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Le jour où j’en ai eu marre de me faire voler mes photos

Dans cet arti­cle, je vous explique com­ment j’ai su que des cen­taines de mes pho­tos avaient été volées et je vous donne des con­seils pour réa­gir face à ça.

Arti­cle. L112-2 : « les œuvres pho­tographiques et celles réal­isées à l’aide de tech­niques ana­logues à la pho­togra­phie » sont con­sid­érées comme œuvres de l’esprit.
Arti­cle L121-1 : l’auteur jouit du droit au respect de son nom (c’est à dire que le crédit faisant fig­ur­er le nom du pho­tographe est oblig­a­toire).
Arti­cle L121-2 : l’auteur a seul le droit de dif­fuser son oeu­vre (ou peut l’autoriser en définis­sant les con­di­tions de dif­fu­sion et d’exploitation).
Arti­cle L122-4 : toute repro­duc­tion totale ou par­tielle de l’oeuvre sans con­sen­te­ment de son auteur est illicite.

Peines max­i­males encou­rues : 3 ans de prison et 300 000€ d’amende.

Bon, ça, c’est c’est pour la théorie : la loi française.
Mais dans la réal­ité, ça se passe com­ment ?

En préam­bule, je tiens à pré­cis­er que la loi française pro­tège tous les pho­tographes, qu’ils soient pro­fes­sion­nels ou ama­teurs. Faire val­oir ses droits n’est pas réservé aux gens dont la pho­togra­phie est le méti­er !
Sachez égale­ment que ce ne sont pas for­cé­ment les plus belles pho­tos qui sont volées, mais plutôt celles que peu de gens ont pu pren­dre.

Comment savoir si on s’est fait voler ses images ?

Si vous pra­tiquez la pho­togra­phie et que vous partagez vos pho­tos sur inter­net, il est prob­a­ble que cer­taines de vos images vous aient été volées. La plu­part des voleurs ne pensent pas à mal : ils ont trou­vé votre pho­to sur Google ou Pin­ter­est, sans réfléchir que con­sultable gra­tu­ite­ment sur inter­net ne veut pas dire libre de droit.

Il est dif­fi­cile d’aller fouiller tous les prospec­tus et autres cat­a­logues, mais il existe des out­ils pour retrou­ver les copies de vos pho­tos sur Inter­net.
Par­mi les plus con­nus, citons Google Images et Tin­Eye.

Sous le nav­i­ga­teur Chrome, il est pos­si­ble de faire un sim­ple clic-droit sur une image pour lancer la recherche sur Google Images : ça per­met d’afficher tous les sites qui utilisent une même pho­to.

Voici trois recherch­es dif­férentes avec trois de mes pho­tos : deux girafes qui posent devant le Mont Kenya, l’avant d’un bateau dans l’Océan Indi­en et le port de Zee­brugge depuis un car­go. J’ai été très (trèèèèèès) sur­prise en décou­vrant com­bi­en de fois cette pho­to de grues et de con­teneurs avait été con­tre­faite !

En un clic, je peux con­stater que mes pho­tos se retrou­vent sur des dizaines de sites web. Dans le lot, cer­tains utilisent la pho­to légale­ment (comme l’agence Inter­face Tourisme qui m’avait mis­sion­née pour rem­plir la pho­tothèque de l’Office du Tourisme du Kenya, et qui explique le suc­cès de la cam­pagne sur son site espag­nol), mais 95% le font sans m’avoir con­tac­tée.

Oui, ça fait beau­coup de vols, juste avec ces trois exem­ples.

 

Que faire quand une de nos photos a été volée ?

La pre­mière ten­ta­tion, c’est d’envoyer directe­ment un mail au voleur : ne le faites surtout pas ! Évitez tout con­tact direct pré­cip­ité.

