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Inde : visiter le Rajasthan

par Madame Oreille

Je suis ren­trée dimanche soir. Je n’ai pas encore eu le temps de m’at­te­ler à grand chose, donc en atten­dant le car­net de voyage, voi­ci une sélec­tion de pho­tos prises sur place, dans la suite de l’article.

Oui, j’aime tou­jours autant faire des cartes, et j’ai hâte de par­tir, dans une dizaine de jours. L’i­ti­né­raire approxi­ma­tif est le par­cours clas­sique de tous les tou­ristes qui font cette région, on devrait voir de belles choses, des cha­meaux, des rats et des élé­phants mais aucun serpent.

Et tant qu’à com­men­cer le récit à l’a­vance, il faut que je raconte la for­mi­dable aven­ture des visas. L’am­bas­sade d’Inde a confié la ges­tion du bor­del à une agence par laquelle on est obli­gé de pas­ser. L’a­van­tage d’ha­bi­ter Paris, c’est qu’on peut y aller direc­te­ment, et éco­no­mi­ser le cout d’un cour­rier et la frayeur de voir la poste éga­rer le pré­cieux pas­se­port. Avec le Chauve, nous sommes donc allés pas­ser un week-end à Nantes, à l’is­sue duquel nos trois com­pa­gnons de voyage ont rem­pli la pape­rasse et nous ont lais­sé leurs passeports.

Le trai­te­ment du visa est assez étrange : il faut rem­plir le for­mu­laire en ligne, l’im­pri­mer et l’ap­por­ter sous quin­zaine, moi­tié infor­ma­tique, moi­tié papier. Tout le monde m’en­voie le pdf géné­ré par le site de l’a­gence mais for­cé­ment, tout le monde n’a pas de pho­to. C’est pas grave, ça par­ti­ra par cour­rier le len­de­main. Le Chauve et moi rem­plis­sons le for­mu­laire une fois ren­trés. C’est là que je vois que tout le monde a fait une erreur sur la manière d’é­crire le numé­ro de télé­phone (en 06 xx au lieu de +336), et que « quel­qu’un » a rem­pli un cadre réser­vé aux deman­deurs de visas d’un an. Bon, on ne peut pas nous repro­cher d’a­voir trop rem­pli un for­mu­laire ? Je véri­fie à la hot­line sur­taxée tenue par un indien au fran­çais plus qu’ap­proxi­ma­tif (comme pour toutes les hot­lines, en fait), ça devrait pas­ser quand même.

Le matin où je dois aller dépo­ser les cinq demandes, je me réveille en sur­saut, j’ai oublié de faire rem­plir un papier au Chauve, le truc spé­cial étran­ger (le Chauve n’est pas fran­çais, berk). Je relis le tout une der­nière fois, cinq for­mu­laires, quatre lettres de pro­cu­ra­tion et en véri­fiant que j’ai tout sur le site, je tombe par hasard sur la check list de la par­faite demande de visa. Et là, hal­lu­cine un peu, on n’est pas du tout bon. Là où se trouve un cadre de la taille d’une pho­to d’i­den­ti­té avec écrit « pho­to », oui « pho­to », au sin­gu­lier, il faut en fait col­ler deux pho­tos d’i­den­ti­té. Arg. Je n’ai pas de pho­tos en double pour tout le monde. Je panique un peu. Sans trop réflé­chir, je décolle les pho­tos, déchire à moi­tié le for­mu­laire au pas­sage, et les fous sur ma super impri­mante scan­ner pre­mier prix. Une feuille de papier pho­to, et je fais deux pho­to­co­pies cou­leur. Oui, deux, et pour tous le monde, comme ça, on ne ver­ra pas la minable qua­li­té de la pho­to, sans élé­ment de com­pa­rai­son. Il faut aus­si des pho­to­co­pies des pas­se­ports. Ça, c’est bon, je l’a­vais fait par sécu­ri­té. Et enfin, une pho­to­co­pie de ma carte d’i­den­ti­té pour aller avec la procuration.

Ça com­mence mal. J’ai hési­té à prendre le temps de tout faire pro­pre­ment, mais je pré­fère tes­ter, on ver­ra bien. Pas sure que ça soit la meilleure idée, parce que rede­man­der un visa refu­sé une pre­mière fois, ça veut dire repayer, aus­si. Il est 8h15 quand j’ar­rive devant le bâti­ment. Une grande queue devant le petit bureau du mec qui dis­tri­bue les numé­ros et véri­fie que les dos­siers sont com­plets. Je poi­reaute. A 8h30, je vais m’as­soir : comme j’ai plus de quatre pas­se­ports, je dois pas­ser avec les agences. J’ai ins­crit mon nom sur une feuille volante et j’at­tends qu’on m’ap­pelle. Sur le moment, j’ai pen­sé que c’é­tait un bon plan, que ça irait plus vite. Vers 10h, quand tous les gens qui atten­daient autour de moi sont déjà repar­tis, j’ai com­men­cé à com­prendre que non, c’est pas un bon plan. Puis des per­sonnes arri­vées à 10h passent, et je suis tou­jours sur ma chaise, à regar­der les trois pubs qui passent en boucle, et à regret­ter de ne pas avoir pris l’ar­chos ou un livre.

Je dis­cute avec un mon­sieur dans la même situa­tion qui com­mence à perdre patience. Je lui explique ma théo­rie : on passe au gui­chet agences, mais les agences passent avant nous, même s’ils déposent trente pas­se­ports et nous cinq. Effec­ti­ve­ment, il véri­fie : il y a une deuxième feuille, avec les agences, on ne pas­se­ra que quand il n’y en aura plus. On aurait mieux fait de dépo­ser nos demandes en deux fois. J’au­rais pu faire quatre fois la queue au contoir « par­ti­cu­liers » le temps que je puisse enfin pas­ser à celui des « agences ».

Vers midi et demi, ils m’ap­pellent enfin. Les agences de voyage sont en pause déjeu­ner, sans doute. La femme qui me reçoit tique un peu sur les pho­tos. Je me dis que 4h d’at­tente pour devoir reve­nir le len­de­main, ça fait mal. Elle demande à son supé­rieur, selon lui ça passe. Elle véri­fie les for­mu­laires. Les erreurs ne la gènent pas, tant mieux. Mais j’ap­prends qu’il m’en cou­te­ra 30€ de plus pour un pas­se­port étran­ger, soit 50€ de visa et 44€ de frais, sachant que le salaire moyen en inde est infé­rieur à 2€./jour.. Ils pro­posent de faire les pho­to­co­pies et les pho­tos sur place, vendent les guides, et offrent un ser­vice sui­vi de la demande par sms, à 1€50 (qu’on a sur le net), c’est un beau busi­ness... (et j’i­ma­gine que diffuser/afficher des pubs, doit être sym­pa, aussi)

Et en plus, ça prend plus long­temps pour les pas­se­ports étran­gers ! Résul­tat, je suis allée les cher­cher en deux fois, mais c’est bon, on les a !

C’est parti pour le Rajasthan

Oui, le pre­mier cha­pitre de mes car­nets indiens se passe en Fin­lande, et ça n’est pas si incon­gru que ça. De la même manière que le récit fan­tas­mé de mon voyage raté au Viet­nam com­men­çait en Chine, celui-ci débute par une escale à Hel­sin­ki volon­tai­re­ment allon­gée pour sor­tir de l’aéroport.

Nos trois com­pa­gnons de voyage nous ont rejoints le ven­dre­di soir. Nous n’a­vons pas fait de soi­rée pyja­ma, mais avons vai­ne­ment essayé de dor­mir tôt : le taxi nous atten­dait à 4h30 devant l’im­meuble. Après ça, tout n’est qu’at­tente : aller à l’aé­ro­port, poi­reau­ter, faire la queue pour les sacs, pour la sécu­ri­té, attendre d’embarquer, etc.

Il doit être envi­ron 9h30, heure locale, quand nous arri­vons. Un petit tour de l’aé­ro­port his­toire de trou­ver des plans, et c’est par­ti, on file prendre le bus (le Chauve et Marine avaient fait des recherches quant à celui qui nous emmè­ne­rait en centre ville). De là, nous avons man­gé, mar­ché, man­gé, mar­ché. On trouve des fruits rouges par­tout, mais on n’a plu­tôt essayé de tes­ter des trucs nou­veaux genre un machin bizarre appe­lé Rah­ka­pul­la « qui res­semble au chee­se­cake » (dixit la vendeuse).

Glo­ba­le­ment, la ville n’est pas extrê­me­ment inté­res­sante, les grandes éten­dues de la Scan­di­na­vie m’at­tirent net­te­ment plus. Elle a tout de même le mérite d’être calme. (mais qu’est ce qu’on s’est pelé !)

