Carnet d’Azerbaïdjan, voyage au pays des contrastes

Voy­age aux con­fins du Cau­case : décou­verte de l’Azerbaïdjan.

Il y a des pays qui sont proches, et qui pour­tant, vous sem­blent si loin. Des pays où l’on se sent isolé et priv­ilégié à la fois, en dehors du monde et du temps. Lové con­tre l’Arménie et la Géorgie, entre l’Iran et la Russie, les pieds dans la mère Caspi­enne, l’Azerbaïdjan est de ces pays qu’on a du mal à situer. A 3800km de Paris, dans cette région mi-Europe mi-Asie, ce pays ne peut qu’attiser la curiosité.

J’ai prof­ité d’un séjour avec Nomade Aven­ture pour décou­vrir ce petit bout du Cau­case. L’agence, spé­cial­isée dans les séjours orig­in­aux et les itinéraires hors des sen­tiers bat­tus, nous a mon­tré l’éventail de ce que l’Azerbaïdjan peut offrir à qui ose s’y aven­tur­er : des paysages mag­nifiques, des mon­tagnes incroy­able­ment ciselées, des petits vil­lages, des palais, des églis­es et un pat­ri­moine archi­tec­tur­al très riche, des habi­tants par­fois dis­tants au pre­mier abord mais chaleureux dès que la glace est brisée.

C’est un pays où il est pos­si­ble de voy­ager en indépen­dant (ma sœur s’y était ren­due pen­dant ses vacances) mais où être accom­pa­g­né par une agence change totale­ment l’expérience. Par­mi les dif­férences entre nos voy­ages respec­tifs, il y a le con­tact avec les habi­tants grande­ment facil­ité par Nomade (via les choix d’hébergement, notam­ment) mais aus­si l’accès à cer­tains lieux. Et par­mi mes coups de cœur du voy­age, il y a ce trek dans les mon­tagnes. Impos­si­ble de s’y aven­tur­er seul(e), il n’y a ici aucun sen­tier bal­isé. Mais notre guide con­naît ses mon­tagnes par cœur, il les arpente toute l’année. Et devant la beauté du paysage, je ne peux que le com­pren­dre.

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Après une journée de marche, nous rejoignons un vil­lage pour la nuit. Quelques maisons sur une colline, plus de tombes dans le cimetière que d’habitants dans le hameau. Les habi­tants ont beau être isolés de tout, ils restent vivre ici, au milieu des pâturages : détenir un trou­peau est le meilleur investisse­ment qu’on puisse imag­in­er. Et même si l’hiver doit être rude, le cadre n’est pas franche­ment désagréable. Le silence n’est rompu que par les chiens, omniprésents dans le vil­lage afin de garder le bétail.

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Ce sont les trou­peaux qui ryth­ment la vie, ici. Le matin, ils par­tent tous au lever du jour, suiv­is par un ou deux berg­ers. L’occasion de tir­er quelques por­traits. L’approche est facile avec les hommes, quelques mots, un sourire. La curiosité est réciproque. Avec les femmes, par con­tre, le regard est fuyant. Elles pressent le pas quand je m’approche. Les seules avec qui je pour­rai échang­er, en quelques signes et mim­iques, sont les femmes et filles de notre hôte.

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La vie d’un berg­er azer­baïd­janais se passe en par­tie à cheval. Les quelques routes qui tra­versent les mon­tagnes ne sont acces­si­bles qu’aux 4x4. Le cheval est tou­jours une tra­di­tion, ici. On monte aux pâturages avec, on se rend dans le vil­lage d’à côté avec, on descend les trou­peaux avec. Qu’ils accom­pa­g­nent des mou­tons, des vach­es ou des chameaux, je croise des dizaines de cav­a­liers tout au long de mon voy­age. Et je me prends à rêver d’un voy­age à cheval, pour explor­er ce Haut Cau­case.

 

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Le brouil­lard nous envahit tan­dis que je me perds dans mes pen­sées. Il est temps de rejoin­dre Bak­ou. A quoi peut ressem­bler la cap­i­tale d’un tel pays ? Le con­traste est for­cé­ment sai­sis­sant. L’écart entre le petit vil­lage des mon­tagnes et la ville mod­erne est évi­dent. Sur les hau­teurs, les tours-flammes toisent un cen­tre his­torique fait de petites ruelles, de vieilles pier­res, de palais et de mosquées. Elle rap­pel­lent que la richesse du pays est dans son sol, l’industrie du pét­role et du gaz y étant l’une des plus anci­ennes du monde. Le soir venu, des mil­liers de LED s’animent sur les façades des 38 étages des flame tow­ers, imi­tant les ondu­la­tions du feu.

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Les tours-flammes sont dev­enues l’un des sym­bol­es de Bak­ou, reléguant presque au sec­ond plan le bâti­ment qui fut le plus impor­tant pen­dant longtemps : la Tour de la Vierge. Et c’est tant mieux, parce que j’ai essayé de la dessin­er... et je n’ai pas réus­si ! Je n’ai su ni sous quel angle la pho­togra­phi­er, ni com­ment en faire un cro­quis !

Les ruelles et leurs étals étaient bien plus intéres­sants...

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Non loin de Bak­ou se trou­ve la réserve de Gob­us­tan, un des lieux les plus vis­ités d’Azerbaïdjan.

On y décou­vre des pein­tures rupestres, témoins de la vie préhis­torique dans le Cau­case. 6 000 pétro­glyphes représen­tent des scènes du quo­ti­di­en mais aus­si des scènes de chas­se à l’antilope, de déplace­ments en bateau de roseaux,ou encore des scènes de danse ou de guerre. Des car­a­vanes de chameaux côtoient les com­bats de tau­reaux et les guer­ri­ers.

