Voyager avec un enfant en bas âge, 3 ans plus tard.

Voy­ager avec un enfant est une expéri­ence extra­or­di­naire.

Il y a deux ans, je fai­sais le bilan de ma pre­mière année à voy­ager aux côtés de Petite Oreille. Une année à cra­pahuter avec cette petite chose en porte-bébé, à la regarder décou­vrir ce qui l’entoure. Aujourd’hui, elle a gran­di – au moment où j’écris ces lignes, elle a 3 ans et demi -, et j’ai encore plus de plaisir à la regarder explor­er le monde. Et plus que jamais, je peux affirmer que ceux qui pensent que « l’enfant en bas âge ne retire rien de ses voy­ages » se trompent.

Ce que j’aime dans le voyage avec un enfant, même en bas âge

  • Je passe du temps avec ma fille, loin du quo­ti­di­en. On décou­vre des choses ensem­ble, on se forge des sou­venirs com­muns très forts. Je passe beau­coup de temps avec ma fille chaque jour, mais ça n’a rien à voir avec le voy­age : il est dif­fi­cile de se con­sacr­er à 100% à un enfant quand il y a les repas, la mai­son, le boulot. En voy­age, on laisse tout ça der­rière, et on est ensem­ble à 100%.
  • Elle s’extasie sur tout, et moi aus­si. Et c’est incroy­able­ment agréable de prêter atten­tion à ces mille détails que je n’aurais pas vus sans elle.
  • La curiosité est une belle qual­ité, et j’espérais que ma fille en fasse preuve. En voy­age, elle pose autant de ques­tions qu’à la mai­son, mais nous abor­dons d’autres cul­tures, d’autres modes de vie.
  • Je suis sur­prise par sa mémoire, sa capac­ité à se sou­venir du nom d’un enfant avec qui elle a joué plusieurs mois aupar­a­vant, à se remé­mor­er des détails qui me sem­blaient anec­do­tiques. C’est pour moi la preuve par­faite que, même si elle ne se sou­vient pas for­cé­ment de tout, le voy­age la mar­que for­cé­ment.
  • Elle est super forte en géo­gra­phie ! Comme beau­coup de voyageurs, j’ai des cartes et des globes partout à la mai­son (elle a le sien, avec des ani­maux partout...). Avant chaque voy­age, on regarde où on va. Elle sait plac­er de nom­breux pays, même si elle n’a aucune idée des échelles !
  • Les ren­con­tres sont fab­uleuses. J’ai tou­jours aimé échang­er avec les habi­tants pen­dant mes voy­ages. Avec un enfant, c’est encore plus facile d’aborder les gens, et d’avoir des échanges, même sim­ples. Et surtout, c’est génial de regarder Petite Oreille faire des ren­con­tres, jouer avec d’autres enfants dont elle ne par­le pour­tant pas la langue. S’il faut vous con­va­in­cre de la magie des ren­con­tres avec un enfant, je vous pro­pose de par­courir l’arti­cle qui résume nos cinq semaines d’immersion chez l’habitant à Suma­tra.

Petite Oreille avec Tasya et Non, à Suma­tra

Ce que j’aime moins dans le voyage avec un enfant en bas âge

  • Elle com­mence à peser lourd ! Jusqu’à deux ans, je n’avais aucun souci : je la vis­sais dans le porte-bébé, et en route mau­vaise troupe. Mais à trois ans et demi, elle fait 15kg, et je ne peux plus utilis­er le porte-bébé : avec l’eau, le goûter, le matériel pho­to et Petite Oreille, c’est trop lourd pour les longues dis­tances ! Il m’arrive donc de la met­tre sur mes épaules, quand elle fatigue, mais c’était tout de même beau­coup plus facile quand c’était une petite chose dans un porte-bébé ven­tral !
  • Par­fois elle décide de faire la « foli­quette » : c’est l’expression que j’utilise avec elle lorsqu’elle se com­porte n’importe com­ment. Quand elle part en courant, quand elle est trop excitée par la fatigue. Ce sont des sit­u­a­tions pas tou­jours sim­ples à gér­er, surtout dans les trans­ports avec les bagages...
  • La péri­ode où il faut trim­baler les boîtes de lait. Je suis rapi­de­ment passée au lait de vache (ou d’amande par­fois !) pour Petite Oreille, et je ne regrette absol­u­ment pas cette péri­ode où, partout, il fal­lait emmen­er le lait en poudre, les biberons...

Petite Oreille à Mada­gas­car

Guide pratique : mes conseils pour voyager avec un enfant en bas âge

Prof­iter, rester zen.
C’est ma règle en toute cir­con­stance : même quand tout devient com­pliqué, j’essaie de rester calme. Et tant pis s’il y a des petits tra­cas, l’essentiel, c’est de prof­iter du voy­age.

Sommaire

Préambule

Comme précédem­ment dans l’article con­sacré à mes voy­ages enceinte, ain­si que dans celui sur le voy­age avec un bébé,  je ne par­le ici qu’en mon nom et n’ai pas envie de généralis­er : ce qui suit est basé sur mes expéri­ences en tant que voyageuse rel­a­tive­ment aguer­rie avec une petite fille qui n’a aucun prob­lème de san­té. Chaque enfant est bien sûr dif­férent !
Je pré­cise égale­ment que j’ai l’habitude de « bouger » avec ma fille même lorsque nous ne voy­a­geons pas. Le soir après l’école, il est rare que nous ren­tri­ons directe­ment à la mai­son. Quant aux week-ends, nous faisons sys­té­ma­tique­ment une activ­ité toutes les deux, qu’il s’agisse d’aller au théâtre, à la piscine, à la bib­lio­thèque, dans un musée, en forêt... Ne pas être à la mai­son, pren­dre les trans­ports en com­mun, etc. fait donc par­tie de son quo­ti­di­en.
(Vous retrou­verez tous les réc­its de nos voy­ages en famille dans la caté­gorie éponyme)

Le rythme de l’enfant

Voy­ager avec un enfant en bas âge sup­pose de s’adapter à son rythme (bien plus qu’avec un bébé). Jusqu’à 4 ans, les enfants peu­vent avoir encore besoin d’une petite sieste cer­tains jours, ou de gross­es nuits pour com­penser. Il faut donc éviter d’enchaîner les longues journées, sous peine de se retrou­ver avec un enfant qui ne veut plus rien faire. J’essaye égale­ment de prévoir les tra­jets de plus d’une heure sur des horaires qui pour­raient cor­re­spon­dre à une sieste. Cela per­met à ma fille de se repos­er et de prof­iter du reste de la journée. A l’inverse, avant une journée chargée, j’essaie de la couch­er tôt et de ne pas trop la fatiguer.

D’une manière générale, j’essaie de priv­ilégi­er des rythmes lents dans nos itinéraires, pour qu’on puisse laiss­er de la place à l’improvisation. Et je n’hésite pas à tout cham­bouler si c’est pour lui per­me­t­tre d’apprécier plus une vis­ite. Je n’ai pas envie de lui deman­der de se dépêch­er en per­ma­nence, sinon com­ment pour­rait-elle prof­iter du voy­age dans ces con­di­tions ?

