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Éthique du voyageur photographe

par Madame Oreille

J’ai une liste avec des idées d’ar­ticles pour plu­sieurs semaines. Je pen­sais abor­der la ques­tion de l’é­thique beau­coup plus tard. Mais une dis­cus­sion sur un forum m’a fait bon­dir, et je me suis dit que c’est pro­ba­ble­ment ce qu’il y a de plus important.

Il arrive sou­vent de croi­ser d’autres pho­to­graphes ama­teurs en voyage. Et par­fois, j’ai honte d’a­voir, aux yeux des locaux, autant de points com­muns avec eux. Nous avons la même cou­leur de peau, la même ori­gine, et il ne fait aucun doute qu’on nous asso­cie­ra... Vous en avez cer­tai­ne­ment déjà croi­sé aus­si, des gens qui n’ont aucun res­pect, se com­portent en ter­rain conquis. Ça ne se limite pas aux pho­to­graphes, mais c’est le sujet de ce blog, donc, je vais par­ler de l’é­thique du voya­geur pho­to­graphe (oui, c’est le titre de l’article).

Por­trait volé ou por­trait posé ?

Per­son­nel­le­ment, j’aime énor­mé­ment les por­traits posés (cf gale­rie), où le modèle regarde l’ob­jec­tif et sou­rit. J’aime qu’on sente une cer­taine com­pli­ci­té entre le pho­to­graphe et le sujet. Mais je com­prends très bien qu’on appré­cie les scènes de vie, à la manière des huma­nistes (bien que cer­taines pho­tos de Dois­neau furent des mises en scène). Ça per­met de sai­sir un ins­tant, de racon­ter quelque chose. Pour que la pho­to soit réus­sie, dans les deux cas, il faut res­pec­ter l’autre. Beau­coup de pho­to­graphes, une fois sur le sol asia­tique (entre autres), oublient cette notion. Mais ima­gi­nez des japo­nais qui vien­draient se col­ler à votre visage, sans un bon­jour, sans un mer­ci, pour nous mitrailler. Ou qui se cache­raient der­rière un mur pour vous avoir au téléobjectif !

L’é­té der­nier, en Inde, j’ai été très cho­quée par un homme qui est allé se col­ler aux femmes en train de se laver sur un ghât (ces esca­liers qui mènent à l’eau, dans laquelle on fait la les­sive, les ablu­tions et la toi­lette). C’est déjà très incon­ve­nant d’al­ler se mettre au milieu des gens, comme ça, dans un ins­tant aus­si intime, mais en plus, il s’est mis à prendre en pho­to une dame âgée et une jeune fille, qui était pro­ba­ble­ment mineure. Elles lui ont dit d’ar­rê­ter, tout le monde l’a regar­dé. Les autres femmes lui ont dit de déga­ger. Moi-même, je me suis avan­cée, pour lui dire de par­tir, pen­sant que venant d’un autre tou­riste ça aurait plus d’im­pact. Il a fait mine de ne pas entendre et n’est repar­ti qu’a­près avoir pris d’autres photos.
Oh, je peux com­prendre l’in­té­rêt pho­to­gra­phique de la scène. Pour autant, je suis à peu près sûre que sa pho­to est mau­vaise : les deux per­son­nages le regardent en mon­trant leur désac­cord. C’est plus proche d’une pho­to de papa­raz­zi que d’une cou­ver­ture de Nation­nal Geo­gra­phic. Mon Belge dit d’ailleurs que « cet enfoi­ré » fai­sait des pho­tos avec « son petit télé­phone por­table (rouge) tout pour­ri », que les pho­tos sont donc « sûre­ment dégueu­lasses », et qu’il a vrai­ment hési­té à aller « lui faire boire la tasse en lui pétant son appa­reil de merde entre les maxil­laires » mais pour évi­ter de perdre du temps en effrayant les gens calmes qui se lavaient, il a pré­fé­ré le lais­ser en proie à son Karma...

Pour­tant, pho­to­gra­phier des scènes de vie, tout en res­pec­tant les gens, est par­fai­te­ment pos­sible. Mais ça sup­pose de prendre son temps. On ne peut pas se poin­ter, faire sa pho­to, et repar­tir le plus vite pos­sible. Vous pou­vez par exemple com­men­cer par faire quelque pho­tos posées. Les modèles se voient sur l’é­cran LCD, rigolent avec vous. Il y a un début d’é­change. Puis ils reprennent leurs acti­vi­tés, et vous, vous res­tez à les regar­der. L’i­dée, c’est de faire par­tie du décor. Ils vous oublient, reprennent leurs acti­vi­tés, et vous pou­vez faire des pho­tos en sachant que vous ne le déran­gez pas. Dans tous les cas, gar­dez l’ap­pa­reil visible, soyez dis­cret mais sans vous cacher : n’a­gis­sez pas comme un voleur. Pour deman­der l’au­to­ri­sa­tion, pas besoin de par­ler, sou­riez en sou­le­vant l’ap­pa­reil pho­to. Selon les pays, la pro­por­tion de gens accep­tant est plus ou moins éle­vée mais géné­ra­le­ment supé­rieure à 1/2 !

