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Carnets florentins

Le week-end était prévu depuis un mois, mais le départ a été plus que dif­fi­cile. La vielle, j’avais fait 4h de plus en espérant que ça me per­me­t­trait de ne pas par­tir en retard le lende­main, mais bien sûr, ça a loupé. C’est ultra stressée que je suis par­tie, en courant, pren­dre le métro. J’ai retrou­vé le Chauve sur le quai de la sta­tion d’arrivée. Nous avions un peu d’avance, mais pas autant que prévu, et, logique­ment, on a passé un temps fou à chercher cette satanée gare routière. L’adresse ne cor­re­spondait à rien... On a fini par deman­der : c’était sim­ple, mais mal indiqué, l’entrée se fait par le métro. On court, il ne reste que cinq min­utes. On cherche le bon bus pen­dant quelques instants puis on se glisse dans la file. Devant nous, un cou­ple doit annuler son voy­age parce que le jeune homme a oublié sa carte d’identité. Impos­si­ble de mon­ter à bord sans. On véri­fie nos poches.

Le papi­er « à remet­tre au chauf­feur » ne suf­fit pas, il faut un bout de car­ton. On court le chercher. Un seul t-shirt de rechange, je ne pen­sais pas que ça serait juste... On monte les derniers dans le bus. Il n’y avait finale­ment pas lieu de stress­er, ils ne par­tent pas vrai­ment à l’heure. Toutes les places libres sont à côté de quelqu’un. Je demande à un quadragé­naire s’il attend un ami, il me répond que oui. Je demande à un jeune homme, il accepte de chang­er de place pour que je puisse être à côté du Chauve. Le vieux n’attend plus per­son­ne quand il s’agit d’avoir à côté de lui un jeune garçon... Je déteste les gens qui arrivent en retard au ciné et font décaler la rangée pour être assis ensem­ble. Mais là, nous n’arrivons que le lende­main midi, je ne me voy­ais pas dormir sur quelqu’un que je ne con­nais pas.

Le bus part. Il est 19h, week-end de trois jours, ça veut dire bou­chons. Vers 20h30, je pointe la fenêtre au Chauve « hé, mais c’est la BNF ?». Nous met­trons plus de 2h à enfin com­mencer à rouler. Un vieux bizarre se fait engueuler par le co-chauf­feur parce qu’il bouffe un kebab. Un peu plus tard, il fait pren­dre en train de fumer. Même avec des adultes, rien ne change : ceux qui veu­lent foutre la merde se cachent au fond. Je com­mence à me dire que la nuit va être longue. On avale les sand­wichs pré­parés le matin sur une aire d’autoroute. Il est 22h30, on repart et les chauf­feurs met­tent un film : un truc de guerre en ital­ien, sous-titré en por­tu­gais (mais on était trop loin pour lire). On s’endort sur un fond de mitrail­lettes et de musique mil­i­taire (vous savez, ces trucs mélodieux pas répéti­tifs..).

 

Vers 6h, le Chauve me sec­oue, on est dans les Alpes, c’est joli mais je me ren­dors. A Milan, après un gros cafouil­lage de on savait pas qu’il fal­lait chang­er de bus/l’autre chauf­feur a gardé les billets/heureusement que j’imprime tous les trucs impor­tants en double/t’es sûr que c’est le bon bus, on reprend la route. Avec nous, une tchèque par­tie à la décou­verte de l’Europe qui par­le espag­nol mais pas anglais, un Brésilien en Eras­mus à Lyon qui par­le anglais mais pas espag­nol, une chi­noise qui ne par­le que chi­nois, une aus­trali­enne en tour d’Europe elle aus­si... Le Brésilien passera le reste du voy­age à dra­guer la tchèque, mais, manque de bol, ça ne sera pas très effi­cace.

Midi, Flo­rence, enfin. On n’est pas trop fatigué. Je m’attendais à avoir les jambes et la nuque en com­pote, mais les oreillers de cou, ça lim­ite l’inconfort. Pourquoi avoir pris le bus et pas l’avion ? Out­re les aspects écologiques et économiques, il y a aus­si l’aspect pra­tique. L’avion nous aurait oblig­és à aller jusqu’à Charles de Gaule, ou pire, Beau­vais, poireauter deux heures, pour arriv­er loin du cen­tre de Flo­rence, et le tout, avec des horaires qui ne sont pas adap­tés à un court week-end : là, nous arriv­ions en fin de mat­inée le same­di, dans le cen­tre ville, pour repar­tir le lun­di en milieu d’après midi, pra­tique. C’était notre pre­mier essai en bus, et, pour nous, je pense que c’est plutôt une bonne solu­tion pour des voy­ages courts comme celui-là, quand la durée du voy­age est sup­port­able et les horaires avan­tageux (ils ont des des­ti­na­tions où il faut par­tir à 14h, par exem­ple, aucun intérêt).