On arrive à Del­hi le dimanche matin. Je dois dire que pour ma part, je n’é­tais pas très fraîche. La nuit du ven­dre­di avait été plus que courte, et dans l’a­vion, les lumières sont res­tées allu­mées presque tout le voyage. On récu­père nos sacs, fait la queue pour l’u­nique dis­tri­bu­teur de sous, et part à la recherche des taxis pré­payés. C’est là qu’on com­met notre pre­mière erreur : comme aucun ne nous don­nait le prix indi­qué dans le guide, nous sommes allés prendre le bus. Celui-ci ne s’ar­rê­tait pas devant la gare, mais pas­sait pas loin der­rière, 500m en théorie.

Sur le tra­jet, on découvre les tra­vaux que la capi­tale a lan­cés à l’oc­ca­sion des Jeux du Com­mon­wealth, à la ren­trée. Ligne de métro, routes, il y a des chan­tiers par­tout. Cette impres­sion que la ville vient de sor­tir d’une guerre, nous l’au­rons par­tout où nous pas­se­rons, entre l’é­tat des bâti­ments, pas tous à l’a­ban­don, et les gens. Car oui, bien sûr, on s’y attend, l’Inde est un pays pauvre. Mais ça fait quand même un choc quand on passe devant les pre­mières tentes de for­tune, les pre­mières per­sonnes allon­gées à même le sol. On fixe les pou­mons, yeux grands ouverts, pour véri­fier qu’ils dorment bien.

Le bus nous dépose sur le cercle exté­rieur de Connaught Place. De grandes rues, des ani­maux, de la pous­sière, et, encore, la cha­leur. On cherche notre direc­tion, un jeune homme nous dit aller vers la gare et nous pro­pose de le suivre. Bien sûr, c’é­tait une erreur. On marche long­temps, puis il nous montre un bureau « tou­rist infor­ma­tion ». La gare serait juste der­rière ; ici on aura des plans et on pour­ra ache­ter nos billets de train. On rentre. La frai­cheur est appré­ciable. Un qua­dra­gé­naire nous demande où on veut aller, et puis, dans l’ordre, nous dit que notre par­cours n’est pas logique (on lui explique qu’on n’a pas le temps de caser Agra à la fin, mais il n’en démord pas), passe un coup de fil et nous informe qu’il n’y a que deux ou trois trains par jour et qu’ils sont tous com­plets, puis revient sur notre par­cours et nous explique qu’on pour­rait tout faire et même aller jus­qu’à Vara­na­si si on pre­nait un chauf­feur, et d’ailleurs, ça nous coû­te­rait moins cher. Voi­là, on y est, c’est l’ar­naque décrite dans tous les guides : au lieu du bureau des tou­ristes, nous sommes dans une agence de voyage.

On res­sort. On galère à démê­ler le vrai du faux dans les direc­tions que les gens nous donnent pour rejoindre la gare. Il semble y avoir nombre de rabat­teurs à cet endroit, et sur tout le che­min. On arrive enfin à quelque chose qui res­semble à une gare. Il y a du monde par­tout, du bruit aus­si, c’en est oppres­sant. Arri­vés au por­tique de sécu­ri­té, un homme à l’air sérieux nous dit que ce n’est pas là qu’on doit aller. Il nous amène trois mètres plus loin, devant ce qui a dû être un bureau. Il nous dit que le truc à tou­ristes était là, mais a bru­lé, qu’il faut aller plus loin. Oui, bien sûr, les guides indi­quaient aus­si que l’ar­gu­ment du bureau détruit ou fer­mé ris­quait de reve­nir sou­vent. On retourne sur nos pas. Le mec de la sécu­ri­té aurait cer­tai­ne­ment pu nous pré­ve­nir, mais il devait avoir mieux à faire. On tourne en rond, suit les flèches qui disent de mon­ter à un esca­lier, puis d’en des­cendre un autre, avant d’ar­ri­ver enfin devant ce fameux bureau. Si nous avions pris un taxi, il nous aurait dépo­sé devant la gare et nous l’au­rions trou­vé tout de suite...

Le sol du hall de la gare est lit­té­ra­le­ment jon­ché de corps. Je ne sais pas com­bien de per­sonnes peuvent être regrou­pées ici, à dor­mir, sans doute un peu plus au frais qu’ailleurs. Nous nous affa­lons dans les cana­pés du « tou­rist office », des ven­ti­la­teurs, moins de bruit, joie. On regarde les autres voya­geurs entrer, nous ne sommes visi­ble­ment pas les seuls à se dire « enfin ! ». Je me dis qu’on fait bien de modi­fier le pro­gramme. Nous devions à l’o­ri­gine pas­ser la pre­mière nuit sur place, pour visi­ter la ville et s’ac­cli­ma­ter dou­ce­ment. Mais mieux vaut faire quelques heures de trans­port en plus et filer vers une ville plus sym­pa­thique, tout du moins pour des pre­miers pas en Inde.

Davy, Marine et moi par­tons en opé­ra­tion bou­teilles d’eau, pen­dant que Bru­no et le Chauve res­tent se repo­ser. Le quar­tier de la gare est sup­po­sé être celui où nous revien­drons cher­cher un hôtel, lorsque nous visi­te­rons Del­hi, à la fin du voyage. Nous n’a­vons même pas fait 50 mètres que nous savons déjà qu’il nous sera impos­sible de dor­mir ici tant tout est glauque et sale. Avec le recul, ça ne l’é­tait pas tant que ça, c’é­tait juste le choc de l’ar­ri­vée, et les hôtels se trouvent en fait, il paraît, un peu plus loin. Mais tout de même, il y a des ordures et déjec­tions par­tout. Il faut pré­ci­ser qu’en Inde, il n’y a ni pou­belles, ni égouts comme nous le connais­sons. Des rigoles, ouvertes, par­courent la ville. Les gens y pissent ou s’y lavent les dents, et par­fois, une vache y boit...

Après avoir squat­té le plus long­temps pos­sible la salle pleine de visages pâles, nous tâchons de nous rendre sur le quai, his­toire de ne pas man­quer notre meilleur moyen de fuir Del­hi. Là encore, du monde par­tout, des ven­deurs ambu­lants, de gens qui dorment. Je ne suis pas encore assez en confiance pour sor­tir mon appa­reil pho­to, j’at­ten­drai que nous soyons par­tis. Sur le quai, une famille nous encercle rapi­de­ment, grand sou­rire. Le bru­mi­sa­teur semble les amu­ser, nos têtes aus­si. Ils nous demandent où nous allons, nous mon­trons le ticket, ils nous rétorquent que c’est le quai d’en face. Aïe. On a pas­sé la mati­née à se faire embo­bi­ner, nous res­tons méfiants. Le train est déjà là, ils insistent. Tout semble cor­res­pondre, on fait le pari de les croire.

Ce qu’on dit sur les trains en Inde est vrai : on s’y entasse tant que ça loge, quitte à occu­per les moindres recoins, ou à res­ter accro­ché par la porte du wagon, à moi­tié dans le vide. Le train est lent, s’ar­rête sou­vent, pas for­cé­ment en gare, et à chaque fois, des gens s’empressent de tra­ver­ser les voies, pour mon­ter ou descendre.

Nous res­te­rons deux nuits à Agra. La pre­mière fut assez hor­rible pour moi. Les chambres étaient au rez-de-chaus­sée, avec pour seule aéra­tion, une fenêtre sur le cou­loir. Lorsque j’ai deman­dé à Ali, le pro­prié­taire, s’il avait des chambres avec des fenêtres, il a répon­du un truc du genre « mais y’a des fenêtres, il suf­fit d’ou­vrir ». Certes. Le ven­ti­la­teur du pla­fond fai­sait un bou­can infer­nal, sem­blant se décro­cher à chaque seconde. J’ai rapi­de­ment deman­dé au Chauve de le cou­per. Pour ensuite pas­ser la nuit à l’al­lu­mer / l’é­teindre toutes les dix minutes tant j’a­vais chaud. Bou­ger d’un bout de lit chaud à un bout de lit froid n’é­tait effi­cace qu’un temps, tout comme pas­ser le sac à viande sous l’eau : ça rafrai­chit deux minutes et ensuite c’est moite... J’ai aus­si essayé de m’ins­tal­ler par terre, sous la « fenêtre », ou car­ré­ment sous la douche, pour ne plus avoir à bou­ger quand je vou­drais me mettre la tête des­sous. Mais rien à faire...

Le len­de­main matin, nous avons deman­dé une autre chambre, plus chère, mais don­nant réel­le­ment sur l’ex­té­rieur, et avec un « air cooler », un ven­ti­la­teur pla­cé au milieu de paille mouillée, qui balance de l’air froid. Elle a été gran­de­ment appré­ciée : direc­te­ment après la visite du Taj Mahal, le Chauve et moi sommes retour­nés nous cou­cher pen­dant que les autres com­men­çaient la visite du reste de la ville : la tou­ris­ta, for­cé­ment. On a rat­tra­pé notre retard l’a­près-midi en fai­sant tous les tra­jets en rick­shaw : le fort, le Baby Taj, les ruines du Taj Noir pour le cou­cher du soleil der­rière le Taj blanc, une agence pour ache­ter des billets pour Bika­ner (pro­chaine étape, en bus de nuit). On com­mence à se détendre et à appré­cier le voyage.