Et à pro­pos de l’é­cran LCD, sachez que vous êtes rare­ment le pre­mier tou­riste que votre modèle croi­se­ra : il sait que la pho­to s’af­fiche, et il l’at­tend. C’est la moindre des choses, de lui mon­trer. Par­fois, ils auront même envie de faire défi­ler toutes les pho­tos de la carte mémoire, lais­sez-les faire : ne com­men­cez pas à mettre des bar­rières en mon­trant que votre appa­reil a beau­coup de valeur. D’une part, il y a peu de chances pour qu’ils arrivent à l’a­bî­mer, et d’autre part, trai­tez-les en leur mon­trant qu’ils sont votre égal. De manière géné­rale, j’ai ten­dance à pen­ser que la rela­tion qu’on crée avec le modèle rend la pho­to meilleure. (note : je ne parle pas de mettre toutes les chances de votre côté pour vous faire voler, non plus... On ne peut pas faire ça partout)

Nous ne sommes pas journalistes

S’il y a une chose qui m’é­nerve, c’est le misé­ra­bi­lisme. Rame­ner des pho­tos de bidon­ville pour mon­trer qu’on a eu des vacances « dif­fé­rentes » des col­lègues ? Jouer au repor­ter de guerre ? Il y a des gens qui sont payés pour ça, et qui savent le faire (ou qui s’a­baissent, nécro­phages pathé­tiques qu’ils sont, à prendre en pho­to une jeune ado­les­cente abat­tue d’une balle dans les décombres de Haï­ti...). Ce n’est pas la place du tou­riste. Alors, certes, on ne visite pas tou­jours des lieux para­di­siaques, mais quel est l’in­té­rêt d’in­sis­ter là-des­sus pour vos pho­tos de voyage ? Est-ce repré­sen­ta­tif de vos vacances ? Est-ce que ça va appor­ter quelque chose à quel­qu’un ? Le monde vous a‑t-il atten­du pour savoir qu’il y a des enfants qui men­dient ? Est-ce que vos pho­tos plai­raient aux gens qui vivent là ?

Si vous pen­sez vrai­ment, et sin­cè­re­ment, que vous pou­vez faire quelque chose de construc­tif (et pas une énième pho­to de SDF à demi-mort), alors faites-le bien, avec tout le sérieux et la pudeur que le sujet mérite. Soyez atten­tifs au res­sen­ti des gens vers qui vous allez, infor­mez-vous sur les pro­blé­ma­tiques. Bref, faites un vrai tra­vail de jour­na­liste et pas juste quelques pho­tos « choc ». Légen­dez vos pho­tos, met­tez un contexte, expli­quez ce qu’il se passe.

Payer pour une photo

Ah. Grand débat. Je crois qu’on s’est déjà tous posé la ques­tion. Vous allez vers un joli visage, et paf, la main se tend pour vous deman­der des sous. Vous vous apprê­tez à retour­ner le boî­tier pour mon­trer la pho­to, et voi­là que le majeur glisse sur le pouce : « money ».
A court terme, ça peut paraître bien de don­ner : il man­ge­ra ce soir et cer­tains n’ont que cette source de reve­nus. Mais ça n’est pas plei­ne­ment satis­fai­sant pour autant. Il faut savoir qu’à long terme, ça peut avoir des aspects néfastes : on encou­rage la men­di­ci­té. Le gamin n’i­ra pas cher­cher un « vrai » tra­vail s’il peut gagner plus en deman­dant aux tou­ristes. Alors oui, sur le moment, c’est dif­fi­cile de dire non, mais si vous avez vrai­ment envie d’une bonne action, pré­fé­rez payer à man­ger direc­te­ment. Ne don­nez en aucun cas des bon­bons (pas de den­tistes) et si vous vou­lez abso­lu­ment refour­guer des crayons et des cahiers, ne faites pas la dis­tri­bu­tion vous-mêmes (ça risque d’être reven­du), pas­sez plu­tôt par une école. Sinon, vous pou­vez aus­si trou­ver des asso­cia­tions qui cor­res­pondent à vos idées et faire un don, mais la bonne action ano­nyme c’est tout de suite vache­ment moins plai­sant pour l’égo...

En conclu­sion, com­por­tez-vous en voyage comme vous vous com­por­te­riez chez vous. Il y a pro­ba­ble­ment des tas d’autres points à abor­der, mais ce sont les trois qui me viennent à l’es­prit pour le moment. Peut-être que je ferai une suite plus tard ! En atten­dant, je vous laisse me don­ner votre point de vue (je suis gentille) !

Lun­di Bien­tôt, je vous par­le­rai de l’ac­ces­soire que vous devriez tous avoir pour faire du portrait !

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40 commentaires

Histoires de Voyage 20 mai 2011 - 8:42

Bon­jour,
J » adhère tota­le­ment ... Bravo !
Mer­ci pour le texte . De manière claire et concise, tu par­viens à pla­cer des mots per­ti­nents pour expri­mer tota­le­ment mon propre res­sen­ti (ce que, bien sou­vent, je n » arrive pas à faire !) .
A plus ...
Jean-Fi .

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Oreille 20 mai 2011 - 14:17

Jean-Fi, tu me fais plai­sir ! C’est un sujet qui me tient très à cœur.

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Gérald 20 mai 2011 - 14:38

Excellent article ! Le sujet est impor­tant, inté­res­sant mais trop peu traité.

Vous trai­tez très bien de la manière de pho­to­gra­phier dans le res­pect de l’individu, mais quid de la publication ?

Je me posais jus­te­ment des ques­tions quant au droit à l’image. Dans cer­tains pays, la loi inter­dit de publier l’image d’une per­sonne iso­lée sans son consen­te­ment. Ce droit à l’image me semble tout à fait légi­time, et même sans par­ler de loi, c’est avant tout une ques­tion de res­pect de la per­sonne photographiée.

