Transmongol III : Irkoutsk et le Lac Baïkal

Après 4 nuits dans la train, nous arrivons enfin à Irk­out­sk (Иркутск) en début de mat­inée. Une jeune femme souri­ante nous attend sur le quai pour nous con­duire à notre héberge­ment et nous don­ner quelques infos ain­si qu’un plan de la ville plus com­plet que le notre.

On en prof­ite pour lui deman­der con­seil sur la manière de se ren­dre au Lac Baïkal (Озеро Байкал). Je m’étais déjà ren­seignée sur les bus, mais le chauve ne le sen­tait pas. Elle nous con­firme que c’est le meilleur moyen et qu’il y a vrai­ment plein de bus. Par­fait, nous irons en pren­dre un après avoir posé nos affaires. Nous arrivons chez notre logeuse, vague­ment anglo­phone mais souri­ante.

 

Une douche bien méritée et on repart, direc­tion la gare routière. Des dizaines de vans atten­dent là, desser­vant les vil­lages alen­tours. On en repère un qui va à Lyst­vian­ka, le vil­lage au bord du lac le plus proche, et on monte dedans. C’est de loin le moyen le plus économique, ça nous coutera 2€ cha­cun pour l’aller-retour (au min­i­mum 120 km quand même).

Une fois plein, il démarre. Et une petite heure et demi plus tard, nous y arrivons. Le lac entame juste son dégel, superbe. Par con­tre, un vent glacial cisaille nos joues. On va éviter de rester assis à con­tem­pler.

On entame le tour du vil­lage. Et c’est là que ça fait mal : Lyst­vian­ka, c’est moche. Bon, tout le monde nous l’avait déjà dit, mais on n’avait pas le temps d’aller ailleurs. On pour­rait s’attendre à ce qu’ils aient prévu quelque chose pour les touristes, mais non. Un marché sans grand intérêt et deux bou­tiques. Peut-être est-ce mieux l’été...

Nous déci­dons de faire un tour un revenant par le lac, mais c’est guerre mieux. Des bar­res de fer et autres détri­tus jonchent le sol, des ruines, et comme partout en Russie, des mecs qui, bouteille à la main, ne sem­blent pas marcher très droit. Ras­sur­ant.

Un repas copieux dans un bistrot et on ren­tre, un peu déçus. Le lac est mag­nifique, mais il ne faut pas se retourn­er pour regarder ce qui le bor­de.

On trou­ve facile­ment un van qui part directe­ment et, une heure et demi plus tard, nous dépose dans le sud de Irk­out­sk (on met­tra 20 bonnes min­utes à com­pren­dre qu’on n’est pas du tout dans le quarti­er de la gare routière, mer­ci à l’officier de police qui, mal­gré son état d’ébriété avancé, nous a mon­tré la route). On fait le tour de la ville, toute petite, et on ren­tre se repos­er.

(ce qu’on voit sur cette dernière pho­to est une école et sa cour de récréa­tion...)

Le lende­main, après un étrange petit déje­uner à l’anglaise, on refait le tour de la ville avec un objec­tif tout de même : repér­er le chemin jusqu’à la gare. Le train pour la Mon­golie est à 5h du mat », il fera nuit, et on ne peut pas trop se per­me­t­tre de le louper. On a prévu de pren­dre un taxi, mais autant être prévoy­ant.

On se retrou­ve ain­si à longer l’Angara, qui rejoint le Baïkal et est d’une trans­parence impres­sion­nante. On retrou­ve aus­si, sur un pont, les cade­nas qu’on avait vu à Moscou mais qu’on trou­ve dans nom­bre de villes. Des cou­ples l’attachent et jet­tent la clef à l’eau.

La ville laisse quand même une drôle d’impression. Tous les jeunes du parc ont des bouteilles à la main, beau­coup de maisons sem­blent délabrées, on voit des portes blind­ées partout, les parcs pour enfants sont inutil­is­ables... Mais il fait beau, on est en t-shirts, en vacances, et on prof­ite. Bal­lade dans le coin des églis­es, der­rière la mairie, où les mariages s’enchaînent.

La mairie, typ­ique­ment russe :

Au détours d’une rue, à côté d’une stat­ue de Lénine, nous tombons sur un artiste pyro­graveur, le pre­mier anglo­phone que nous ren­con­trons ! Il a bourlin­gué à droite à gauche, à vécu à Boston, pour finir ici, à Irk­out­sk, à ven­dre des planch­es de bois gravées représen­tant le lac et la ville. Et en plus, il plaisante, bizarre ce russe.

 

Pre­mière pho­to : boule­vard Gagarine, la stat­ue du héros de l’U.R.S.S. regarde une livrai­son de Coca-Cola
Deux­ième pho­to : le long du fleuve
Troisième pho­to : « this is not fuck­ing nazis sign », le svasti­ka est un sym­bole qu’on retrou­ve dans beau­coup de reli­gions et de cul­tures, rien à voir avec la croix gam­mée dex­tr­o­gyre.

La deux­ième nuit à Irk­out­sk est quelque peu rac­cour­cie par un lever à 4h pour pren­dre le train. Notre hôtesse appelle un taxi. Un signe de la main et nous filons vers la gare. On est très en avance, mais au moins on est sûr de ne pas louper le train pour Ulan-Bator. La gare est calme et étrange­ment peu­plée. Cer­tains sem­blent cuver, mais tout le monde est calme. On repère deux autres touristes et quelques mon­gols. Par­fait, on n’aura qu’à les suiv­re !

Le train est enfin annon­cé. Tout le monde se lève, direc­tion le quai. Le lende­main matin, nous serons en Mon­golie.

 

[ à suiv­re... ]

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