Au con­traire, prenez le temps de réfléchir et d’analyser la sit­u­a­tion. Dans de nom­breux cas, vous ne pour­rez rien faire.
S’il s’agit d’un site russe, africain ou asi­a­tique, il y a de fortes chances pour que vous n’arriviez jamais à con­tac­ter que que ce soit, ni à com­mu­ni­quer.
Si c’est un site ama­teur sans visée com­mer­ciale, vous pour­rez au mieux obtenir le retrait de la pho­to.
Mais ce qui peut être intéres­sant pour vous (oui, oui !) c’est le site com­mer­cial qui utilise votre pho­to pour sa pro­mo­tion : une agence de voy­age, un prestataire touris­tique, un hôtel. Dans cette sit­u­a­tion, vous pou­vez éventuelle­ment gag­n­er plus ou moins d’argent.

Vous avez deux options : aller en jus­tice directe­ment, ou essay­er de régler les choses à l’amiable.
Pour aller jus­tice, il faut des preuves. La cap­ture d’écran n’a pas de valeur juridique, il va fal­loir pass­er par un huissier, et donc com­mencer à avancer des frais. Régler les choses à l’amiable per­met d’éviter ces frais, mais ne garan­tit pas que vous touch­iez quoi que ce soit.

 

Régler le vol de photo à l’amiable

C’est tout à fait pos­si­ble de se faire pay­er directe­ment, sans pass­er par la jus­tice.
Voici com­ment je procède :

  1. Véri­fi­er que le site est bien celui d’une entre­prise ou d’une organ­i­sa­tion (pour les par­ti­c­uliers qui tienne un site per­son­nel, je demande sim­ple­ment le retrait de la pho­to)
  2. Trou­ver une adresse mail, un for­mu­laire, et deman­der, cor­diale­ment, à être mis en con­tact avec le respon­s­able
  3. Une fois le con­tact établi, les choses sérieuses com­men­cent. Je fais une cap­ture d’écran de ma pho­to sur le site (mon­trant bien le site), et je l’envoie dans un mail ressem­blant à peu près à ça :
    Bon­jour,
    Je vous con­tacte au sujet de [votre arti­cle dédié à/votre page/votre site] : URL du site
    Je suis l’auteure de l’une des pho­tos que vous utilisez (celle en pièce jointe), prise lors de [...], et bien vis­i­ble sur mon blog : URL pointant vers l’article d’où provient la pho­to volée
    Cette pho­to n’est pas libre de droit et se fig­ure sur votre site sans accord de ma part. 
    Je vous pro­pose donc de solu­tion­ner ce prob­lème à l’amiable, par le paiement des droits d’auteur. 
    Dans le cas con­traire, je trans­met­trai ce dossier à mon avo­cate et les droits d’auteur seront alors majorés à 100%.
    Dans l’attente de votre retour,
    Cor­diale­ment,
    Aurélie Amiot

Après ce mail, j’ai dif­férent types de réac­tions. Ceux qui ignorent le mail sont très rares. Cer­tains répon­dent avec des excus­es et la promesse de retir­er la pho­to : ce sont ceux que j’aime le moins, il va fal­loir per­dre du temps en négoci­er, en expli­quant qu’ils ont util­isé la pho­to fraud­uleuse­ment pen­dant plusieurs années.
Heureuse­ment, la plu­part de ces échanges sont cour­tois et finis­sent bien : ils gag­nent le droit d’utiliser la pho­to légale­ment, et moi je gagne des sous. Que deman­der de plus ?!

Quelques liens
Si la ques­tion légale vous intéresse, je vous con­seille vive­ment de le blog de Joëlle Ver­brugge ou vous pro­cur­er son livre dédié à la ques­tion du vol de pho­tos.
Et voici trois liens utiles, en cas de vol sur les réseaux soci­aux, pour faire retir­er vos images : Face­bookInsta­gramTwit­ter

Je n’ai jamais tenté d’attaquer les entreprises qui volent mes photos

(mais je garde ça sous le coude quand même, hein !)

Pre­mière rai­son : ça prend du temps
Deux­ième rai­son : ça coûte de l’argent
Troisième rai­son : il est prob­a­ble qu’on ne gagne pas d’argent à la fin, avec les frais d’avocat et de jus­tice

 

Pourquoi je passe maintenant par un prestataire
qui gère les vols de photos à ma place

Après 10 ans de blog et des cen­taines d’images partagées, je ne peux pas véri­fi­er la total­ité de mes pho­tos manuelle­ment. Que ce soit avec Tine­Eye ou Google Images, c’est bien trop fas­ti­dieux. Du coup, j’ai opté pour l’option des paresseux : le site qui se charge de sur­veiller et d’attaquer en même temps ! Il en existe plusieurs. À titre per­son­ne j’ai choisi Pixsy parce qu’il avait l’avantage d’être gra­tu­it et que l’interface est assez sim­ple. Il existe égale­ment Pix­trakk, qui fonc­tionne de la même manière mais demande un abon­nement.