Des activités adaptées à son âge

Il existe une mul­ti­tude d’activités ludiques pour les petits. Le but est d’alterner vis­ites et jeux, voire de mix­er les deux, pour que toute la famille y trou­ve son compte. Garder du temps où l’enfant peut jouer est pri­mor­dial, surtout dans un voy­age de plusieurs jours.

La ran­don­née est quelque chose qui marche bien avec Petite Oreille (!). Jusqu’à 3 ans, je pre­nais de temps en temps un porte-bébé avec moi, afin de lui per­me­t­tre de se repos­er lorsqu’elle le souhaitait, mais on s’en est très bien passé pen­dant les derniers voy­ages. Il existe des porte-bébé adap­tés pour des enfants plus grands (notam­ment le Preschool de Rose & Rebel­lion), mais je ne les ai pas testés : je suis sou­vent seule avec ma fille et j’ai besoin de mon sac à dos (pour le matériel pho­to, mais aus­si pour son goûter, la bouteille d’eau, son man­teau, etc.).
Lorsque je ran­donne avec Petite Oreille, j’essaie de me caler sur son rythme tout en lui rap­pelant de temps en temps qu’il faut quand même avancer  (sinon, elle pour­rait rester 3h au même endroit parce qu’elle a vu un escar­got...). Je fais mon max­i­mum pour ren­dre la ran­don­née la plus agréable pos­si­ble  pour elle. Selon les lieux et les mois, nous pour­rons ain­si nous arrêter pour observ­er les ani­maux (elle a des petites jumelles comme celles-ci, ça l’amuse beau­coup), ramass­er des mûres le long des chemins, faire des paus­es pour met­tre les pieds dans un ruis­seau.... Tout est pré­texte à s’amuser en marchant !
Nous avons égale­ment eu plusieurs fois l’occasion de ran­don­ner avec un âne, et Petite Oreille avait adoré. Par exem­ple, pen­dant deux jours dans la Sarthe, j’ai marché en ten­ant l’âne Coco, sur lequel ma fille était assise. Pen­dant les paus­es, elle lui fai­sait des câlins, lui appor­tait de l’herbe... Nous auri­ons pu par­tir quelques jours de plus sans qu’elle ne se lasse !

Le cyclo­tourisme se pra­tique égale­ment très facile­ment avec un jeune enfant. Nous avons com­mencé lorsqu’elle avait 9 mois, et ça lui a tout de suite plu ! À présent, elle s’installe tou­jours dans la car­riole avec plaisir, même si elle n’y dort plus aus­si facile­ment : elle a ses jou­ets, ses mag­a­zines, elle regarde le paysage... Je veille sim­ple­ment à ne pas faire des journées trop longues et à lui per­me­t­tre des paus­es régulières : le plaisir du vélo, c’est aus­si de s’arrêter pour prof­iter !

Week-end vélo en famille en Loire-Atlan­tique

 

A par­tir de ses 2 ans, elle a pu com­mencer à vrai­ment prof­iter des activ­ités de la mon­tagne en hiv­er. Et, bien sûr, tout lui a plu ! Ini­ti­a­tion au ski : elle aurait pu con­tin­uer toute la journée ! Petite ran­don­née en raque­ttes : elle courait devait moi ! Quant à la luge, ce fut des heures de fou rire ! Les jeux dans la neige, surtout bien fraîche, sont tou­jours de grands moments pour les petits.
J’ai acheté une luge pour enfant en bas âge à Décathlon, qui fut un très bon investisse­ment : l’enfant est attaché dedans et l’adulte peut maîtris­er la vitesse de la descente avec une lanière. Quant à la mon­tée, il « suf­fit » de tir­er la luge der­rière soi grâce à la même lanière (et ça fait les mus­cles !). Ce sys­tème per­met aus­si d’aller se promen­er, à la manière d’une pul­ka.
Nul besoin d’aller dans une grande sta­tion, au con­traire : une petite sta­tion à taille humaine, où on peut faire de la luge dès la sor­tie de l’hébergement, c’est par­fait pour Petite Oreille ! Et nul besoin non plus de rem­plir ses journées d’activités coû­teuses : faire des bon­hommes de neige, marcher dans la poudreuse et se laiss­er tomber dedans, jouer à lancer des boules de neige... c’est déjà très amu­sant !

Par con­tre, il est impératif d’avoir de bonnes chaus­sures et une tenue adap­tée : l’enfant doit être au chaud (sans tran­spir­er pour autant) et rester au sec.

Lorsque nous sommes à la cam­pagne, il est une activ­ité qui a tou­jours du suc­cès : vis­iter une ferme. Il peut s’agir d’une ferme péd­a­gogique, où tout est fait pour accueil­lir des enfants, ou d’une ferme qui ouvre ses portes aux vis­i­teurs pour ven­dre ses pro­duits. C’est génial de regarder Petite Oreille aller sans crainte vers tous les ani­maux, leur par­ler, essay­er de les caress­er : elle n’a pas peur, et c’est tant mieux !

auvergnerhonealpes_loire_forez-058
auvergnerhonealpes_loire_forez-062
auvergnerhonealpes_loire_forez-061

Vis­ite d’une ferme péd­a­gogique dans la Loire 

Le choix de la destination

Durant sa pre­mière année, nous avons expéri­men­té plein de voy­ages dif­férents, de façon gradu­elle : des séjours courts en France, des week-ends à l’étranger, des trucs un peu plus sportifs, jusqu’au long cour­ri­er en Nou­velle-Calé­donie. Dans les deux années qui ont suivi, j’ai con­tin­ué d’emmener Petite Oreille un peu partout, avec une cer­taine var­iété : des excur­sions dans dif­férents endroits en France (la Loire, Cas­sis, Aix-les-Bains, Rouen, ...), du cyclo­tourisme (de Paris au Mont Saint-Michel sur la Véloscénie), un week-end ran­don­née avec un âne dans la Sarthe, une semaine en Autriche à Linz puis à Salzbourg, un voy­age nature dans la Forêt-Noire en Alle­magne, la décou­verte de la neige en mon­tagne (notam­ment à Saint-Mar­tin-de-Belleville), une semaine dans le Can­ton de Fri­bourg, des city-trips à Brux­elles ou à Man­ches­ter et puis des des­ti­na­tions plus loin­taines : le Groen­land, Mada­gas­car, l’Indonésie.

Je choi­sis mes des­ti­na­tions en fonc­tion de mes atti­rances, bien sûr, mais aus­si en faisant atten­tion aux con­di­tions de voy­age pour ma fille. Ain­si, j’évite les con­di­tions extrêmes : gross­es chaleurs et foule sont pour moi les deux points négat­ifs les plus impor­tants. Pour le reste, s’il y a des enfants sur place, il n’y a pas de raisons que je ne puisse pas y aller !