Le len­de­main, la pluie arrive, ça fait du bien. On visite un mau­so­lée, puis nous nous bala­dons dans le mar­ché et les ruelles de la ville. Les gens nous sou­rient, demandent des pho­tos, rient en se voyant sur l’é­cran, même s’il ne sou­rient que rare­ment pen­dant la pho­to (comme les mon­goles ! Il faut être sérieux et bien pré­sen­ter sur la pho­to). On est loin de Delhi !

Bikaner

Nous par­tons d’A­gra en fin d’a­près-midi, pour plus de 10h en bus de nuit, notre plus gros tra­jet. Les cou­ver­tures sur les cou­chettes étaient rigides de crasse : nous avons lavé les sac-à-viande (genre de duvet, mais ver­sion drap, indis­pen­sable en Inde !) dès que nous sommes arri­vés à Bika­ner. Le voyage fut plu­tôt agi­té, entre les nids de poule qui vous font faire un bond, Marine qui était malade, et les arrêts fré­quents, mais sou­vent sou­hai­tés à cause de l’ab­sence de sani­taires dans le bus.

C’est ain­si que nous avons pu tes­ter les toi­lettes publiques indiennes pour la pre­mière fois : un champ de détri­tus et une cabane au fond. Il fai­sait nuit, impos­sible de voir le trou, et la puan­teur ne lais­sait rien pré­sa­ger de bon quant à ce qui entou­rait ledit trou. Mais c’est aus­si un moment où on a pu consta­ter la très grande gen­tillesse des indiens. Le conduc­teur qui nous avait mon­tré les toi­lettes était res­té à proxi­mi­té. Voyant Marine vomir, il s’est rap­pro­ché, pro­po­sant d’ap­pe­ler un méde­cin, etc., il sem­blait très concerné.

Nous sommes donc arri­vés à Bika­ner, le ter­mi­nus, au matin. Nous avions repé­ré un hôtel, mais comme c’est, visi­ble­ment, sou­vent le cas avec les rick­shaws, il a fal­lu batailler. Non contents de rajou­ter un zéro quand ils donnent un prix à un étran­ger, ils gagnent aus­si de l’argent à la com­mis­sion. Ain­si, cer­tains hôtels paient les conduc­teurs quand ils ramènent un client, mais aug­ment alors le prix de la chambre. Le rick­shaw nous a obli­gés à visi­ter un hôtel avant d’ac­cep­ter de rejoindre celui que nous vou­lions, deman­dant au pas­sage une hausse de sa paie, que nous avons refu­sée : le prix se négo­cie au début, il était d’ac­cord, point.

L’hô­tel fut plu­tôt une bonne sur­prise. Pour un prix cor­rect nous avions une grande chambre, avec une vraie salle de bain, et l’ac­cès à une ter­rasse et un jar­din. Le tout étant tenu par une famille sym­pa­thique (et bavarde). Le pro­prié­taire a com­men­cé par un laïus sur les escro­que­ries des rick­shaws, lui même refu­sant de don­ner des com­mis­sions (et n’en ayant sur­ement pas besoin pour rem­plir sa Guest House), avant de nous pro­po­ser de nous dépo­ser lui même gra­tui­te­ment devant le fort, pour que nous visi­tions le centre ville.

C’est avec l’hô­tel que nous par­ti­rons sur les « expé­di­tions » que nous vou­lions faire dans la région. Tout d’a­bord, nous ferons un saut à Desh­noke, petite ville connue pour son temple grouillant de rats (et vous savez com­bien j’aime ces ron­geurs...). Les cen­taines de rats qui vivent dans le temple seraient des réin­car­na­tions de conteurs, ils sont sacrés. L’en­droit est assez amu­sant, bien que la plu­part des rats ne semble pas en très bonne san­té. Ils sont assez crain­tifs, mais après quelques bouts de nans, j’ai réus­si à cares­ser les moins mal en point.

Direc­te­ment après le temple des rats, nous par­tons pour deux jours dans le désert du Thar, à dos de cha­meaux, la grande attrac­tion tou­ris­tique du coin. Il faut dire que c’est plu­tôt sym­pa, même si cer­tains seront déçus de ne pas voir un désert de sable type Saha­ra. L’ex­pé­rience fut plus qu’a­gréable, à un détail près : la cha­leur. Sur­tout au retour, le soleil tapait méchamment...

Après deux jours dans le désert, nous pro­fi­tons des douches et des lits avant de repar­tir, en voi­ture cette fois-ci, visi­ter la région du She­kha­wa­ti. Nous n’y avions eu qu’une décep­tion : le rou­tard de Davy conseillait for­te­ment une petite ville, « pas encore trop tou­ris­tique ». Résul­tat, nous y avons croi­sé des fran­çais par­tout ! Pire, mais je ne pense pas que ça incombe au guide, j’ai eu l’im­pres­sion que tous les habi­tants avaient lais­sé tom­ber leur tra­vail pour vivre du tou­risme : échange une pho­to contre de l’argent, vendre des gom­mettes rouges à col­ler sur le front, des cartes pos­tales, etc.

En ren­trant, nous avons lon­gue­ment « squat­té » la balan­celle du jar­din en atten­dant l’heure de notre train. Et notre hôte nous a gen­ti­ment dépo­sé devant la gare, nous pré­ci­sant que nous serions sur le pre­mier quai. Une nuit dans le train, et nous serons à Jai­sal­mer, l’autre cité du désert.

Jaisalmer

Il est tôt quand nous arri­vons à Jai­sal­mer. La nuit a été plus que désa­gréable, et pour­tant j’aime les trains de nuit (enfin, l’an­née der­nière on a quand même dor­mi cinq nuits d’af­fi­lée dans un dor­toir avec 50 russes, mince quoi !). Peu de temps après le départ, je me suis réveillée, sen­tant quelque chose sur mon visage. C’é­tait du sable. Je l’en­lève et me recouche, per­sua­dée il tombe de la cou­chette du des­sus. Mais dix minutes plus tard, j’en suis à nou­veau cou­verte... Le sable passe par la fenêtre ouverte, qu’on ne peut pas fer­mer sous peine de mou­rir de chaud... L’as­tuce consiste à mettre sa tête dans le sac-à-viande en lais­sant un petit pas­sage sur le côté pour faire dépas­ser bouche et nez...

Arri­vés à Jai­sal­mer, nous ne reten­tons pas de don­ner le nom de l’hô­tel au taxi et sui­vons les conseils du Lonely/Routard/Petit Futé : don­ner un lieu proche puis mar­cher. On atter­rit dans un petit hôtel bon mar­ché sans charme, où le res­tau­rant confond les oranges et les ana­nas mais d’où la vue sur le fort est plus que sym­pa­thique. C’est en man­geant au res­tau­rant que nous ver­rons, tout autours de nous, les autres tou­ristes com­man­der des pâtes et des piz­zas. Sur le moment, on s’est moqué, à quoi bon man­ger ce qu’on a à la mai­son quand on peut tes­ter la cui­sine locale. Il n’empêche que plus tard, nous ferons la même chose, las­sés d’a­voir mal au ventre...

Jai­sal­mer, c’est un peu Bika­ner en mieux : la ville est plus petite, plus jolie. Les façades des mai­sons sont fine­ment sculp­tées, les gens sont sou­riants. C’est aus­si plus tou­ris­tique. Beau­coup de voya­geurs font l’im­passe sur Bika­ner pour aller direc­te­ment à Jai­sal­mer, et découvrent le désert à dos de cha­meaux là-bas. Mais en dis­cu­tant avec nos voi­sines au res­tau­rant, nous ne l’a­vons pas regret­té : elles étaient par­ties avec le groupe des gens de l’hô­tel, plus nom­breux, dans des dunes où il y avait des groupes par­tout, quand nous étions entre nous au milieu de nulle part. Ils dor­maient par terre, sur des paillasses et quand il a plu, ben, les orga­ni­sa­teurs ont posé une bâche sur eux, façon cadavre...

Le pre­mier jour, nous avons visi­té les alen­tours puis la ville et son lac où les gens viennent nour­rir des groupes impres­sion­nants de silures... Des gamins vendent du pain et les familles en jettent des mor­ceaux aux poissons.