Le principe est sim­ple :

  1. J’ai rem­pli un pro­fil
  2. J’ai don­né les URLs de mes sites web : blog et port­fo­lio
  3. Le site scanne en per­ma­nence le web à la recherche d’images sim­i­laires aux miennes
  4. Je suis tombée dans les pommes en voy­ant le nom­bre de pho­tos volées (bon, je ne suis peut-être pas tombée dans les pommes, mais au moins des nues)
  5. Il faut ensuite inspecter les cas un à un pour décider des suites à don­ner : il faut cibler exclu­sive­ment les sites com­mer­ci­aux local­isés dans des pays où Pixsy inter­vient. (Ce qui réduit beau­coup les pos­si­bil­ités...)
  6. Je soumets un cas en cochant les bonnes cas­es, selon les sit­u­a­tions : oui je suis l’auteur, non je ne leur ai pas ven­du la pho­to, non la pho­to n’était pas sur une banque d’image, oui (ou non) j’étais payée pour la pren­dre, oui je cer­ti­fie l’exactitude de blablabla, etc.
  7. Pixsy me ren­voit un mail quelque jours plus tard pour me dire s’ils acceptent le cas ou non.
  8. S’ils acceptent, il faut alors don­ner le plus d’infos pos­si­ble : jour et lieu de prise de la pho­to, sites où l’on a pub­lié la pho­to, con­di­tions par­ti­c­ulières, etc. On four­nit égale­ment nos con­di­tions détail­lées quant à l’usage de la pho­to : est-ce qu’on est d’accord pour laiss­er le site utilis­er l’image s’ils acceptent de pay­er les droits, com­bi­en on demande, etc.
  9. Et là, leurs juristes et avo­cats entrent en action et con­tactent le site pour négoci­er, d’abord à l’amiable, le plus de sous pos­si­ble.
  10. Et Pixsy a juste­ment intérêt à obtenir la plus grosse com­pen­sa­tion pos­si­ble : ils pren­nent 50% de la somme finale.

Oui, 50%, c’est énorme. Mais je n’avance aucun frais, je ne paye rien si le cas n’aboutit pas, et ça ne demande que peu de temps (en tout cas moins de temps que si je devais aller voir un avo­cat et tout gér­er). Au final, je me dis que c’est de l’argent que je n’aurais pas pu touch­er seule, alors tant pis si j’en partage la moitié !

Leur défaut : ils n’attaquent que les gross­es entre­pris­es, là où la licence pour­ra donc être élevée. J’ai donc un gros pour­cent­age de cas refusés. Il m’est donc arrivée de pass­er par la solu­tion à l’amiable après avoir essayé d’utiliser Pixsy... et d’obtenir le paiement moi-même ain­si (que je garde donc à 100% pour moi, et toc !). Par con­tre, il ne faut surtout pas essay­er de con­tac­ter le site web voleur avant d’ouvrir le cas, et c’est pour cela que j’ai flouté mes exem­ples ci-dessus.

 

Comment se protéger du vol de photos ?

Pour que Pixsy attaque, il faut qu’ils jugent le cas comme viable (ce qui est logique d’un point de vue financier, mais rageant d’un point de vue de pho­tographe). Le site doit donc être celui d’une entre­prise, local­isée dans un des pays où Pixsy inter­vient. Soit très très peu de pays. J’ai, par exem­ple, des pho­tos qui ser­vent sur des sites de ren­con­tres africains, et je ne pour­rai rien faire con­tre ça.
Et si j’essayais d’agir en amont, pour pro­téger mes prochaines pho­tos ? Mais com­ment on peut pro­téger une pho­to, d’ailleurs ?