Sarthe, Suisse, Mada­gas­car

 

Long voyage vs. petit week-end

Avec Petite Oreille, notre plus long voy­age a duré 5 semaines. De mes précé­dents voy­ages, j’avais retenu qu’au delà d’une semaine, il est impératif de prévoir des temps calmes, et des temps de jeu rien que pour elle. Ain­si, lorsque nous sommes par­ties au Groen­land, la troisième semaine a été moins agréable pour elle : elle n’avait plus envie de ran­don­ner, elle voulait juste jouer.
Plus le voy­age est long, plus il fau­dra priv­ilégi­er des rythmes lents. Cela per­me­t­tra aus­si que l’enfant n’accumule pas de fatigue. Il peut louper deux siestes, ou faire deux nuits cour­tes sur un week-end, mais ça ne peut pas dur­er trois semaines !
Dès lors qu’on respecte ses besoins, l’enfant, même en bas âge, sup­porte très bien les voy­ages longs !

L’enfant, centre de l’attention

Il faut imag­in­er que dans cer­tains pays, il n’est pas habituel de crois­er des enfants occi­den­taux en bas âge. Les habi­tants vien­dront donc assez facile­ment vers l’enfant, celui-ci devenant objet de curiosité.
À Mada­gas­car, les gens essayaient de touch­er Petite Oreille pour voir si la peau des bébés blancs est douce. À Suma­tra, les gens sont très tac­tiles, et tenaient tous à la caress­er en lui dis­ant bon­jour, ou à touch­er ses anglais­es (ses cheveux plai­saient beau­coup, là-bas). Les adultes, hommes comme femmes, la pre­naient dans les bras pour lui faire des bisous, la sen­tir, même si je ne les con­nais­sais pas. Ce sont des com­porte­ments nor­maux là-bas, mais qui ont fini par devenir pesants pour Petite Oreille lorsqu’ils venaient de par­faits incon­nus.
Ça l’a amusée au début, d’être le cen­tre d’attention, mais au bout de deux semaines, elle en a eu marre. Par­fois, elle avait juste envie qu’on la laisse jouer avec ses copains, sans devoir faire des sourires, sans pos­er pour un énième self­ie, sans que per­son­ne vienne la touch­er. Elle accep­tait les câlins lorsqu’ils venaient de gens que nous avions côtoyés quelques heures, mais grog­nait dès qu’une nou­velle per­son­ne approchait.
Ce fut un vrai dilemme pour moi en tant que maman : com­ment lui expli­quer qu’en France, elle a le droit d’exiger le respect de son corps, mais qu’ailleurs ça ne s’applique pas sous pré­texte que ce monsieur/cette dame – que je ne con­nais pas – a dit qu’elle était jolie ? C’est un ter­rain glis­sant... Je me suis donc éver­tuée à lui dire que les gens voulaient juste être gen­tils avec elle, tout en essayant d’expliquer aux per­son­nes qu’elle repous­sait que c’était parce qu’elle n’avait pas l’habitude d’être touchée.

A Mada­gas­car, et en Indonésie

La santé

Je pars tou­jours avec une trousse à phar­ma­cie de base. Petite Oreille n’a jamais eu de prob­lèmes graves à l’étranger, heureuse­ment. Mais pour les petits tra­cas exo­tiques, j’ai retenu une chose : rien ne vaut les médecines locales. Ain­si, lorsque nous sommes par­ties en Indonésie, aucun des médica­ments de ma phar­ma­cie de maman voyageuse n’a servi. Petite Oreille a eu des irri­ta­tions liées à la tran­spi­ra­tion (typ­ique des enfants en bas âge), ain­si que des démangeaisons à cause des piqûres de mous­tiques. Ce sont des prob­lèmes aux­quels je ne suis pas con­fron­tée en France... mais pour lesquels toutes les familles de Suma­tra sont équipées ! J’ai suivi les con­seils des mamans, et acheté de la poudre pour la tran­spi­ra­tion ain­si qu’une huile apaisante, comme tout le monde. Ça se trou­vait dans toutes les petites bou­tiques, pour une somme mod­ique !

Ma trousse à phar­ma­cie :

  • Un anti­sep­tique qui ne pique pas
  • Des panse­ments de toutes les tailles
  • Quelques com­press­es stériles
  • Quelques fla­cons de sérum phys­i­ologique
  • Quelques cotons-tige (pour net­toy­er les plaies avec pré­ci­sion)
  • Une crème hydradante
  • Du Doliprane
  • Une crème à l’arnica
  • De la crème solaire (les lab­o­ra­toires de Biar­ritz pro­posent des pro­duits bio avec des ingré­di­ents naturels). Si jamais le soleil tape fort, j’ai ten­dance à lui met­tre un t-shirt par dessus le mail­lot de bain pour la pro­téger (notez qu’il existe des T-shirts spé­ci­aux pour pro­téger du soleil)

Les vaccins

Petite Oreille est à jour dans ses vac­cins, cela me paraît essen­tiel. Elle a égale­ment été vac­cinée con­tre l’hépatite A  (+ rap­pel), de façon à être pro­tégée à vie. Pour des pays comme Mada­gas­car ou l’Indonésie, c’est un vac­cin vive­ment con­seil­lé (même pour les adultes), mais l’hépatite A peut s’attraper partout, et être vac­cinée lui sera donc utile toute sa vie.

Le seul vac­cin « utile » qu’elle n’ait pas, c’est la rage. J’ai hésité, j’hésite encore. Mais pour l’instant, j’essaie surtout de lui expli­quer qu’il faut faire atten­tion, et être vig­i­lante. En cas de » léchouille » dou­teuse, de grif­fure, ou de mor­sure, ce sera un aller express à l’hôpital.

La Malarone et autres médicaments spécifiques

Avant chaque voy­age hors Europe, n’hésitez pas à con­sul­ter votre pédiatre/médecin ou à vous ren­dre dans les cen­tres spé­cial­isés (l’Institut Pas­teur, ou le cen­tre de vac­ci­na­tion Air France, par exem­ple). Ils pour­ront vous aigu­iller sur les risques san­i­taires de chaque des­ti­na­tion, ain­si que sur les médica­ments à pren­dre.

A titre per­son­nel, j’essaie d’éviter les médica­ments au max­i­mum, et pour l’instant, ça lui réus­sit plutôt bien. Néan­moins, au moin­dre doute, il ne faut surtout pas hésiter à con­sul­ter un médecin local, qui vous ras­sur­era et vous don­nera éventuelle­ment les médica­ments néces­saires. Out­re les risques liés au fait de laiss­er traîn­er, il faut aus­si se dire qu’un médecin local sera plus com­pé­tent sur une mal­adie attrapée sur place puisqu’il a bien plus l’habitude que votre pédi­a­tre habituel !