Le deuxième jour, après la visite de la vieille ville et du fort, nous avions déci­dé d’al­ler un peu plus loin. C’é­tait sans comp­ter sur la pluie qui s’est abat­tue vio­lem­ment sur la région. Comme à Bika­ner, les rues ont tout de suite été inon­dées. Notre rick­shaw a fait tout son pos­sible, le Chauve est des­cen­du plu­sieurs fois pour pous­ser le véhi­cule dont le moteur ne sem­blait pas appré­cier l’eau. Nous étions trem­pés, tous les cinq tas­sés sur la « ban­quette ». Chaque voi­ture qui nous dou­blait nous arro­sait au pas­sage, mais avons rigo­lé, et le chauf­feur avec nous, tout le tra­jet. On voyait des enfants cou­rir pour se jeter à plat ventre dans les flaque les plus grosses (l’eau mon­tait assez eau haut par endroit), les adultes affi­chaient de grands sou­rires : c’é­tait la pre­mière pluie depuis quatre ans. For­cé­ment, ils avaient de quoi être heu­reux. Le chauf­feur a fini par lais­ser tom­ber. On l’a ras­su­ré en lui disant qu’il n’al­lait pas perdre sa paye pour autant, on n’est pas des salauds (le Chauve lui a même glis­sé un pour­boire, l’un des seuls du voyage, pour le moment de franche rigo­lade). On l’a d’ailleurs recroi­sé plus tard, il est venu nous sou­hai­ter une bonne suite de voyage : son rick­shaw a donc sur­vé­cu à la pluie !

Jodhpur

Le train part lequel nous sommes arri­vés à Jodh­pur fut encore pire que les pré­cé­dents : j’ai pris la cou­chette basse du cou­loir. Le mate­las est cou­pé en deux, pour se rele­ver et for­mer les places assises. Sauf que les deux bouts n’é­taient pas à la même hau­teur, et qu’à chaque per­sonne qui pas­sait dans le cou­loir, tout s’a­ni­mait, mais sépa­ré­ment. La nuit fut plus que courte, et mon dos n’a vrai­ment pas appré­cié le voyage. C’est sans doute une des rai­sons pour les­quelles je serai à nou­veau malade, youpi.

Une des choses que j’at­ten­dais le plus, c’é­tait la ren­contre avec les Bish­noïs. J’a­vais décou­vert leur exis­tence quelques semaines avant le départ, et j’en avais été embal­lée. Néan­moins, j’a­vais un peu peur de l’as­pect « safa­ri » : le riche blanc qui vient visi­ter les popu­la­tions locales. Mais il n’en fut rien. Le plus obser­vé des deux, ce fut le blanc, jus­te­ment. (Cela dit, je pense que le choix de la per­sonne qui nous y a emme­né a été primordial).

Pen­dant tout le séjour en Inde, j’ai régu­liè­re­ment eu des regards, des sou­rires et des ques­tions sur mes pier­cings (sur­tout sur le labret), mais là, avec un inter­prète, ça a pris une toute autre mesure : il a fal­lu répondre aux ques­tions, ouvrir la bouche, lais­ser tout le monde tou­cher l’o­reille trouée et le bras encré. « Est-ce que ça fait mal ? », demandent-ils en mimant la dou­leur, je rigole en poin­tant leurs nez, leurs oreilles. Dans un autre contexte, ça pour­rait être étouf­fant, mais il n’en est rien. Ils sont curieux, sans rete­nue, sans chi­chi, sans juge­ment. C’est plus amu­sant qu’autre chose.

Et bien sûr, on prend des pho­tos, et ça les amuse. Ils se bagarrent un peu pour être celui qui sera le plus col­lé à nos objec­tifs. Ils demandent des pho­tos d’eux seuls, et encore une en fai­sant une autre tête, puis du petit frère. Les indiens sou­rient peu sur les pho­tos. Un peu comme les mon­goles. Tout le monde rigole, mais la pho­to, c’est sérieux, ils se figent. Et ils éclatent de rire en se voyant sur l’é­cran de l’appareil.

Du toit de l’hô­tel, nous voyions un temple. Ça nous intri­guait un peu. Alors on y est allés avec le Chauve, pen­dant que les trois lurons visi­taient la vieille ville et les mar­chés. Le temple n’a­vait pas un grand inté­rêt. Deux vieux mon­sieurs y avaient ins­tal­lé leur machines à coudre. Mais les gens qui habi­taient autour sem­blaient en être très fiers. Ils nous ont accueillis, mon­trés, etc. C’est là que j’ai pho­to­gra­phié les quatre gamins sur fond vert. Ils ont fait les pitres jus­qu’à ce qu’on pro­pose de faire une pho­to. Ils n’at­ten­daient que ça. Il a bien sûr fal­lu ensuite mon­trer la pho­to à la famille, puis pho­to­gra­phier les autres enfants... La mère était très croyante. Elle a insis­té pour nous mon­trer l’au­tel dans la mai­son, nous a deman­dé si on croyait en Dieu (« Oui, bien sûr », on n’al­lait pas la vexer). C’est un peu l’im­pres­sion que j’ai eu durant tout le voyage : les meilleurs moments, les ren­contres les plus chouettes, sont quand on ne s’y attend pas, quand on ne fait aucune démarche.

Udaipur

Udai­pur fut une très bonne sur­prise. C’est la ville qui me ten­tait le moins, et pour­tant, j’y ai pas­sé des moments très agréables. Mais je sais pour­quoi : le lac. Peu de temps avant notre départ, le lac était encore à sec (j’a­dore ce site), et pour­tant, grâce aux pluies qui nous ont sui­vis tout le voyage, on a pu pro­fi­ter de l’eau. J’a­vais une envie folle de me bai­gner, mais j’ai résis­té, d’une part parce qu’il doit y avoir encore plus de cochon­ne­ries dans cette eau que dans la Seine, et d’autre part, parce que les femmes ne se baignent pas. Elles se lavent, font la les­sive, mais ne jouent pas, et ne nagent pas.

Le lac est véri­ta­ble­ment l’at­trac­tion de la ville, les musées et le fort n’é­tant pas fabu­leux. Les ghats, au matin, sont vrai­ment agréables. Du coup, avec le Chauve, on s’est payé une belle chambre (à 400 rou­pies, une folie !) pleine de fenêtres qui don­naient sur le lac (à tra­vers les feuilles d’un arbre !), et on s’est repo­sé. Je ne sais pas com­bien de temps j’ai pu pas­ser assise au bord de l’eau, en bas de l’hô­tel, mais cette ville donne vrai­ment envie de ne plus bou­ger, et de res­ter à obser­ver la vie autour de soi.

Nous y sommes res­tés trois jours, ce qui nous a lais­sé le temps de prendre une jour­née entière avec un chauf­feur, pour aller dans les envi­rons. Trou­ver le chauf­feur nous a occu­pé un long moment. Nous avons fait le tour de la ville, avec Bru­no, sans trou­ver l’a­gence indi­quée dans le Rou­tard. Per­sonne ne la connais­sait, et une femme nous a expli­qué que le numé­ro de télé­phone ne pou­vait même pas cor­res­pondre à la région (trop de chiffres, ou pas assez, je ne sais plus). Bref, le guide n’é­tait pas à jour. On a pris un rick­shaw pour reve­nir, mais celui-ci nous a dépo­sé très loin, nous assu­rant qu’on était juste à côté. « C’est der­rière », a confir­mé le flic qui se tenait là. On a fait confiance, et on a mar­ché trente minutes. En che­min, on en a pro­fi­té pour tes­ter d’autres agences, pour fina­le­ment reve­nir à la pre­mière, celle de devant l’ho­tel, la moins chère. Lors­qu’on avait dit au mec qu’on allait réflé­chir et faire le tour des autres bou­tiques, il nous avait répon­du qu’il était le moins cher, et qu’on revien­drait. Du coup, lors­qu’on est retour­né le voir, Bru­no-le-roi-de-la-négo­cia­tion est entré en annon­çant direc­te­ment « vous aviez rai­son, on n’a pas trou­vé moins cher ». Ou l’art de cas­ser toute éven­tuelle ten­ta­tive de bais­ser encore un peu le prix...

