Aborder quelqu’un pour lui tirer le portrait

Fait 1 : on risque davan­tage à vol­er un por­trait qu’à deman­der la per­mis­sion pour le pren­dre

Fait 2 : créer un lien avec le sujet est, sinon la garantie, au moins une chance sup­plé­men­taire pour une meilleure pho­to

 

Vous l’aurez com­pris, après un arti­cle sur l’éthique et un autre sur l’enthéléchie, le respect de nos mod­èles est un sujet qui me tient à cœur. Pour autant, je sais que ça n’est pas tou­jours sim­ple d’aller vers quelqu’un, et que zoomer en cachette peut être ten­tant.

Il faut savoir que vol­er une pho­to peut vous attir­er de nom­breux prob­lèmes, surtout si vous ne con­nais­sez pas les moeurs locales. C’est le sujet que je dévelop­pais dans cet arti­cle sur l’entéléchie du voyageur pho­tographe. Vous n’avez pas envie de vous retrou­ver encer­clé par toute la famille de la femme dont vous avez volé l’image ? Vous ne voulez pas courir sous les jets de pier­res ?

Donc, com­ment on fait pour abor­der quelqu’un ?
Il n’y a pas de recette mir­a­cle, mal­heureuse­ment. Mais, dans tous les cas, il va y avoir deux élé­ments com­muns : sourire et pren­dre son temps. Le sourire, c’est pour dégager une aura sym­pa­thique, parce que vous êtes quelqu’un de bien, ani­mé par des envies pos­i­tives (en Russie, vous passerez pour un débile si vous souriez mais c’est à peu près le seul pays au monde où l’on attache une con­no­ta­tion néga­tive au sourire). Le temps, c’est pour nouer un con­tact, ne rien brusquer, et pou­voir aller au-delà du por­trait figé de bord de route (surtout pour ceux qui n’aiment pas quand c’est trop posé) ; puis les voy­ages, c’est avant tout ren­con­tr­er des gens et échang­er les idées et les points de vue cul­turels (ou quand l’ontologie ne fait que résumer la phy­logénie, dit le belge pour faire son intéres­sant...).

Une règle absolue est de ne pas rester sur un échec. Je l’ai appris à mes dépends, n’étant pas par­ti­c­ulière­ment à l’aise moi-même lorsqu’il s’agit d’aborder les gens. Aux Etats-Unis, je voulais prof­iter de la langue com­mune pour faire une série sur nos ren­con­tres. Le pre­mier por­trait n’est pas une réus­site, mais j’étais con­tente d’entamer ce pro­jet. Je voulais pren­dre une per­son­ne par jour et la présen­ter avec ses mots. Le lende­main matin, nous dis­cu­tons avec une expa­triée chi­noise très intéres­sante. Au bout de quelques min­utes, comme le courant passe bien, je lui demande, et elle refuse. Elle explique gen­ti­ment qu’elle n’aime pas les pho­tos. Je suis restée blo­quée sur ce refus et je n’ai pas vrai­ment rées­sayé der­rière, même si nous ren­con­tri­ons des gens pas­sion­nants, et ça, c’est vrai­ment une grosse con­ner­ie. Si quelqu’un dit non, il faut trou­ver quelqu’un d’autre !

Comme aucune sit­u­a­tion n’est iden­tique, je vais vous pro­pos­er quelques exem­ples assez dif­férents dans l’approche.