Lorsque nous nous sommes ren­dues à Mada­gas­car, Petite Oreille a dû pren­dre de la Malarone (j’ai fait le choix, pour moi-même, de ne pas en pren­dre, mais, pour ce qui est de ma fille, j’ai préféré la pro­téger), et ça ne s’est pas bien passé ! Ini­tiale­ment, je la lui don­nais le matin, mais il s’est vite avéré que le com­primé provo­quait des vom­isse­ments. J’ai égale­ment con­staté que son com­porte­ment était dif­férent, elle était très nerveuse. J’ai décalé la prise du com­primé au soir, et les vom­isse­ments ont cessé.
Toute­fois, pour les voy­ages suiv­ants, elle n’en a pas repris, et j’ai priv­ilégié la pro­tec­tion anti-mous­tique plutôt que ce traite­ment lourd en effets sec­ondaires. Notez toute­fois que ces effets sec­ondaires vari­ent (beau­coup) d’une per­son­ne à l’autre, et que le palud­isme est une mal­adie très grave. Si votre enfant réag­it bien au traite­ment, gardez-le ! (le traite­ment... et l’enfant aus­si !)

L’apprentissage de la propreté

Petite Oreille a com­mencé à utilis­er le pot vers 14 mois, mais n’a été pro­pre que plus d’an après. La chang­er en voy­age n’a jamais été un gros prob­lème. Dès qu’elle a été en mesure de se tenir debout, je n’ai plus util­isé les tables à langer, et aupar­a­vant, je l’installais sim­ple­ment sur une servi­ette dans un endroit pro­pre.
Ne plus avoir besoin de penser au stock de couch­es (qui pren­nent toute la place dans les bagages !), c’est génial, mais voy­ager avec un enfant qui apprend à aller aux toi­lettes ne fut pas sim­ple. En effet, je n’avais nulle envie de trans­porter un pot ou un réduc­teur de WC. J’ai donc essayé d’être à l’écoute, de lui pro­pos­er les toi­lettes dès que nous y avions accès... et qu’elles étaient pro­pres ! Inutile de dégoûter un enfant qui apprend à aller aux toi­lettes !

Pen­dant toute cette péri­ode d’apprentissage, j’ai veil­lé à avoir sur moi des vête­ments de rechange (la tenue com­plète, ça ser­vait aus­si si elle se ren­ver­sait son verre d’eau sur elle !), au cas où !

Aujourd’hui, elle est assez grande pour se débrouiller seule lorsque nous sommes à l’hébergement (et qu’elle peut donc s’asseoir sur une cuvette pro­pre), mais je l’aide dès que nous sommes dans des toi­lettes publiques (restau­rants, musées, etc.) pour la tenir au-dessus, ou quand nous sommes en pleine nature. Elle a égale­ment eu l’occasion de tester les toi­lettes à la turque où l’on se rince avec de l’eau plutôt que d’utiliser du papi­er, et ça l’a beau­coup amusée.

J’ai acheté un « pisse-debout » afin de la ren­dre totale­ment autonome partout. C’est une espèce d’entonnoir, ini­tiale­ment pen­sé pour les femmes qui fréquentent les fes­ti­vals (et leurs toi­lettes dégoû­tantes...) ou qui ran­don­nent et n’ont pas tou­jours envie de devoir baiss­er leur pan­talon.


Qu’emporter avec soi lorsqu’on voyage avec un enfant en bas âge ?

C’est la ques­tion que tout par­ent se pose. C’est par­fois une source de stress : vais-je oubli­er quelque chose ?
Y a-t-il des acces­soires indis­pens­ables ? Faut-il pren­dre une pous­sette ?

Dès le départ, je suis tou­jours par­tie de la manière la plus min­i­mal­iste pos­si­ble. Surtout, ne pas se sur­charg­er !

Ce que je prends tou­jours

  • La trousse à phar­ma­cie
  • Ses affaires de toi­lette : brosse à dents, den­ti­frice, gant de toi­lette, savon de Mar­seille (qui servi­ra aus­si pour les lessives !)
  • Son passeport/sa carte d’identité
  • Une gourde : autre­fois, ma fille avait un mod­èle adap­té aux petits (Camel­bak), mais le sys­tème de valve est pénible à net­toy­er. Elle a donc main­tenant une gourde sim­ple de petite con­te­nance, que je glisse dans son sac à dos
  • Un petit sac à dos rien qu’à elle, avec le doudou, la gourde, des petits jou­ets
  • Des mag­a­zines (au ray­on jeunesse dans n’importe quel Relay, notre rit­uel avant le train ou l’avion !), ou des livres d’exercices (comme celui-ci, gros coup de cœur !)
  • Un petit car­net et des crayons de couleurs
  • Des habits adap­tés à la des­ti­na­tion, et tou­jours une veste chaude, même s’il fait chaud : pour les soirées et les aéro­ports. En journée, selon les activ­ités, j’ai par­fois une tenue de rechange avec moi, un k-way, un cha­peau, etc.
  • Des lunettes de soleil
  • Des gâteaux type galettes Saint-Michel,  pour le goûter, le temps de se réap­pro­vi­sion­ner sur place. Éventuelle­ment quelques com­potes en gourde.
  • Sa petite lampe frontale

Ce que je ne prends jamais

  • La pous­sette : en 4 ans de voy­age, je m’en suis tou­jours passé. Il m’est arrivé une fois qu’on m’en prête une, et j’ai trou­vé la chose plus con­traig­nante que pra­tique. Certes, cela per­met à l’enfant de faire la sieste facile­ment, mais en con­trepar­tie, il faut se trim­baler la pous­sette toute la journée. Je pense que ça n’est adap­té qu’à cer­tains voy­ages : si vous avez une voiture, par exem­ple, il est par­faite­ment imag­in­able de pren­dre la pous­sette, puisqu’elle restera dans le cof­fre lorsque l’enfant n’en aura pas besoin. C’est égale­ment une ques­tion de des­ti­na­tion : une pous­sette sup­pose de belles routes !
  • Le lit para­pluie : aimant voy­ager léger, je n’ai jamais investi là-dedans... et je ne l’ai jamais regret­té ! Ma fille dort avec moi, et pour l’instant, on se sup­porte très bien ! Je m’assure juste qu’elle ne tombera pas du lit (surtout quand elle était plus jeune).
  • Tous les acces­soires encom­brants et inutiles : il existe un grand nom­bre d’objets « pen­sés pour les par­ents » qui, en réal­ité, sont loin d’être indis­pens­ables, ou peu­vent très bien être rem­placés par des choses plus sim­ples ou moins coû­teuses.

Selon les des­ti­na­tions, j’emporte égale­ment d’autres acces­soires qui peu­vent se révéler utiles ou amu­sants : des petites jumelles comme celles-ci pour observ­er les ani­maux, une petite boîte-loupe à insectes, un globe gon­flable pour mon­tr­er aux autres enfants d’où elle vient.

Sieste chez l’habitant à Suma­tra

Les transports avec un enfant

Occu­per son enfant : c’est le maître mot !

Je suis la maman qui ne donne pas de grig­no­tage ni de télé­phone portable. Ouais. Quand j’entends des gens con­seiller les bon­bons ou les chips pour occu­per les enfants, ça me met hors de moi.
Mag­a­zines, gom­mettes, jeux de cartes, dessin,... c’est pos­si­ble d’occuper son enfant sans lui don­ner de mau­vais­es habi­tudes !