Parce que oui, en Inde, tout se négo­cie. Enfin, presque, pas l’en­trée dans les musées. C’est un peu étrange au départ, ça met mal-à-l’aise de dire à un rick­shaw qui n’a pas l’air bien riche qu’on veut le payer 1€ au lieu de 3. Mais c’est comme ça que ça marche. Il faut essayer de bais­ser le prix, en sachant que même ain­si, on paie­ra tou­jours plus qu’un indien. Par­fois, on pense deman­der trop peu, et ils acceptent, d’autres fois, ils savent qu’un autre tou­riste paie­ra le prix fort sans bron­cher, et ils pré­fèrent attendre.
Pre­mier exemple, à Jai­sal­mer. Je regar­dais les têtes de Ganesh qu’ils attachent en haut des portes. Le ven­deur m’ac­coste, bien sûr, me montre le pro­duit. C’est du bronze, il me dit 8000 rou­pies. J’ouvre la bouche, lui sou­ris et le remer­cie en lui disant que c’est beau­coup trop cher pour moi. Il me demande mon bud­get. Je réflé­chis deux secondes, ne sachant que répondre, et lui dit 1000, per­sua­dée qu’il rigo­le­ra et qu’on en res­te­ra là. Hé bien non, il dit « ok » et part embal­ler l’éléphant...
Deuxième exemple, sur les prix pour les blancs. Nous sommes à Jodh­pur, en train d’at­tendre le bus. Deux amé­ri­cains arrivent, ils parlent fort et ils sont gros. On les écoute par­ler avec Marine, et on éclate de rire quand l’un d’eux revient, tout fier, avec deux bou­teilles d’eau qu’il a réus­si à négo­cier à 25 l’u­ni­té. Davy venait de faire la même chose, pour 10 rou­pies de moins, sans négo­cier.. Même entre tou­ristes, il y a une hié­rar­chie, les amé­ri­cains payent plus !

Pushkar

J’ai ado­ré Push­kar. Le calme, la ver­dure. En fait, c’est tout ce que j’aime. Les pro­chains voyages, je sais déjà qu’on les axe­ra plus sur les petites villes, et tant pis si on loupe le super caillou ins­crit à l’U­nes­co. Enfin, voir des temples et des forts c’est chouette quand même, bien sûr, mais c’est vrai­ment là où il n’y avait pas vrai­ment de monu­ment à visi­ter que j’ai pas­sé mes meilleurs moments.

Ça se passe un peu de mots. La gen­tillesse de tout le monde, jus­qu’à la famille qui tenait la Guest House. La cui­si­nière me fai­sant subir un inter­ro­ga­toire et me gra­ti­fiant de grands sou­rires à chaque réponse, « oui, je vis avec le grand là-bas », « non, pas encore d’en­fants mais on y pense ». Et s’en­qué­rant de savoir si on aimait sa cui­sine. Et puis, c’est le pre­mier endroit qui était tenu par des femmes, ça fait plai­sir ! Les femmes sont vrai­ment très effa­cées dans la socié­té indienne. On en croise très peu dans la rue, et qua­si­ment jamais seules.

Le pre­mier jour, nous avons fait le tour de la ville en sui­vant un « sen­tier de la foi » (ou une appel­la­tion du même style, je ne me sou­viens plus). Le che­min nous a fait décou­vrir un peu les envi­rons, le bazar, les bords du lac... On fait le tour assez rapi­de­ment, mais ça a vrai­ment son charme. Le deuxième jour, nous avons loué des moby­lettes pour aller faire un tour. Le Lone­ly conseillait deux temples, sans don­ner autre chose que la direc­tion à prendre en quit­tant la ville. For­cé­ment, on n’a pas trou­vé. Mais on a pas­sé une très bonne jour­née (enfin, je crois que je ne suis pas la seule à avoir ado­ré ces endroits).

Agra

On arrive à Jai­pur de jour, en bus. Et on ne peut pas dire que nos pre­mières heures sur place nous mettent dans de bonnes dis­po­si­tions pour appré­cier la ville. On fait le tour des hôtels : tout est com­plet ou très cher. On finit dans le der­nier, où il reste de la place, et qui doit bien pro­fi­ter des tou­ristes qui, comme nous, n’a­vaient rien réservé...

C’est le Teej, une fête. Nous avions modi­fié le par­cours pour y assis­ter (sinon, nous aurions fini par Agra), mais je ne pen­sais pas que ça pour­rait atti­rer autant. Sans autre choix pos­sible, nous pre­nons un hôtel sans charme, qui est éga­le­ment le plus cher du par­cours... Ils affichent des étoiles pour une télé­vi­sion, mais n’ont pas de fenêtre, des draps sales, et des cafards. Comble, nos toi­lettes sont à la turque, chose que même dans les plus petites guest houses nous n’a­vions ! Les trois lurons, quant à eux, peinent à négo­cier une baisse du prix pour Marine, qui dort sur un mate­las à même le sol. Et comme si ça ne suf­fi­sait pas, le per­son­nel est détes­table, se per­met­tant de ren­trer dans les chambres sans deman­der, et devant la tra­ver­ser pour accé­der à la remise. Qui met une chambre sur le che­min d’une remise ? Du coup, nous avons déci­dé de ne pas le filer le moindre sous sup­plé­men­taire et sommes allés man­ger au res­tau­rant de l’hô­tel en face. Et à en juger par le temps d’at­tente pour une table, beau­coup de clients ont du faire de même (le toit du notre res­tant déses­pé­ré­ment vide...). Non mais oh !

Après une pre­mière nuit, nous par­tons à l’as­saut de la ville. Le Chauve, malade, pas­se­ra la jour­née à regar­der la télé, qui a un gros avan­tage : dif­fu­ser les films amé­ri­cains en anglais ! Ouf, on com­prend ! La ville n’est fran­che­ment pas excep­tion­nelle, j’ai été plu­tôt déçue. On est loin de Pushkar...

En venant en Inde, j’a­vais une appré­hen­sion : les ser­pents. Jusque là, j’a­vais réus­si à ne pas en voir. Mais for­cé­ment, ça ne pou­vait pas durer. Au détours d’une porte, deux char­meurs coup sur coup ont faire sor­tir les bes­tioles de leurs paniers. J’ai bien évi­dem­ment fait un pas sur le côté pour lon­ger le mur oppo­sé, et ça a bien fait mar­rer l’in­dien qui pas­sait en même temps que nous. Car, oui, l’in­dien est moqueur.

Par contre, je vou­lais voir des élé­phants, et, le même jour, on en a vu plein ! Le rou­tard conseillait un musée du tur­ban, vague­ment inté­res­sant (y’a une pièce avec des tur­bans, quoi...) mais sur­tout des­ti­né à vendre des sodas plus chers qu’à Paris aux tou­ristes. Le musée fut dif­fi­cile à trou­ver. Le pre­mier rick­shaw nous a dépo­sé très loin, après une grande négo­cia­tion. Il ne savait pas lire notre alpha­bet et le nom du musée res­sem­blait vague­ment à celui d’un centre com­mer­cial. Nous avons par­le­men­té long­temps, sous les yeux d’un flic qui n’est pas inter­ve­nu, pour fina­le­ment redes­cendre sans payer. Sauf qu’on était plus loin que notre point de départ, grml. Et donc, en res­sor­tant du musée, nous avons croi­sé deux élé­phants ... qu’on a cares­sé et retrou­vé plus tard dans le centre, pour le Teej.

Nous ne savions pas trop où aller pour le fes­ti­val. Nous nous sommes donc pos­tés au départ du cor­tège. On a du coup lou­pé les défi­lés, mais on a pu appro­cher les ani­maux plus faci­le­ment. Vu le monde qu’on a croi­sé pour repar­tir, ce n’é­tait pas for­cé­ment le plus mau­vais choix ! Trou­ver un rick­shaw pour ren­trer a été une véri­table galère.

Le len­de­main, nous avons pris le bus pour Amber Fort. Prendre un bus local est tou­jours amu­sant : tant que ça loge, on rentre. Donc, en gros, on se tasse ! Mais là encore, les indiens ont été très gen­tils. Ils ont lour­de­ment insis­té pour nous lais­ser des places assises. Amber Fort est sur­tout connu pour ses élé­phants : les tou­ristes trop pares­seux pour faire cent mètres à pied peuvent payer (plus cher qu’une nuit d’hô­tel) pour se faire trans­por­ter par des élé­phants, qui ne sont pas connus pour être en bonne san­té. L’un des « conducteurs/dresseurs » nous a inter­pel­lés. « Vous étiez au Teej hier, non ? ». En fait, ce sont les mêmes élé­phants. En repar­tant, nous les avons dépas­sés sur la route : une cara­vane d’é­lé­phants qui rejoi­gnait Jaipur.

New Delhi

Et enfin, après une énième nuit de train, nous voi­là à Del­hi. La pre­mière jour­née là-bas ne m’a­vait pas lais­sé un très bon sou­ve­nir, et cette deuxième jour­née ne chan­ge­ra pas spé­cia­le­ment mon avis : il y a pro­ba­ble­ment des choses à voir, mais je n’ai pas envie d’y retourner.

Nous avions dans l’i­dée de prendre un taxi à la jour­née pour ne pas rené­go­cier des courses à chaque monu­ment. Mais on est tom­bé sur un chauf­feur peu hon­nête. En Inde, tout se négo­cie, mais quand le deal est accep­té par les deux par­ties, on ne change plus. Celui-là essaie­ra toute la jour­née de nous sou­ti­rer de l’argent en plus, alors même qu’on lui lais­sait déjà une somme plus que confor­table. On est, par exemple, res­té 10 minutes à négo­cier au milieu de la jour­née parce qu’il vou­lait soit chan­ger le plan­ning, vali­dé le matin, soit plus d’argent. Le mena­cer de des­cendre de voi­ture et de ne rien payer ne sem­blait lui faire ni chaud ni froid...

