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Conseils à toi qui as reçu un appareil photo à Noël

Toute ta famille s’est cotisée, tu as à présent un boîti­er flam­bant neuf entre les mains. Tous con­nais­saient ta pas­sion du voy­age, et ta frus­tra­tion de ramen­er des images qui n’étaient pas assez bonnes à tes yeux. Alors, voilà un beau cadeau !
Reflex ou hybride, ça ne change pas grand-chose pour toi, car, pour l’instant tu es surtout un peu perdu·e.

Alors pour toi, rien que pour toi, voici un petit arti­cle pour t’aider à débuter.

En vrai, ta famille te déteste

Pre­mière chose à savoir : ta famille t’a fait un cadeau qui coûte cher, certes, mais ils ne t’aiment pas. Sinon, pourquoi t’offrir un truc qui va te deman­der des heures de tra­vail pour com­pren­dre com­ment ça marche, et qui va ensuite te pouss­er à racheter du matériel, des sacs, des objec­tifs, et autant d’accessoires devant lesquels tu es d’autant plus perdu·e ?

De la motivation il te faudra

Il y a plusieurs façons d’utiliser un appareil pho­to. Tu peux rester en automa­tique, et t’amuser. Sinon tu peux appren­dre à utilis­er ton appareil, et t’amuser encore plus. Demande-toi si tu as envie d’y met­tre du temps, ne cul­pa­bilise pas si ce n’est pas le cas, mais sache que le jeu en vaut la chan­delle.
En effet, il te fau­dra du temps pour pren­dre en main l’appareil, appren­dre le vocab­u­laire (focale ? diaphragme ?), être à l’aise avec les réglages. mais dans quelque temps, tout te paraî­tra facile, instinc­tif. Tu ver­ras une scène, ton index sera prêt à déclencher, ton pouce tourn­era la molette tout seul vers la bonne valeur. En atten­dant, toute­fois, tu vas devoir te plonger dans l’apprentissage de la pho­to, et surtout, per­sévér­er.

La moti­va­tion, on y revient. La pho­to néces­site un appren­tis­sage tech­nique. Cela sig­ni­fie maîtris­er suff­isam­ment son matériel pour réus­sir à ne plus penser à ses réglages et se con­cen­tr­er sur le prin­ci­pal : le cadrage, la lumière, le sujet. Si on veut déclencher vite, saisir l’instant décisif, il faut avoir l’index sou­ple et tourn­er la molette de façon instinc­tive. Or, pour tout cela, il n’y a pas de secret, il faut se motiv­er et tra­vailler.

Ce manuel est pire que ton livre d’anglais du collège

Begin began begun, bend bent,... Tu n’arrives pas à lire le petit manuel livré avec ton appareil pho­to, tu ne retiens rien, tu ne com­prends pas de quoi il est ques­tion. C’est nor­mal, c’est pas fait pour ! Garde-le pré­cieuse­ment par con­tre, car , dans quelques mois il te sera peut-être utile. En effet, ces petits manuels n’ont qu’un seul usage : lorsqu’on cherche des infos pré­cis­es sur une fonc­tion pré­cise !

Ne laisse pas cette lec­ture te dégoûter !

 

Six conseils pour débuter en photo (de voyage)

1 : Ne pas attendre d’être parti en voyage

Une pre­mière erreur con­sis­terait à laiss­er l’appareil dans un coin, en se dis­ant qu’on va atten­dre une bonne occa­sion pour l’utiliser. Or, j’ai une mau­vaise nou­velle : tes pre­mières pho­tos seront ratées. Tu seras peut-être content·e sur le moment, mais dans quelque temps tu en ver­ras tous les défauts. Donc, quitte à rater des pho­tos, autant que ce soient celles qui n’ont pas de valeur affec­tive à tes yeux ! Fais des pho­tos, amuse-toi. Pho­togra­phie ton chat, tes plantes, ton quarti­er. Bref, c’est en pho­tographi­ant qu’on devient pho­tographe.

2 : Ne pas mettre la barre trop haut

Ne te mets pas la pres­sion, tout vient avec le temps et le tra­vail. Ne com­pare pas tes pre­mières pho­tos à qui que ce soit, fais des images pour toi et toi seul·e. Donne-toi le temps d’apprendre, sinon, tu vas rapi­de­ment te dégoûter de la pho­togra­phie.
C’est la prin­ci­pale dif­fi­culté de toute forme d’art : éval­uer la durée de l’apprentissage. Au début, lorsqu’on com­mence à appren­dre à jouer d’un instru­ment de musique, on entend tou­jours les fauss­es notes, les hési­ta­tions. Or, en pho­to, il est impos­si­ble de visu­alis­er de façon objec­tive la dif­férence entre quelqu’un qui a des années de tra­vail der­rière lui et quelqu’un qui débute. Ain­si, on peut avoir l’impression qu’on fait tout comme les « grands», qu’on a bien déclenché au bon moment, mais que pour­tant il manque un truc. Le truc, il vient avec le temps. Ce qui s’apprend, ce n’est pas appuy­er sur un déclencheur, c’est tout ce qu’il y a autour. Et comme pour un instru­ment de musique, il fau­dra appren­dre le solfège, faire des gammes, répéter, et répéter encore. On apprend les réglages, le sens de la com­po­si­tion, mais aus­si à être réac­t­if, à anticiper, à prévoir. Rien n’est inné.