Le train

Lorsque nous quit­tons Paris, nous avons un rit­uel : on part (très) en avance, on passe dans un kiosque acheter des mag­a­zines pour enfants, on se défoule un peu (vive­ment que les travaux soient finis à Mont­par­nasse... il n’y a plus ni place ni jeux !) et on monte dans le train dès que le quai est annon­cé.
Si le voy­age se situe aux heures des repas, j’ai en général prévu le pique-nique : un truc sim­ple à manger, qui ne tâche pas et ne fait pas trop de miettes.

Manchester en famille

J’ai une carte Enfant +. C’est une carte au nom de l’enfant qui lui donne une place assise : en France, jusqu’à 4 ans, les enfants voy­a­gent gra­tu­ite­ment, mais sur les genoux de leurs par­ents. Ce qui est fais­able avec un bébé, mais plus très pra­tique avec un enfant un peu plus grand ! (et même avec un bébé, avoir la place de met­tre le sac à côté de soi est bien pra­tique !). La carte est assez chère, il faut donc se deman­der si elle sera amor­tie sur l’année (les adultes qui voy­a­gent avec l’enfant béné­fi­cient d’une réduc­tion). Sinon, il est pos­si­ble d’acheter une place « bam­bin » à un tarif réduit. Dans tous les cas, assurez-vous au moment de la réser­va­tion d’avoir des places voisines ! (car oui, ça m’est arrivé d’avoir une place pour ma fille... dans un autre wag­on que le mien!).

Pour occu­per Petite Oreille pen­dant les voy­ages en train, je lui pro­pose donc des petits mag­a­zines pour enfants : des petits jeux, des auto­col­lants, des his­toires... C’est ludique, et ça ne fait pas de bruit ! Sinon, on com­mente le paysage : compter les vach­es, chercher les éoli­ennes... En vari­ant les activ­ités, on ne s’ennuie pas !

Seule dif­fi­culté : je n’arrive plus à la faire dormir, sauf si le tra­jet est long (trop de choses à observ­er autour d’elle !). J’évite donc les trains pen­dant les heures de sieste, sous peine de me retrou­ver avec une petite fille qui s’endort cinq min­utes avant l’arrivée, ou dans le métro...

L’avion

L’avion a tou­jours été très facile avec Petite Oreille, surtout si on a une place à côté d’une fenêtre !
A présent, elle a le droit de regarder un film sur l’écran (mais s’il n’y en a pas, je ressors les mag­a­zines). À par­tir de 2 ans, l’enfant a son pro­pre siège (ce qui veut aus­si dire que le par­ent paye !). Ça facilite les choses en per­me­t­tant plus d’espace : pour un vol de nuit, elle peut donc s’allonger en met­tant sa tête sur mes genoux.

Pour les pre­miers vols, l’enfant peut avoir mal aux oreilles, surtout s’il est très jeune. Prévoyez donc de quoi le faire dég­lu­tir (c’est ce que nous faisons aus­si, adultes, pen­dant les phas­es d’atterrissage et de décol­lage, de façon instinc­tive) : quelque chose à boire (lait, jus de fruit) ou à sucer (tétine...). Méfiez-vous égale­ment des otites et des rhumes qui pour­raient ren­dre le vol par­ti­c­ulière­ment douloureux pour l’enfant.

Quoi qu’il se passe, gardez votre calme et dites-vous que vous êtes entouré de gens qui ont (ou ont eu) des enfants et  qu’ils l’ont été eux-mêmes, et qu’ils ont cer­taine­ment vu pire ! N’hésitez pas à pren­dre votre enfant dans les bras et à bouger (quand c’est autorisé). Con­cen­trez-vous sur lui et ignorez les regards des pas­sagers. Vous pour­rez aus­si trou­ver du récon­fort auprès des per­son­nels nav­i­gants, qui pour­ront vous don­ner quelques astuces.

Enfin, j’en par­lais déjà dans l’article dédié au voy­age avec un bébé, sachez que pour le pre­mier vol, vous pou­vez deman­der un petit diplôme au per­son­nel de bord !

 

Réca­pit­u­lons les étapes pour pren­dre l’avion avec un jeune enfant :

FAIRE LE SAC

Faites-vous une liste per­son­nelle qui servi­ra pour chaque voy­age, et essayez d’organiser vos affaires le mieux pos­si­ble (j’utilise des petits sacs en tis­su pour tout com­par­ti­menter) :

  • Pièce d’identité ou passe­port : indis­pens­able ! Un enfant doit avoir ses papiers, même tout petit. On ne peut plus voy­ager avec un livret de famille. Si votre enfant n’a pas encore de passe­port, n’hésitez pas à vous y pren­dre à l’avance, car selon les villes, cela peut pren­dre du temps.
  • La tétine : selon l’âge de l’enfant, c’est l’accessoire indis­pens­able pour stim­uler la suc­cion.
  • À manger : pour pal­li­er à la faim si les plateaux repas tar­dent un peu, ou sont insuff­isants. Cer­taines com­pag­nies ne ser­vent plus de repas, et il est rare de pou­voir béné­fici­er d’un repas enfant. Avoir prévu le coup peut être salu­taire !
  • Des petits jou­ets : par­mi ceux que l’enfant aime bien, peu encom­brants et silen­cieux. Ça peut être une poupée, un jeu de cartes, ou des mag­a­zines, des crayons de couleur, un car­net...
  • Un bavoir ou un linge : même s’ils ne sont plus des bébés, on n’est pas à l’abri d’un verre d’eau qui se ren­verse (les tur­bu­lences pen­dant les repas, le pas­sager de devant qui baisse son siège...).
  • Une tenue de rechange, et une veste : pour les acci­dents et pour ne pas avoir froid si la cli­ma­ti­sa­tion de l’avion est trop forte
  • Le doudou : si l’enfant en a un, prenez-le, bien sûr !

Dans le bagage en soute, je mets ensuite tous les vête­ments, affaires de toi­lettes, médica­ments...

PASSER LA SÉCURITÉLA DOUANE, ET ATTENDRE

La sécu­rité est sans doute ce que je red­oute le plus, car tout dépend de l’humeur des agents, et de le degré de zèle. Je me suis retrou­vée avec une dame qui enguir­landait ma fille parce qu’elle ne voulait pas quit­ter mes bras (pour la fouille au corps) alors que c’était une escale de nuit (et que crier sur un enfant qu’on réveille en pleine nuit, c’est pas très intel­li­gent...). Je me suis aus­si retrou­vée plusieurs fois avec la total­ité de mon sac vidé pour repass­er plusieurs fois au scan­ner ; et ensuite, débrouille-toi pour sur­veiller ta fille et tout ranger avec les autres pas­sagers qui arrivent et veu­lent aller vite... Ils peu­vent par­fois tiquer sur des détails assez sur­prenant, comme un jou­et kinder...
Bref, on essaye d’être organ­isé au départ, on garde son calme, et on fait au mieux ! Sachez que la plu­part du temps, les agents sont adorables avec les enfants, et très servi­ables (le nom­bre de fois où ma fille s’est retrou­vée à se faire papouiller...), mais soyez pré­parés : sortez les com­potes et les crèmes pour les met­tre à part, videz vos poches et celles de l’enfant ! (Cette manie de ramass­er des cail­loux partout...).