On a enchaî­né toute la jour­née pour voir les prin­ci­paux clas­siques. Le mau­so­lée machin sous la pluie, le plus grand mina­ret d’Inde, le char­mant quar­tier tibé­tain, en ter­mi­nant pas Connaught Place. Le pre­mier jour, nous avions visi­té le cercle exté­rieur de la place, un endroit hor­rible. Nous vou­lions voir le centre, cen­sé être le lieu où se retrouvent les indiens aisés. Effec­ti­ve­ment, il y a des bou­tiques de marques par­tout. Mais ça n’a aucun charme...

J’au­rais juste envie de par­ler de la mos­quée. La façon dont les tou­ristes sont trai­tés est assez lamen­table, et c’est très cher pour ce que c’est. Enfin, non, en théo­rie c’est gra­tuit, mais il faut payer pour l’ap­pa­reil pho­to. Voir, s’ils fouillent, pour le télé­phone por­table qui pour­rait prendre des pho­tos... Bref, ils ne laissent pas pas­ser un blanc gra­tui­te­ment. Il faut bien sûr reti­rer ses chaus­sures (mais le Rou­tard de Davy conseillait de les gar­der avec soi...). Comme c’é­tait une mos­quée, j’a­vais pré­vu la che­mise à manches longues, mais pen­sais qu’ils nous feraient mettre des fou­lards. Hé bien non, la tête ils s’en foutent, mais il a fal­lu enfi­ler d’im­mondes robes puantes en nylon. Non seule­ment ça tient chaud, mais en plus, j’ai man­qué plu­sieurs fois me vau­trer en me pre­nant les pieds dedans...
Il fal­lait payer pour mon­ter au mina­ret, genre c’é­tait pas déjà assez cher, et en plus c’é­tait inter­dit aux femmes seules. On a lais­sé tom­ber et on est repar­tis, un peu dégou­tés. En remet­tant nos chaus­sures, on a pour­tant pu consta­ter qu’on avait été rela­ti­ve­ment épar­gnés niveau arnaque. Lorsque Marine et moi avons ren­du nos « robes », l’un des hommes a deman­dé des sous, et on a rigo­lé. Faut pas décon­ner, oh ! Mais d’autres tou­ristes se sont vu pro­po­ser des chaus­sures auto­ri­sées dans l’en­ceinte, plus chères que l’en­trée de l’ap­pa­reil pho­to, ou des chaus­settes, pour pro­té­ger les pieds nus, éga­le­ment très chères... Comme si la bou­tique sou­ve­nir ne suf­fi­sait pas... Et tout ça sans sou­rire avec un mec qui vous aboie lit­té­ra­le­ment dessus...

On a pas­sé la nuit dans l’aé­ro­port. Enfin, dans le « lounge », puisque nous n’a­vions pas accès à l’aé­ro­port même (et donc à l’hô­tel). Et qui dit pas d’ac­cès, dit pas de toi­lettes... Il fal­lait mar­cher près de dix minutes pour aller dans celles du par­king... On a fini par pou­voir accé­der à l’aé­ro­port, aux toi­lettes et aux bou­tiques (faaaaim), après avoir ouvert la bouche pour les mili­taires qui contrô­laient l’en­trée et vou­laient voir le pier­cing, « ça res­sort par là » . Je passe sur Bru­no qui avait, bien sûr, jeté son billet élec­tro­nique, et nous voi­là aux contrôles.
Un pre­mier mec est res­té blo­qué sur « il me faut une adresse en Inde », j’ai fini par écrire n’im­porte quoi. Un deuxième à vou­lu abso­lu­ment que nos bagages en cabines soient éti­que­tés, on a donc du trou­ver des éti­quettes. Puis, enfin, nous sommes arri­vés au tripotage/fouille. Quinze indiens en uni­formes qui en regardent deux autres tra­vailler. Ça allait tel­le­ment len­te­ment qu’ils ont fini par se bou­ger, et faire pas­ser les gens dans une deuxième file (ce qui donne treize indiens qui en regardent quatre tra­vailler). Sauf que nos sacs étaient sur le tapis de l’autre file. Et visi­ble­ment, le mien ne leur plai­sait pas. Mécham­ment, j’ai fait comme si je ne voyais pas. Après tout, s’ils veulent abso­lu­ment une éti­quette sur le sac, ils peuvent la lire non ? Je suis ren­trée dans la cabine pour femmes, où on vous tape par­tout pour voir si vous avez quelque chose sur vous. Et quand je suis res­sor­tie, le Chauve vidait inté­gra­le­ment mon sac pour qu’ils le rescannent, vide. Un mec dont le nom n’est pas celui du sac peut donc y accé­der. Magni­fique, ça c’est de la sécu­ri­té. J’ai reran­gé mes objec­tifs, et on est allés dor­mir dans la salle d’at­tente... (à Paris, il pleu­vait, il fai­sait froid, et je venais de déchi­rer ma manche de che­mise sur toute la lon­gueur ; c’est tou­jours un bon­heur de ren­trer de vacances)

41 commentaires

M 17 août 2010 - 14:12

Je veux y retour­ner, euuuuh.

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nico 8 septembre 2010 - 17:04

Tres sym­pa les super­po­si­tions de pho­to, tu fais ca avec du photoshop ?

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marinepouet 8 septembre 2010 - 17:49

oh ouiiii ! je savais que tu ne résis­te­rais pas à mettre tes trucs en ligne !!

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Oreille 9 septembre 2010 - 12:24

Nico : tout à fait !

Marine : nia­nia­nia (j’ai un mois avant de repar­tir pour faire le mini car­net slo­vène ET finir l’in­dien, faut pas que je prenne du retard si je ne veux pas tout mélanger !)

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nico 23 septembre 2010 - 16:57

Mer­ci pour ce récit vrai­ment tres sympa.
Et j’a­dore tjs autant tes mon­tages photoshop.

Petite ques­tion, tu as quoi comme app ?
Tu fais des pho­tos HDR depuis ton app pho­to ou retouche logiciel ?

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Oreille 24 septembre 2010 - 9:09

Hé bien à nou­veau merci !

Par contre, il n’y a pas de HDR ici, je n’en fais que très rare­ment, c’est pas trop mon truc.
J’ai un 450d et un 550d (un caprice, je vou­lais tes­ter la vidéo !).

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Nico 29 septembre 2010 - 22:26

Mer­ci pour la réponse, je pos­sede aus­si le 550, mais que je trouve la video dif­fi­ci­le­ment exploi­table à cause de l’au­to focus, peut etre le 600D sera le bon 😉

Quel objo pos­sedes tu ?

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Oreille 3 octobre 2010 - 10:27

Ah oui, c’est sûr que l’au­to focus pour­rait man­quer dans nombre de situa­tions. Per­son­nel­le­ment, pour l’u­ti­li­sa­tion que j’en ai, je ne trouve pas ça gênant. Le manque de sta­bi­li­sa­tion est plus pro­blé­ma­tique (il me fau­drait un petit steady !)

Pour les objec­tifs, sur ces pages, ce n’est pra­ti­que­ment que le tam­ron 17 – 50. Mais j’u­ti­lise aus­si beau­coup le 10 – 20 de sig­ma, et selon, je visse un canon 100mm 2.8, un 70 – 200 4 L, et, plus rare­ment, le 50 1.8.

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Interviurile TravelGirls - Aurélie Amiot 10 juillet 2011 - 20:53

[...] India – o expe­rienţă de neui­tat, la care mulţi dintre noi visează, de care tu te-ai bucu­rat în 2010. Totuşi, ai reve­ni aici ? [...]

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liloulivi 22 juillet 2011 - 6:36

L’ar­ticle date un peu, mais j’ai attaque depuis peu tes recits de voyage (je ne connais qua­si­ment aucun de ces endroits..) et je vou­drais rebon­dir sur le sujet des nego­cia­tions en voyage.
On sait tous que mar­chan­der fait par­tie du jeu, et que dans tous les cas on paie­ra plus cher que le prix local.
Et en géné­ral, le prix final reste rai­son­nable. C’est plu­tôt amu­sant de se lan­cer dans des négo­cia­tions, tant qu’il y a du res­pect et que ca reste cordial.

