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Éthique du voyageur photographe

J’ai une liste avec des idées d’articles pour plusieurs semaines. Je pen­sais abor­der la ques­tion de l’éthique beau­coup plus tard. Mais une dis­cus­sion sur un forum m’a fait bondir, et je me suis dit que c’est prob­a­ble­ment ce qu’il y a de plus impor­tant.

Il arrive sou­vent de crois­er d’autres pho­tographes ama­teurs en voy­age. Et par­fois, j’ai honte d’avoir, aux yeux des locaux, autant de points com­muns avec eux. Nous avons la même couleur de peau, la même orig­ine, et il ne fait aucun doute qu’on nous associera... Vous en avez cer­taine­ment déjà croisé aus­si, des gens qui n’ont aucun respect, se com­por­tent en ter­rain con­quis. Ça ne se lim­ite pas aux pho­tographes, mais c’est le sujet de ce blog, donc, je vais par­ler de l’éthique du voyageur pho­tographe (oui, c’est le titre de l’article).

 

Por­trait volé ou por­trait posé ?

Per­son­nelle­ment, j’aime énor­mé­ment les por­traits posés (cf galerie), où le mod­èle regarde l’objectif et sourit. J’aime qu’on sente une cer­taine com­plic­ité entre le pho­tographe et le sujet. Mais je com­prends très bien qu’on appré­cie les scènes de vie, à la manière des human­istes (bien que cer­taines pho­tos de Dois­neau furent des mis­es en scène). Ça per­met de saisir un instant, de racon­ter quelque chose. Pour que la pho­to soit réussie, dans les deux cas, il faut respecter l’autre. Beau­coup de pho­tographes, une fois sur le sol asi­a­tique (entre autres), oublient cette notion. Mais imag­inez des japon­ais qui viendraient se coller à votre vis­age, sans un bon­jour, sans un mer­ci, pour nous mitrailler. Ou qui se cacheraient der­rière un mur pour vous avoir au téléob­jec­tif !

L’été dernier, en Inde, j’ai été très choquée par un homme qui est allé se coller aux femmes en train de se laver sur un ghât (ces escaliers qui mènent à l’eau, dans laque­lle on fait la lessive, les ablu­tions et la toi­lette). C’est déjà très incon­venant d’aller se met­tre au milieu des gens, comme ça, dans un instant aus­si intime, mais en plus, il s’est mis à pren­dre en pho­to une dame âgée et une jeune fille, qui était prob­a­ble­ment mineure. Elles lui ont dit d’arrêter, tout le monde l’a regardé. Les autres femmes lui ont dit de dégager. Moi-même, je me suis avancée, pour lui dire de par­tir, pen­sant que venant d’un autre touriste ça aurait plus d’impact. Il a fait mine de ne pas enten­dre et n’est repar­ti qu’après avoir pris d’autres pho­tos.
Oh, je peux com­pren­dre l’intérêt pho­tographique de la scène. Pour autant, je suis à peu près sûre que sa pho­to est mau­vaise : les deux per­son­nages le regar­dent en mon­trant leur désac­cord. C’est plus proche d’une pho­to de paparazzi que d’une cou­ver­ture de Nation­nal Geo­graph­ic. Mon Belge dit d’ailleurs que « cet enfoiré » fai­sait des pho­tos avec « son petit télé­phone portable (rouge) tout pour­ri », que les pho­tos sont donc « sûre­ment dégueu­lass­es », et qu’il a vrai­ment hésité à aller « lui faire boire la tasse en lui pétant son appareil de merde entre les max­il­laires » mais pour éviter de per­dre du temps en effrayant les gens calmes qui se lavaient, il a préféré le laiss­er en proie à son Kar­ma...

Pour­tant, pho­togra­phi­er des scènes de vie, tout en respec­tant les gens, est par­faite­ment pos­si­ble. Mais ça sup­pose de pren­dre son temps. On ne peut pas se point­er, faire sa pho­to, et repar­tir le plus vite pos­si­ble. Vous pou­vez par exem­ple com­mencer par faire quelque pho­tos posées. Les mod­èles se voient sur l’écran LCD, rigo­lent avec vous. Il y a un début d’échange. Puis ils repren­nent leurs activ­ités, et vous, vous restez à les regarder. L’idée, c’est de faire par­tie du décor. Ils vous oublient, repren­nent leurs activ­ités, et vous pou­vez faire des pho­tos en sachant que vous ne le dérangez pas. Dans tous les cas, gardez l’appareil vis­i­ble, soyez dis­cret mais sans vous cacher : n’agissez pas comme un voleur. Pour deman­der l’autorisation, pas besoin de par­ler, souriez en soule­vant l’appareil pho­to. Selon les pays, la pro­por­tion de gens accep­tant est plus ou moins élevée mais générale­ment supérieure à 1/2 !