Est-ce que le voya­geur éthique demande tou­jours la per­mis­sion de publier sur l’internet la pho­to d’un indi­vi­du iso­lé et iden­ti­fiable ? Cela n’est pas for­cé­ment facile — à cause de la bar­rière lin­guis­tique notam­ment —, ce qui doit décou­ra­ger beau­coup de pho­to­graphes. Pour­tant, cette ques­tion me semble essen­tielle dans une éthique du voya­geur photographe.

Bonne conti­nua­tion !

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Chtiben 20 mai 2011 - 16:39

Super article qui me donne envie de réagir.
Je rebon­dis sur la remarque de Gérald que je com­prends par­fai­te­ment. Mais je vais ten­ter d’ex­pli­quer mon point de vue.

Dans le cas d’une per­sonne pho­to­gra­phier à l’é­tran­ger, a‑t-on le droit de dif­fu­ser son image ? La réponse juri­dique est bien sou­vent non. Mais y a t’il quelque chose de juri­dique dans l’ins­tant où l’on sai­sit le cli­ché avec l’ac­cord de la per­sonne photographiée. 

Si elle est d’ac­cord pour nous lais­ser un sou­ve­nir de son image, pour­quoi n’au­rait-on pas le droit de conser­ver la pho­to dans un cercle res­treint ou tout du moins dans un cercle non commercial ?

La ques­tion de départ est légi­time, mais croyez-vous seule­ment que les pho­to­graphes comme Michael Free­man, David Duche­min, Scott Kel­by ou tout autre pho­to­graphe qui écrit des livres avec ses propres cli­chés a l’au­to­ri­sa­tion de chaque per­sonne pour une dif­fu­sion mas­sive interplanétaire ?

Si eux ne le font pas, croyez-vous que ce soit aux quelques ama­teurs avides du res­pect des lois de le faire. Je pense que non. Par contre si c’est par res­pect pour la per­sonne pho­to­gra­phiée, alors oui. Pour ma part j’es­time qu’une pho­to non dégra­dante met­tant en valeur la per­sonne sur une image à voca­tion per­son­nel ne jus­ti­fie pas cette permission.

Je com­prends la ques­tion, je la res­pecte, mais pour ma part je trouve que l’on rentre dans une socié­té juri­dique extrême. On se sou­cie de ces ques­tions quand dans la majo­ri­té des pays visi­tés, le droit de vote, le droit des femmes, le droit à l’é­ga­li­té, le droit à un toit ou à la san­té n’est pas respecté...

Ce n’est pas pour ça qu’il faut leur man­quer de res­pect mais je pense sin­cè­re­ment que le fond du pro­blème n’est pas dans le sou­ci d’ob­te­nir ou non une permission.

Bon week-end pho­to­gra­phique à tous.

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Oreille 21 mai 2011 - 15:05

Effec­ti­ve­ment, je n’ai pas abor­dée la ques­tion juri­dique, mais je par­tage l’a­vis de Chti­ben. D’ailleurs, même en France, il y a eu des pro­cès où le pho­to­graphe a gagné face à la per­sonne pho­to­gra­phiée : le droit à l’i­mage est très dur, mais il est par­fois souple, aus­si. Néan­moins, je n’ai pas l’in­ten­tion d’en arri­ver là !
Comme Chti­ben, je pense que si la pho­to est prise avec le consen­te­ment de la per­sonne, et que celle-ci n’est pas mon­trée de façon dégra­dante, il n’y a pas de rai­son que ça pose pro­blème, sur­tout si on pré­sente l’é­cran LCD : le modèle voit la pho­to, il est en droit de dire que ça ne lui plait pas. 

Par contre, là où ça se com­plique, c’est quand la pho­to est des­ti­née à la vente. Je n’ai pas encore vrai­ment réflé­chi à cette ques­tion, mais je ne vois pas de réponse simple. En tout cas mora­le­ment par­lant. Reve­nir après don­ner de beaux tirages et un peu d’argent ? Prendre un pour­cen­tage sur toutes les ventes pour une association ? 

Si quel­qu’un qui vend ses pho­tos (ce n’est pas mon cas) passe par ici, son point de vue pour­rait être intéressant !

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Sandro 22 mai 2011 - 9:54

Très très bon cet article, entiè­re­ment d’ac­cord avec le para­graphe « Payer pour une photo ».
En ce qui concerne la vu d’autres tou­ristes qui pho­to­gra­phient à 10 cm du visage, c’est vrai­ment dif­fi­cile de s’in­ter­po­ser, sur­tout que ma pre­mière approche res­semble à si méprendre à ce qu’au­rait fait « ton Belge »... Avec le temps j’ai mit de l’eau dans mon vin, j’es­saye d’être moins bru­tal, de leur expli­quer que si les rôles étaient inver­sés ils le pren­draient peut-être dif­fé­rem­ment, ou de leur mon­trer le ridi­cule de la chose, mais par­fois cela ne marche pas, et puis cela prend du temps « d’é­du­quer », il faut avouer que sou­vent je ne dit rien, peut-être par lâcheté...