Le Gob­us­tan d’après l’Unesco

Gob­us­tan a une valeur uni­verselle excep­tion­nelle due à la qual­ité et à la den­sité de ses gravures d’art rupestre, à l’important témoignage que présente son ensem­ble d’images d’art rupestre pour la chas­se, la faune, la flo­re et le mode de vie à l’époque préhis­torique et à la con­ti­nu­ité cul­turelle entre les épo­ques préhis­torique et médié­vale. 

Les gravures rupestres sont un témoignage excep­tion­nel d’un mode de vie dis­paru dans la mesure où elles représen­tent graphique­ment des activ­ités asso­ciées à la pêche et à la chas­se à une époque où le cli­mat de la région étaient plus chaud et plus humide qu’aujourd’hui.

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Et juste à côté des pétro­glyphes, tou­jours dans le parc du Gob­us­tan, un autre site attire les curiosités : les vol­cans de boue. Une des 50 mer­veilles naturelles du globe selon CNN, un phénomène que l’on ne trou­ve nulle part ailleurs dans une telle den­sité : la moitié des vol­cans de boue du monde se trou­vent en Azer­baïd­jan.

Pour autant, n’allez pas imag­in­er un lieu hors du com­mun, avec des grands cratères ou des érup­tions (même si ça peut arriv­er). Au Gob­us­tan, ce que vous voyez c’est une série de tas de boue for­més par des couch­es suc­ces­sives. Au som­met, quelques « plop-plop » lais­sent com­pren­dre que ces vol­cans sont encore act­ifs.

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Lada, la mar­que russe de voitures pas chères, a encore de beaux jours devant elle, ici. Increvables, elles sont les voitures préférées des taxis mais aus­si de tous les habi­tants. Un charme vin­tage qui rap­pelle que l’Azerbaïdjan a fait par­tie de l’URSS.

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En ce début d’automne, les rues sont tran­quilles. Les touristes russ­es sont repar­tis. Les berg­ers sont occupés avec leurs trou­peaux. Les femmes restent à l’intérieur. Je me promène sur les pavés de Qabala, Sha­ki ou Quba. Les petites villes ont un charme intem­porel mal­gré la pluie qui ne nous lâche plus. L’occasion de tir­er quelques por­traits de plus.

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Je ne peux ter­min­er ce car­net de voy­age sans évo­quer le pat­ri­moine archi­tec­tur­al azer­baïd­janais. Ce n’est pas mon cen­tre d’intérêt prin­ci­pal, je préfér­erai tou­jours une ran­do dans les mon­tagnes à une vis­ite de mon­u­ment. Pour autant, j’ai été sur­prise par la richesse et la var­iété des vis­ites pos­si­bles entre les palais, les mosquées, les églis­es et les tem­ples de reli­gions que je ne con­nais­sais même pas (comme celle où il s’agit de vénér­er le feu !). Et à l’intérieur, le faste côtoie sou­vent la minu­tie avec des vit­raux raf­finés et des mar­que­ter­ies fines.

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Ce car­net a été réal­isé dans le cadre d’un voy­age de presse organ­isé par Nomade Aven­ture, spé­cial­iste du voy­age d’aventure hors des sen­tiers bat­tus depuis plus de 40 ans.

A propos de l'auteur

Je suis photographe et j'ai la chance de voyager partout dans le monde. Sur ce blog, vous trouverez à la fois des récits de voyages (seule, avec Monsieur Oreille, ou Petite Oreille ma fille que j'essaie d'emmener partout depuis qu'elle est bébé !) et des conseils pour réussir vos propres photos de voyage.

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26 Commentaires

  1. waouh­hh ! un endroit qui gagne à être con­nu et tes pho­tos sont juste sub­limes... quelle lumière et quelles ambiances, mer­ci pour cette décou­verte qui donne même des fris­sons tant la vie y est sai­sis­sante

  2. Tes pho­tos sont d’une beauté à couper le souf­fle.
    Les paysages sont de ceux qui ont mes faveurs, et j’aimerais vis­iter aus­si tous ces pays en « an » dont la plu­part lui font face séparés par la mer Caspi­enne !

  3. Après plusieurs années à suiv­re le blog, je crois bien que cet arti­cle est mon préféré ! Les paysages sont dignes d’un con­te, les pho­tos mag­nifiques (surtout celle où le cheval est encadré dans le muret de pier­res et celle qui suit où un ruban de mou­tons découpe les collines) et les cro­quis de plus en plus réus­sis. Un arti­cle qui donne envie de dessin­er, de voy­ager et de rêver ! Alors mer­ci pour tout ça 😉

  4. WOW ! Des pho­tos mag­nifiques de lieux mag­iques. La lumière et la sen­si­bil­ité aux per­son­nes et aux lieux s’en déga­gent défini­tive­ment. Ça fait rêver. 🤓

  5. Tes pho­tos sont mag­nifiques ain­si que tes dessins. Je vais con­sid­ér­er cette région comme une des­ti­na­tion à vis­iter. Mer­ci

  6. Tes pho­tos sont sur­réal­istes ! Et tes cro­quis sont vrai­ment plein de vie, je pour­rais regarder tout ça des dizaines et des dizaines de fois et être tou­jours aus­si émer­veil­lée.. C’est le genre de paysage que j’adore !

  7. A la recherche d’informations sur ce pays, je suis tombé sur votre site par hasard. J’ai l’intention d’explorer le Cau­case au print­emps et vos pho­tos ne font que con­firmer mon choix.
    Bra­vo.
    Paul

  8. Un vrai régal ces pho­tos Mmme Oreille... les lumières et les points de vue sont mag­nifiques !
    Ca donne envie de rêver hors des sen­tiers bat­tus où les ren­con­tres sont plus « pures » car on évite la pol­lu­tion touris­tique

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