Mal­heu­reu­se­ment, il y a des cas ou c’est car­ré­ment abu­ser. Je me sou­viens lors d’un week-end a Bang­kok, je finis par prendre un tuk-tuk pour faire 5 petites minutes de tra­jet. Dans ma grande inex­pé­rience je n’avais pas négo­cié le prix a la base
Le mec me demande après la course l’équivalent de 150 euros !!! J’ai pas pu m’empêcher d’exploser de rire. Com­ment on peut mar­chan­der ? C’est pas comme s’iI deman­dait le double du prix ni le triple. C’est genre 100 fois le prix c’est absurde.
Bref, main­te­nant : 1- je négo­cie tou­jours les prix avant 2- je ne prends plus jamais de tuk-tuks en Thaï­lande, mais taxi avec comp­teur, c’est très bon marche et cli­ma­tise ! (ailleurs cela dit, je prends des tuk-tuks, c’est pra­tique, et je n’ai jamais eu de sou­cis a nouveau)
Ton anec­dote sur les bou­teilles d’eau ven­dues plus chères aux Amé­ri­cains me rap­pelle une situa­tion que j’ai obser­vée il y a peu en Indo­né­sie. Une amie (amé­ri­caine d’origine chi­noise) vit la bas, mais quoiqu’elle fasse, elle est tou­jours prise pour une japo­naise ! du coup ils lui réclament des tarifs pro­hi­bi­tifs sys­té­ma­ti­que­ment. (heu­reu­se­ment qu’elle peut négo­cier dans la langue locale, ca finit tou­jours par aider). Ca a créé des situa­tions cocasses (comme lorsqu’ils s’adressent a elle en japo­nais etc…)

Ceci dit, super ton récit sur l’Inde. C’est un pays qui m’inspire des impres­sions par­ta­gées et que je n’ai pas encore eu l’occasion de visi­ter. Mais la curio­si­té l’emportera, c’est sur… et puis tes pho­tos ne peuvent que don­ner envie de voir tout ca de ses propres yeux !

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Oreille 22 juillet 2011 - 11:34

Y’a aus­si les arnaques, c’est sûr... Je me suis déjà fait avoir éga­le­ment avec des gens qui deman­daient des prix fara­mi­neux. Mais en géné­ral, ça ne marche qu’une fois et on apprend à être méfiant ! Pour autant, le mar­chan­dage est cultu­rel dans beau­coup de pays, et ça peut presque être mal vu de ne pas jouer le jeu... En Inde, c’est un mode de vie, on négo­cie tout ! (et en théo­rie, le prix ne bouge plus, ensuite)

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jipe 16 novembre 2011 - 7:31

Push­kar est à visi­ter durant le fes­ti­val de trois jours, au mois d’Oc­tobre ou Novembre, je ne sais plus, mais c’est éton­nant, la ville est encer­clée par les cam­pe­ments de nomades, il y les mar­chés, les cirques avec des acro­bates et des magi­ciens, des courses de cha­meaux et de che­vaux et l’in­ter­mi­nable défi­lé des pèle­rins, parce que c’est aus­si une fête reli­gieuse. Mais bon, j’ai connu ça il y à déjà un cer­tain nombre d’an­nées et même si les choses changent très len­te­ment en Inde, le tou­risme à ten­dance à accé­lé­rer cer­tains chan­ge­ments pas for­cé­ment désirables...

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NowMadNow 18 février 2012 - 1:50

Je com­mence à mettre en pra­tique la même vision du voyage : de moins en moins de « super cailloux » ins­crits dans les guides... et des petits coins pau­més. Peu de monu­ments « attrac­tifs » ou à énu­mé­rer dans de longues listes de « choses à faire » mais c’est là que je suis le plus sti­mu­lée et que je grif­fonne, note, prends en photo. 

Now­Mad­Now

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Oreille 20 février 2012 - 14:00

jipe : il n’y avait pas trop de monde ? les guides semblent dire qu’à cette période les hotels sont tous pleins ! (ils faut s’y prendre à l’a­vance pour réser­ver, et ils gonflent les prix..)
(déso­lée de répondre aus­si tard, je n’a­vais pas vu ton commentaire)

Now­Mad­Now : c’est dif­fi­cile de se rete­nir d’al­ler voir LE truc de la région, et sur place, on est quand même un peu déçu parce qu’au final, il res­semble à tous les trucs qu’on a vu jusque là... Enfin, avec « l’ex­pé­rience » on apprend à se connaître et à savoir ce qui nous attire 🙂 (c’est aus­si pour ça qu’on s’est sen­ti bien au Mali : rien à visi­ter, tout à découvrir !)

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Voyage Perou 1 mars 2012 - 17:17

Jai­pur, la ville rose 🙂

En réa­li­té, je suis pas­sée en coup de vent à Jai­pur mais la Jan­tar Man­tar m’a­vait vrai­ment impres­sion­née, ce vaste com­plexe d’ins­tru­ments de cal­culs de mou­ve­ments de soleil, étoiles, etc. C’est vrai­ment impres­sion­nant!! On y voit entre autre le plus grand astro­labe du monde et un énorme cadran solaire avec les 12 signes du zodiaque. Et aus­si le Hawa Mahal (Palais des vents)où vivaient les femmes du harem. Le bâti­ment est assez par­ti­cu­lier, il est rose et com­porte beau­coup de fentes/fenêtres. On dit que c’é­tait pour une bonne cir­cu­la­tion du vent, d’où son nom, mais cer­tains disent aus­si qu’ain­si les femmes pou­vaient voir à l’ex­té­rieur sans être vues ! :p

Bref, peut être Jai­pur n’est pas la ville du siècle, mais c’est quand même la capi­tale du Rajasthan ! 🙂

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Oreille 2 mars 2012 - 9:23

Ah ben le Jan­tar Man­tar, j’ai pas aimé du tout ! Pour deux rai­sons : il fai­sait très chaud et les pierres blanches ren­voyaient lumière et cha­leur, et parce que nous n’a­vions pas de guide alors qu’au­cun pan­neau d’ex­pli­ca­tion n’est en anglais ! Du coup on suait, on était éblouis, et on com­pre­nait rien 😀

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audreys 5 juillet 2012 - 17:45

Bon­jour, je découvre ton site, c’est une mine d’in­for­ma­tion, avec des récits pas­sion­nants, et que dire des car­nets de voyages ! (par­ti­cu­liè­re­ment celui du Mali, qui m’a rap­pe­lé plein de souvenirs...)
Je me per­mets de t’é­crire pour te deman­der une info (mais les com­pli­ments sont sin­cères!): te-rap­pelles-tu qui t’a accom­pa­gné dans ta visite auprès des Bish­noï, nous par­tons en Inde en aout, et j’a­vais pen­sé faire une visite de ce type, mais pas un « safa­ri » déjà, rien que le nom dans les guides me fait peur...
mer­ci d’avance

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Marion 4 mars 2016 - 12:16

Bon­jour,
Moi aus­si inté­res­sée !! C est pos­sible d avoir le contact ? On part dans une semaine 😉

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Mary 15 janvier 2013 - 22:07

Magni­fiques pho­tos de ce pays que j’af­fec­tionne particulièrement!!

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Joana 12 mars 2013 - 7:37

Bouh ça me fait un peu de peine de lire un récit aus­si néga­tif sur Del­hi et les Indiens. J’ha­bite à Del­hi et je t’as­sure que c’est une ville incroyable, la pro­chaine fois que tu y vas (même si j’ai bien com­pris que tu rêves pas vrai­ment d’y retour­ner), contacte moi ! Après un an je conti­nue à décou­vrir des endroits incroyables, il y a de supers beaux monu­ments, la ville regorge d’his­toire, de parcs, de gens inté­res­sants, de bons res­tau­rants... Mais c’est sûr qu’il faut y res­ter plus de 2 jours pour voir tout ça. Je pense que l’op­tion couch sur­fing est assez inté­res­sante à Del­hi, c’est un peu le seul moyen de contour­ner l » »indus­trie tou­ris­tique ». Bon, je ne sais pas trop quoi dire à part qu’il faut arrête de cri­ti­quer cette ville ! Elle a déjà mau­vaise presse dans les guides de voyage alors si on en rajoute un couche même sur les blogs c’est pas gagné... 

J’es­père toute fois que tu ne gardes pas un mau­vais sou­ve­nir de l’Inde ?

A bien­tôt !

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Joana 12 mars 2013 - 7:51

Aaah moi aus­si j’a­dore Push­kar ! J’a­dore le lac, je me rap­pelle avoir pas­sé des heures à « médi­ter » sur les marches qui l’entourent.

« J’ai ado­ré Push­kar. Le calme, la ver­dure. En fait, c’est tout ce que j’aime. Les pro­chains voyages, je sais déjà qu’on les axe­ra plus sur les petites villes, et tant pis si on loupe le super caillou ins­crit à l’Unesco. »
Dans ce cas je te conseille vive­ment, pour ton pro­chain voyage en Inde (en fait ces car­nets datent de 2010 donc tu es peut-être déjà retour­née y faire un tour), d’al­ler voir du côté du Kar­na­ka­ta, du Kera­la et du Tamil Nadu dans le sud de l’Inde. Le sud est com­plè­te­ment dif­fé­rent du nord, on y est loin de l’a­gi­ta­tion des grandes villes et des coins trop tou­ris­tiques (encore qu’en Inde on est loin du tou­risme de masse). C’est beau­coup plus nature et aus­si plus riche donc le « choc » est moins grand.