En ce qui concerne le droit à l’i­mage, ça m’a tou­jours tra­cas­sé cette his­toire... Aujourd’­hui j’ai une gale­rie ouverte pour quelque mois, la moi­tié des pho­tos sont des por­traits et elles sont des­ti­nées à la vente.
Au final 90 à 95% des béné­fices seront rever­sés à une ONG, mais sur­tout la gale­rie est à Tai­wan, en Asie les règles sont bien dif­fé­rentes avec celles de France. Alors si un jour la même gale­rie (par ex.) ouvrait en Europe ou en Amé­rique du Nord, est-ce que je res­te­rais dans la légalité ?
C’est vrai que si un pho­to­graphe pro pas­sait par là, cela serait sym­pa de nous éclairer 😉

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Mademoiselle S - La vie de Brioche 24 mai 2011 - 16:49

Excellent article !
Je suis tout à fait d’ac­cord ... j’ai vu de ces choses à l’é­tran­ger qui m’ont scan­da­li­sé (des femmes que l’on pho­to­gra­phie sans leur consen­te­ment ...). Ce sont des idées qui ne me vien­draient jamais à l’es­prit. Je parts pour l’In­do­né­sie cet été j’en rap­por­te­rai des cli­chés, mais ce sera sur­tout des pay­sages, l’i­dée de pho­to­gra­phier les gens ne me vient pas à l’es­prit car per­so je déteste être prise en photo.
Une petite anec­dote en pas­sant : à une époque, je tra­vaillais dans un grand maga­sin pari­sien, chaque jour il y avait des tou­ristes qui nous pre­naient en pho­tos sans cesse, sans même nous deman­der notre avis. On se serait cru au zoo ... com­bien de fois j’ai failli les gifler ... 🙁

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fabrice 24 mai 2011 - 17:18

Je pense qu’on a la même approche-:)J’ai vu pas mal de cas sur la route....
Per­so, je trouve que c’est impor­tant de ne jamais don­né d’argent pour une photo.

J’a­jou­te­rais deux choses :
– les por­traits : dés que tu demandes, dans cer­tains pays, les gens posent alors et adieu le natu­rel. J’a­dore les pho­tos à la Dois­neau. Je pense qu’il y a un juste milieu. Tu peut être res­pec­tueux et « pou­voir voler » cer­taines pho­tos. Et ensuite, un sou­rire, dis­cu­ter avec la per­sonne et lui mon­trer la pho­to. Si elle est pas d’ac­cord (c’est rare), tu l’effaces.

- les mau­vais côtés d’un pays,cela fait par­tie du voyage, pour­quoi ne pas le mon­trer ? Je suis pas tout à fait d’ac­cord avec toi sur ton opi­nion sur les pho­to­graphes de guerre, mais bon, c’est presque un autre debat !

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Oreille 25 mai 2011 - 11:12

San­dro : pour la gale­rie, tu parles des images de Birmanie ?
Depuis quelques jours, je retourne le pro­blème dans ma tête, et je n’ar­rive pas à prendre posi­tion sur la ques­tion. C’est la même chose avec le docu­men­taire, en quelque sorte. Si on paye les gens qui sont fil­més, on en fait des acteurs, et on tra­hit un peu le pro­pos. Il suf­fit de voir les « tri­bus » qui se déguisent pour cor­res­pondre aux attentes des tou­ristes, parce qu’il ne fau­drait pas que le bon sau­vage porte un jean. Mais en même temps, si quel­qu’un gagne de l’argent grâce à un por­trait, il est juste que ça soit partagé...
La pro­chaine fois que je croise un pro­fes­sion­nel, je lui pose la ques­tion et je refais un article !

Brioche : hum, pas sure que tu résistes à l’en­vie de faire un por­trait ! 😀 Non, vrai­ment, en Asie, les gens te demandent par­fois eux-mêmes de les prendre en pho­to, et le por­trait est aus­si un bon moyen d’en­ta­mer des dis­cus­sions. Sur­tout qu’a­voir été de l’autre côté, te donne jus­te­ment suf­fi­sam­ment de sen­si­bi­li­té pour faire les choses correctement.

Fabrice : per­son­nel­le­ment, j’aime bien les por­traits posés mais sou­riants, et il est vrai qu’ils ont ten­dance à se figer. Genre ils rigolent avant et après, mais tirent une tête pas pos­sible pen­dant. Mais je pense que si tu te fais accep­ter, les gens reprennent des allures natu­relles. Le pro­blème, c’est le temps. C’é­tait comme ça en Mon­go­lie. Le pre­mier jour, ils sont ultra sérieux, s’arrêtent de sou­rire dès que je déclenche. Mais dès le deuxième jour, ils se détendent un peu et j’ar­rive à avoir quelques scènes natu­relles. Après, les Mon­goles sont sans doute par­mi les pires : ils sont capables d’al­ler se chan­ger pour la pho­to ! Chez eux, ça a vrai­ment une grande impor­tance. Un peu comme les pho­tos de nos grands-parents, où per­sonne ne sou­rit, parce qu’il faut avoir l’air sérieux et respectable !

Pour les aspects néga­tifs, je ne dis pas de ne pas les pho­to­gra­phier du tout, mais de ne pas le faire n’im­porte com­ment. J’ai vu récem­ment un dia­po­ra­ma sur l’Inde qui m’a un peu cho­quée, par exemple : entre deux por­traits sou­riants, des pho­tos volées de men­diants culs nus, d’en­fants dans les détri­tus, et le tout sans aucune finesse ni contexte. C’est assez voyeur, peu res­pec­tueux pour les gens sur les pho­tos, et sur­tout ça n’ap­porte rien : on le sait que l’Inde est pauvre, pas besoin d’un gros plan sur des ordures pour ça !
A l’in­verse, il est pos­sible de faire des choses inté­res­santes, mais en sor­tant de la pho­to de vacances, en pre­nant un axe, en étu­diant le sujet, pas juste en balan­çant des pho­tos comme ça.