Et à pro­pos de l’écran LCD, sachez que vous êtes rarement le pre­mier touriste que votre mod­èle crois­era : il sait que la pho­to s’affiche, et il l’attend. C’est la moin­dre des choses, de lui mon­tr­er. Par­fois, ils auront même envie de faire défil­er toutes les pho­tos de la carte mémoire, lais­sez-les faire : ne com­mencez pas à met­tre des bar­rières en mon­trant que votre appareil a beau­coup de valeur. D’une part, il y a peu de chances pour qu’ils arrivent à l’abîmer, et d’autre part, traitez-les en leur mon­trant qu’ils sont votre égal. De manière générale, j’ai ten­dance à penser que la rela­tion qu’on crée avec le mod­èle rend la pho­to meilleure. (note : je ne par­le pas de met­tre toutes les chances de votre côté pour vous faire vol­er, non plus... On ne peut pas faire ça partout)

 

Nous ne sommes pas jour­nal­istes

S’il y a une chose qui m’énerve, c’est le mis­éra­bil­isme. Ramen­er des pho­tos de bidonville pour mon­tr­er qu’on a eu des vacances « dif­férentes » des col­lègues ? Jouer au reporter de guerre ? Il y a des gens qui sont payés pour ça, et qui savent le faire (ou qui s’abaissent, nécrophages pathé­tiques qu’ils sont, à pren­dre en pho­to une jeune ado­les­cente abattue d’une balle dans les décom­bres de Haïti...). Ce n’est pas la place du touriste. Alors, certes, on ne vis­ite pas tou­jours des lieux par­a­disi­aques, mais quel est l’intérêt d’insister là-dessus pour vos pho­tos de voy­age ? Est-ce représen­tatif de vos vacances ? Est-ce que ça va apporter quelque chose à quelqu’un ? Le monde vous a-t-il atten­du pour savoir qu’il y a des enfants qui men­di­ent ? Est-ce que vos pho­tos plairaient aux gens qui vivent là ?

Si vous pensez vrai­ment, et sincère­ment, que vous pou­vez faire quelque chose de con­struc­tif (et pas une énième pho­to de SDF à demi-mort), alors faites-le bien, avec tout le sérieux et la pudeur que le sujet mérite. Soyez atten­tifs au ressen­ti des gens vers qui vous allez, informez-vous sur les prob­lé­ma­tiques. Bref, faites un vrai tra­vail de jour­nal­iste et pas juste quelques pho­tos « choc ». Légen­dez vos pho­tos, met­tez un con­texte, expliquez ce qu’il se passe.

 

Pay­er pour une pho­to

Ah. Grand débat. Je crois qu’on s’est déjà tous posé la ques­tion. Vous allez vers un joli vis­age, et paf, la main se tend pour vous deman­der des sous. Vous vous apprêtez à retourn­er le boîti­er pour mon­tr­er la pho­to, et voilà que le majeur glisse sur le pouce : « mon­ey ».
A court terme, ça peut paraître bien de don­ner : il mangera ce soir et cer­tains n’ont que cette source de revenus. Mais ça n’est pas pleine­ment sat­is­faisant pour autant. Il faut savoir qu’à long terme, ça peut avoir des aspects néfastes : on encour­age la men­dic­ité. Le gamin n’ira pas chercher un « vrai » tra­vail s’il peut gag­n­er plus en deman­dant aux touristes. Alors oui, sur le moment, c’est dif­fi­cile de dire non, mais si vous avez vrai­ment envie d’une bonne action, préférez pay­er à manger directe­ment. Ne don­nez en aucun cas des bon­bons (pas de den­tistes) et si vous voulez absol­u­ment refour­guer des crayons et des cahiers, ne faites pas la dis­tri­b­u­tion vous-mêmes (ça risque d’être reven­du), passez plutôt par une école. Sinon, vous pou­vez aus­si trou­ver des asso­ci­a­tions qui cor­re­spon­dent à vos idées et faire un don, mais la bonne action anonyme c’est tout de suite vache­ment moins plaisant pour l’égo...

 

En con­clu­sion, com­portez-vous en voy­age comme vous vous com­por­teriez chez vous. Il y a prob­a­ble­ment des tas d’autres points à abor­der, mais ce sont les trois qui me vien­nent à l’esprit pour le moment. Peut-être que je ferai une suite plus tard ! En atten­dant, je vous laisse me don­ner votre point de vue (je suis gen­tille) !

 

Lun­di Bien­tôt, je vous par­lerai de l’accessoire que vous devriez tous avoir pour faire du por­trait !

40 Commentaires

  1. Bon­jour,
    J » adhère totale­ment ... Bra­vo !
    Mer­ci pour le texte . De manière claire et con­cise, tu parviens à plac­er des mots per­ti­nents pour exprimer totale­ment mon pro­pre ressen­ti (ce que, bien sou­vent, je n » arrive pas à faire !) .
    A plus ...
    Jean-Fi .

  2. Excel­lent arti­cle ! Le sujet est impor­tant, intéres­sant mais trop peu traité.

    Vous traitez très bien de la manière de pho­togra­phi­er dans le respect de l’individu, mais quid de la pub­li­ca­tion ?