Cas 1 : la vieille dame au Laos (ປະເທດລາວ) près de Luang Namtha

Nous sommes dans un petit vil­lage. Nous avons salué tout le monde à notre arrivée et, quelques heures plus tard, nous nous promenons au milieu des gens. Cette dame me plaît, je m’approche donc, seule, et m’assieds en face d’elle. C’est tout sim­ple, mais le fait d’être à la même hau­teur, assise sur les mêmes pier­res, établit d’emblée un rap­port d’égalité. Je ne par­le pas sa langue, elle ne par­le pas la mienne, mais j’ai pris la peine d’apprendre quelques mots. Même mal pronon­cés, ils brisent les bar­rières, mon­trent mon intérêt sincère. Je le vois bien en temps que parisi­enne, je prends plus de plaisir à aider les touristes per­dus lorsqu’ils essaient de baragouin­er un peu en français, que lorsqu’ils me bal­an­cent un agres­sif « where is Père Lachaise ?», sans bon­jour ni mer­ci.
Après quelques min­utes à se sourire, je remonte l’appareil pho­to que j’avais en ban­doulière et le lui mon­tre, avec un air inter­ro­gatif (j’essaie de mimer la demande de per­mis­sion). Un hoche­ment de tête plus tard, je déclenche. C’est tout sim­ple, ça ne donne pas for­cé­ment de belles pho­tos, mais c’est un pre­mier pas.


Cas 2 : un marché en Russie (Россия), à List­vian­ka (Листвянка), sur les bor­ds du Lac Baïkal (Озеро Байкал)

C’est un peu sim­i­laire au cas n°1, sauf qu’on rajoute une don­née : l’habitude. Les marchés sont des lieux très fréquen­tés. Les com­merçants ont donc l’habitude d’y être pho­tographiés. Ici, je me suis promenée plusieurs fois au milieu des stands, appareil bien en vue. C’est l’astuce : pour ne pas pass­er pour un voleur, il faut que tout le monde vous iden­ti­fie comme touriste pho­tographe. Ensuite, j’ai util­isé une focale suff­isam­ment courte pour être proche de mon sujet, et j’ai pris du temps, pour qu’elle me voie, qu’elle sache que je m’apprête à la pho­togra­phi­er, qu’elle sache aus­si que je lui laisse le temps de dire non.
La plu­part des com­merçants ne diront pas non, parce qu’ils savent que leur représen­ta­tion va attir­er d’autres touristes, et qu’ils ne sont pas mon­trés dans leur vie privée. Par con­tre, pho­togra­phi­er leurs marchan­dis­es sera par­fois com­pliqué. Si vous n’êtes pas hyper à l’aise, acheter quelque chose peut être une idée pour avoir un con­tact, mais ne le faites que si l’achat vous tente vrai­ment, sinon ça revient à pay­er pour une pho­to. C’est surtout dan­gereux pour vous : oserez-vous ensuite repren­dre des pho­tos sans acheter ?

Cas 3 : un gamin chez les mon­gols

C’est l’exemple par­fait pour illus­tr­er le fait que pren­dre son temps est un bonne chose. Avant cette pho­to, j’ai pris des por­traits posés de toute la famille, j’ai demandé pour la moin­dre image sans intérêt, et à chaque fois je leur ai mon­tré le résul­tat. Et au bout d’un cer­tain temps, il y a une forme de con­fi­ance qui naît. Vous êtes par­mi eux avec l’appareil, et il savent que vous ne faites rien de mal. On vous laisse alors entr­er dans la vie de la famille.

Je pour­rais vous don­ner des dizaines d’autres exem­ples (autant que j’ai de por­traits, en fait) mais je crois que ces trois-là cor­re­spon­dent à la plu­part des sit­u­a­tions. N’hésitez pas à partager vos tech­niques et anec­dotes dans les com­men­taires !

25 Comments

  1. C’est à chaque fois une épreuve pour moi, vrai­ment ! Je me retrou­ve dans ce que tu écris, pren­dre son temps ça m’aide beau­coup : pas seule­ment à se faire accepter, mais aus­si à s’accepter soi-même dans le rôle de pho­tographe.

    Je te l’ai déjà dit, mais la pho­to du gamin en Mon­golie est mag­nifique !!

  2. Tu ne par­les pas de la rela­tions avec la pho­to, cer­taines ethnies/cultures ne veu­lent pas être pris en pho­tos d’autres au con­traire adorent ça ...

