J’ai une liste avec des idées d’articles pour plusieurs semaines. Je pensais aborder la question de l’éthique beaucoup plus tard. Mais une discussion sur un forum m’a fait bondir, et je me suis dit que c’est probablement ce qu’il y a de plus important.
Il arrive souvent de croiser d’autres photographes amateurs en voyage. Et parfois, j’ai honte d’avoir, aux yeux des locaux, autant de points communs avec eux. Nous avons la même couleur de peau, la même origine, et il ne fait aucun doute qu’on nous associera... Vous en avez certainement déjà croisé aussi, des gens qui n’ont aucun respect, se comportent en terrain conquis. Ça ne se limite pas aux photographes, mais c’est le sujet de ce blog, donc, je vais parler de l’éthique du voyageur photographe (oui, c’est le titre de l’article).
Portrait volé ou portrait posé ?
Personnellement, j’aime énormément les portraits posés (cf galerie), où le modèle regarde l’objectif et sourit. J’aime qu’on sente une certaine complicité entre le photographe et le sujet. Mais je comprends très bien qu’on apprécie les scènes de vie, à la manière des humanistes (bien que certaines photos de Doisneau furent des mises en scène). Ça permet de saisir un instant, de raconter quelque chose. Pour que la photo soit réussie, dans les deux cas, il faut respecter l’autre. Beaucoup de photographes, une fois sur le sol asiatique (entre autres), oublient cette notion. Mais imaginez des japonais qui viendraient se coller à votre visage, sans un bonjour, sans un merci, pour nous mitrailler. Ou qui se cacheraient derrière un mur pour vous avoir au téléobjectif !
L’été dernier, en Inde, j’ai été très choquée par un homme qui est allé se coller aux femmes en train de se laver sur un ghât (ces escaliers qui mènent à l’eau, dans laquelle on fait la lessive, les ablutions et la toilette). C’est déjà très inconvenant d’aller se mettre au milieu des gens, comme ça, dans un instant aussi intime, mais en plus, il s’est mis à prendre en photo une dame âgée et une jeune fille, qui était probablement mineure. Elles lui ont dit d’arrêter, tout le monde l’a regardé. Les autres femmes lui ont dit de dégager. Moi-même, je me suis avancée, pour lui dire de partir, pensant que venant d’un autre touriste ça aurait plus d’impact. Il a fait mine de ne pas entendre et n’est reparti qu’après avoir pris d’autres photos.
Oh, je peux comprendre l’intérêt photographique de la scène. Pour autant, je suis à peu près sûre que sa photo est mauvaise : les deux personnages le regardent en montrant leur désaccord. C’est plus proche d’une photo de paparazzi que d’une couverture de Nationnal Geographic. Mon Belge dit d’ailleurs que « cet enfoiré » faisait des photos avec « son petit téléphone portable (rouge) tout pourri », que les photos sont donc « sûrement dégueulasses », et qu’il a vraiment hésité à aller « lui faire boire la tasse en lui pétant son appareil de merde entre les maxillaires » mais pour éviter de perdre du temps en effrayant les gens calmes qui se lavaient, il a préféré le laisser en proie à son Karma...
Pourtant, photographier des scènes de vie, tout en respectant les gens, est parfaitement possible. Mais ça suppose de prendre son temps. On ne peut pas se pointer, faire sa photo, et repartir le plus vite possible. Vous pouvez par exemple commencer par faire quelque photos posées. Les modèles se voient sur l’écran LCD, rigolent avec vous. Il y a un début d’échange. Puis ils reprennent leurs activités, et vous, vous restez à les regarder. L’idée, c’est de faire partie du décor. Ils vous oublient, reprennent leurs activités, et vous pouvez faire des photos en sachant que vous ne le dérangez pas. Dans tous les cas, gardez l’appareil visible, soyez discret mais sans vous cacher : n’agissez pas comme un voleur. Pour demander l’autorisation, pas besoin de parler, souriez en soulevant l’appareil photo. Selon les pays, la proportion de gens acceptant est plus ou moins élevée mais généralement supérieure à 1/2 !
