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Inde V : Jodhpur

Le train part lequel nous sommes arrivés à Jodh­pur fut encore pire que les précé­dents : j’ai pris la couchette basse du couloir. Le mate­las est coupé en deux, pour se relever et for­mer les places assis­es. Sauf que les deux bouts n’étaient pas à la même hau­teur, et qu’à chaque per­son­ne qui pas­sait dans le couloir, tout s’animait, mais séparé­ment. La nuit fut plus que courte, et mon dos n’a vrai­ment pas appré­cié le voy­age. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles je serai à nou­veau malade, youpi.

Une des choses que j’attendais le plus, c’était la ren­con­tre avec les Bish­noïs. J’avais décou­vert leur exis­tence quelques semaines avant le départ, et j’en avais été embal­lée. Néan­moins, j’avais un peu peur de l’aspect « safari » : le riche blanc qui vient vis­iter les pop­u­la­tions locales. Mais il n’en fut rien. Le plus observé des deux, ce fut le blanc, juste­ment. (Cela dit, je pense que le choix de la per­son­ne qui nous y a emmené a été pri­mor­dial).

Pen­dant tout le séjour en Inde, j’ai régulière­ment eu des regards, des sourires et des ques­tions sur mes pierc­ings (surtout sur le labret), mais là, avec un inter­prète, ça a pris une toute autre mesure : il a fal­lu répon­dre aux ques­tions, ouvrir la bouche, laiss­er tout le monde touch­er l’oreille trouée et le bras encré. « Est-ce que ça fait mal ?», deman­dent-ils en mimant la douleur, je rigole en pointant leurs nez, leurs oreilles. Dans un autre con­texte, ça pour­rait être étouf­fant, mais il n’en est rien. Ils sont curieux, sans retenue, sans chichi, sans juge­ment. C’est plus amu­sant qu’autre chose.

Et bien sûr, on prend des pho­tos, et ça les amuse. Ils se bagar­rent un peu pour être celui qui sera le plus col­lé à nos objec­tifs. Ils deman­dent des pho­tos d’eux seuls, et encore une en faisant une autre tête, puis du petit frère. Les indi­ens souri­ent peu sur les pho­tos. Un peu comme les mon­goles. Tout le monde rigole, mais la pho­to, c’est sérieux, ils se figent. Et ils écla­tent de rire en se voy­ant sur l’écran de l’appareil.

Du toit de l’hôtel, nous voyions un tem­ple. Ça nous intriguait un peu. Alors on y est allés avec le Chauve, pen­dant que les trois lurons vis­i­taient la vieille ville et les marchés. Le tem­ple n’avait pas un grand intérêt. Deux vieux mon­sieurs y avaient instal­lé leur machines à coudre. Mais les gens qui habitaient autour sem­blaient en être très fiers. Ils nous ont accueil­lis, mon­trés, etc. C’est là que j’ai pho­tographié les qua­tre gamins sur fond vert. Ils ont fait les pitres jusqu’à ce qu’on pro­pose de faire une pho­to. Ils n’attendaient que ça. Il a bien sûr fal­lu ensuite mon­tr­er la pho­to à la famille, puis pho­togra­phi­er les autres enfants... La mère était très croy­ante. Elle a insisté pour nous mon­tr­er l’autel dans la mai­son, nous a demandé si on croy­ait en Dieu (« Oui, bien sûr », on n’allait pas la vex­er). C’est un peu l’impression que j’ai eu durant tout le voy­age : les meilleurs moments, les ren­con­tres les plus chou­ettes, sont quand on ne s’y attend pas, quand on ne fait aucune démarche.

5 Commentaires

  1. Bon­jour, je décou­vre ton site, c’est une mine d’information, avec des réc­its pas­sion­nants, et que dire des car­nets de voy­ages ! (par­ti­c­ulière­ment celui du Mali, qui m’a rap­pelé plein de sou­venirs...)
    Je me per­me­ts de t’écrire pour te deman­der une info (mais les com­pli­ments sont sincères!): te-rap­pelles-tu qui t’a accom­pa­g­né dans ta vis­ite auprès des Bish­noï, nous par­tons en Inde en aout, et j’avais pen­sé faire une vis­ite de ce type, mais pas un « safari » déjà, rien que le nom dans les guides me fait peur...
    mer­ci d’avance

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