    Les mem­bres de cer­taines tribus d’indiens d’Amérique ont par exem­ple peur que la pho­to soit un morceau de leur âme, ils refusent donc de paraitre sur les pho­tos. A coté il y a des tribu qui font com­merce de leur image en posant con­tre de l’argent

    Rien qu’en France selon l’endroit où tu fais des pho­tos tu te fais jeter ou au con­traire le « sujet » joue avec toi ...

    Il y aus­si ceux qui veu­lent voir le résul­tat immé­di­ate­ment et con­naitre le canal de diffusion/ l’utilisation ...

  3. Oui très impor­tant d’insister sur le respect des per­son­nes ren­con­trées et éventuelle­ment pho­tographiées.

    Et par­fois un refus peut men­er vers une autre aven­ture : très récem­ment en allant en train à Barcelone j’ai voulu faire un por­tait du con­duc­teur du train, qui a refusé un peu abrupte­ment, mais en voy­ant que je m’intéressait quand même à lui et à son méti­er, il m’a pro­posé de mon­ter dans la cab­ine de pilotage et de pren­dre toutes les pho­tos que je désir­ais (de la cab­ine, pas de lui ;-). Un très bon moment et un excel­lent sou­venir !

  4. Moi aus­si j’ai beau­coup de mal a deman­der. je me retrou­ve donc a ne pas faire de por­traits... ce que je regrette. Il faut que je me force a aller vers les gens ... ce don­ner l’objectif de faire un por­trait par jour comme tu voulais le faire aux Etats Unis me sem­ble une bonne idée.

  5. Tout à fait d’accord avec Julie, ta dernière pho­to prise en Mon­golie est sub­lime.

    C’est un vrai exer­ci­ce de deman­der à quelqu’un de faire son por­trait... Je n’aime pas « gên­er » les gens, alors il faut en effet pren­dre son temps, mon­tr­er ses inten­tions. C’est un peu comme un oral à l’école...

    Mais j’accepte très bien les refus, je les trou­ve très com­préhen­si­bles (je fais la gri­mace quand on me demande de faire un joli sourire pour une pho­to... ).

    Appren­dre quelques mots de la langue locale me sem­ble vrai­ment néces­saire.

    Mais mal­gré toutes nos bonnes inten­tions, je ne peux m’empêcher de penser que l’on « prend » quelque chose à la per­son­ne que l’on pho­togra­phie, on repart avec quelque chose d’elle. Ce n’est pas for­cé­ment négatif d’ailleurs. Je me sens très recon­nais­sante par rap­port aux per­son­nes qui acceptent que je les prenne en pho­to, elles me per­me­t­tent d’attraper quelque chose d’une cul­ture, d’une région.

    Now­Mad­Now

  6. Excel­lent arti­cle avec des exem­ples réels.
    Nous sommes tous con­fron­tés à cette dif­fi­culté du « por­trait » sans vol­er l’intimité des gens.
    Votre méth­ode est la meilleure. Patience, sourire et com­plic­ité.
    Mer­ci pour ce partage d’expérience instruc­tif.

  7. Il faut de toutes façons avoir son appareil déjà sor­ti, que l’on soit claire­ment iden­ti­fié comme per­son­ne qui prend des pho­tos, dis­cuter un min­i­mum avec les gens. Bref, faire preuve d’humilité...
    Rien de plus hor­ri­ble que la chas­se pho­to de gens avec un téléob­jec­tif...

    Ton sys­tème d’imprimante pour offrir un tirage est un vrai plus et ain­si éviter de som­br­er dans le tra­vers de don­ner de l’argent, un sty­lo ou un bon­bon !

    Lau­rent

  8. C’est effec­tive­ment très dif­fi­cile d’aborder quelqu’un pour lui tir­er le portrait...déjà dans la famille j’ai du mal mais alors un étranger 🙂
    Et comme je ne suis pas fan des pho­tos volées, je prends très peu de por­traits pen­dant es voy­ages, mais il va fal­loir que je me force un peu parce que sur ton reportage au Mali, ce sont les pho­tos que je préfère !
    Mer­ci pour les con­seils en tout cas, je n’oublierais pas de ne pas sourire en Russie !