Et à propos de l’écran LCD, sachez que vous êtes rarement le premier touriste que votre modèle croisera : il sait que la photo s’affiche, et il l’attend. C’est la moindre des choses, de lui montrer. Parfois, ils auront même envie de faire défiler toutes les photos de la carte mémoire, laissez-les faire : ne commencez pas à mettre des barrières en montrant que votre appareil a beaucoup de valeur. D’une part, il y a peu de chances pour qu’ils arrivent à l’abîmer, et d’autre part, traitez-les en leur montrant qu’ils sont votre égal. De manière générale, j’ai tendance à penser que la relation qu’on crée avec le modèle rend la photo meilleure. (note : je ne parle pas de mettre toutes les chances de votre côté pour vous faire voler, non plus... On ne peut pas faire ça partout)
Nous ne sommes pas journalistes
S’il y a une chose qui m’énerve, c’est le misérabilisme. Ramener des photos de bidonville pour montrer qu’on a eu des vacances « différentes » des collègues ? Jouer au reporter de guerre ? Il y a des gens qui sont payés pour ça, et qui savent le faire (ou qui s’abaissent, nécrophages pathétiques qu’ils sont, à prendre en photo une jeune adolescente abattue d’une balle dans les décombres de Haïti...). Ce n’est pas la place du touriste. Alors, certes, on ne visite pas toujours des lieux paradisiaques, mais quel est l’intérêt d’insister là-dessus pour vos photos de voyage ? Est-ce représentatif de vos vacances ? Est-ce que ça va apporter quelque chose à quelqu’un ? Le monde vous a‑t-il attendu pour savoir qu’il y a des enfants qui mendient ? Est-ce que vos photos plairaient aux gens qui vivent là ?
Si vous pensez vraiment, et sincèrement, que vous pouvez faire quelque chose de constructif (et pas une énième photo de SDF à demi-mort), alors faites-le bien, avec tout le sérieux et la pudeur que le sujet mérite. Soyez attentifs au ressenti des gens vers qui vous allez, informez-vous sur les problématiques. Bref, faites un vrai travail de journaliste et pas juste quelques photos « choc ». Légendez vos photos, mettez un contexte, expliquez ce qu’il se passe.
Payer pour une photo
Ah. Grand débat. Je crois qu’on s’est déjà tous posé la question. Vous allez vers un joli visage, et paf, la main se tend pour vous demander des sous. Vous vous apprêtez à retourner le boîtier pour montrer la photo, et voilà que le majeur glisse sur le pouce : « money ».
A court terme, ça peut paraître bien de donner : il mangera ce soir et certains n’ont que cette source de revenus. Mais ça n’est pas pleinement satisfaisant pour autant. Il faut savoir qu’à long terme, ça peut avoir des aspects néfastes : on encourage la mendicité. Le gamin n’ira pas chercher un « vrai » travail s’il peut gagner plus en demandant aux touristes. Alors oui, sur le moment, c’est difficile de dire non, mais si vous avez vraiment envie d’une bonne action, préférez payer à manger directement. Ne donnez en aucun cas des bonbons (pas de dentistes) et si vous voulez absolument refourguer des crayons et des cahiers, ne faites pas la distribution vous-mêmes (ça risque d’être revendu), passez plutôt par une école. Sinon, vous pouvez aussi trouver des associations qui correspondent à vos idées et faire un don, mais la bonne action anonyme c’est tout de suite vachement moins plaisant pour l’égo...
En conclusion, comportez-vous en voyage comme vous vous comporteriez chez vous. Il y a probablement des tas d’autres points à aborder, mais ce sont les trois qui me viennent à l’esprit pour le moment. Peut-être que je ferai une suite plus tard ! En attendant, je vous laisse me donner votre point de vue (je suis gentille) !
Lundi Bientôt, je vous parlerai de l’accessoire que vous devriez tous avoir pour faire du portrait !

40 commentaires
Bonjour,
J » adhère totalement ... Bravo !
Merci pour le texte . De manière claire et concise, tu parviens à placer des mots pertinents pour exprimer totalement mon propre ressenti (ce que, bien souvent, je n » arrive pas à faire !) .
A plus ...
Jean-Fi .
Jean-Fi, tu me fais plaisir ! C’est un sujet qui me tient très à cœur.
Excellent article ! Le sujet est important, intéressant mais trop peu traité.
Vous traitez très bien de la manière de photographier dans le respect de l’individu, mais quid de la publication ?