Il y a quelques années, on voy­ait des sites qui dés­ac­ti­vaient le clic droit afin de ren­dre la copie de l’image impos­si­ble. C’était une tech­nique bien con­nue, aus­si facile à met­tre en place qu’à con­tourn­er, en plus d’être assez irri­tante pour le vis­i­teur. Je vous le décon­seille assez forte­ment !

Il existe égale­ment la tech­nique du water­mark : un texte, un fil­igrane ou un logo est affiché en tra­vers de l’image, pour la ren­dre inutil­is­able. C’est la tech­nique util­isée par les banque d’images, notam­ment. Mais nous con­vien­drons que ça gâche totale­ment la pho­to, non ?

Il y a une tech­nique plus douce pour sign­er ses pho­tos : ajouter son nom dans les don­nées EXIFs de l’image. Vous pou­vez le faire assez facile­ment via le menu de l’appareil pho­to ou dans des appli­ca­tions telles que Bridge. Le soucis, c’est qu’en pra­tique ça ne pro­tège de rien, ça ne per­met que de prou­ver la pater­nité d’une pho­to, éventuelle­ment. Bref, vous pou­vez le faire, mais ça n’empêchera pas la pho­to d’être volée.

En réal­ité, le seul moyen de ne pas se faire vol­er ses pho­tos, c’est de ne pas les partager. C’est sim­ple.

Per­son­nelle­ment, j’ai choisi de mon­tr­er mes pho­tos et de le faire dans de bonnes con­di­tions : avec des images qu’on peut affich­er en grand, sans les défig­ur­er avec des water­marks en tra­vers. Je préfère me faire vol­er des pho­tos que de les gâch­er ain­si. Mais je vais à présent rajouter une sig­na­ture.

Ajouter une signature

C’est le moyen de plus esthé­tique (à mon sens) pour mar­quer une pho­to sans la gâch­er totale­ment.
L’intérêt est dou­ble : si la pho­to est repro­duite, les spec­ta­teurs voient tout de même mon nom, et si jamais le voleur venait à couper la pho­to pour retir­er la sig­na­ture, cela con­stituerait un fac­teur aggra­vant.

La sig­na­ture, c’est à la fois plus joli, plus dis­cret, et plus per­son­nel qu’un logo. Pour la créer on peut bien sûr scan­ner la sienne... sauf quand, comme c’est le cas pour moi, on a une écri­t­ure moche ! On peut égale­ment opter pour une typogra­phie imi­tant l’écriture man­u­scrite, mais elle ont rarement le car­ac­tère spon­tanée d’une sig­na­ture authen­tique.

J’ai donc testé un stu­dio améri­cain, Pho­tol­o­go, qui pro­pose des sig­na­tures réal­isées sur-mesure par des graphistes. Ils deman­dent 39$ pour une livrai­son sous 7 jours (on peut pay­er un peu plus cher si on est pressé).

Et au final, ça donne donc ça :

Je vais à présent appos­er cette sig­na­ture sur toutes les images que je partagerai ici. On ver­ra si je réduis ain­si le nom­bre d’utilisations fraud­uleuses !

Comment ajouter la signature Photologo sur les images ?

Pho­tol­o­go vous envoie des fichiers PNG : une ver­sion blanche et une ver­sion noire de la sig­na­ture sur fond trans­par­ent.

Si vous êtes à l’aise avec des logi­ciels comme Pho­to­shop, il est sim­ple de créer une forme («brush») à par­tir du fichi­er png, pour l’apposer sur toutes les pho­tos. Vous pou­vez égale­ment envis­ager de pro­gram­mer un petit script à par­tir de ça, pour gag­n­er du temps.

Si vous êtes per­dus avec les logi­ciels de graphisme, les édi­teurs de Pho­tol­o­go pro­posent égale­ment un logi­ciel dédié à la ges­tion des sig­na­tures : le logi­ciel per­met de traiter en série des pho­tos pour appos­er la sig­na­ture tou­jours au même endroit. On peut bien sûr affin­er chaque inté­gra­tion en réglant indi­vidu­elle­ment l’opacité, la taille, le place­ment, le choix entre la sig­na­ture noire ou la sig­na­ture blanche, etc.