  9. Julie : je me dis de plus en plus, que ce qui me manque pour me pouss­er à oser plus sou­vent, c’est la légitim­ité. C’est à dire que je ne me sens pas for­cé­ment à ma place en deman­dant l’autorisation, vu que la pho­to n’est des­tinée qu’à ce blog... Pré­par­er une expo, un reportage ou n’importe quoi qui puisse répon­dre au « vous allez faire quoi de la pho­to » rendrait peut-être l’approche plus sim­ple. :/ C’est pareil pour toi ?

    Pyrros : en fait, j’avais déjà évo­qué le rap­port à la pho­to selon les cul­tures dans un autre arti­cle, je n’ai pas voulu faire de red­ite 🙂

    Marine : accéder à la cab­ine, c’est super sym­pa ! En occi­dent, on voit de plus en plus de gens qui n’auraient rien con­tre les pho­tos, mais ne sachant pas où va atter­rir leur image, préfèrent refuser d’apparaitre. Cela dit, avec quelques détails (mains, affaires per­son­nelles), on peut dress­er un por­trait sans vis­age !

    Françoise : et puis ren­con­tr­er les gens, même sans pho­to, c’est quand même chou­ette 😀

    Now­Mad­Now : mer­ci à vous deux 🙂 C’est pas faux. On ne leur prend rien qui puisse leur man­quer, mais on repart quand même avec un petit bout d’eux . Mais comme cer­tains deman­dent aus­si par­fois des pho­tos de nous, c’est un échange plutôt sain !
    En Amérique latine, tu dois t’éclater... Pou­voir avoir un réel échange avec tout le monde...

    Landry : hé bien mer­ci à toi !

    Lau­rent Houssin : pour l’appareil déjà sor­ti, je me pose la ques­tion. D’un côté, on annonce la couleur, mais de l’autre, ça peut être agres­sif. Per­son­nelle­ment, je le garde en ban­doulière, bien en retrait, pour qu’il ne paraisse pas caché, mais ne soit pas la pre­mière chose qu’on voit. Quant à la pogo, c’est un bon passe­port : après, les gens deman­dent d’eux-mêmes !

    Don­lope : en Russie, je crois qu’il est vrai­ment dif­fi­cile de faire des por­traits... il faut pren­dre encore plus de temps qu’ailleurs pour réus­sir à se lier avec quelqu’un... Même si une fois la glace brisée, les gens sont, glob­ale­ment, gen­tils ! Et pour le coup, con­naître quelques mots de russe est indis­pens­able : ils n’aiment pas trop trop qu’on leur par­le anglais !

  10. Com­ment gér­er l’instantanéité ?
    Etablir le con­tact c’est bien mais que faire si la per­son­ne accepte et ensuite « pose » alors qu’on cher­chait juste­ment une expres­sion « naturelle», sans que la per­son­ne ait con­science de l’objectif ?
    Une des solu­tions ne serait pas juste­ment de shoot­er ce genre de scènes urbaines au télé ?

  11. Alteriche : elle te parait posée la pho­to du petit mon­gol ?
    Shoot­er au télé, c’est vol­er. Il faut se met­tre à la place du mod­èle, est-ce qu’on apprécierait ?
    La solu­tion est sim­ple : pren­dre le temps. On fait quelques pho­tos figées pour bris­er la glace, puis on est ensuite autorisé à rede­venir invis­i­ble pour pho­togra­phi­er le quo­ti­di­en, sans se cacher.
    (mais per­son­nelle­ment, j’adore les yeux plan­tés dans l’objectif)

  12. Super arti­cle. En effet, je pense que ce n’est pas la chose la plus facile que de tir­er des por­traits, mais je suis 100% d’accord avec toi sur le fait qu’il faille deman­der au gens avant de le faire. Per­son­nelle­ment je n’aime pas trop être pris en pho­to, donc si je vois qui va essay­er de le faire sans me deman­der je serais énervé.