Sachez égale­ment que tout ce qui est automa­tisé est impos­si­ble avec un bébé : pas d’accès rapi­de avec parafe, par exem­ple.
Pour toutes ces raisons, prévoyez de la marge, car tout ceci prend encore plus de temps avec un enfant, et courir dans l’aéroport n’est plus pos­si­ble !

Selon le degré de fatigue, vous pou­vez par­fois pren­dre, après la sécu­rité, un char­i­ot (et dans quelques rares aéro­ports, une pous­sette). Si la porte d’embarquement est loin, ça peut être pra­tique. Petite Oreille s’installe con­fort­able­ment et on fait atten­tion aux mains et aux pieds qui pour­raient dépass­er.

Avant l’embarquement (et pen­dant les cor­re­spon­dances si on a le temps), on fait deux choses : jouer et faire pipi. Aller aux toi­lettes juste avec l’embarquement, c’est un peu la base. Ensuite, cer­tains aéro­ports pro­posent des jeux pour enfants vrai­ment super, qui per­me­t­tent de se défouler avant le vol. À Copen­h­ague, il y a un étage dédié, à Ams­ter­dam ils peu­vent jouer dans un petit avion... Au Groen­land ou en Indonésie, chaque petit aéro­port était équipé de jeux, et les plus grands offraient des lieux que Petite Oreille ne voulait plus quit­ter !

L’EMBARQUEMENT

En 4 ans de voy­ages avec ma fille, je n’ai qua­si­ment jamais vu les familles embar­quer en pri­or­ité. Si jamais vous y tenez, n’hésitez pas à vous impos­er. Cela vous lais­sera le temps de vous installer cor­recte­ment, de repar­tir vos affaires, sans gên­er ni être gêné par les voisins de rangée.
Gardez avec vous ce dont vous allez avoir besoin pen­dant le vol : doudou, jeux...

Jusqu’à 2 ans, comme l’enfant est sur les genoux, on vous con­fiera une petite cein­ture à pass­er dans la votre afin d’attacher l’enfant. Si l’enfant a son pro­pre siège mais est encore jeune, ou pas très en con­fi­ance, deman­dez la cein­ture en prévi­sion : l’enfant pour­ra ain­si s’asseoir sur vous s’il a besoin d’être ras­suré et ne veut pas rester assis tout seul.

Décoller, voler, atterrir

Pour les petits, gardez en tête que les phas­es de décol­lage et d’atterrissage peu­vent être douloureuses, et qu’il faut les faire dég­lu­tir. Plus grands, ou plus habitués, ces phas­es sont surtout des moments de fas­ci­na­tion : si vous arrivez à être placés côté fenêtre, ils res­teront col­lés au hublot ! Avec un enfant en bas âge, le vol est finale­ment la par­tie la plus facile à gér­er dans le voy­age en avion ! Plus d’histoire de couch­es, de biberons. Avec l’autorisation de regarder un film quand il y a les écrans, c’est presque la fête !

Les transports avec un enfant : la voiture

Je n’ai pas le per­mis, on passe donc assez peu de temps en voiture. C’est sou­vent le moyen de trans­port qui parait le plus sim­ple : on n’a pas à se préoc­cu­per du regard des autres pas­sagers, et on peut se charg­er comme on veut. Pour autant, ça sig­ni­fie pour l’enfant d’être attaché dans un siège dont il ne peut pas bouger, et par­fois de rester tout seul der­rière.
Glob­ale­ment, j’essaie de faire cor­re­spon­dre les longs tra­jets à des heures de sieste : ça fait pass­er le temps plus vite !

J’essaie aus­si (même si j’oublie sou­vent...) d’avoir des petits sacs en papi­er à portée de main, au cas où ma fille serait malade (ce qui arrive par­fois dans les taxis trop matin­aux).

Je lui mets à dis­po­si­tion sa gourde, son doudou, des jou­ets, et des livres. Et si elle en a marre, on chante, on regarde le paysage, on fait les jeux clas­siques : compter les voitures de chaque couleur, repér­er des éoli­ennes, etc.

Sur un bateau en Alle­magne, sur un bateau au Groen­land

 

Les hébergements

Pas évi­dent de savoir quoi priv­ilégi­er. Ça dépend du séjour, bien sûr. Notez qu’en général, un enfant en bas âge qu’on habitue à voy­ager pour­ra dormir bien partout, par­fois dans des con­di­tions éton­nantes ! Le choix dépend donc surtout du degré de con­fort voulu par les adultes, et de l’organisation.
Pour une semaine en ville, par exem­ple, l’appartement est une bonne option : il per­met de manger dedans facile­ment, de bien s’installer. De manière générale, en loge­ment chez l’habitant ou en cham­bre d’hôtes, les enfants sont très bien accueil­lis, par­fois choyés.

Ma fille s’est tou­jours bien accli­matée partout, mais j’ai retenu un con­seil : pour les petits, il est plus sim­ple d’avoir la salle de bain à prox­im­ité, surtout en péri­ode d’apprentissage de la pro­preté. Ain­si, le matin, l’enfant peut rester au lit pen­dant que l’adulte se lave. Ou, en pleine nuit, lorsque l’enfant veut aller aux toi­lettes, c’est à prox­im­ité. Et ça vaut égale­ment pour la sit­u­a­tion où l’adulte veut aller aux toi­lettes en pleine nuit : com­ment faire lorsque les toi­lettes sont loin et qu’y aller sup­poserait de laiss­er l’enfant seul, plusieurs min­utes ?

J’aurais donc ten­dance à décon­seiller les habi­tats inso­lites sans salle de bain aux par­ents solo, tant que les enfants sont petits. Avec un deux­ième adulte, c’est par con­tre une super expéri­ence pour l’enfant !

Je vous con­seille égale­ment de regarder les héberge­ments « accueil paysan » et « bien­v­enue à la ferme», où les noms des labels par­lent d’eux mêmes ! En général, c’est la garantie d’un super petit déje­uner avec des pro­duits frais et locaux, d’un accueil chaleureux, et d’un cadre à la fois ludique et intéres­sant pour les enfants.

img_1143_weekendroannaisenfamille
auvergnerhonealpes_loire_forez-018

La Nourriture

Ça sem­ble sou­vent être une grosse frayeur : « mais elle va manger quoi là-bas ?». Hé bien elle mangera ce qu’il y aura ! Si je ne fais pas une moue dégoûtée moi-même, pourquoi ma fille ne goûterait-elle pas ?
J’essaie de faire atten­tion aux épices : quand ça pique, ça passe pas ! Et je sur­veille égale­ment l’eau. En France et en Europe, l’eau du robi­net est générale­ment bonne, mais je me méfie en Asie et en Afrique. Pour boire, on priv­ilégie l’eau en bouteille* ou l’eau « bouil­lon » (de l’eau qui a été portée à ébul­li­tion). Pour le brossage des dents, lorsque j’ai un doute quant à la prove­nance de l’eau, je priv­ilégie l’eau potable : ma fille est encore en âge d’avaler au lieu de cracher parce que c’est trop rigo­lo !