Il est donc fort prob­a­ble que dans les mois à venir, je « mouline » toutes les pho­tos du blog pour rajouter la sig­na­ture partout !

Quelques exemples et anecdotes

Parce qu’il est facile de se laiss­er décourager face au manque de scrupules de cer­tains, j’ai partage ici trois anec­dotes autour des vols de mes pho­tos. Si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à les racon­te en com­men­taire !

Le voleur... qui me reprochait de ne pas être contente.

Grâce à Pixsy, j’ai décou­vert qu’un cou­ple de blogueurs util­i­saient une de mes images de Der­ry, en Irlande. Ma pho­to est en en-tête de l’article, puis plus bas, dans le corps, au milieu des leurs. Il faut savoir que c’est fréquent de voir des blogueurs piquer le tra­vail d’autres blogueurs. Et au fil des années, j’ai même l’impression que ça empire.
J’ouvre donc la page Face­book du blog en ques­tion, et comme celui-ci s’appelle « Pre­mier Vol», j’ironise bien sûr dessus en leur lais­sant un mes­sage.

La con­ver­sa­tion qui suit est assez révéla­trice du peu de respect que cer­tains blogueurs ont pour le tra­vail des autres (bon, par con­tre, ils seront les pre­miers à hurler au pla­giat s’ils se font copi­er...). Au lieu de se con­tenter de s’excuser, le mon­sieur (aka le voleur) m’explique que je suis vrai­ment pas polie ni sym­pa dans ma façon de leur dire qu’il sont des voleur. Quelques extraits des expli­ca­tions du cou­ple de voleurs :

  • on est blogueurs plaisir, on en vie pas, donc on se détend de la collerette et on règle ça tran­quilou 
  • nous n’avons en aucun cas détourn­er la loi, il s’agit tout au plus d’une erreur d’appréciation de notre part 
  • Nous n’avons aucun sou­venir du blog en ques­tion, et avons prob­a­ble­ment pris la pho­to sur Google image.
  • pour moi à l’époque c’était juste un moyen d’avoir des sou­venirs d’une journée ou nos pho­tos ne rendaient pas très bien..bastien s’est occupé de retir­er la pho­to en ques­tion. Je ne me sou­viens pas de ton blog donc c’est qu’elle doit être en libre ser­vice sur le serveur Google, Sans sig­na­ture .

Si vous voulez lire la con­ver­sa­tion en entier, elle est publique et acces­si­ble ici. Le mon­sieur (aka le voleur) a juste sup­primé un mes­sage (qui résume assez bien l’échange), que je remets ici :

On a donc deux per­son­nes qui pensent qu’on peut se servir sur Google Images gra­tu­ite­ment, pour affich­er les pho­tos des autres au milieu des siennes, sans deman­der l’autorisation ni même créditer l’auteur. L’expression « libre ser­vice sur le serveur Google » mon­tre bien leur (fausse ?) mécon­nais­sance à ce sujet.
Que l’utilisation qu’ils font de ma pho­to soit com­mer­ciale ou non, on ne peut pas utilis­er Google Image comme source : il faut véri­fi­er les crédits et lég­is­la­tions s’appliquant à chaque image. Ce n’est ni une erreur, ni une trahi­son, c’est un délit.
Le cas présent, je ne porterai pas plainte, car c’est typ­ique­ment la sit­u­a­tion où je serais peut-être gag­nante à la fin, mais où j’aurais per­du beau­coup de temps pour rien (prob­a­ble­ment pas de quoi rem­bours­er les frais de jus­tice).

Le voleur qui cherchait à m’apitoyer

Les juristes et avo­cats de Pixsy sont donc en train de traiter un cer­tain nom­bre d’affaires pour moi. Ils sont prob­a­ble­ment red­outa­bles : c’est leur méti­er. Et c’est pourquoi l’un des voleurs a essayé de me con­tac­ter en direct. Une de mes pho­tos sert de fond d’écran au site de son organ­i­sa­tion (qui n’est pas une petite PME ou un petit arti­san, hein !). Je n’ai bien sûr pas répon­du à son mail, mais le con­tenu m’a à la fois attristée et fait sourire.