    Mais, il y à des sit­u­a­tions où cela est devenu qua­si impos­si­ble d’obtenir une autori­sa­tion pour un por­trait. Je prends l’exemple des Maid à Aki­habara (Tokyo). Il y à eu telle­ment de per­vers étrangers (hommes essen­tielle­ment) qui sont venus dans ce quarti­er, que lorsque tu deman­des à une de ces demoi­selles si tu peux la pren­dre en pho­to, tu as un non immé­di­at et elle tourne la tête. Après une des solu­tions, peut être de deman­der à une amie fille de faire la pho­to, mais pour le moment je ne suis tou­jours pas arrivé à obtenir l’autorisation (j’y arriverai bien un jour non?).

    Et les exem­ples que tu donnes de sit­u­a­tion où les per­son­nes peu­vent devenir agres­sives sont telle­ment vrai. Je me rap­pelle l’année dernière, j’étais à Harlem. Je voulais pren­dre une pho­to dans la rue, pas un por­trait mais la rue en soit. Je sors mon trépied, pose mon appareil, fais mes quelques petits réglages (de débu­tant :)) et viens pour press­er le bou­ton quand un grand black améri­cain s’approche et me dis « je vais te cass­er ton appareil pho­to ». Je lui demande pourquoi et il me dit « parce que tu veux pren­dre mon stand en pho­to ». je lui réponds donc que non, mais il reste énervé. il me demande d’où je viens et mon prénom et puis subite­ment, il me dit « tu es musul­man » (je ne sais pas pourquoi il m’a demandé cela) et je réponds que oui. Là il a immé­di­ate­ment changé de ton « ah mon frère, excuse-moi, mais juste ne prends pas de pho­tos de mon stand »....Cocasse

  13. Pour un bon por­trait ‚le pho­tographe doit être claire­ment iden­ti­fié mais surtout rapi­de .Ce que la plu­part des gens détes­tent ‚ce sont les pho­tographes qui « rodent » autour d’eux ‚qui les « amadouent » pour obtenir une pho­to.

  14. Tres jolie pho­to la derniere ! Cette semaine je suis trou­vee du cote de « celui-a-qui-on-demande-la-per­mis­sion » a Syd­ney un groupe d’Indonesiennes pre­nait des gens en pho­tos, j’ai a peine eu le temps de com­pren­dre ce qui se pas­sait, elle par­lait super vite en mon­trant son appareil. Mais elle avait l’air telle­ment gen­tille et souri­ante qu’au final c’etait pas un prob­leme. J’espere juste que c’etait pour usage prive, elle ne m’a pas laisse le temps de lui pos­er la ques­tion 🙂

  15. Encore d’excellentes règles à suiv­re, Aurélie, mer­ci !
    Même cas que Françoise... Je suis une grosse timide donc je demande rarement, donc je fais extrême­ment peu de por­traits... Ce que mes amis qui ont droit au « diapo » de mes voy­ages trou­vent plutôt bizarre d’ailleurs («y’a presque jamais de gens sur tes pho­tos»). Je vais peut-être repren­dre ton idée de faire un por­trait par jour la prochaine fois, his­toire de me forcer.

  16. Tuni­maal : c’est sûr que pass­er après des dizaines de per­vers n’aide pas le pho­tographe nor­mal à se faire accepter, et je crois que ton exem­ple à Harlem résume bien la sit­u­a­tion : mon­tr­er qu’on est comme eux, qu’on ne veut rien de mal, surtout respecter leurs deman­des.
    Je serai curieuse de savoir si c’est plus facile pour une fille d’aborder les maids. Ce pour­rait être logique, mais elles seraient peut-être méfi­ante quand même, non ? C’est lim­ite le genre de sujet qui deman­derait d’avoir un ami d’ami pour nous intro­duire ^^

    Le Chat Pho­tographe : je suis d’accord sur le fond, faut pas non plus tourn­er autour d’eux pen­dant des siè­cles, et quand ils ont dit oui, on ne s’y reprend pas à dix fois parce qu’on s’est plan­té dans ses réglages... Pour autant, il ne faut pas non plus être brusque. En fait, j’ai l’impression que tout ça pour­rait être instinc­tif : on le sent si on fait chi­er la per­son­ne, si on doit la laiss­er tran­quille rapi­de­ment ou si au con­traire elle a envie qu’on s’intéresse à elle. Y’a pas mal de gens qui seront fiers de nous faire ren­tr­er dans leur vie.