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Mademoiselle S - La vie de Brioche 25 mai 2011 - 15:41

😉
C’est avoir été de l’autre côté fera que si je prends des pho­tos de per­sonnes je le ferai avec res­pect et tou­jours avec leur aval.
En tous cas j’ai hâte de par­tir ... je compte les jours.

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fabrice 25 mai 2011 - 17:11

En tout cas, en Asie, comme ils aiment la pho­to, ils ont ten­dance à trop poser, par­fois, c’est vrai­ment pas naturel:-)

Sinon, oui tu as rai­son, la mise en pers­pec­tive est importante !

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Oreille 25 mai 2011 - 17:26

Brioche : ça passe étran­ge­ment tou­jours plus vite pen­dant qu’a­vant :p

fabrice : oui, j’en ai quelques unes aus­si, où avec des yeux d’oc­ci­den­taux, la pose frise le ridi­cule. Air pin­cé, torse bom­bé... Allez, le pro­chain chi­nois qui me prend en pho­to, je fais pareil !

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Piotr 27 mai 2011 - 18:50

« Mon Belge dit d’ailleurs que « cet enfoi­ré » fai­sait des pho­tos avec « son petit télé­phone por­table (rouge) tout pour­ri », que les pho­tos sont donc « sûre­ment dégueu­lasses », et qu’il a vrai­ment hési­té à aller « lui faire boire la tasse en lui pétant son appa­reil de merde entre les maxillaires »
Moi je crois que je l’au­rai fait... 😛 C’est un per­vers en puis­sance à mes yeux...

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Oreille 28 mai 2011 - 9:00

A nos yeux aus­si, je te ras­sure. Et en plus, pho­to­gra­phiant une mineure, il était pro­ba­ble­ment condam­nable dans son pays. Mais pas­ser le reste de la jour­née dans un poste de police parce qu’on a démo­lit un tou­riste, je ne suis pas sure que ça ne se retour­ne­rait pas contre nous.
(Même si on a regret­té de ne pas être inter­ve­nus autre­ment que ver­ba­le­ment pen­dant plu­sieurs jours.)

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Piotr 28 mai 2011 - 9:07

Au pire, tu fais sem­blant de tom­ber et tu le pousses mal­en­con­treu­se­ment dans l’eau 😀 Cela arrive les maladroits...

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Oreille 28 mai 2011 - 18:49

Aha­ha, pour­quoi pas... oups ! oh, le télé­phone n’é­tait pas waterproof...
Ce qui est dingue, c’est qu’il n’o­se­rait cer­tai­ne­ment pas faire la même chose chez lui. Mais être à l’é­tran­ger dés­in­hibe, on ne connait per­sonne, on ne les rever­ra jamais, alors on s’en fout ! Celui_ci était un exemple cho­quant, mais, à moindre échelle (pas de nudi­té d’a­do­les­cente quoi), on croise quand même beau­coup de gens qui n’ont aucun res­pect. J’ai­me­rais bien savoir ce qu’ils racontent quand ils montrent leurs pho­tos en rentrant.

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Ye Lili 29 mai 2011 - 16:45

Tres chouette article : je plus­sois sur l’ensemble.
Petit temoi­gnage sur ma der­niere mau­vaise expe­rience a ce pro­pos : au Laos, a Luang Pabrang lors de l’au­mone des moines a 6h du mat, j’ai vu des dizaines de tou­ristes les pho­to­gra­phier comme des singes a 50cm de leur nez... c’e­tait pour­tant si simple de zoo­mer depuis le trot­toir d’en face...

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Oreille 29 mai 2011 - 19:09

Ah oui, les moines c’est vrai­ment frap­pant... Je l’a­vais lu sur d’autres blogs, mais le voir, c’est autre chose ! En plus, en Jan­vier, à 6h, il fai­sait nuit, donc bon­jour les flashs dans tous les sens ! C’est vrai­ment mal­sain. Pour­tant ils gardent leur calme..
Et puis en plus, on te vend de quoi par­ti­ci­per, et du coup, les gens se font pho­to­gra­phier pen­dant qu’ils donnent, et c’est limite s’ils ne demandent pas au moine de prendre la pose !

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Alexis - Objectif Voyage 30 mai 2011 - 19:37

Salut Oreille !

Super cet article, je par­tage glo­ba­le­ment la même vision que toi de l’é­thique du voya­geur photographe.

En par­lant de Luang Pra­bang, j’ai éga­le­ment été cho­qué par ces tou­ristes qui se mêlent aux locaux durant l’of­frande. Cer­tains ne sont pas conten­tés d’être pris en pho­to par le conjoint, ils ont fla­shé à tout va tous les moines qui leur pas­saient devant. Ils ne pou­vaient pas être plus au coeur de l’ac­tion... J’ai trou­vé ça vrai­ment dépla­cé comme attitude 🙁

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Oreille 30 mai 2011 - 21:36

Oui, et dans ces moments là, ça fait mal de se dire que, pour­tant, aux yeux d’un moine, on doit beau­coup leur res­sem­bler : tou­riste blanc...

Je vais dire un truc sans doute très con, mais j’ai l’im­pres­sion que les gens qui fré­quentent les blogs par­lant de voyage sont plus sen­sibles à la ques­tion de l’é­thique. Non que ceux qui n’en lisent pas y soient for­cé­ment insen­sibles (encore heureux !)