Le mon­sieur m’expliquait donc, dans son mes­sage, être très âgé, et très malade. Les avo­cats lui deman­dent une grosse somme. Cette affaire, à laque­lle il ne s’attendait pas, lui cause beau­coup de stress. Et ça pour­rait lui créer des prob­lèmes car­diaques. Il me sup­pli­ait de renon­cer à cette affaire.

C’est une réponse clas­sique des voleurs : ils expliquent qu’ils sont petits, sans le sous. Par­fois ils essayeront de flat­ter, égale­ment. Mais ne vous lais­sez pas avoir ! En l’occurrence, si Pixsy a pris le cas, c’est qu’ils l’ont jugé viable, et donc que le voleur a les moyens de pay­er !

 

Le voleur qui a fait faillite

Par con­tre, cer­tains voleurs n’ont réelle­ment pas les moyens de pay­er, et je resterai donc sur ma faim avec Kitchen Trot­ter, comme des cen­taines de clients qui ne recevront jamais leur « box » de cui­sine.

Impos­si­ble à join­dre, aux abon­nés absents partout, même pour leurs clients, la boîte est sem­ble-t-il en fail­lite.
Là encore, inutile de porter plainte (mal­heureuse­ment) : s’ils n’arrivent pas à livr­er les clients, il est peu prob­a­ble qu’ils puis­sent pay­er leurs pho­tos volées, même sur ordre du tri­bunal. Et par con­tre, moi, il faudrait que je paye l’avocate...

 

24 Commentaires

  1. Bon­jour « Mme Oreille»,

    je suis out­ré de voir à quel point cer­taines per­son­nes ne respectent pas le tra­vail des autres. Je te suis depuis un bon bout de temps mal­gré le fait que je n’ajoute pas de com­men­taires car ce n’est pas trop dans ma nature. Mais là, il le fal­lait !!

    Je trou­ve ton tra­vail remar­quable, de très belles pho­tos qui me font voy­ager à tra­vers ton objec­tif. Con­tin­ue comme cela, et j’espère que tu arriveras avoir gain de cause sur toutes ces pho­tos volées!! 🙂

    A très vite de te lire...

  2. Excel­lent arti­cle!!
    Mer­ci pour ces éclair­cisse­ments!! Et bon courage pour la suite de tes affaires en cours!!
    Petite ques­tion bête : l’utilisation d’un logi­ciel apposant un « copy­right», ca doit faire office de sig­na­ture non ?

  3. On a beau­coup ce souci en cui­sine aus­si car nos con­tenus ne sont pas obsolètes rapi­de­ment. J’ai du moi aus­si pren­dre une avo­cate. Je com­mence toute­fois tou­jours par un mail gen­til car je me sou­viens, quand j’ai com­mencé mon blog il y a 13 ans (ouch), il m’est arrivé de pren­dre des pho­tos sur Google IMages pour illus­tr­er des mêmes ou des arti­cles qui n’avaient rien à voir avec la cui­sine . J’ai tout changé depuis bien sur 😉 Je ne con­nais­sais rien au droit d’auteur et j’ai appris. Donc je laisse tou­jours le béné­fice du doute. Mais si je n’ai pas de réponse ou alors qu’on me prend de haut, je peux devenir assez vite pénible 😉

  4. Vous dites que Pixsy est gra­tu­it ce n’est pas tout à fait vrai, il est gra­tu­it seule­ment pour les 500 pre­mières pho­tos .... Après faut pass­er au tiroir caisse

  5. Coucou Mme Oreille !
    Très intéres­sant cet arti­cle. Mal­heureuse­ment, j’ai déjà été vic­time d’un vol (ou plusieurs peut-être . Je ne véri­fie plus). Les voleurs (améri­cains) en ques­tion, voulait utilis­er ma pho­to à des fins com­mer­ciales (coques pour smart­phones). Lorsque je les ai con­tac­té, ceux-ci étaient assez énervés et m’ont dit que ce n’était pas à des fins com­mer­ciales, que c’était un soi-dis­ant test (totale­ment faux !). Bref ! Pour résumer, Ils ont enlevé ma pho­to. Depuis, je me suis un peu résignée à ce niveau car je trou­vais cela bien trop fas­ti­dieux. Je vais donc m’inscrire sur Pixsy. Mer­ci pour cet arti­cle !