Je me posais justement des questions quant au droit à l’image. Dans certains pays, la loi interdit de publier l’image d’une personne isolée sans son consentement. Ce droit à l’image me semble tout à fait légitime, et même sans parler de loi, c’est avant tout une question de respect de la personne photographiée.
Est-ce que le voyageur éthique demande toujours la permission de publier sur l’internet la photo d’un individu isolé et identifiable ? Cela n’est pas forcément facile — à cause de la barrière linguistique notamment —, ce qui doit décourager beaucoup de photographes. Pourtant, cette question me semble essentielle dans une éthique du voyageur photographe.
Bonne continuation !
Super article qui me donne envie de réagir.
Je rebondis sur la remarque de Gérald que je comprends parfaitement. Mais je vais tenter d’expliquer mon point de vue.
Dans le cas d’une personne photographier à l’étranger, a‑t-on le droit de diffuser son image ? La réponse juridique est bien souvent non. Mais y a t’il quelque chose de juridique dans l’instant où l’on saisit le cliché avec l’accord de la personne photographiée.
Si elle est d’accord pour nous laisser un souvenir de son image, pourquoi n’aurait-on pas le droit de conserver la photo dans un cercle restreint ou tout du moins dans un cercle non commercial ?
La question de départ est légitime, mais croyez-vous seulement que les photographes comme Michael Freeman, David Duchemin, Scott Kelby ou tout autre photographe qui écrit des livres avec ses propres clichés a l’autorisation de chaque personne pour une diffusion massive interplanétaire ?
Si eux ne le font pas, croyez-vous que ce soit aux quelques amateurs avides du respect des lois de le faire. Je pense que non. Par contre si c’est par respect pour la personne photographiée, alors oui. Pour ma part j’estime qu’une photo non dégradante mettant en valeur la personne sur une image à vocation personnel ne justifie pas cette permission.
Je comprends la question, je la respecte, mais pour ma part je trouve que l’on rentre dans une société juridique extrême. On se soucie de ces questions quand dans la majorité des pays visités, le droit de vote, le droit des femmes, le droit à l’égalité, le droit à un toit ou à la santé n’est pas respecté...
Ce n’est pas pour ça qu’il faut leur manquer de respect mais je pense sincèrement que le fond du problème n’est pas dans le souci d’obtenir ou non une permission.
Bon week-end photographique à tous.
Effectivement, je n’ai pas abordée la question juridique, mais je partage l’avis de Chtiben. D’ailleurs, même en France, il y a eu des procès où le photographe a gagné face à la personne photographiée : le droit à l’image est très dur, mais il est parfois souple, aussi. Néanmoins, je n’ai pas l’intention d’en arriver là !
Comme Chtiben, je pense que si la photo est prise avec le consentement de la personne, et que celle-ci n’est pas montrée de façon dégradante, il n’y a pas de raison que ça pose problème, surtout si on présente l’écran LCD : le modèle voit la photo, il est en droit de dire que ça ne lui plait pas.
Par contre, là où ça se complique, c’est quand la photo est destinée à la vente. Je n’ai pas encore vraiment réfléchi à cette question, mais je ne vois pas de réponse simple. En tout cas moralement parlant. Revenir après donner de beaux tirages et un peu d’argent ? Prendre un pourcentage sur toutes les ventes pour une association ?
Si quelqu’un qui vend ses photos (ce n’est pas mon cas) passe par ici, son point de vue pourrait être intéressant !
Très très bon cet article, entièrement d’accord avec le paragraphe « Payer pour une photo ».
En ce qui concerne la vu d’autres touristes qui photographient à 10 cm du visage, c’est vraiment difficile de s’interposer, surtout que ma première approche ressemble à si méprendre à ce qu’aurait fait « ton Belge »... Avec le temps j’ai mit de l’eau dans mon vin, j’essaye d’être moins brutal, de leur expliquer que si les rôles étaient inversés ils le prendraient peut-être différemment, ou de leur montrer le ridicule de la chose, mais parfois cela ne marche pas, et puis cela prend du temps « d’éduquer », il faut avouer que souvent je ne dit rien, peut-être par lâcheté...
En ce qui concerne le droit à l’image, ça m’a toujours tracassé cette histoire... Aujourd’hui j’ai une galerie ouverte pour quelque mois, la moitié des photos sont des portraits et elles sont destinées à la vente.