*Afin de lim­iter notre con­som­ma­tion en bouteilles plas­tiques, j’essaie au max­i­mum de rem­plir nos gour­des

Manger dans un bon restau­rant ne garan­tit pas qu’il soit bien tenu. En 5 semaines en Indonésie, il n’y a que mois qui fut malade, et c’était à cause de l’un des rares repas que nous ayons pris en hôtel (et, oui, être malade pen­dant 24h alors que je suis seule avec ma fille, c’est l’enfer !). Chez l’habitant, ou dans les gar­gotes, aucun prob­lème ! De manière générale, si le restau­rant est plein de locaux, ça ne peut qu’être bien ; s’il est vide, fuyez !
N’hésitez pas à pos­er des ques­tions, à expli­quer : pas épicé, etc.

Partir en voyage pendant l’école

Ma fille est à présent en petite sec­tion. Au moment où j’écris ces lignes, l’inscription en mater­nelle n’est pas oblig­a­toire, mais il est prévu qu’elle le devi­enne en 2019 (ou tout du moins que l’instruction soit oblig­a­toire à par­tir de 3 ans et non plus 6 ans comme c’est le cas actuelle­ment). Je ne sais pas encore ce que ça va chang­er pour nous, ni com­ment ça va se dérouler en pri­maire. Mais d’ici là, je réécrirai sans doute un arti­cle !

Depuis son entrée à l’école, Petite Oreille s’est absen­tée plusieurs fois pour cause de « voy­age avec maman ». J’essaye tant que pos­si­ble de faire cor­re­spon­dre les départs avec les vacances, mais ce n’est pas tou­jours sim­ple. Pour l’instant, cela n’a posé aucun prob­lème.
Dès la ren­trée, je suis allée voir l’institutrice pour lui en par­ler. Je pense qu’avoir une bonne rela­tion avec elle est pri­mor­dial pour que les absences de ma fille ne soient pas un soucis. Au retour, Petite Oreille pré­pare un petit exposé sur ce qu’elle a vu, avec des pho­tos. C’est un super exer­ci­ce pour elle, et ça plait beau­coup à ses cama­rades. On axe bien sûr la présen­ta­tion sur les ani­maux, les autres enfants sur place, les choses inso­lites (on va laiss­er les exposés sur la géopoli­tique pour le col­lège !).
Autre point impor­tant, Petite Oreille est éveil­lée, débrouil­larde, et, aux dires de sa maîtresse « dans le groupe de tête ».

Du coup, son insti­tutrice est d’accord pour dire que voy­ager réus­si plutôt bien à Petite Oreille, et que s’absenter épisodique­ment n’est pas un soucis, tant qu’elle n’est pas en retard sur le reste de la classe, et qu’on fait des choses intéres­santes pen­dant nos voy­ages.

 

Partir seul·e avec son enfant

Par­tir en par­ent solo est une expéri­ence enrichissante tant pour les liens avec l’enfant que pour les ren­con­tres sur place. Je com­prends que ça puisse effray­er car il faut tout gér­er seul, sans le con­fort des des repères du quo­ti­di­en. La plu­part des voy­ages que j’ai effec­tués récem­ment avec Petite Oreille étaient en tant que maman solo : on ne va tout de même pas rester à la mai­son sous pré­texte que per­son­ne ne peut nous accom­pa­g­n­er !

Privilégiez la simplicité pour commencer

Si vous n’êtes pas un voyageur très aguer­ri, ou que vous n’avez pas encore voy­agé avec votre enfant, choi­sis­sez un voy­age sim­ple pour com­mencer : éventuelle­ment une des­ti­na­tion proche ou acces­si­ble sans trop de cor­re­spon­dances, évitez l’itinérance avec des change­ments d’hôtels quo­ti­di­ens par exem­ple. N’hésitez pas à louer un apparte­ment, pour avoir une cui­sine où vous pour­rez pré­par­er à manger et vous occu­per des repas à votre con­ve­nance (parce que les restau­rants, seul avec un petit, c’est pas tou­jours facile !).
Bref : pour une pre­mière approche du voy­age en famille, ne vous com­pliquez pas la tâche en par­tant sur un voy­age qui serait déjà com­pliqué sans enfant !

Les déplacements : ne pas se charger

Vous le con­staterez vite, aller d’un point à un autre avec des bagages et un enfant en bas âge, c’est com­pliqué. Ils sont à cet âge où ils peu­vent marcher, mais où on doit leur tenir la main dans la foule. Et surtout, ils sont à cet âge où s’ils sont fatigués, il faut les porter...
Con­clu­sion : qui dit voy­age en solo avec Petite Oreille, dit le moins de bagages pos­si­ble ! Il me faut tou­jours au moins une main de libre. J’emmène donc mon sac pho­to et un sac à dos ou une valise. Rien de plus.
(Pour les voy­ages en avion, je rajoute sou­vent un sac en tis­su dans lequel je mets tout ce que j’ai besoin d’avoir à portée de main)

Je suis ain­si con­tente de voy­ager léger* lorsque je dois faire des cor­re­spon­dances en pleine nuit : attrap­er les bagages, pren­dre ma fille dans les bras, tra­vers­er un aéro­port, embar­quer dans un autre avion, et tout ça sans qu’elle se réveille. Ce ne serait pas pos­si­ble si j’étais chargée !

*matériel pho­to oblige, mon sac est tou­jours très lourd ; néan­moins, il me sem­ble préférable d’en avoir un seul, lourd, que plusieurs.

Côté administration : sortir du territoire avec son enfant

Ma fille ne por­tant pas le même nom que moi, j’ai une copie du livret de famille dans mon télé­phone. J’ai égale­ment, bien sûr, son passe­port (ou sa carte d’identité selon les des­ti­na­tions), ain­si que le mien. Dans la théorie, ça devrait suf­fire. J’ai pour­tant une anec­dote malen­con­treuse à vous racon­ter.
Petite Oreille et moi fai­sions escale plusieurs heures à Ams­ter­dam, pour rejoin­dre l’Indonésie. Nous avons ren­du vis­ite à une amie puis sommes rev­enues à l’aéroport afin de pren­dre notre vol de nuit vers Jakar­ta. Arrivées devant la police aux fron­tières, je tends nos passe­ports, attrape Petite Oreille dans les bras pour la ren­dre vis­i­ble du polici­er dans sa cahute.
– Vous allez où ?
– Suma­tra
– Où ?
Le polici­er a le sour­cil levé, il ne con­naît pas. Je lui explique que c’est une île d’Indonésie.
– Com­bi­en de temps ?
– Un mois
– Il est où le père ?
– A la mai­son
En réal­ité, nous par­tons un peu plus longtemps, mais je ne juge pas utile de lui don­ner les détails, je com­mence à me douter qu’avoir autant de ques­tions n’est pas nor­mal.