3 : Comprendre les bases de la photographie

Les bases de la pho­togra­phie, ce sont ces con­nais­sances qui te per­me­t­tent de savoir ce que veut dire « focale», « diaphragme», et autres mots bar­bares. Nul besoin d’apprendre un lex­ique par cœur. Il faut surtout com­pren­dre com­ment cela fonc­tionne. Savoir qu’on va choisir tel mode pour figer un mou­ve­ment, tel autre pour un beau flou d’arrière-plan. Chaque choix a un impact direct sur le ren­du de la pho­to.
Pour appren­dre les bases, il y a les livres (genre celui-là...), inter­net (genre le blog que tu es en train de lire...), mais aus­si et surtout la pra­tique : faire des essais, pren­dre dix fois la même pho­to en changeant les paramètres pour voir leur impact sur l’image.

4 : S’entraîner

Pho­togra­phi­er, encore et encore. Tous les jours.
Quand j’ai com­mencé à m’intéresser un peu à la pho­to, je fai­sais un exer­ci­ce quo­ti­di­en : pren­dre une pho­to, tous les jours, à 15h15. Alors, tous les jours, à 15h15, j’arrêtais ce que je fai­sais, et je me don­nais une minute pour trou­ver une pho­to avec ce qui m’entourait. A l’époque j’étais graphiste free­lance, et je pou­vais donc aus­si bien être en agence qu’en train de tra­vailler de chez moi, ou en train de me promen­er. Le but de l’exercice était de tir­er le meilleur par­ti de ce que j’avais à ma dis­po­si­tion, à la manière d’un pein­tre s’entraînant sur une cor­beille de fruits. Per­son­ne n’a jamais eu de pas­sion par­ti­c­ulière pour les empile­ments de pommes et de poires, mais cela per­met de créer des jeux de vol­umes, d’ombres et de lumières. De la même manière, j’essayais de jouer avec le cadrage pour ren­dre intéres­santes des choses qui ne l’étaient à l’origine qua­si­ment jamais.
La plu­part de ces pho­tos étaient prob­a­ble­ment très mau­vais­es, mais là n’était pas la ques­tion : je pra­ti­quais, j’entraînais aus­si bien mon œil que mes doigts. A chaque sit­u­a­tion, il me fal­lait réfléchir à une com­po­si­tion et trou­ver une réponse tech­nique pour choisir les réglages cor­re­spon­dant à la pho­to que je voulais pren­dre.

5 : Regarder ses photos

Les regarder, les tri­er, se deman­der ce qu’on aime sur l’une et pas sur l’autre. Il faut, bien sûr, entraîn­er son œil sur les pho­tos des autres, mais égale­ment lui appren­dre à regarder ses pro­pres pho­tos : repér­er ce qu’on aurait dû faire dif­férem­ment pour obtenir une meilleure pho­to la prochaine fois.

6 : Retoucher ses photos

Au-delà du fait d’améliorer ses pho­tos, les retouch­er sig­ni­fie aus­si pass­er du temps sur une image.
J’ai été retoucheuse dans la presse mag­a­zine pen­dant plusieurs années avant de me con­sacr­er à 100% à la pho­togra­phie, et je crois que c’est là que j’ai le plus appris. Cor­riger les pho­tos des autres mais aus­si les miennes est une façon d’apprendre à repér­er les détails qui fer­ont une meilleure pho­to. Par exem­ple, c’est en effaçant des élé­ments par­a­sites que j’ai com­pris qu’il me fal­lait y prêter atten­tion dès la prise de vue : je suis donc régulière­ment amenée à déplac­er une poubelle, à atten­dre que quelqu’un sorte du champ, ou à me décaler pour mas­quer un élé­ment par­a­site, etc. Ce sont des petits détails qui font sou­vent la dif­férence.
C’est aus­si à la retouche que j’ai appris à peaufin­er mes cadrages, à vrai­ment faire atten­tion à ce que tout soit droit !

Trois exercices pour s’entraîner

1 : Une photo par jour, à heure fixe

C’est l’exercice que j’ai moi-même pra­tiqué pen­dant longtemps. Selon ton emploi du temps et ton envie, tu peux le déclin­er en pro­jet 52 (une pho­to par semaine) ou ne pas t’imposer d’heure mais unique­ment le fait de pren­dre une pho­to dans la journée. Le but est juste de s’obliger à penser à une image, une fois par jour.