Au final 90 à 95% des bénéfices seront reversés à une ONG, mais surtout la galerie est à Taiwan, en Asie les règles sont bien différentes avec celles de France. Alors si un jour la même galerie (par ex.) ouvrait en Europe ou en Amérique du Nord, est-ce que je resterais dans la légalité ?
C’est vrai que si un photographe pro passait par là, cela serait sympa de nous éclairer 😉
Excellent article !
Je suis tout à fait d’accord ... j’ai vu de ces choses à l’étranger qui m’ont scandalisé (des femmes que l’on photographie sans leur consentement ...). Ce sont des idées qui ne me viendraient jamais à l’esprit. Je parts pour l’Indonésie cet été j’en rapporterai des clichés, mais ce sera surtout des paysages, l’idée de photographier les gens ne me vient pas à l’esprit car perso je déteste être prise en photo.
Une petite anecdote en passant : à une époque, je travaillais dans un grand magasin parisien, chaque jour il y avait des touristes qui nous prenaient en photos sans cesse, sans même nous demander notre avis. On se serait cru au zoo ... combien de fois j’ai failli les gifler ... 🙁
Je pense qu’on a la même approche-:)J’ai vu pas mal de cas sur la route....
Perso, je trouve que c’est important de ne jamais donné d’argent pour une photo.
J’ajouterais deux choses :
– les portraits : dés que tu demandes, dans certains pays, les gens posent alors et adieu le naturel. J’adore les photos à la Doisneau. Je pense qu’il y a un juste milieu. Tu peut être respectueux et « pouvoir voler » certaines photos. Et ensuite, un sourire, discuter avec la personne et lui montrer la photo. Si elle est pas d’accord (c’est rare), tu l’effaces.
- les mauvais côtés d’un pays,cela fait partie du voyage, pourquoi ne pas le montrer ? Je suis pas tout à fait d’accord avec toi sur ton opinion sur les photographes de guerre, mais bon, c’est presque un autre debat !
Sandro : pour la galerie, tu parles des images de Birmanie ?
Depuis quelques jours, je retourne le problème dans ma tête, et je n’arrive pas à prendre position sur la question. C’est la même chose avec le documentaire, en quelque sorte. Si on paye les gens qui sont filmés, on en fait des acteurs, et on trahit un peu le propos. Il suffit de voir les « tribus » qui se déguisent pour correspondre aux attentes des touristes, parce qu’il ne faudrait pas que le bon sauvage porte un jean. Mais en même temps, si quelqu’un gagne de l’argent grâce à un portrait, il est juste que ça soit partagé...
La prochaine fois que je croise un professionnel, je lui pose la question et je refais un article !
Brioche : hum, pas sure que tu résistes à l’envie de faire un portrait ! 😀 Non, vraiment, en Asie, les gens te demandent parfois eux-mêmes de les prendre en photo, et le portrait est aussi un bon moyen d’entamer des discussions. Surtout qu’avoir été de l’autre côté, te donne justement suffisamment de sensibilité pour faire les choses correctement.
Fabrice : personnellement, j’aime bien les portraits posés mais souriants, et il est vrai qu’ils ont tendance à se figer. Genre ils rigolent avant et après, mais tirent une tête pas possible pendant. Mais je pense que si tu te fais accepter, les gens reprennent des allures naturelles. Le problème, c’est le temps. C’était comme ça en Mongolie. Le premier jour, ils sont ultra sérieux, s’arrêtent de sourire dès que je déclenche. Mais dès le deuxième jour, ils se détendent un peu et j’arrive à avoir quelques scènes naturelles. Après, les Mongoles sont sans doute parmi les pires : ils sont capables d’aller se changer pour la photo ! Chez eux, ça a vraiment une grande importance. Un peu comme les photos de nos grands-parents, où personne ne sourit, parce qu’il faut avoir l’air sérieux et respectable !
Pour les aspects négatifs, je ne dis pas de ne pas les photographier du tout, mais de ne pas le faire n’importe comment. J’ai vu récemment un diaporama sur l’Inde qui m’a un peu choquée, par exemple : entre deux portraits souriants, des photos volées de mendiants culs nus, d’enfants dans les détritus, et le tout sans aucune finesse ni contexte. C’est assez voyeur, peu respectueux pour les gens sur les photos, et surtout ça n’apporte rien : on le sait que l’Inde est pauvre, pas besoin d’un gros plan sur des ordures pour ça !