La pre­mière journée en images :

On est ren­tré assez tôt. On devait juste se repos­er puis ressor­tir, mais le Chauve s’est endor­mi. Du coup, j’ai fini mes Gra­nola en regar­dant Mathil­da, parce que c’était le seul truc où ne rien com­pren­dre n’était pas trop gênant, vu que j’avais lu le bouquin. Là dessus, Ams­ter­dam, par exem­ple, c’était vache­ment bien, ils avaient plein de pro­grammes en vost, et pour les séries améri­caines, c’est nick­el. (oui, aller à l’étranger pour regarder des séries améri­caines qu’on regarde déjà en France, en plus !)
Autant un mélange d’espagnol, d’anglais et de français per­met de com­man­der un plat, de deman­der son chemin ou d’aider d’autres touristes (« this is the exit, sal­i­da, faut aller der­rière, detrás », avec les gestes en prime), autant suiv­re un film, c’est impos­si­ble...

Et le dimanche en images :

Lun­di matin, après notre deux­ième et dernière nuit dans un hôtel sans grand charme mais calme et bien placé, nous avons rangé nos affaires pour par­tir assez tôt prof­iter de notre dernière journée sur place. J’avais réservé l’hôtel sur Expe­dia. La pre­mière fois que j’ai pris une cham­bre d’hôtel par leur biais, je n’étais pas super en con­fi­ance, c’était à Ams­ter­dam, mais ça c’était très bien passé, et depuis on est repassé plusieurs fois par eux pour d’autres des­ti­na­tions, sans jamais avoir de soucis. Donc, en allant ren­dre les clefs au patron de l’hôtel, celui-ci nous dit qu’il va donc fal­loir régler les nuits. Sur­prise, je lui pré­cise qu’on a déjà payé, via expe­dia. Il me répond que non, nous avons juste payé la réser­va­tion. Vu le prix, je flippe un peu, si ce ne sont que des frais de réser­va­tion. J’insiste, lui explique qu’on paie expe­dia et qu’expedia le paie. Pen­dant qu’on par­le, je far­fouille dans le sac pour trou­ver le mail d’expedia. Dessus, il y a le numéro de con­tact, je le com­pose, on ne va quand même pas pay­er deux fois la cham­bre. Et c’est là que je vois, sur le mail, en gras et en rouge, que dans cet hôtel, on règle directe­ment le pro­prié­taire.. J’avais juste lu l’adresse de l’hôtel, pas le reste... Je m’excuse et lui explique qu’habituellement, ça ne se passe pas comme ça. Vis­i­ble­ment, on n’était pas les pre­miers clients sur­pris, ça lui arrive sou­vent. Bref, la honte, j’ai un peu fait comme si c’était un escroc alors que je n’avais pas lu le mes­sage com­plète­ment...

La journée de lun­di en images :

Trou­ver la gare a été une vraie épreuve. En arrivant, nous n’y avions pas prêté atten­tion, l’hôtel n’était pas loin, et nous étions par­tis directe­ment dans les petites rues, sans voir la taille de la place, sur laque­lle on trou­ve les bus de ville, trois com­pag­nies de bus régionaux, la gare fer­rovi­aire, un cen­tre com­mer­cial, etc.  Bref, comme à l’aller, on avait un peu galéré, on est par­ti bien en avance, prévoy­ant autant de galère pour le retour. Et on a bien fait. On a d’abord fait une fois le tour de la place (une bonne dizaine de min­utes, quand même), puis on est revenus à une gare routière. Elle ne ressem­blait pas à celle on nous étions arrivés, mais on ne voy­ait que ça. Au guichet, j’ai mon­tré bon bil­let en pointant l’adresse, le mec m’a dit que ça n’était pas ici. Je lui ai alors demandé où est-ce que ça se trou­vait, et, très sec, il m’a dit qu’il ne savait pas, en fer­mant son guichet sans même me regarder. On a com­pris par la suite qu’Eurolines ayant vis­i­ble­ment un parte­nar­i­at avec une autre com­pag­nie, il n’avait pas envie d’aider à la trou­ver. Fort heureuse­ment, sur la même place, on trou­ve un petit bureau d’information aux touristes. J’ai à nou­veau mon­tré le papi­er, et en dix sec­on­des j’avais un plan sta­biloté pour trou­vé le chemin ! Il fal­lait trou­vé la mini place cachée der­rière la grande...

Une fois arrivés, nous avons vu un cer­tain nom­bre de français défil­er, qui tous, sem­blaient avoir égale­ment eu du mal à trou­ver la gare, et ne pas trop savoir s’ils étaient au bon endroit, aucun bus pour la France n’étant indiqué...

Nous sommes repar­tis avec le même chauf­feur qu’à l’aller. Tra­vers­er les jolis paysages de Toscane, un arrêt à Bologne, qui a l’air sym­pa comme ville, puis change­ment à Milan, qui m’attire un peu moins. Et là encore, les même chauf­feurs. On a pris les places dont per­son­ne ne voulait sauf nous, parce que ce sont celles où on a le plus d’espace : devant les toi­lettes. Vu le peu de gens osant utilis­er les WC du bus, ça n’était pas spé­ciale­ment gênant, et on a pu étaler nos jambes, prof­iter d’une tablette, et n’avoir per­son­ne devant nous. Bref, par­fait.