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Cécile 1 juin 2011 - 17:11

Oui trou­ver un angle un thème. Par­fois une main, une sil­houette un acces­soire peuvent mon­trer en toute pudeur et dis­cre­tion une idée. Faire du repor­tage sur la misère ou des sujets sen­sibles s’est bien si der­rière il y a une action, comme un repor­tage allez voir le site Burn par exemple ou bien huma­ni­taire comme http://photophilanthropy.org/
et je suis sur qu’il en existe bien d’autres. Pour moi le droit à son image est un concept impor­tant à appli­quer quelque soit la situa­tion. Mes enfants par exemple ont un droit de regard sur les images que je prend et désir pos­ter... sans comp­ter que je n’en­vi­sa­ge­rai pas de pos­ter des images inap­pro­priées et il me semble devoir faire de même avec des inconnus.

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Oreille 1 juin 2011 - 17:56

Cécile, je suis tout à fait d’ac­cord ! La pudeur est pri­mor­diale. Le paral­lèle avec tes enfants est une bonne mise en pers­pec­tive. Cer­tains me donnent l’im­pres­sion de ne plus consi­dé­rer la per­sonne d’en face comme un égal.
Heu­reu­se­ment il existe bien des exemples de pho­to­graphes, ama­teurs ou pro­fes­sion­nels, réus­sis­sant à trai­ter ces sujets sen­sibles ! (c’est néces­saire, quand même)

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Charly 8 juin 2011 - 16:57

Excellent article qui entre en totale adé­qua­tion avec mes sou­rires nomades 😉 J’adhère, et j’a­dore ton blog !

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Oreille 8 juin 2011 - 19:13

Mer­ci beau­coup Charly 🙂

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NowMadNow 9 juin 2011 - 5:19

Très très bon article...

Now­Mad­Now

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LOIC 9 août 2011 - 17:14

Excel­lente réflexion sur l’é­thique en pho­to­gra­phie. Nous n’a­vons déro­gé qu’une fois aux pho­tos (mon épouse, plu­tôt adepte des por­traits) ou video (moi) libre­ment consen­ties, chez les eth­nies de la basse val­lée de l’O­mo en Ethio­pie. Mais nous savions avant de par­tir qu’il fau­drait ou payer ou ne pas photographier.

Le second jour j’ai eu un gros coup de blues et je ne pou­vais pas fil­mer ces gens qui se met­taient en scène, sans doute parce que d’autres avant moi le leur avaient appris. Nous étions chez l’eth­nie Karo, répu­tée pour ses pein­tures corporelles.

J’ai « bou­dé » pen­dant 10min et mes amis m’ont dit « dès que nous serons par­tis, tu vas le regret­ter ». Alors j’ai trou­vé un com­pro­mis et char­gé le guide de deman­der aux vil­la­geois de rega­gner leurs cases et de veiller à leurs occu­pa­tions quotidiennes.

Dès lors nous n’a­vions plus un groupe en face de nous, mais des per­sonnes avec qui une « cer­taine forme de com­pli­ci­té » a pu être éta­blie, géné­rant ici et là des rires. Je crois qu’eux comme nous en furent satis­faits puis­qu’ex­cep­tion­nel­le­ment semble-t-il, 3 per­sonnes plus âgées ont enta­mées un chant avant notre départ.

Pour l’a­nec­dote, dans un autre vil­lage, chez les Arbo­ré, nous avons por­té notre atten­tion sur les hommes et les per­sonnes plus âgées, ayant remar­qué que nous avions ten­dance à pho­to­gra­phier les per­sonnes de sexe fémi­nin les plus esthétiques.

Quelle atti­tude fal­lait il avoir ? 1 an après je n’ai tou­jours pas la réponse à cette question.

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Julie 4 septembre 2011 - 11:16

Hel­lo Aurélie !

Ce qui est dif­fi­cile c’est que c’est au jugé de cha­cun, et comme chaque pho­to a son contexte, unique, on doit faire au cas par cas. Moins on connaît le pays, sa culture, ses habi­tants, et plus il est dif­fi­cile de trancher.

Sur le fait de res­ter avec la per­sonne, dis­cu­ter, je suis bien d’ac­cord ! C’est là où on obtient les meilleures pho­tos, posées ou non (j’aime bien les deux...), et aus­si les meilleurs sou­ve­nirs ! Avec le pola­roid ce qu’il y a de vrai­ment cool c’est que tu peux en lais­ser un exem­plaire, et ça fait sou­vent plaisir.

A bien­tôt 😉

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Oreille 5 septembre 2011 - 12:29

Julie : bon­jour, et bien­ve­nue ici 🙂
Il y a certes de grandes dif­fé­rences d’un pays à l’autre, mais col­ler un objec­tif sur le nez de quel­qu’un sans lui deman­der son avis, ou se plan­quer der­rière son télé­ob­jec­tif et par­tir comme un voleur sera cer­tai­ne­ment per­çu de la même manière par­tout : mal. Après, il y a des endroits où on ne pho­to­gra­phie pas les enfants, d’autres où il ne faut pas appro­cher les femmes, des pays où on croit que la pho­to vole un part de l’âme, d’autres où c’est un jeu appré­cié... Et for­cé­ment l’ap­proche sera différente.
Pour les pola­roids, lais­ser un sou­ve­nir est assez génial, en effet. J’ai per­son­nel­le­ment opté pour leur impri­mante de poche (pogo), du coup.