A l’inverse, il est possible de faire des choses intéressantes, mais en sortant de la photo de vacances, en prenant un axe, en étudiant le sujet, pas juste en balançant des photos comme ça.
😉
C’est avoir été de l’autre côté fera que si je prends des photos de personnes je le ferai avec respect et toujours avec leur aval.
En tous cas j’ai hâte de partir ... je compte les jours.
En tout cas, en Asie, comme ils aiment la photo, ils ont tendance à trop poser, parfois, c’est vraiment pas naturel:-)
Sinon, oui tu as raison, la mise en perspective est importante !
Brioche : ça passe étrangement toujours plus vite pendant qu’avant :p
fabrice : oui, j’en ai quelques unes aussi, où avec des yeux d’occidentaux, la pose frise le ridicule. Air pincé, torse bombé... Allez, le prochain chinois qui me prend en photo, je fais pareil !
« Mon Belge dit d’ailleurs que « cet enfoiré » faisait des photos avec « son petit téléphone portable (rouge) tout pourri », que les photos sont donc « sûrement dégueulasses », et qu’il a vraiment hésité à aller « lui faire boire la tasse en lui pétant son appareil de merde entre les maxillaires »
Moi je crois que je l’aurai fait... 😛 C’est un pervers en puissance à mes yeux...
A nos yeux aussi, je te rassure. Et en plus, photographiant une mineure, il était probablement condamnable dans son pays. Mais passer le reste de la journée dans un poste de police parce qu’on a démolit un touriste, je ne suis pas sure que ça ne se retournerait pas contre nous.
(Même si on a regretté de ne pas être intervenus autrement que verbalement pendant plusieurs jours.)
Au pire, tu fais semblant de tomber et tu le pousses malencontreusement dans l’eau 😀 Cela arrive les maladroits...
Ahaha, pourquoi pas... oups ! oh, le téléphone n’était pas waterproof...
Ce qui est dingue, c’est qu’il n’oserait certainement pas faire la même chose chez lui. Mais être à l’étranger désinhibe, on ne connait personne, on ne les reverra jamais, alors on s’en fout ! Celui_ci était un exemple choquant, mais, à moindre échelle (pas de nudité d’adolescente quoi), on croise quand même beaucoup de gens qui n’ont aucun respect. J’aimerais bien savoir ce qu’ils racontent quand ils montrent leurs photos en rentrant.
Tres chouette article : je plussois sur l’ensemble.
Petit temoignage sur ma derniere mauvaise experience a ce propos : au Laos, a Luang Pabrang lors de l’aumone des moines a 6h du mat, j’ai vu des dizaines de touristes les photographier comme des singes a 50cm de leur nez... c’etait pourtant si simple de zoomer depuis le trottoir d’en face...
Ah oui, les moines c’est vraiment frappant... Je l’avais lu sur d’autres blogs, mais le voir, c’est autre chose ! En plus, en Janvier, à 6h, il faisait nuit, donc bonjour les flashs dans tous les sens ! C’est vraiment malsain. Pourtant ils gardent leur calme..
Et puis en plus, on te vend de quoi participer, et du coup, les gens se font photographier pendant qu’ils donnent, et c’est limite s’ils ne demandent pas au moine de prendre la pose !
Salut Oreille !
Super cet article, je partage globalement la même vision que toi de l’éthique du voyageur photographe.
En parlant de Luang Prabang, j’ai également été choqué par ces touristes qui se mêlent aux locaux durant l’offrande. Certains ne sont pas contentés d’être pris en photo par le conjoint, ils ont flashé à tout va tous les moines qui leur passaient devant. Ils ne pouvaient pas être plus au coeur de l’action... J’ai trouvé ça vraiment déplacé comme attitude 🙁
Oui, et dans ces moments là, ça fait mal de se dire que, pourtant, aux yeux d’un moine, on doit beaucoup leur ressembler : touriste blanc...