  6. Mon dieu, je n’avais pas con­science de toute la dif­fi­culté à faire retir­er une image qui n’est pas libre de droit ! Moi qui flippe quand j’utilise une image dans une banque gra­tu­ite et libre de droit déjà, mais alors là... Out­re le côté flat­teur, c’est très très agaçant... 🙁

    A bien­tôt,
    Line

  7. Mer­ci pour cet arti­cle ! C’est très intéres­sant car les prob­lèmes de droits à l’image sont nom­breux. Et mer­ci pour l’info sur Pixsy, j’ai vu qu’on pou­vait entre IG et FlickR mais peut-on rajouter son site/blog et par exem­ple twit­ter ? si oui com­ment ? mer­ci pour le con­seil !

  8. Mer­ci pour cet arti­cle pas­sion­nant ! J’ai pas réus­si à scan­ner les URL depuis Pixi mais en faisant une recherche Google Image sur mon arti­cle qui marche le mieux quelle suprise de décou­vrir que Kitchen Trot­ter m’a égale­ment vol­er 3 pho­tos (mer­ci ils m’ont mis le crédit mais meme pas de liens ... sans compter qu’il ne m’avait bien sur pas deman­der l’autorisation ) grrrrr !!!!

  9. Super intéres­sant ! J’avais suivi la saga de la pho­to de Der­ry... Plus on enten­dra par­ler de ce genre de cas, plus les gens y seront sen­si­bil­isés (et ici, je vis d’espoir et d’eau fraiche) et peut-être qu’on ver­ra une diminu­tion des cas...

  10. Madame Oreille, j’en suis jaloux, cela fait 52 ans que je souhaite qu’on m’en vole une... For­cé­ment, je ne fais que des pho­tos de m... sans faire exprès (sauf une), je vous l’assure et pour­tant je m’applique, d’où mon admi­ra­tion devant vos clichés.
    Vous twit­tez un pau­vre verre de vin ital­ien et vous en faites une vinasse gouleyante. Autant j’aimerais m’en inspir­er (mais je crains le pire), autant ça me ferait mal de vous la vol­er. Les voleurs d’images man­quent de respect, d’éducation et de con­science (dans le mot, il y a...) Le monde nou­veau et le réseau social est ain­si, il s’en fout... il vole allè­gre­ment ! C’est triste et affligeant, MON monde ne pen­sait pas ain­si... J’espère sim­ple­ment que vous aurez assez de patience et de courage pour ne pas baiss­er le rideau. Bien ami­cale­ment. O

  11. Franche­ment le toupet de la réponse!!!! Tes pho­tos sont tou­jours mag­nifique alors je com­prends qu elles puis­sent faire des envieux ou que cer­tains veuil­lent s en servir par con­tre dans un cadre pro c est pas fair play. Je me suis tou­jours demandé en epinglant des pho­tos dans mes tableaux pin­ter­est si c était légal ou pas?! Quelques fois je reçois un mail dis­ant que la pho­to a été retiré... Bon courage et con­tin­ue de nous faire rêver!!!!

  12. Très bon arti­cle ! Mer­ci pour l’info sur Pixsy.
    Per­son­nelle­ment j’utilise une sig­na­ture car­rée qui cou­vre 10 à 15% de l’image. C’est plus dif­fi­cile à recadr­er.
    Et les images sont présen­tées dans une light­box, ce qui n’autorise pas le clic droit.
    Enfin, la ques­tion des droits est claire­ment men­tion­née sur Google images ! Ça n’est pas une excuse pour les voleurs !

  13. Oh super cet arti­cle.
    Je suis en train de regarder via Pixsy... ey oh mon dieu j’ai des tas de pho­tos de mon flickr qui ont été prise.
    J’hallucine
    et j’ai pour l’instant trou­vé une seule pho­to ou j’ai été crédité....
    J’ai pas de logo ou water­mark sur mes pho­tos
    J’ai jamais trou­vé quel nom met­tre pour mes pho­tos
    mais là purée.
    Déjà mon flickr est sous mon ancien pseu­do, j’ai pas encore eue le courage de le sup­primer et de le recréer com­plète­ment.
    Mais là total hal­lu­ci­na­tion.
    Je crois que je vais y pass­er ma soirée a regarder via le site.
    Et c’est partout dans le monde aus­si.