    Je me posais juste­ment des ques­tions quant au droit à l’image. Dans cer­tains pays, la loi inter­dit de pub­li­er l’image d’une per­son­ne isolée sans son con­sen­te­ment. Ce droit à l’image me sem­ble tout à fait légitime, et même sans par­ler de loi, c’est avant tout une ques­tion de respect de la per­son­ne pho­tographiée.

    Est-ce que le voyageur éthique demande tou­jours la per­mis­sion de pub­li­er sur l’internet la pho­to d’un indi­vidu isolé et iden­ti­fi­able ? Cela n’est pas for­cé­ment facile — à cause de la bar­rière lin­guis­tique notam­ment —, ce qui doit décourager beau­coup de pho­tographes. Pour­tant, cette ques­tion me sem­ble essen­tielle dans une éthique du voyageur pho­tographe.

    Bonne con­tin­u­a­tion !

  3. Super arti­cle qui me donne envie de réa­gir.
    Je rebondis sur la remar­que de Gérald que je com­prends par­faite­ment. Mais je vais ten­ter d’expliquer mon point de vue.

    Dans le cas d’une per­son­ne pho­togra­phi­er à l’étranger, a-t-on le droit de dif­fuser son image ? La réponse juridique est bien sou­vent non. Mais y a t’il quelque chose de juridique dans l’instant où l’on saisit le cliché avec l’accord de la per­son­ne pho­tographiée.

    Si elle est d’accord pour nous laiss­er un sou­venir de son image, pourquoi n’aurait-on pas le droit de con­serv­er la pho­to dans un cer­cle restreint ou tout du moins dans un cer­cle non com­mer­cial ?

    La ques­tion de départ est légitime, mais croyez-vous seule­ment que les pho­tographes comme Michael Free­man, David Duchemin, Scott Kel­by ou tout autre pho­tographe qui écrit des livres avec ses pro­pres clichés a l’autorisation de chaque per­son­ne pour une dif­fu­sion mas­sive inter­plané­taire ?

    Si eux ne le font pas, croyez-vous que ce soit aux quelques ama­teurs avides du respect des lois de le faire. Je pense que non. Par con­tre si c’est par respect pour la per­son­ne pho­tographiée, alors oui. Pour ma part j’estime qu’une pho­to non dégradante met­tant en valeur la per­son­ne sur une image à voca­tion per­son­nel ne jus­ti­fie pas cette per­mis­sion.

    Je com­prends la ques­tion, je la respecte, mais pour ma part je trou­ve que l’on ren­tre dans une société juridique extrême. On se soucie de ces ques­tions quand dans la majorité des pays vis­ités, le droit de vote, le droit des femmes, le droit à l’égalité, le droit à un toit ou à la san­té n’est pas respec­té...

    Ce n’est pas pour ça qu’il faut leur man­quer de respect mais je pense sincère­ment que le fond du prob­lème n’est pas dans le souci d’obtenir ou non une per­mis­sion.

    Bon week-end pho­tographique à tous.

  4. Effec­tive­ment, je n’ai pas abor­dée la ques­tion juridique, mais je partage l’avis de Chtiben. D’ailleurs, même en France, il y a eu des procès où le pho­tographe a gag­né face à la per­son­ne pho­tographiée : le droit à l’image est très dur, mais il est par­fois sou­ple, aus­si. Néan­moins, je n’ai pas l’intention d’en arriv­er là !
    Comme Chtiben, je pense que si la pho­to est prise avec le con­sen­te­ment de la per­son­ne, et que celle-ci n’est pas mon­trée de façon dégradante, il n’y a pas de rai­son que ça pose prob­lème, surtout si on présente l’écran LCD : le mod­èle voit la pho­to, il est en droit de dire que ça ne lui plait pas.

    Par con­tre, là où ça se com­plique, c’est quand la pho­to est des­tinée à la vente. Je n’ai pas encore vrai­ment réfléchi à cette ques­tion, mais je ne vois pas de réponse sim­ple. En tout cas morale­ment par­lant. Revenir après don­ner de beaux tirages et un peu d’argent ? Pren­dre un pour­cent­age sur toutes les ventes pour une asso­ci­a­tion ?

    Si quelqu’un qui vend ses pho­tos (ce n’est pas mon cas) passe par ici, son point de vue pour­rait être intéres­sant !

  5. Très très bon cet arti­cle, entière­ment d’accord avec le para­graphe « Pay­er pour une pho­to ».
    En ce qui con­cerne la vu d’autres touristes qui pho­togra­phient à 10 cm du vis­age, c’est vrai­ment dif­fi­cile de s’interposer, surtout que ma pre­mière approche ressem­ble à si mépren­dre à ce qu’aurait fait « ton Belge »... Avec le temps j’ai mit de l’eau dans mon vin, j’essaye d’être moins bru­tal, de leur expli­quer que si les rôles étaient inver­sés ils le prendraient peut-être dif­férem­ment, ou de leur mon­tr­er le ridicule de la chose, mais par­fois cela ne marche pas, et puis cela prend du temps « d’éduquer», il faut avouer que sou­vent je ne dit rien, peut-être par lâcheté...