Je vais dire un truc sans doute très con, mais j’ai l’impression que les gens qui fréquentent les blogs parlant de voyage sont plus sensibles à la question de l’éthique. Non que ceux qui n’en lisent pas y soient forcément insensibles (encore heureux !)
Oui trouver un angle un thème. Parfois une main, une silhouette un accessoire peuvent montrer en toute pudeur et discretion une idée. Faire du reportage sur la misère ou des sujets sensibles s’est bien si derrière il y a une action, comme un reportage allez voir le site Burn par exemple ou bien humanitaire comme http://photophilanthropy.org/
et je suis sur qu’il en existe bien d’autres. Pour moi le droit à son image est un concept important à appliquer quelque soit la situation. Mes enfants par exemple ont un droit de regard sur les images que je prend et désir poster... sans compter que je n’envisagerai pas de poster des images inappropriées et il me semble devoir faire de même avec des inconnus.
Cécile, je suis tout à fait d’accord ! La pudeur est primordiale. Le parallèle avec tes enfants est une bonne mise en perspective. Certains me donnent l’impression de ne plus considérer la personne d’en face comme un égal.
Heureusement il existe bien des exemples de photographes, amateurs ou professionnels, réussissant à traiter ces sujets sensibles ! (c’est nécessaire, quand même)
Excellent article qui entre en totale adéquation avec mes sourires nomades 😉 J’adhère, et j’adore ton blog !
Merci beaucoup Charly 🙂
Très très bon article...
NowMadNow
Excellente réflexion sur l’éthique en photographie. Nous n’avons dérogé qu’une fois aux photos (mon épouse, plutôt adepte des portraits) ou video (moi) librement consenties, chez les ethnies de la basse vallée de l’Omo en Ethiopie. Mais nous savions avant de partir qu’il faudrait ou payer ou ne pas photographier.
Le second jour j’ai eu un gros coup de blues et je ne pouvais pas filmer ces gens qui se mettaient en scène, sans doute parce que d’autres avant moi le leur avaient appris. Nous étions chez l’ethnie Karo, réputée pour ses peintures corporelles.
J’ai « boudé » pendant 10min et mes amis m’ont dit « dès que nous serons partis, tu vas le regretter ». Alors j’ai trouvé un compromis et chargé le guide de demander aux villageois de regagner leurs cases et de veiller à leurs occupations quotidiennes.
Dès lors nous n’avions plus un groupe en face de nous, mais des personnes avec qui une « certaine forme de complicité » a pu être établie, générant ici et là des rires. Je crois qu’eux comme nous en furent satisfaits puisqu’exceptionnellement semble-t-il, 3 personnes plus âgées ont entamées un chant avant notre départ.
Pour l’anecdote, dans un autre village, chez les Arboré, nous avons porté notre attention sur les hommes et les personnes plus âgées, ayant remarqué que nous avions tendance à photographier les personnes de sexe féminin les plus esthétiques.
Quelle attitude fallait il avoir ? 1 an après je n’ai toujours pas la réponse à cette question.
Hello Aurélie !
Ce qui est difficile c’est que c’est au jugé de chacun, et comme chaque photo a son contexte, unique, on doit faire au cas par cas. Moins on connaît le pays, sa culture, ses habitants, et plus il est difficile de trancher.
Sur le fait de rester avec la personne, discuter, je suis bien d’accord ! C’est là où on obtient les meilleures photos, posées ou non (j’aime bien les deux...), et aussi les meilleurs souvenirs ! Avec le polaroid ce qu’il y a de vraiment cool c’est que tu peux en laisser un exemplaire, et ça fait souvent plaisir.
A bientôt 😉
Julie : bonjour, et bienvenue ici 🙂
Il y a certes de grandes différences d’un pays à l’autre, mais coller un objectif sur le nez de quelqu’un sans lui demander son avis, ou se planquer derrière son téléobjectif et partir comme un voleur sera certainement perçu de la même manière partout : mal. Après, il y a des endroits où on ne photographie pas les enfants, d’autres où il ne faut pas approcher les femmes, des pays où on croit que la photo vole un part de l’âme, d’autres où c’est un jeu apprécié... Et forcément l’approche sera différente.
Pour les polaroids, laisser un souvenir est assez génial, en effet. J’ai personnellement opté pour leur imprimante de poche (pogo), du coup.