Enfin, par­fait... Jusqu’à ce qu’un « papiers s’il vous plait » nous réveille en pleine nuit. On a mieux com­pris pourquoi, au départ, le chauf­feur ne voulait pas laiss­er mon­ter le jeune homme qui allait à venir avec sa copine mais n’avait que son per­mis de con­duire. A l’entre en France, le bus s’est arrêté a un poste de police. Ils ont pris tous les passe­ports / cartes d’identité (les français étaient rares dans le bus ; même le Chauve ne l’est pas !), et, sou­venirs de la fron­tière rus­so-mon­gole, sont par­tis avec pour tout véri­fi­er pen­dant un long moment. Deux d’entre eux sont revenus pour fouiller les sacs d’un homme, et l’embarquer avec un autre. On nous a ren­du nos papiers et nous sommes repar­tis sans eux... Un peu lim­ite comme procédé, les chauf­feurs pour­raient prévenir qu’il y aura un con­trôle, mais vis­i­ble­ment, l’important c’est que les gens achè­tent leurs bil­lets, pas qu’ils ail­lent jusqu’à bout.

Là où le bus perd son intérêt, c’est quand on se réveille en pleine cam­pagne à 8h, alors que dans 45minutes on doit être à la gare, et qu’à 8h30 on entre à peine dans l’Essonne, et qu’il y a des bou­chons qui n’en finis­sent pas, et qu’à 9h30, le patron se demande pourquoi per­son­ne ne répond au bureau, et que ça n’avance pas... Heureuse­ment, j’avais lais­sé des fringues pro­pres au boulot, pour me chang­er en arrivant (et aus­si parce que mes habits de tra­vail ne ressem­blent pas vrai­ment à ceux que je mets le week-end, mais bref), parce qu’entre la nuit dans le bus, la course, et le métro étouf­fant, j’étais en nage pour com­mencer une longue nou­velle journée (parce que ouais, 2h de retard, c’est 2h à rat­trap­er le soir...)

Suite à un prob­lème tech­nique, j’ai du pass­er les essais vidéos dans un autre arti­cle : lien.

 

6 Commentaires

  1. J’admirais la car­net de voy­age et je me posais quelques ques­tions, sur cer­taines pho­tos on voit un effet un peu HDR, est-ce du HDR ou est-ce une pho­to polar­isée retouchée ?

    En tout cas tes car­nets sont superbes. Je me demandais si tout est fait à la main ou si tu utilis­es un logi­ciel en par­ti­c­uli­er ? Voire une tablette tac­tile pour écrire ?

    Superbe boulot en tout cas.

    Bonne con­tin­u­a­tion

  2. Je crois qu’au moment où j’ai fait ces pho­tos, je devais être dans une phase où je tes­tais le HDR, oui. Je crois que ça doit être le cas sur trois images, ou qua­tre, mais retouchées der­rière pour lim­iter les dégâts. Depuis, j’ai lais­sé tomber, parce que le résul­tat me plait rarement, et c’est plus sim­ple de pass­er par pho­to­shop pour obtenir directe­ment ce que je veux.

    Mer­ci. 🙂 En fait, tout est fait à l’ordi, ou presque, sur Pho­to­shop, avec une tablette. j’avais pen­sé essay­er à la main, mais il faudrait imprimer toutes les pho­tos, et je ne pour­rais pas trich­er en changeant la taille des trucs que je scanne !

    1. Avec plaisir.
      En ce moment, j’ai une A5 wide.
      J’ai testé A4, mais je trou­ve ça beau­coup trop grand pour être con­fort­able. A6 c’est sym­pa pour bouger et pour dépan­ner. Au final A5, c’est un bon com­pro­mis. Mais ça va aus­si dépen­dre de la façon dont on l’utilise et ce qu’on fait avec. Tu veux en acheter une ?

  3. C’est quelque chose qui me tente depuis plusieurs années mais je n’ai pas encore osé sauté le pas, tu as des con­seils par­ti­c­uliers à me don­ner ?

  4. Hé bien fran­chis le pas alors !
    Je n’ai pas con­seils par­ti­c­uliers, tout sera dans les réglages de la tablette : choisir entre la cor­re­spon­dance avec l’écran (en gros, le stylet dan le coin droit de la tablette cor­re­spond au coin droit de l’écran) ou l’utiliser comme une souris (ce que je préfère, per­son­nelle­ment), choisir la sen­si­bil­ité, la vitesse, et puis ne pas laiss­er tomber dans les pre­mières min­utes parce que c’est trop dif­fi­cile. Ça demande un temps d’adaptation, mais ça vaut vrai­ment le coup !

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