    En ce qui con­cerne le droit à l’image, ça m’a tou­jours tra­cassé cette his­toire... Aujourd’hui j’ai une galerie ouverte pour quelque mois, la moitié des pho­tos sont des por­traits et elles sont des­tinées à la vente.
    Au final 90 à 95% des béné­fices seront rever­sés à une ONG, mais surtout la galerie est à Tai­wan, en Asie les règles sont bien dif­férentes avec celles de France. Alors si un jour la même galerie (par ex.) ouvrait en Europe ou en Amérique du Nord, est-ce que je resterais dans la légal­ité ?
    C’est vrai que si un pho­tographe pro pas­sait par là, cela serait sym­pa de nous éclair­er 😉

  6. Excel­lent arti­cle !
    Je suis tout à fait d’accord ... j’ai vu de ces choses à l’étranger qui m’ont scan­dal­isé (des femmes que l’on pho­togra­phie sans leur con­sen­te­ment ...). Ce sont des idées qui ne me viendraient jamais à l’esprit. Je parts pour l’Indonésie cet été j’en rap­porterai des clichés, mais ce sera surtout des paysages, l’idée de pho­togra­phi­er les gens ne me vient pas à l’esprit car per­so je déteste être prise en pho­to.
    Une petite anec­dote en pas­sant : à une époque, je tra­vail­lais dans un grand mag­a­sin parisien, chaque jour il y avait des touristes qui nous pre­naient en pho­tos sans cesse, sans même nous deman­der notre avis. On se serait cru au zoo ... com­bi­en de fois j’ai fail­li les gifler ... 🙁

  7. Je pense qu’on a la même approche-:)J’ai vu pas mal de cas sur la route....
    Per­so, je trou­ve que c’est impor­tant de ne jamais don­né d’argent pour une pho­to.

    J’ajouterais deux choses :
    – les por­traits : dés que tu deman­des, dans cer­tains pays, les gens posent alors et adieu le naturel. J’adore les pho­tos à la Dois­neau. Je pense qu’il y a un juste milieu. Tu peut être respectueux et « pou­voir vol­er » cer­taines pho­tos. Et ensuite, un sourire, dis­cuter avec la per­son­ne et lui mon­tr­er la pho­to. Si elle est pas d’accord (c’est rare), tu l’effaces.

    - les mau­vais côtés d’un pays,cela fait par­tie du voy­age, pourquoi ne pas le mon­tr­er ? Je suis pas tout à fait d’accord avec toi sur ton opin­ion sur les pho­tographes de guerre, mais bon, c’est presque un autre debat !

  8. San­dro : pour la galerie, tu par­les des images de Bir­manie ?
    Depuis quelques jours, je retourne le prob­lème dans ma tête, et je n’arrive pas à pren­dre posi­tion sur la ques­tion. C’est la même chose avec le doc­u­men­taire, en quelque sorte. Si on paye les gens qui sont filmés, on en fait des acteurs, et on trahit un peu le pro­pos. Il suf­fit de voir les « tribus » qui se déguisent pour cor­re­spon­dre aux attentes des touristes, parce qu’il ne faudrait pas que le bon sauvage porte un jean. Mais en même temps, si quelqu’un gagne de l’argent grâce à un por­trait, il est juste que ça soit partagé...
    La prochaine fois que je croise un pro­fes­sion­nel, je lui pose la ques­tion et je refais un arti­cle !

    Brioche : hum, pas sure que tu résistes à l’envie de faire un por­trait ! 😀 Non, vrai­ment, en Asie, les gens te deman­dent par­fois eux-mêmes de les pren­dre en pho­to, et le por­trait est aus­si un bon moyen d’entamer des dis­cus­sions. Surtout qu’avoir été de l’autre côté, te donne juste­ment suff­isam­ment de sen­si­bil­ité pour faire les choses cor­recte­ment.

    Fab­rice : per­son­nelle­ment, j’aime bien les por­traits posés mais souri­ants, et il est vrai qu’ils ont ten­dance à se figer. Genre ils rigo­lent avant et après, mais tirent une tête pas pos­si­ble pen­dant. Mais je pense que si tu te fais accepter, les gens repren­nent des allures naturelles. Le prob­lème, c’est le temps. C’était comme ça en Mon­golie. Le pre­mier jour, ils sont ultra sérieux, s’arrêtent de sourire dès que je déclenche. Mais dès le deux­ième jour, ils se déten­dent un peu et j’arrive à avoir quelques scènes naturelles. Après, les Mon­goles sont sans doute par­mi les pires : ils sont capa­bles d’aller se chang­er pour la pho­to ! Chez eux, ça a vrai­ment une grande impor­tance. Un peu comme les pho­tos de nos grands-par­ents, où per­son­ne ne sourit, parce qu’il faut avoir l’air sérieux et respectable !

