tes dessins, Pho­to­shop ça pour­rait servir, non ?

    4 petits suiss­es : j’ai l’im­pres­sion que c’est un peu une spé­cial­ité asi­a­tique, que de faire un peu n’im­porte quoi avec l’électricité ! Et la prise dans la douche, le câble dénudé à même le sol...
    Mais en ville, je ne les effac­erai pas, ça fait par­tie du charme !

    Now­Mad­Now : c’est une pho­to que j’ai ressor­tie exprès pour l’ar­ti­cle, en cher­chant un exem­ple. Je ne l’avais jamais dévelop­pée... Comme quoi, il ne faut jamais sup­primé ses pho­tos, on peut tou­jours leur trou­ver une util­ité quelques mois plus tard !

  4. Pour mes dessins, c’est autre chose, j’ai une tablette graphique, j’ai fais beau­coup de dessins directe­ment sur pho­to­shop, mais je n’ar­rive pas à vrai­ment pass­er le pas pour les pho­tos.
    C’est de la pure bêtise, ou fainéan­tise de ma part, je sais qu’on peut mag­ni­fi­er des pho­tos en l’u­til­isant mais je n’y arrive pas. Je préfère faire mon pos­si­ble à la prise de vue. Mais je vais chang­er, je vais essay­er en tout cas.

  5. Surtout avec une tablette, c’est génial en retouche (on a tout de suite beau­coup plus de pré­ci­sion dans les cor­rec­tions local­isées). Et puis, faire son pos­si­ble à la prise de vue et pass­er ensuite sous pho­to­shop est com­pat­i­ble, et c’est même la meilleure recette, parce que rat­trap­er un cadrage loupé, ça ne don­nera jamais la pho­to du siè­cle...

  6. je préfère chercher un nou­veau cadrage sur le ter­rain qu’­ef­fac­er en post pro­duc­tion ‚je peux com­pren­dre pour un morceau de papi­er ou autre detail autrement on en fini plus

  7. Cool ! j’ai eu le pb juste­ment sur une ou deux pho­tos avec des fils elec­triques genants, mais je ne me sou­ve­nais plus de la facon de faire pour les sup­primer !
    de toutes facons, cette tech­nique, ca sert aus­si a sup­primer une tache par exem­ple, non ? si c’est sur le ciel, c’est plu­tot facile.
    (j’ai decou­vert au bout de plusieurs jours de pho­tos que mon objec­tif fai­sait une tache sys­tem­a­tique au meme endroit sur les pho­tos... 🙁 )

  8. Bacri : tu arrives tou­jours à trou­ver un bon cadrage sans rien qui ne passe devant ? Enfin, je ne con­seillerai jamais d’ef­fac­er en post-prod des choses qu’on aurait pu vir­er sur place, mais par­fois, on ne peut pas faire autrement :/

    liloulivi : Con­tente que ça puisse te servir !
    Exacte­ment, ça sert à effac­er sim­ple­ment tout ce qui est sur une tex­ture non com­plexe, dont les tach­es ! (les cap­teurs sales, ça ne par­donne pas...)

    1. Guide voy­age, tu peux dévelop­per un peu ton point de vue ?
      Pho­to­shop n’est qu’un out­il, on lui fait faire ce qu’on veut... (et ce genre de « manip­u­la­tions » ne date pas du numérique !)

  9. Bacri : C’est pour cela que j’ai con­sacré un para­graphe au « quand », parce que pour moi, ça n’est pas à faire n’im­porte où ni n’im­porte com­ment. Il ne s’ag­it pas de men­tir, c’est plutôt l’in­verse. On est devant un paysage mag­nifique, sauf que c’est tra­ver­sé par un fil. Dans la réal­ité, les câbles ne sont pas for­cé­ment aus­si vis­i­bles, mais en pho­to, il sem­blent découper le ciel en deux. Lorsque les effac­er ne chang­er pas la per­cep­tion du lieu mais per­met de lui ren­dre jus­tice, ça ne me choque pas le moins du monde.

    Fab­rice : le pire, c’est qu’il arrive sou­vent qu’on n’y prête même pas atten­tion sur place, et qu’on ne fasse une fix­a­tion sur ce fichu câble qu’en ren­trant !

  10. Alors n’é­tant absol­u­ment pas une experte de pho­to­shop et n’ayant pas encore instal­lé le logi­ciel sur cet ordi, je ne peux pas faire un essai en live. Donc pour cette même rai­son (et à cause du change­ment d’heure aus­si, allez ouais, on va met­tre ça sur le compte du change­ment d’heure 🙂 ), c’est un peu du chi­nois tout ça. MAIS je pense que ton tuto est assez clair et repasserai bien­tôt mes pho­tos en revue tout en appli­quant tes con­seils. Car moi aus­si, je suis une Madame anti-câbles 🙂 Mer­ci pour le partage !

  11. Voy­age voy­age : aha­hah ! Hé bien repasse ici quand tu essay­eras, his­toire de me dire si tu as besoin de plus d’ex­pli­ca­tions !

  12. Tout votre blog se révèle vrai­ment très inter­es­sant et par la même occa­sion très bien rédigé.Merci à vous et par la même occa­sion longue vie à tout votre site.

  13. Nos pho­tos se sont méta­mor­phosées depuis que j’ef­face les câbles éléc­triques ! Par con­tre je n’ar­rive tou­jours pas à me met­tre à pho­to­shop, je trou­ve Light­room plus sim­ple d’u­til­i­sa­tion pour les retouch­es sim­ples.

  14. Bon­jour, très bien votre tuto.
    Pour moi, c’est le con­traire sur cer­taines pho­tos faites en panoramique les fils élec­triques ou les haubans des voiliers ne se rac­cor­dent pas aux rac­cords de deux pho­tos. Existe-t-il une astuce pour les rac­corder ?
    D’a­vance mer­ci
    Claude

  15. Bon­jour et mer­ci pour cette expli­ca­tion hyper claire (j’ai tout com­pris 🙂 qui va bien me servir. c’est genial

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