Ah oui tu as une Pogo ! Chouette ça. J’attendais que le prix baisse (plus de 100€ c’était trop quand c’est sorti) mais je vois que tu t’es bien débrouillée 😉
Ah je ne l’ai pas achetée à sa sortie, hein ! Mais un an plus tard son prix avait été divisé par deux... Ils ont sorti une nouvelle version, ce devrait être pareil.
Bonjour et merci pour cette article au plaisir de vous relire
Je me posais justement la question, nous partons en janvier pour un an donc des photos on va en prendre des tas ! Un photographe pro m’avait dit qu’il serait bien de faire signer un ptit papier aux personnes photographiées mais euh.. je trouvais ça délicat ! Ton article m’a vraiment éclairée et j’adore l’idée de discuter, montrer les clichés et obtenir l’accord verbal des gens, ça permet d’échanger un peu. Les photos seront sur notre blog et éventuellement dans des petites expos à notre retour... rien de bien méchant.
Sujet dont on ne parle pas beaucoup et pourtant si important...
Bravo pour ce blog ! Il m’a séduite !
Stéph
Je l’avoue je n’ai pas lu l’intégralité de l’article mais j’ai lu les grands points que tu as abordé & je voulais donner mon avis aussi :).
Je trouve aussi très beaux les portraits posés où on perçoit cette complicité entre le photographe et le modèle néanmoins, pour moi, il n’y a rien de plus beau que des visages naturels, une scène de vie, un instant unique. Les traits dégagent de telles émotions lorsqu’ils sont au naturel, des émotions indicibles .
Je suis entièrement d’accord avec toi dans les deux cas le respect est une règle primordiale & deux choses que je déteste c’est le Voyeurisme & le misérabilisme (comme tu l’as mentionné) . C’est exactement ce que tu as marqué, j’ai aussi été choqué par des touristes qui sont allé se prendre en photo avec un SDF dans les rues de Hanoï, non mais comment peut on faire une chose pareille ? J’ai aussi halluciné lorsque j’étais au Viêt nam car une jeune femme ne prenait que des photos de bidonville, & encore, & encore, elle ne s’arrêtait jamais, et dés qu’on passait devant de belles vues, rien. D’accord nous sommes pas toujours dans des endroits sublimes mais je me suis dit exactement comme toi à ce moment « Mais elle veut faire quoi, montrer à ses amis en rentrant qu’elle a fait un voyage pas comme les autres ? » enfin je n’y comprends rien à ce genre de personnes.
Payer pour une photo, ahhh le grand débat, une question qui nous a trotté dans la tête à ma mère & moi pendant notre voyage au Pérou. En effet au Pérou beaucoup, énormément je dois dire, de personne demande des sous lorsqu’on les prends en photo. C’est très dur parfois, on se dit qu’un ou deux euros leurs permettrait de manger ce soir, mais on a tout de même trouver un compromis. Nous n’avons jamais donner d’argent mais nous avons toujours acheté un petit quelque chose aux enfants ou autre.
Voilà, j’ai beaucoup aimé ton article :).
haha moi j’aime bien le belge, il a l’air rigolo.
Pour les questions d’éthiques, je pense que beaucoup de touristes n’y reflechissent pas. Ca ne fait pas d’eux de gens mauvais je pense (je dis que c’est ce que tu dis dans ton article), même s’il y en a bien sûr (cf. l’homme à l’appareil rouge!).
Je bosse en Afrique, et je suis souvent en contact avec des gens qui vont en Afrique pour du tourisme pur, et veulent juste un souvenir. « Ho regarde tous ces poulets sur la moto » ‑clic- « Ho regarde cette bagnole abîmée » ‑clic- « le jolie gamine » ‑clic- « la vieille » etc...
Souvent, il suffit de leur faire une fois la remarque, et beaucoup se sentiront cons en disant qu’ils y avaient même pas pensé etc... Après il y a aussi les abrutis, qui diront qy’ils font rien de mal (ben si, justement!) mais cela, il faut leur taper dessus.
Hey ! Je gambade sur ton site depuis au moins deux heures ^^ et je dois dire que c’est très intéressant ! J’aime beaucoup cet article (d’où le commentaire), qui rappelle quelques trucs élémentaires mais que beaucoup n’imaginent même pas, par manque d’empathie, racisme ordinaire ou carrément grossièreté, ou impudeur, ou pire, vice (le mec qui prend les femmes avec son portable, en train de se laver, c’est ni plus ni moins de la perversité) (à ce sujet, j’aime beaucoup la réaction du Belge :D).