    Pour les aspects négat­ifs, je ne dis pas de ne pas les pho­togra­phi­er du tout, mais de ne pas le faire n’importe com­ment. J’ai vu récem­ment un dia­po­ra­ma sur l’Inde qui m’a un peu choquée, par exem­ple : entre deux por­traits souri­ants, des pho­tos volées de men­di­ants culs nus, d’enfants dans les détri­tus, et le tout sans aucune finesse ni con­texte. C’est assez voyeur, peu respectueux pour les gens sur les pho­tos, et surtout ça n’apporte rien : on le sait que l’Inde est pau­vre, pas besoin d’un gros plan sur des ordures pour ça !
    A l’inverse, il est pos­si­ble de faire des choses intéres­santes, mais en sor­tant de la pho­to de vacances, en prenant un axe, en étu­di­ant le sujet, pas juste en bal­ançant des pho­tos comme ça.

  9. En tout cas, en Asie, comme ils aiment la pho­to, ils ont ten­dance à trop pos­er, par­fois, c’est vrai­ment pas naturel:-)

    Sinon, oui tu as rai­son, la mise en per­spec­tive est impor­tante !

  10. Brioche : ça passe étrange­ment tou­jours plus vite pen­dant qu’avant :p

    fab­rice : oui, j’en ai quelques unes aus­si, où avec des yeux d’occidentaux, la pose frise le ridicule. Air pincé, torse bom­bé... Allez, le prochain chi­nois qui me prend en pho­to, je fais pareil !

  11. « Mon Belge dit d’ailleurs que « cet enfoiré » fai­sait des pho­tos avec « son petit télé­phone portable (rouge) tout pour­ri », que les pho­tos sont donc « sûre­ment dégueu­lass­es », et qu’il a vrai­ment hésité à aller « lui faire boire la tasse en lui pétant son appareil de merde entre les max­il­laires »
    Moi je crois que je l’aurai fait... 😛 C’est un per­vers en puis­sance à mes yeux...

  12. A nos yeux aus­si, je te ras­sure. Et en plus, pho­tographi­ant une mineure, il était prob­a­ble­ment con­damnable dans son pays. Mais pass­er le reste de la journée dans un poste de police parce qu’on a démolit un touriste, je ne suis pas sure que ça ne se retourn­erait pas con­tre nous.
    (Même si on a regret­té de ne pas être inter­venus autrement que ver­bale­ment pen­dant plusieurs jours.)

  13. Aha­ha, pourquoi pas... oups ! oh, le télé­phone n’était pas water­proof...
    Ce qui est dingue, c’est qu’il n’oserait cer­taine­ment pas faire la même chose chez lui. Mais être à l’étranger dés­in­hibe, on ne con­nait per­son­ne, on ne les rever­ra jamais, alors on s’en fout ! Celui_ci était un exem­ple choquant, mais, à moin­dre échelle (pas de nudité d’adolescente quoi), on croise quand même beau­coup de gens qui n’ont aucun respect. J’aimerais bien savoir ce qu’ils racon­tent quand ils mon­trent leurs pho­tos en ren­trant.

  14. Tres chou­ette arti­cle : je plus­sois sur l’ensemble.
    Petit temoignage sur ma derniere mau­vaise expe­ri­ence a ce pro­pos : au Laos, a Luang Pabrang lors de l’aumone des moines a 6h du mat, j’ai vu des dizaines de touristes les pho­togra­phi­er comme des singes a 50cm de leur nez... c’etait pour­tant si sim­ple de zoomer depuis le trot­toir d’en face...

  15. Ah oui, les moines c’est vrai­ment frap­pant... Je l’avais lu sur d’autres blogs, mais le voir, c’est autre chose ! En plus, en Jan­vi­er, à 6h, il fai­sait nuit, donc bon­jour les flashs dans tous les sens ! C’est vrai­ment mal­sain. Pour­tant ils gar­dent leur calme..
    Et puis en plus, on te vend de quoi par­ticiper, et du coup, les gens se font pho­togra­phi­er pen­dant qu’ils don­nent, et c’est lim­ite s’ils ne deman­dent pas au moine de pren­dre la pose !

  16. Salut Oreille !

    Super cet arti­cle, je partage glob­ale­ment la même vision que toi de l’éthique du voyageur pho­tographe.

    En par­lant de Luang Pra­bang, j’ai égale­ment été choqué par ces touristes qui se mêlent aux locaux durant l’offrande. Cer­tains ne sont pas con­tentés d’être pris en pho­to par le con­joint, ils ont flashé à tout va tous les moines qui leur pas­saient devant. Ils ne pou­vaient pas être plus au coeur de l’action... J’ai trou­vé ça vrai­ment déplacé comme atti­tude 🙁

  17. Oui, et dans ces moments là, ça fait mal de se dire que, pour­tant, aux yeux d’un moine, on doit beau­coup leur ressem­bler : touriste blanc...