2 : Défi du réglage unique

Pour com­pren­dre com­ment fonc­tion­nent les réglages, il n’y a rien de mieux : mets-toi en pri­or­ité à l’ouverture ou en pri­or­ité vitesse, défi­nis un réglage, et passe toute la journée à faire des pho­tos sans chang­er ce réglage. Regarde tes pho­tos sur l’écran de l’appareil au fur et à mesure, et essaye de les analyser. Immor­talise tout ce qui t’entoure, les fleurs, le chat de la voi­sine, ton repas : le but est de com­pren­dre com­ment fonc­tionne l’appareil pour refaire ce réglage exact le jour où tu en auras besoin.
Recom­mence cet exer­ci­ce plusieurs fois, avec des réglages dif­férents.

3 : Sortir

Lance-toi des petits défis sim­ples : va faire des pho­tos au jardin pub­lic, au cen­tre-ville, dans ce petit quarti­er que tu aimes bien ou le long d’une prom­e­nade. Ce sont des lieux que tu con­nais bien, prof­ites-en pour les décou­vrir autrement !

 

9 Commentaires

  1. Bon­jour,
    Un nou­v­el appareil pho­to est tou­jours une grande aven­ture et surtout si c’est la pre­mière.
    Cadeau empoi­son­né ? Non, car aujourd’hui le mode automa­tique per­met de déclencher sans se pos­er de ques­tion et sans ouvrir de livres. Certes il a ses lim­i­ta­tions, mais c’est un plaisir pho­tographique qu’il ne faut pas boud­er.
    Du temps de l’argentique, pour appren­dre il fal­lait » bouf­fer du film » . La règle est tou­jours vraie avec le numérique, avec des vrais plus :
    – nom­bre de prise de vues qua­si illim­ité
    – pos­si­bil­ité de voir le résul­tat immé­di­ate­ment
    J’adhère à cette idée de faire des gammes, qui est val­able quelque soit le niveau. L’appareil pho­to doit devenir un com­pagnon au quo­ti­di­en, et la tech­nique ne doit pas pren­dre le pas sur le regard pho­tographique.

  2. Enfin qqun qui dit « ben oui, entraine toi sur le chat ou les fleurs du jardin », plutôt que « cesse de shoot­er le chat et fait de vraies pho­tos mnt ! ». Euh... oui ! Mais objec­tive­ment, le chat est un bon sujet au tout début, il est dis­po, il a tooooou­u­u­u­ut le temps, il bouge en principe pas trop-trop, mais il arrive par­fois à te com­pli­quer la tâche ! Je trou­ve bien pra­tique pour s’habituer à manip­uler un appareil sans aucune con­nais­sance ou un boîti­er neuf dont les bou­tons ont été déplacés. Faire une « vraie pho­to » intéres­sante de suite, c’est pas inné au tout début. Mer­ci à vous et joyeux Noël !

  3. J’apprivoise mon reflex un peu plus chaque jour mais par­fois dans l’urgence il m’arrive de rester en mode automa­tique parce que je n’aurais pas le temps de faire des réglages appro­priés et que la pho­to n’attend pas tou­jours. Quand on ne maitrise pas la tech­nique, il ne faut pas se met­tre trop de pres­sion, ça vien­dra avec la pra­tique... Et puis ça doit rester un plaisir ! Je pense que je vais tester la méth­ode du réglage unique, c’est une super idée d’exercice pour être plus effi­cace en sit­u­a­tion !

  4. Bon­jour
    Mer­ci pour tous les bons arti­cles autour de notre pas­sion com­mune... Et pour le brin d’humour avec lequel ils sont par­fois abor­dés !

    Bonne(s) route(s)

  5. Mer­ci pour ces idées d’exercices ! J’ai eu mon pre­mier reflex à Noël pour faire de belles pho­tos de voy­age au Japon, mais je pars dans un mois et je n’ai pas encore bien apprivoisé mon appareil... Je vais essay­er dès demain 😉

  6. Bien que je n’ai pas reçu d’appareil pho­to comme cadeau, je compte m’en offrir un très bien­tôt (j’ai les mains moites d’impatience 🙂 ).
    En atten­dant je « m’informe sur ce qu’il faut faire et ne pas faire, alors mer­ci pour tout ce partage expliqué avec beau­coup de sim­plic­ité.

  7. Ces six con­seils m’ont beau­coup plu car ils sont directs, utiles, clairs ...
    Quelque chose qui a attiré mon atten­tion était le pre­mier con­seil, il est très vrai que vous n’avez pas à voy­ager pour obtenir des pho­tos incroy­ables, vous devez juste com­mencer à créer ce que vous avez, en plus d’être un très bon con­seil est une réal­ité.
    Les cinq con­seils suiv­ants sont très bien pour gér­er les con­cepts de base et obtenir l’image que nous voulons.
    Je les ai beau­coup aimés et je n’hésiterai pas à les met­tre en pra­tique.
    Mer­ci.

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