Pour ma part, j’ai voyagé surtout en Europe, mais je suis tellement timide que je n’ose pas demander aux gens de les prendre en photos, du coup...je ne le fais pas 😡 ! Je devrais peut-être y penser pour mon prochain voyage... ^^ !
Bonjour,
Très bon article car étant agent de voyage spécialisé dans le tourisme solidaire et responsable, nous nous trouvons parfois confronter à des situations inattendues...voir risibles et ridicules devant le comportement de certains touristes en mal de la » photo qui tue » et « insolite » de leur vacances...
C’est pourquoi, il est très important de traiter ce sujet à l » ére du numérique et de la photo instantanée volée, twittée, facebookée etc..en quelques secondes !
Ces instants volés peuvent avoir des conséquences à long terme sur nos hôtes d’accueil selon leurs us et coutumes et beaucoup ne comprennent pas cette frénésie autour de ceux qui est pour eux de simple scènes du quotidien...voir pire de leur intimité : lavandière, femmes et enfants au bord des rivières entrain de se laver ou faire leur vaiselle..personnes se reposant sur un hamac...
J’entends souvent : pourquoi ne pas sourire ou venir vers nous plutôt que de tout observer derrière cet écran ??
Ces comportements sont souvent inconscients, les personnes ne se rendent même pas compte que leur attitude est un manque de respect total des personnes rencontrées et que justement cela peut mettre une barrière à leur quête d’aventure !
C’est pourquoi , je vous remercie d’avoir traiter de ce sujet qui me donne aussi l’occasion de dire que c’est aussi à nous les professionnels du tourisme de sensibiliser nos futurs voyageurs à leur comportement et leur faire adoptés aussi des éco-gestes citoyens.
Chez Vision Ethique nous insérons systématiquement dans nos carnets de voyage une Charte du Voyageurs responsables qui indiquent quelques comportements de base et ayant du bon sens à respecter durant un séjour à l’étranger.
Coucou,
C’est beau ce que tu as écrit. Si il y a bien une chose que je n’arrive pas à faire en voyage, ce sont les portraits des locaux et pourtant, j’aimerais bien. Je préfère laisser mon appareil dans le sac dans ces moments là. Un visage, une tenue particulière sont généralement l’occasion de ramener avec soi un peu plus que des paysages, une ambiance.
Il faudra que je sois moins timide dorénavant et que j’arrive à établir un dialogue avec ces personnes.
Merci pour cet article plein de bon sens !
[…] Grace à Aurélie nous avons donc pu progresser dans notre pratique de la photo en voyage, dans le choix de notre matériel mais aussi dans notre ethique. […]
Salut,
Je viens de découvrir ton blog et je dois dire que tes articles sont très pertinents et intéressants.
Celui-ci me parle beaucoup car je reviens d’un premier voyage en Asie, en l’occurence la Corée du Sud, où je me suis plusieurs fois posé cette question de l’éthique.
Si effectivement dans un premier temps, j’essayais d’être discret pour prendre des photos de scène de vie les plus naturelles possibles, j’ai vite ressenti un sentiment de culpabilité. Finalement, je me suis « forcé » d’aller vers les gens pour avoir leur approbation (ou non) et je dois admettre que ces photos paraissent tout aussi naturelles, mais avec cette force de complicité comme tu le décris si bien.
Pour finir, jouer au petit reporter et voler des images, ca manque de charme et surtout de respect.
Bravo encore pour ce blog et ces précieux conseils !
Merci beaucoup pour cet article, je me pose mille questions sur les photos que j’ai prises à Madagascar, que je publie en ce moment sur Instagram... j’ai fait un tri dans ces photos et j’ai la même vision que toi donc pas de photos volées, pas de photos misérabilistes, mais pas non plus de textes naïfs qui se contentent de dire « oh que les gens sont heureux alors qu’ils ont si peu on devrait s’en inspirer » (un peu facile quand on peut voyager à l’autre bout du monde pour prendre ces photos précisément). Les portraits d’enfants en particulier m’interrogent beaucoup