    Je vais dire un truc sans doute très con, mais j’ai l’impression que les gens qui fréquentent les blogs par­lant de voy­age sont plus sen­si­bles à la ques­tion de l’éthique. Non que ceux qui n’en lisent pas y soient for­cé­ment insen­si­bles (encore heureux !)

  18. Oui trou­ver un angle un thème. Par­fois une main, une sil­hou­ette un acces­soire peu­vent mon­tr­er en toute pudeur et dis­cre­tion une idée. Faire du reportage sur la mis­ère ou des sujets sen­si­bles s’est bien si der­rière il y a une action, comme un reportage allez voir le site Burn par exem­ple ou bien human­i­taire comme http://photophilanthropy.org/
    et je suis sur qu’il en existe bien d’autres. Pour moi le droit à son image est un con­cept impor­tant à appli­quer quelque soit la sit­u­a­tion. Mes enfants par exem­ple ont un droit de regard sur les images que je prend et désir poster... sans compter que je n’envisagerai pas de poster des images inap­pro­priées et il me sem­ble devoir faire de même avec des incon­nus.

  19. Cécile, je suis tout à fait d’accord ! La pudeur est pri­mor­diale. Le par­al­lèle avec tes enfants est une bonne mise en per­spec­tive. Cer­tains me don­nent l’impression de ne plus con­sid­ér­er la per­son­ne d’en face comme un égal.
    Heureuse­ment il existe bien des exem­ples de pho­tographes, ama­teurs ou pro­fes­sion­nels, réus­sis­sant à traiter ces sujets sen­si­bles ! (c’est néces­saire, quand même)

  20. Excel­lente réflex­ion sur l’éthique en pho­togra­phie. Nous n’avons dérogé qu’une fois aux pho­tos (mon épouse, plutôt adepte des por­traits) ou video (moi) libre­ment con­sen­ties, chez les eth­nies de la basse val­lée de l’Omo en Ethiopie. Mais nous savions avant de par­tir qu’il faudrait ou pay­er ou ne pas pho­togra­phi­er.

    Le sec­ond jour j’ai eu un gros coup de blues et je ne pou­vais pas filmer ces gens qui se met­taient en scène, sans doute parce que d’autres avant moi le leur avaient appris. Nous étions chez l’ethnie Karo, réputée pour ses pein­tures cor­porelles.

    J’ai « boudé » pen­dant 10min et mes amis m’ont dit « dès que nous serons par­tis, tu vas le regret­ter ». Alors j’ai trou­vé un com­pro­mis et chargé le guide de deman­der aux vil­la­geois de regag­n­er leurs cas­es et de veiller à leurs occu­pa­tions quo­ti­di­ennes.

    Dès lors nous n’avions plus un groupe en face de nous, mais des per­son­nes avec qui une « cer­taine forme de com­plic­ité » a pu être établie, générant ici et là des rires. Je crois qu’eux comme nous en furent sat­is­faits puisqu’exceptionnellement sem­ble-t-il, 3 per­son­nes plus âgées ont entamées un chant avant notre départ.

    Pour l’anecdote, dans un autre vil­lage, chez les Arboré, nous avons porté notre atten­tion sur les hommes et les per­son­nes plus âgées, ayant remar­qué que nous avions ten­dance à pho­togra­phi­er les per­son­nes de sexe féminin les plus esthé­tiques.

    Quelle atti­tude fal­lait il avoir ? 1 an après je n’ai tou­jours pas la réponse à cette ques­tion.

  21. Hel­lo Aurélie !

    Ce qui est dif­fi­cile c’est que c’est au jugé de cha­cun, et comme chaque pho­to a son con­texte, unique, on doit faire au cas par cas. Moins on con­naît le pays, sa cul­ture, ses habi­tants, et plus il est dif­fi­cile de tranch­er.

    Sur le fait de rester avec la per­son­ne, dis­cuter, je suis bien d’accord ! C’est là où on obtient les meilleures pho­tos, posées ou non (j’aime bien les deux...), et aus­si les meilleurs sou­venirs ! Avec le polaroid ce qu’il y a de vrai­ment cool c’est que tu peux en laiss­er un exem­plaire, et ça fait sou­vent plaisir.

    A bien­tôt 😉

  22. Julie : bon­jour, et bien­v­enue ici 🙂
    Il y a certes de grandes dif­férences d’un pays à l’autre, mais coller un objec­tif sur le nez de quelqu’un sans lui deman­der son avis, ou se plan­quer der­rière son téléob­jec­tif et par­tir comme un voleur sera cer­taine­ment perçu de la même manière partout : mal. Après, il y a des endroits où on ne pho­togra­phie pas les enfants, d’autres où il ne faut pas approcher les femmes, des pays où on croit que la pho­to vole un part de l’âme, d’autres où c’est un jeu appré­cié... Et for­cé­ment l’approche sera dif­férente.
    Pour les polaroids, laiss­er un sou­venir est assez génial, en effet. J’ai per­son­nelle­ment opté pour leur imp­ri­mante de poche (pogo), du coup.