    Lucie : ça m’arrive sou­vent en tant que touriste, mais jamais en tant que locale et ça doit être hyper rigo­lo, de se retrou­ver de l’autre côté, comme ça ! Tu feras le tour de face­book en indonésie 😀

    Mélis­sa : je ne te jet­terai pas la pierre vu le mal que j’ai à me forcer ^^ C’est hyper frus­trant de ne pas oser !

  17. bon­jour
    je viens de decou­vrir votre site : genial
    Mais... je voudrais com­pren­dre qqch : vous appelez votre doux et ten­dre « le belge » et pour­tant vous avez l’air d’etre parisi­enne.
    bref ...
    En plus vous m’avez don­né l’envie d’un tam­ron 17–55 aie aie aie
    encore mer­ci
    Gabriel

  18. Gabriel : bon­jour et bien­v­enue. En fait, n’aimant pas trop utilis­er le prénom de mon com­pagnon dans les arti­cles, je lui donne des surnoms. Il a longtemps été le Chauve, mais depuis qui a des cheveux, c’est devenu le Belge, puisque c’est sa nation­al­ité, même si nous vivons effec­tive­ment ensem­ble à Paris depuis quelques années !
    Et sinon, le Tam­ron est vrai­ment très bon, et très pra­tique 🙂

  19. Un arti­cle intéres­sant, et de très jolies pho­tos ! Je crois que chaque pho­tographe, et chaque per­son­ne prise en pho­to (ou qui refuse de l’être), a son point de vue sur la ques­tion...

    A moins d’être dans un coin vrai­ment très reculé où Inter­net n’existe qua­si­ment pas, les gens se doutent bien que leurs clichés finiront sur la Toile un jour ou l’autre. Je com­prends que cela soit dérangeant pour eux et je ne crois pas que j’aimerais voir des por­traits de moi cir­culer sur Inter­net. Par con­tre, j’aime beau­coup pren­dre les per­son­nes de dos, générale­ment assis­es sur un banc, en train de regarder un joli paysage. On pour­rait certes appel­er ça un por­trait volé mais pour moi, ils devi­en­nent sim­ple­ment un élé­ment dans la con­struc­tion de l’image et appor­tent une touche humaine de charme à la pho­to. Ils ne seront pas vrai­ment recon­naiss­ables et donc, pas de prob­lème de droit à l’image pour eux comme pour moi. Rien n’empêche d’aller dis­cuter avec eux (ou avec d’autres per­son­nes) après. Effec­tive­ment, les ren­con­tres sont le sel des voy­ages, l’occasion d’échanger et d’aller au devant d’autres cul­tures 🙂

    Lorsque je décide tout de même d’aborder quelqu’un pour lui tir­er le por­trait, le sourire et la patience jouent un rôle indé­ni­able. Je crois aus­si que nos mod­èles méri­tent une cer­taine hon­nêteté et que si l’on décide de les pren­dre bien en face, ils doivent en être con­scients et accepter, au moins tacite­ment, d’être pris en pho­to. Lorsqu’on voit des clichés aus­si réus­sis que ces trois-là, on se dit que ça vaut vrai­ment la peine de pren­dre son courage à deux mains !

  20. Tout à fait d’accord avec vous. Il ne faut pas pren­dre de pho­tos sans la per­mis­sion, à moins vrai­ment qu’on soit loin et que la per­son­ne con­cernée ne soit pas la « cible » de la pho­to.

    J’ai testé l’expérience au Kenya en pho­tographi­ant des femmes dans la rue avec des chevelures très extrav­a­gantes. Après 2 refus, « ai aban­don­né (ou je n’ai pas pris le temps d’insister sur d’autres mod­èles).