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Julie 5 septembre 2011 - 13:05

Ah oui tu as une Pogo ! Chouette ça. J’at­ten­dais que le prix baisse (plus de 100€ c’é­tait trop quand c’est sor­ti) mais je vois que tu t’es bien débrouillée 😉

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Oreille 5 septembre 2011 - 15:33

Ah je ne l’ai pas ache­tée à sa sor­tie, hein ! Mais un an plus tard son prix avait été divi­sé par deux... Ils ont sor­ti une nou­velle ver­sion, ce devrait être pareil.

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Ansaita rahaa 27 octobre 2011 - 13:54

Bon­jour et mer­ci pour cette article au plai­sir de vous relire

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Meetonearth 4 novembre 2011 - 12:41

Je me posais jus­te­ment la ques­tion, nous par­tons en jan­vier pour un an donc des pho­tos on va en prendre des tas ! Un pho­to­graphe pro m’a­vait dit qu’il serait bien de faire signer un ptit papier aux per­sonnes pho­to­gra­phiées mais euh.. je trou­vais ça déli­cat ! Ton article m’a vrai­ment éclai­rée et j’a­dore l’i­dée de dis­cu­ter, mon­trer les cli­chés et obte­nir l’ac­cord ver­bal des gens, ça per­met d’é­chan­ger un peu. Les pho­tos seront sur notre blog et éven­tuel­le­ment dans des petites expos à notre retour... rien de bien méchant.
Sujet dont on ne parle pas beau­coup et pour­tant si important...
Bra­vo pour ce blog ! Il m’a séduite !
Stéph

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Mathis JUDITH 9 janvier 2012 - 5:40

Je l’a­voue je n’ai pas lu l’in­té­gra­li­té de l’ar­ticle mais j’ai lu les grands points que tu as abor­dé & je vou­lais don­ner mon avis aussi :).

Je trouve aus­si très beaux les por­traits posés où on per­çoit cette com­pli­ci­té entre le pho­to­graphe et le modèle néan­moins, pour moi, il n’y a rien de plus beau que des visages natu­rels, une scène de vie, un ins­tant unique. Les traits dégagent de telles émo­tions lors­qu’ils sont au natu­rel, des émo­tions indicibles .
Je suis entiè­re­ment d’ac­cord avec toi dans les deux cas le res­pect est une règle pri­mor­diale & deux choses que je déteste c’est le Voyeu­risme & le misé­ra­bi­lisme (comme tu l’as men­tion­né) . C’est exac­te­ment ce que tu as mar­qué, j’ai aus­si été cho­qué par des tou­ristes qui sont allé se prendre en pho­to avec un SDF dans les rues de Hanoï, non mais com­ment peut on faire une chose pareille ? J’ai aus­si hal­lu­ci­né lorsque j’é­tais au Viêt nam car une jeune femme ne pre­nait que des pho­tos de bidon­ville, & encore, & encore, elle ne s’ar­rê­tait jamais, et dés qu’on pas­sait devant de belles vues, rien. D’ac­cord nous sommes pas tou­jours dans des endroits sublimes mais je me suis dit exac­te­ment comme toi à ce moment « Mais elle veut faire quoi, mon­trer à ses amis en ren­trant qu’elle a fait un voyage pas comme les autres ? » enfin je n’y com­prends rien à ce genre de personnes.
Payer pour une pho­to, ahhh le grand débat, une ques­tion qui nous a trot­té dans la tête à ma mère & moi pen­dant notre voyage au Pérou. En effet au Pérou beau­coup, énor­mé­ment je dois dire, de per­sonne demande des sous lors­qu’on les prends en pho­to. C’est très dur par­fois, on se dit qu’un ou deux euros leurs per­met­trait de man­ger ce soir, mais on a tout de même trou­ver un com­pro­mis. Nous n’a­vons jamais don­ner d’argent mais nous avons tou­jours ache­té un petit quelque chose aux enfants ou autre. 

Voi­là, j’ai beau­coup aimé ton article :).

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Arnauf 31 août 2012 - 18:00

haha moi j’aime bien le belge, il a l’air rigolo.

Pour les ques­tions d’é­thiques, je pense que beau­coup de tou­ristes n’y refle­chissent pas. Ca ne fait pas d’eux de gens mau­vais je pense (je dis que c’est ce que tu dis dans ton article), même s’il y en a bien sûr (cf. l’homme à l’ap­pa­reil rouge!).
Je bosse en Afrique, et je suis sou­vent en contact avec des gens qui vont en Afrique pour du tou­risme pur, et veulent juste un sou­ve­nir. « Ho regarde tous ces pou­lets sur la moto » ‑clic- « Ho regarde cette bagnole abî­mée » ‑clic- « le jolie gamine » ‑clic- « la vieille » etc...
Sou­vent, il suf­fit de leur faire une fois la remarque, et beau­coup se sen­ti­ront cons en disant qu’ils y avaient même pas pen­sé etc... Après il y a aus­si les abru­tis, qui diront qy’ils font rien de mal (ben si, jus­te­ment!) mais cela, il faut leur taper dessus.

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Blandine 22 septembre 2012 - 18:58

Hey ! Je gam­bade sur ton site depuis au moins deux heures ^^ et je dois dire que c’est très inté­res­sant ! J’aime beau­coup cet article (d’où le com­men­taire), qui rap­pelle quelques trucs élé­men­taires mais que beau­coup n’i­ma­ginent même pas, par manque d’empathie, racisme ordi­naire ou car­ré­ment gros­siè­re­té, ou impu­deur, ou pire, vice (le mec qui prend les femmes avec son por­table, en train de se laver, c’est ni plus ni moins de la per­ver­si­té) (à ce sujet, j’aime beau­coup la réac­tion du Belge :D).
Pour ma part, j’ai voya­gé sur­tout en Europe, mais je suis tel­le­ment timide que je n’ose pas deman­der aux gens de les prendre en pho­tos, du coup...je ne le fais pas 😡 ! Je devrais peut-être y pen­ser pour mon pro­chain voyage... ^^ !