  23. Ah oui tu as une Pogo ! Chou­ette ça. J’attendais que le prix baisse (plus de 100€ c’était trop quand c’est sor­ti) mais je vois que tu t’es bien débrouil­lée 😉

  24. Ah je ne l’ai pas achetée à sa sor­tie, hein ! Mais un an plus tard son prix avait été divisé par deux... Ils ont sor­ti une nou­velle ver­sion, ce devrait être pareil.

  25. Je me posais juste­ment la ques­tion, nous par­tons en jan­vi­er pour un an donc des pho­tos on va en pren­dre des tas ! Un pho­tographe pro m’avait dit qu’il serait bien de faire sign­er un ptit papi­er aux per­son­nes pho­tographiées mais euh.. je trou­vais ça déli­cat ! Ton arti­cle m’a vrai­ment éclairée et j’adore l’idée de dis­cuter, mon­tr­er les clichés et obtenir l’accord ver­bal des gens, ça per­met d’échanger un peu. Les pho­tos seront sur notre blog et éventuelle­ment dans des petites expos à notre retour... rien de bien méchant.
    Sujet dont on ne par­le pas beau­coup et pour­tant si impor­tant...
    Bra­vo pour ce blog ! Il m’a séduite !
    Stéph

  26. Je l’avoue je n’ai pas lu l’intégralité de l’article mais j’ai lu les grands points que tu as abor­dé & je voulais don­ner mon avis aus­si :).

    Je trou­ve aus­si très beaux les por­traits posés où on perçoit cette com­plic­ité entre le pho­tographe et le mod­èle néan­moins, pour moi, il n’y a rien de plus beau que des vis­ages naturels, une scène de vie, un instant unique. Les traits déga­gent de telles émo­tions lorsqu’ils sont au naturel, des émo­tions indi­ci­bles .
    Je suis entière­ment d’accord avec toi dans les deux cas le respect est une règle pri­mor­diale & deux choses que je déteste c’est le Voyeurisme & le mis­éra­bil­isme (comme tu l’as men­tion­né) . C’est exacte­ment ce que tu as mar­qué, j’ai aus­si été choqué par des touristes qui sont allé se pren­dre en pho­to avec un SDF dans les rues de Hanoï, non mais com­ment peut on faire une chose pareille ? J’ai aus­si hal­lu­ciné lorsque j’étais au Viêt nam car une jeune femme ne pre­nait que des pho­tos de bidonville, & encore, & encore, elle ne s’arrêtait jamais, et dés qu’on pas­sait devant de belles vues, rien. D’accord nous sommes pas tou­jours dans des endroits sub­limes mais je me suis dit exacte­ment comme toi à ce moment « Mais elle veut faire quoi, mon­tr­er à ses amis en ren­trant qu’elle a fait un voy­age pas comme les autres ?» enfin je n’y com­prends rien à ce genre de per­son­nes.
    Pay­er pour une pho­to, ahhh le grand débat, une ques­tion qui nous a trot­té dans la tête à ma mère & moi pen­dant notre voy­age au Pérou. En effet au Pérou beau­coup, énor­mé­ment je dois dire, de per­son­ne demande des sous lorsqu’on les prends en pho­to. C’est très dur par­fois, on se dit qu’un ou deux euros leurs per­me­t­trait de manger ce soir, mais on a tout de même trou­ver un com­pro­mis. Nous n’avons jamais don­ner d’argent mais nous avons tou­jours acheté un petit quelque chose aux enfants ou autre.

    Voilà, j’ai beau­coup aimé ton arti­cle :).

  27. haha moi j’aime bien le belge, il a l’air rigo­lo.

    Pour les ques­tions d’éthiques, je pense que beau­coup de touristes n’y reflechissent pas. Ca ne fait pas d’eux de gens mau­vais je pense (je dis que c’est ce que tu dis dans ton arti­cle), même s’il y en a bien sûr (cf. l’homme à l’appareil rouge!).
    Je bosse en Afrique, et je suis sou­vent en con­tact avec des gens qui vont en Afrique pour du tourisme pur, et veu­lent juste un sou­venir. « Ho regarde tous ces poulets sur la moto » -clic- « Ho regarde cette bag­nole abîmée » -clic- « le jolie gamine » -clic- « la vieille » etc...
    Sou­vent, il suf­fit de leur faire une fois la remar­que, et beau­coup se sen­tiront cons en dis­ant qu’ils y avaient même pas pen­sé etc... Après il y a aus­si les abrutis, qui diront qy’ils font rien de mal (ben si, juste­ment!) mais cela, il faut leur taper dessus.