Joa­na

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Miss 19 mars 2013 - 10:17

Tout comme Jipe, je te conseille ce fes­ti­val, n’est-ce pas celui du cha­meau d’ailleurs ? Le Camel fes­ti­val avec des concours de beau­té de cha­meaux ain­si que des grands mar­chés colorés ?

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Gaëlle 5 avril 2013 - 11:41

Je me répète, mais je n’a­vais pas pos­té le com­men­taire au bon endroit... toutes mes excuses !

Pus­kar est une petite perle, j’y ai pas­sé quelques jours l’an­née der­nière et j’ai appré­cié les bords du lac, les rues sans voi­ture, les temples cachés au détour d’une rue,...

et le Sud de l’Inde mérite aus­si qu’on y fasse un tour... Il y a là-bas de petites villes bien agréables et pleine de surprises !

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Lucy 28 août 2013 - 8:49

En effet Del­hi est une ville oppres­sante pour tous lors d’une pre­mière arri­vée en Inde. Mais il y a fina­le­ment pas mal de choses à y faire et à voir, pour peu que l’on ait du temps à y consa­crer. Blog très sym­pa­thique à lire !

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Du bois 11 décembre 2013 - 17:09

En oui Del­hi est une ville « étouf­fante » pour un pre­mier voyage en Inde. Cepen­dant il y a pas mal de choses à décou­vrir dans ce mer­veilleux pays d’Asie

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marine 9 juillet 2014 - 14:19

j’ai trop rigo­lé en reli­sant cet article ! je revois bru­no, le roi des glands, coin­cé devant l’aé­ro­port, les escortes pour aller pis­ser au par­king, et sur­tout la fouille, toute en déli­ca­tesse, à grand ren­fort de claques sur mes éry­thèmes noueux.... C’é­tait quand même le bon vieux temps !!

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Davy 20 février 2015 - 16:58

ouiiiiiiiiiii

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Jones 5 janvier 2015 - 17:08

Idem pour nous. Nous y sommes en ce moment en Inde, c’est clai­re­ment mieux d’axer le voyage sur les petites villes (à tel point que pour le moment, nous avons swit­chés Jai­sal­mer, Udai­pur et Jodh­pur, peux-être qu’on y revien­dra plus tard...)
Je te conseille for­te­ment Bun­di (et Bijo­lia à proxi­mi­té) ou Orch­ha ! Ces deux villes sont sur les guides mais... c’est vrai­ment très plaisant.

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Cynthia 24 janvier 2015 - 23:32

Salut Auré­lie,
Punaise, tu ne donnes vrai­ment pas envie d’al­ler en Inde !
J’y vais début mars, en com­men­çant pas Del­hi. J’es­père que mon expé­rience se dérou­le­ra avec plus d’optimisme ! 🙂

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avena 11 février 2015 - 11:32

whaoooo qu’elle péri­pé­tie que vous avez vecu

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Davy 20 février 2015 - 16:57

Tout pareil que Marine : je viens de relire ça, et j’ai bien ri ! (de même qu’en retom­bant sur Bru­no-le-super-négo­cia­teur, au détour d’un autre article) Même a pos­te­rio­ri, je garde aus­si un sou­ve­nir vrai­ment très sombre de Del­hi... Je crois que notre arri­vée là-bas figure dans le top 3 de mes pires sou­ve­nirs de voyage, tous pays confon­dus. Mais bon, comme tu dis, l’Inde c’est aus­si ces moments de grâce du type rick­shaw en plein déluge et séance pho­to au milieu d’un champ avec une mère et ses filles, qui rat­trapent le coup !

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Arnaud 25 avril 2015 - 15:16

Bon­jour Aurélie,
C’est avec grand inté­rêt que je découvre ton blog, les articles sont clairs et inté­res­sants et que dire des photos....juste magnifiques !
Je suis un grand pas­sion­né de l’Inde – tel­le­ment pas­sion­né que je m’y suis installé.
Je vou­drais ras­su­rer le lec­teur qui sou­hai­te­rait voya­ger dans ce pays envoû­tant et fas­ci­nant que l’on ne peut pas résu­mer l’Inde sim­ple­ment à sa capi­tale. Et que le por­trait que tu dresses de la ville est certes vrai pour les yeux du pro­fane mais que cette métro­pole immense a tel­le­ment beau­coup d’autres choses à offrir que les quelques heures à l’ar­ri­vé ou au départ du pays ne suf­fisent pas.
Comme dans beau­coup de capi­tales, le tou­riste y est sol­li­ci­té pour son por­te­feuille, et Del­hi n’y échappe pas.
Mais la clé d’un voyage réus­sit en Inde passe par sa capa­ci­té à res­ter « zen » et posi­tif face à toute épreuve.

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Arnaud 25 avril 2015 - 15:50

Push­kar est clai­re­ment une de mes des­ti­na­tions favo­rites en Inde au même titre que Ham­pi et Leh.
Je pour­rais y déam­bu­ler des heures et des heures à me perdre dans ses ruelles étroites à prendre des photos.
L’at­mo­sphère de cette cité au lever du jour per­ché sur les toits est tel­le­ment envoûtante. 

Lors des pre­miers voyage en Inde le Rajas­than se résu­mait pour moi aux seules grandes villes tou­ris­tiques que je fuyais par la suite.
J’ap­pré­cie main­te­nant l’ar­rière pays et ses villes de cam­pagnes. Les habi­tants y sont d’une extrême gentillesse.
La région de Ranak­pur en est le par­fait exemple.

Arnaud

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Sofiane 5 janvier 2016 - 10:09

Com­plè­te­ment d’ac­cord avec vous. Notre seul regret fût de ne pas avoir consa­cré plus de temps à cette magni­fique petite ville. Après Jodh­pur et juste avant Jai­pur, Push­kar est une véri­table bouf­fée d’air. Bref un incontournable !

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Christel 25 mai 2016 - 13:13

Très belles pho­tos... Très bel endroit même si le côté yoga à tout va avec des cliques d’A­mé­ri­cains et d’Eu­ro­péens qui vous prônent le bien-être à la indienne sonne faux ! Mais bon, à part ça, c’est un très bel endroit !

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Christel 2 juillet 2016 - 12:59

J’ai tota­le­ment le même avis que toi sur cette ville... Elle peut avoir de très beaux monu­ments mais faut vrai­ment avoir envie de visi­ter. Tu te fais arna­quer à tout bout de champs... Ça m’a saou­lé ! Je ne gar­de­rai vrai­ment pas un bon sou­ve­nir de cette ville !

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Nina 22 avril 2017 - 11:02

Ce récit me rap­pelle de magni­fiques sou­ve­nirs dans la ville bleue... Un gros coup de coeur pour ce pays 🙂

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Isla Nolan 29 août 2017 - 9:26

Qui ne va pas aller au palais en visi­tant Udai­pur. C’est beau, beau­coup de superbes vues sur le lac et la ville depuis les hauts murs. L’intérieur a une belle archi­tec­ture, des cours incroyables qui donnent une sen­sa­tion magique, et vous appre­nez un peu de l’histoire du Rajas­than et de sa famille diri­geante. Nous l’avons vrai­ment appré­cié. Nous avons réser­vé une visite par Padha­ro Udai­pur, le guide était très ins­truc­tif et nous avons beau­coup appris sur l’histoire.

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Boris 17 août 2018 - 21:34

Ah ah ! Et oui c’est ça le tou­risme ! C’est de bonne guerre ! Et pour évi­ter ces désa­gré­ments, Il fau­drait peut être lâcher un peu le guide du rou­tard et sor­tir des sen­tiers bat­tus, prendre les che­mins « off the bea­ten track » comme disent les anglo-saxons. 🙂 Par exemple à Del­hi il y a le sanc­tuaire Sufi de Niza­mud­din qui est un endroit assez fascinant.

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Madame Oreille 19 août 2018 - 10:38

Bon­jour Boris,

Vous com­men­tez ici un article qui a plu­sieurs années, écrit par une jeune fille (moi) qui, à l’é­poque, com­men­çait tout juste à voya­ger (et qui par­ta­geait ses récits sur­tout pour ses proches). Il est évident qu’au­jourd’­hui mon regard serait différent 😉

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Didier 26 février 2019 - 20:58

Bon­jour,

Étant à la retraite pour mon plai­sir je visite le monde et en octobre 2017 j’ai pas­sé une semaine à Del­hi et fran­che­ment c’est une des pires villes que j’ai visi­té en terme de pol­lu­tion (pour moi pire qu’à Pékin), bruit, sale­té et j’ai trou­vé les habi­tants abso­lu­ment pas aimables.

Did

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