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CAROLINE 29 septembre 2013 - 23:29

Bon­jour,

Très bon article car étant agent de voyage spé­cia­li­sé dans le tou­risme soli­daire et res­pon­sable, nous nous trou­vons par­fois confron­ter à des situa­tions inattendues...voir risibles et ridi­cules devant le com­por­te­ment de cer­tains tou­ristes en mal de la » pho­to qui tue » et « inso­lite » de leur vacances...

C’est pour­quoi, il est très impor­tant de trai­ter ce sujet à l » ére du numé­rique et de la pho­to ins­tan­ta­née volée, twit­tée, face­boo­kée etc..en quelques secondes !
Ces ins­tants volés peuvent avoir des consé­quences à long terme sur nos hôtes d’accueil selon leurs us et cou­tumes et beau­coup ne com­prennent pas cette fré­né­sie autour de ceux qui est pour eux de simple scènes du quotidien...voir pire de leur inti­mi­té : lavan­dière, femmes et enfants au bord des rivières entrain de se laver ou faire leur vaiselle..personnes se repo­sant sur un hamac...
J’en­tends sou­vent : pour­quoi ne pas sou­rire ou venir vers nous plu­tôt que de tout obser­ver der­rière cet écran ??
Ces com­por­te­ments sont sou­vent incons­cients, les per­sonnes ne se rendent même pas compte que leur atti­tude est un manque de res­pect total des per­sonnes ren­con­trées et que jus­te­ment cela peut mettre une bar­rière à leur quête d’aventure !

C’est pour­quoi , je vous remer­cie d’a­voir trai­ter de ce sujet qui me donne aus­si l’occasion de dire que c’est aus­si à nous les pro­fes­sion­nels du tou­risme de sen­si­bi­li­ser nos futurs voya­geurs à leur com­por­te­ment et leur faire adop­tés aus­si des éco-gestes citoyens.

Chez Vision Ethique nous insé­rons sys­té­ma­ti­que­ment dans nos car­nets de voyage une Charte du Voya­geurs res­pon­sables qui indiquent quelques com­por­te­ments de base et ayant du bon sens à res­pec­ter durant un séjour à l’étranger.

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Planete Maneki 5 novembre 2013 - 16:42

Cou­cou,

C’est beau ce que tu as écrit. Si il y a bien une chose que je n’ar­rive pas à faire en voyage, ce sont les por­traits des locaux et pour­tant, j’ai­me­rais bien. Je pré­fère lais­ser mon appa­reil dans le sac dans ces moments là. Un visage, une tenue par­ti­cu­lière sont géné­ra­le­ment l’oc­ca­sion de rame­ner avec soi un peu plus que des pay­sages, une ambiance.

Il fau­dra que je sois moins timide doré­na­vant et que j’ar­rive à éta­blir un dia­logue avec ces personnes.

Mer­ci pour cet article plein de bon sens !

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Mme Oreille et Le petit guide du voyageur photographe 28 décembre 2013 - 22:43

[…] Grace à Auré­lie nous avons donc pu pro­gres­ser dans notre pra­tique de la pho­to en voyage, dans le choix de notre maté­riel mais aus­si dans notre ethique. […]

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Victor 19 mai 2015 - 17:37

Salut,

Je viens de décou­vrir ton blog et je dois dire que tes articles sont très per­ti­nents et intéressants.
Celui-ci me parle beau­coup car je reviens d’un pre­mier voyage en Asie, en l’oc­cu­rence la Corée du Sud, où je me suis plu­sieurs fois posé cette ques­tion de l’éthique.
Si effec­ti­ve­ment dans un pre­mier temps, j’es­sayais d’être dis­cret pour prendre des pho­tos de scène de vie les plus natu­relles pos­sibles, j’ai vite res­sen­ti un sen­ti­ment de culpa­bi­li­té. Fina­le­ment, je me suis « for­cé » d’al­ler vers les gens pour avoir leur appro­ba­tion (ou non) et je dois admettre que ces pho­tos paraissent tout aus­si natu­relles, mais avec cette force de com­pli­ci­té comme tu le décris si bien.

Pour finir, jouer au petit repor­ter et voler des images, ca manque de charme et sur­tout de respect.

Bra­vo encore pour ce blog et ces pré­cieux conseils !

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Irène 9 octobre 2018 - 9:19

Mer­ci beau­coup pour cet article, je me pose mille ques­tions sur les pho­tos que j’ai prises à Mada­gas­car, que je publie en ce moment sur Ins­ta­gram... j’ai fait un tri dans ces pho­tos et j’ai la même vision que toi donc pas de pho­tos volées, pas de pho­tos misé­ra­bi­listes, mais pas non plus de textes naïfs qui se contentent de dire « oh que les gens sont heu­reux alors qu’ils ont si peu on devrait s’en ins­pi­rer » (un peu facile quand on peut voya­ger à l’autre bout du monde pour prendre ces pho­tos pré­ci­sé­ment). Les por­traits d’en­fants en par­ti­cu­lier m’in­ter­rogent beaucoup

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