  28. Hey ! Je gam­bade sur ton site depuis au moins deux heures ^^ et je dois dire que c’est très intéres­sant ! J’aime beau­coup cet arti­cle (d’où le com­men­taire), qui rap­pelle quelques trucs élé­men­taires mais que beau­coup n’imaginent même pas, par manque d’empathie, racisme ordi­naire ou car­ré­ment grossièreté, ou impudeur, ou pire, vice (le mec qui prend les femmes avec son portable, en train de se laver, c’est ni plus ni moins de la per­ver­sité) (à ce sujet, j’aime beau­coup la réac­tion du Belge :D).
    Pour ma part, j’ai voy­agé surtout en Europe, mais je suis telle­ment timide que je n’ose pas deman­der aux gens de les pren­dre en pho­tos, du coup...je ne le fais pas 😡 ! Je devrais peut-être y penser pour mon prochain voy­age... ^^ !

  29. Bon­jour,

    Très bon arti­cle car étant agent de voy­age spé­cial­isé dans le tourisme sol­idaire et respon­s­able, nous nous trou­vons par­fois con­fron­ter à des sit­u­a­tions inattendues...voir ris­i­bles et ridicules devant le com­porte­ment de cer­tains touristes en mal de la » pho­to qui tue » et « inso­lite » de leur vacances...

    C’est pourquoi, il est très impor­tant de traiter ce sujet à l » ére du numérique et de la pho­to instan­ta­née volée, twit­tée, face­bookée etc..en quelques sec­on­des !
    Ces instants volés peu­vent avoir des con­séquences à long terme sur nos hôtes d’accueil selon leurs us et cou­tumes et beau­coup ne com­pren­nent pas cette frénésie autour de ceux qui est pour eux de sim­ple scènes du quotidien...voir pire de leur intim­ité : lavandière, femmes et enfants au bord des riv­ières entrain de se laver ou faire leur vaiselle..personnes se reposant sur un hamac...
    J’entends sou­vent : pourquoi ne pas sourire ou venir vers nous plutôt que de tout observ­er der­rière cet écran ??
    Ces com­porte­ments sont sou­vent incon­scients, les per­son­nes ne se ren­dent même pas compte que leur atti­tude est un manque de respect total des per­son­nes ren­con­trées et que juste­ment cela peut met­tre une bar­rière à leur quête d’aventure !

    C’est pourquoi , je vous remer­cie d’avoir traiter de ce sujet qui me donne aus­si l’occasion de dire que c’est aus­si à nous les pro­fes­sion­nels du tourisme de sen­si­bilis­er nos futurs voyageurs à leur com­porte­ment et leur faire adop­tés aus­si des éco-gestes citoyens.

    Chez Vision Ethique nous insérons sys­té­ma­tique­ment dans nos car­nets de voy­age une Charte du Voyageurs respon­s­ables qui indiquent quelques com­porte­ments de base et ayant du bon sens à respecter durant un séjour à l’étranger.

  30. Coucou,

    C’est beau ce que tu as écrit. Si il y a bien une chose que je n’arrive pas à faire en voy­age, ce sont les por­traits des locaux et pour­tant, j’aimerais bien. Je préfère laiss­er mon appareil dans le sac dans ces moments là. Un vis­age, une tenue par­ti­c­ulière sont générale­ment l’occasion de ramen­er avec soi un peu plus que des paysages, une ambiance.

    Il fau­dra que je sois moins timide doré­na­vant et que j’arrive à établir un dia­logue avec ces per­son­nes.

    Mer­ci pour cet arti­cle plein de bon sens !

  31. Salut,

    Je viens de décou­vrir ton blog et je dois dire que tes arti­cles sont très per­ti­nents et intéres­sants.
    Celui-ci me par­le beau­coup car je reviens d’un pre­mier voy­age en Asie, en l’occurence la Corée du Sud, où je me suis plusieurs fois posé cette ques­tion de l’éthique.
    Si effec­tive­ment dans un pre­mier temps, j’essayais d’être dis­cret pour pren­dre des pho­tos de scène de vie les plus naturelles pos­si­bles, j’ai vite ressen­ti un sen­ti­ment de cul­pa­bil­ité. Finale­ment, je me suis « for­cé » d’aller vers les gens pour avoir leur appro­ba­tion (ou non) et je dois admet­tre que ces pho­tos parais­sent tout aus­si naturelles, mais avec cette force de com­plic­ité comme tu le décris si bien.

    Pour finir, jouer au petit reporter et vol­er des images, ca manque de charme et surtout de respect.

    Bra­vo encore pour ce blog et ces pré­cieux con­seils !

  32. Mer­ci beau­coup pour cet arti­cle, je me pose mille ques­tions sur les pho­tos que j’ai pris­es à Mada­gas­car, que je pub­lie en ce moment sur Insta­gram... j’ai fait un tri dans ces pho­tos et j’ai la même vision que toi donc pas de pho­tos volées, pas de pho­tos mis­éra­bilistes, mais pas non plus de textes naïfs qui se con­tentent de dire « oh que les gens sont heureux alors qu’ils ont si peu on devrait s’en inspir­er » (un peu facile quand on peut voy­ager à l’autre bout du monde pour pren­dre ces pho­tos pré­cisé­ment). Les por­traits d’enfants en par­ti­c­uli­er m’interrogent beau­coup

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