Il appelle ses col­lègues, Petite Oreille et moi les suiv­ons dans leur bureau. Un homme, une femme, avec les gilets pare-balles et des armes à la cein­ture. S’en suit un inter­roga­toire en règle, sous les yeux de ma fille, heureuse­ment pas trop intimidée. Vous partez un mois ? Vous allez où ? Vous allez faire quoi ? Il est au courant le père ? Le polici­er sem­ble tiquer sur le fait que nous n’ayons qu’un seul sac en soute, qui plus est léger, pour deux. Je lui explique qu’il fait très chaud à Suma­tra, qu’on a juste besoin de quelques vête­ments légers que je lav­erai au fur et à mesure, et que c’est impos­si­ble d’avoir plusieurs valis­es quand on est seule avec un enfant. Mais, et les couch­es ? Elle a 3 ans, ça fait longtemps qu’elle n’en porte plus !
Le polici­er sem­ble douter de mes répons­es, mais il con­fie ne pas avoir d’enfant et ne rien y con­naître...  J’hésite à lui rétor­quer que vis­i­ble­ment, il ne doit pas non plus avoir l’habitude de voy­ager pour imag­in­er qu’on a besoin de se charg­er quand on voy­age un mois. Le savon de Mar­seille c’est for­mi­da­ble.
– Et pourquoi vous passez par Ams­ter­dam ?
– Euh... parce que Garu­da décolle d’Amsterdam et c’est moins cher qu’Air France ?
Ça ne sem­ble pas non plus le con­va­in­cre. Si tous les gens qui pren­nent des vols avec escales sont de dan­gereux sus­pects, il va avoir du boulot, le polici­er.

Il inter­roge ensuite ma fille. Après avoir pen­sé qu’elle por­tait tou­jours des couch­es, il imag­ine qu’elle peut lui répon­dre en anglais. Where are you going, where is your dad ? Ma fille répond poli­ment, je traduis. Elle n’est tou­jours pas ter­ror­isée, heureuse­ment. Mais elle s’impatiente, et elle com­mence à avoir faim.
Ils veu­lent con­tac­ter le père. Ils ont peur d’un enlève­ment d’enfant. For­cé­ment, il répond pas, sinon c’est pas drôle. J’essaie, partout. Télé­phone, What­sapp, Face­book, Hang­outs. L’heure tourne, on va finir par louper notre vol. Mais ils insis­tent, ils veu­lent être sûrs.

Ils ont fini par nous laiss­er par­tir. L’argument qui a pesé dans la bal­ance, c’est que ce n’était pas la pre­mière fois que je voy­ageais seule avec ma fille.

Alors comment faire quand on voyage seul·e avec un enfant,
qu’on est séparés ou que l’autre parent ne peut pas venir ?

L’état français n’exige rien. J’ai fait des recherch­es, véri­fié les textes offi­ciels et téléphoné au min­istère : en tant que maman ou papa, on peut par­faite­ment sor­tir du ter­ri­toire avec notre enfant sans avoir d’autres papiers que ceux d’identité. Ils con­seil­lent juste le livret de famille dans le cas où la mère ne porte pas le même nom, ce qui est de plus en plus fréquent. Mais oui oui, en 2018 une femme a le droit de sor­tir du domi­cile con­ju­gal avec ses enfant sans avoir l’autorisation écrite de son con­joint !

Pour l’état français, tous les enfants peu­vent voy­ager avec un seul par­ent. L’autorisation de sor­tie du ter­ri­toire ne con­cerne que les sit­u­a­tions où le mineur voy­age avec quelqu’un d’autre : grands-par­ents, tantes, amis... (En cas de sit­u­a­tions con­flictuelles, si la jus­tice estime qu’il y a un risque d’enlèvement, il peut y avoir des inter­dic­tions de sor­tie du ter­ri­toire, mais ça tient de l’exception).

Selon mes inter­locu­teurs, les policiers hol­landais ont donc fait de l’excès de zèle. D’ailleurs, dans l’avion, il y avait de nom­breuses familles mono­parentales alors que je n’ai croisé aucune autre maman ni aucun papa pen­dant notre long inter­roga­toire.
Pour éviter ces sit­u­a­tions, il peut donc être envis­agé de voy­ager avec une copie du livret de famille, une copie de la pièce d’identité de l’autre par­ent, ain­si qu’une let­tre de sa part, indi­quant qu’il est au courant du voy­age et ne s’y oppose pas. Ce ne sont absol­u­ment pas des néces­sités offi­cielles, mais cela peut éviter les soucis.

Faire apposer le deuxième nom

Sur son prochain passe­port, Petite Oreille portera les deux noms. C’était une erreur de ma part de ne pas lui don­ner le dou­ble nom à la nais­sance (mais quand vous avez accouché 48h avant, le cerveau n’est pas en mesure de faire des choix impor­tants !) mais il est sim­ple de l’ajouter sur des papiers d’identité (ça ne chang­era pas son nom sur l’acte de nais­sance, ni sur le livret de famille).
Il suf­fit de rem­plir le for­mu­laire en pré­cisant le dou­ble nom dans le ligne du nom d’usage, puis que les deux par­ents vien­nent faire la demande de passe­port (ou que le par­ent absent rédi­ge une let­tre et four­nisse une copie de sa carte d’identité).

 

Week-end mère-fille avec l’âne Coco, dans la Sarthe

4 Comments

  1. Bon­jour,
    Ton arti­cle me rap­pelle plein de sou­venir avec mon fils. C’est sûr que voy­ager avec un enfant en bas âge n’est pas du tout la même chose. Notre fils a fait son pre­mier voy­age à vélo à l’âge de 18 mois. Lors de ce voy­age j’ai aus­si cou­ru après lui lors de ses moments où ils se met­tent à courir partout. Main­tenant il le fait plus. Se caler sur son rythme (plus facile à vélo d’ailleurs car la sieste se fait dans la remorque), trans­porter les couch­es et boîtes de lait, dormir sous la tente après avoir réus­sit à la mon­ter sans que ce petit coquin ne se jette sur la toile (il trou­vait ça très mar­rant, nous aus­si la pre­mière fois...). L’accueil chez l’habitant, il repar­tait sys­té­ma­tique­ment avec un petit cadeau (une balle, une poupée...), les ren­con­tres sur la route attiré par ce qu’il y avait dans notre remorque.
    Aujourd’hui il attend avec impa­tience le prochain voy­age...

  2. Mer­ci pour cet arti­cle ultra com­plet qui aidera mes copains et copines à franchir le pas et à pass­er out­re leurs angoiss­es sur le fait de voy­ager avec un enfant en bas âge 🙂 Les pho­tos avec Petite Oreille sont vrai­ment touchantes.
    P.S. : Le vac­cin con­tre la rage n’immunise pas. Il per­met sim­ple­ment d’avoir un délai sup­plé­men­taire pour se ren­dre dans l’hôpital le plus proche et recevoir les injec­tions. (C’est ce qui m’avait été dit au cen­tre des vac­cins Air France en 2014). C’est le genre d’info qui peut aider dans la prise de déci­sion 🙂

  3. Excel­lent arti­cle. Hyper com­plet, agréable à lire. Plein de bon sens et en même temps quand on n’a pas l’habitude... il sera bien utile ! Mer­ci.

Post a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

Pin It on Pinterest