  14. C’est quand même dingue quand je vois que tu t’es fait vol­er 2000 pho­tos ! Tu m’étonnes que tu sois tombée des nues...

    Dans mon anci­enne boîte, j’avais repris la ges­tion d’une anci­enne com­mu­nauté et sa page Face­book. En cou­ver­ture, il y avait une pho­to depuis des années (le site est resté inac­t­if env­i­ron 4 ans)...

    Mécon­tent que l’équipe du site change, même après 4 ans de « mort totale», le pro­prié­taire nous avait men­acé de tous les bor­ds (pour le coup, je suis sûre qu’il était de mau­vaise foi et avait don­né sa pho­to à l’ancienne équipe).

    On a fini par pay­er une coquette somme parce que finale­ment c’est nor­mal de le faire (bon, là, on avait payé très cher pour une pho­to mal cadrée, de la bonne mau­vaise foi et une util­i­sa­tion dont on ne voulait même pas puisqu’on venait d’arriver pour redonner un coup de jeune... ) !

    Bref, ça m’en a beau­coup appris sur le droit d’image et j’ai redou­blé d’attention depuis ce jour-là, d’autant que pour le coup, on y était pour rien). Ceci dit, tout le monde s’en fout pour le moment...

    En tout cas, mer­ci pour tes con­seils !

  15. C’est totale­ment fou le culot que peu­vent avoir les voleurs d’images ! Le dis­cours qu’ils tien­nent est hal­lu­ci­nant... voire triste.
    Je vais jeter un œil sur Pixsy que je ne con­nais­sais pas, mer­ci pour cette infor­ma­tion et pour cet arti­cle détail­lé !

  16. Mer­ci pour l’article. Je con­nais­sais Pixsy mais n’avais pas encore trou­vé de moyen pour me retourn­er vers ces voleurs de pho­tos... Je ne suis pas pho­tographe pro­fes­sion­nelle ce qui me rend nerveuse lorsqu’il me faut faire val­oir mes droits et deman­der des com­pen­sa­tions finan­cières. Je pense que c’est assez dif­fi­cile surtout quand on n’est pas déclaré en tant que pro ou micro-entre­prise. Je ne suis pas sure com­ment ça se passe d’un point de vu legal. Dans tous les cas, j’ai tout de même essayé votre tech­nique de l’email pour une pho­to util­isée sur un site Ital­ien. Juste his­toire d’éduquer un peu et mon­tr­er que ce type de pra­tique ne passe pas tou­jours inaperçue.
    J’ai eu un retour ce jour de ce mag­a­zine sur l’environnement tenu par des bénév­oles. L’email sem­ble être de bonne foi, mais comme ils ne peu­vent pas pay­er les frais, ils ont sup­primé la pho­to... Ils me deman­dent cepen­dant ma per­mis­sion de la réa­jouter con­tre un cred­it pho­to et un do-fol­low vers mon site plus un arti­cle dedié. ça me sem­ble léger mais comme c’est une pre­mière je vais laiss­er couler.
    Bref, tout ça pour dire, un grand mer­ci à vous Aure­lie pour ce post qui m’a pouss­er à me bat­tre pour mon tra­vail, pro ou non, il faut savoir faire recon­naître son tra­vail !

  17. Excel­lent cet arti­cle. J’ai appris beau­coup de choses donc mer­ci pour ça, et j’ai bien ri aus­si au passage...c’est sou­vent le cas, on rit de nos déboires mais plus sou­vent après que pen­dant, on est bien d’accord !
    Cer­tains font preuve d’une mau­vaise foi incroy­able, c’est pitoy­able. Ça donne envie de lancer un scan du net pour voir si nous aus­si on se fait piquer des pho­tos, inten­tion­nelle­ment ou à cause d’une mécon­nais­sance for­tu­ite des droits bien enten­du !
    La sig­na­ture est la solu­tion la moins pire donc, même si elle ne pro­tège pas par­faite­ment les pho­tos.

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