    Je penserai à cet arti­cle lorsque dans mon prochain voy­age, je deman­derai à des pas­sants de les pren­dre en pho­to.

  21. Mer­ci pour cet arti­cle, et je suis d’accord : non aux pho­tos volées !

    Ça m’est arrivé aus­si de me retrou­ver de l’autre côté de l’objectif ! Par exem­ple des touristes frig­ori­fiés qui voulaient nous pren­dre en pho­to à Paris en plein hiv­er alors qu’on sor­tait d’une fontaine après un plon­geon tout habil­lé, ou qui me voy­aient en shorts dans la rue par -25 °C à Mon­tréal 🙂 En tous les cas c’est une expéri­ence intéres­sante car elle prou­ve que les pho­tos demandées avec le sourire passent très bien, et que celles volées lais­sent une cer­taine amer­tume.

    Pour revenir sur l’article, je suis d’accord avec ce qui est men­tion­né ici : tant pis si vous ne prenez pas la pho­to voulue ! Et deman­dez-vous : serait-elle si excep­tion­nelle que cela ?
    Et en cas de refus, pro­posez un com­pro­mis : pren­dre seule­ment les mains, une par­tie de la tenue, l’outil de tra­vail,... Dans tous les cas, soyez hon­nête et mon­trez la pho­to à la per­son­ne pour qu’elle « valide » la prise de vue (vive le numérique).

    Autre con­seil : avant de deman­der de pren­dre une pho­to, je fais com­pren­dre à la per­son­ne ce qui me plaît chez elle. Jolie tenue ves­ti­men­taire, bou­tique ou étal fasci­nant, etc. Le sujet se sent val­orisé et com­prend pourquoi vous voulez le pren­dre.

    Si la per­son­ne qui vous intéresse est en groupe, pren­dre d’abord des pho­tos du groupe, puis des per­son­nes indi­vidu­elle­ment (même celles qui ne vous intéressent pas) per­met de cass­er la glace. Être deux pour pren­dre une pho­to est aus­si un atout : pre­mière pho­to avec votre com­père à côté du sujet, puis sujet seul. Et quand c’est le ou la com­père qui abor­de le sujet, ça passe sou­vent mieux !

    Bref, dans tous les cas, sourire et échange humains ren­dent l’expérience agréable pour tout le monde !

  22. Je crois bien que c’est la pre­mière fois que je trou­ve sur un blog de voy­age un arti­cle sur les por­traits... J’ai envie de dire : enfin ! Mais surtout un grand mer­ci pour ce réc­it et ces « cas pra­tiques ». D’abord parce que les pho­tos de l’article sont fab­uleuses, que votre expéri­ence est un cas con­cret auquel je peux me rat­tach­er et enfin parce que ça me récon­forte dans mon envie de le faire 🙂 Encore une fois mer­ci Madame Oreille !

  23. Tout d’abord un grand mer­ci à Madame Oreille pour ce fab­uleux blog, je l’ai décou­vert il n’y a pas très longtemps et depuis je suis com­plète­ment fan ! Un blog réu­nis­sant mes deux pas­sions, la pho­to et les voy­ages, c’est exacte­ment ce que je recher­chais 🙂
    Je viens de ren­tr­er d’un voy­age en Thaï­lande et au Cam­bodge où je me suis con­fron­tée de plein fou­et à la dif­fi­culté de faire des pho­tos de por­trait. En effet, il est hors de ques­tion de pren­dre des pho­tos volées et donc, cela demande d’aborder les gens. Pas facile quand la timid­ité et la gêne vous gag­nent ! Mais l’envie irré­sistible de déclencher tous les beaux vis­ages ren­con­trés sur la route prend vite le dessus, ce qui oblige à sauter le pas.
    Vos arti­cles m’ont beau­coup aidé, je me suis par exem­ple rap­pelé de votre con­seil de mon­tr­er au mod­èle les pho­tos pris­es et j’avoue que j’ai ain­si vu des sourires s’afficher. Un pur moment de bon­heur et de com­plic­ité échangés même sans mot échangé !

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