Comment densifier les ciels de ses photos sur Photoshop

Aujourd’hui, je vous livre un de mes secrets : comment je retravaille mes ciels en post-production. La vidéo ci-dessus, réalisée par Léa Petel, vous donne les grandes lignes, et voici un article détaillé avec la marche à suivre.

Je vous ai demandé de choisir une de mes photos du Canada, et c’est donc elle que je vais décortiquer : pas à pas, toutes les étapes de retouche mais, surtout, le ciel !

[pullquote align= »right »]Si, vous aussi, vous voulez aller photographier le Canada, rendez-vous sur troctonselfie.fr pour tenter de gagner un beau voyage (valeur : 10.000 € !).[/pullquote] J’ai toujours aimé les ciels denses. Ils donnent de la profondeur à une photo. Dans la photo de paysage, il n’y a rien de pire que les ciels blancs, fades.

On peut déjà travailler un peu à la prise de vue. Ainsi, pour des ciels bleus plus profonds, l’usage d’un filtre polarisant est plus que recommandé. Sinon, pour densifier les nuages en douceur, je joue beaucoup avec les filtres dégradés, dont je vous parlais dans cet article. Mais voilà, ce n’est pas toujours suffisant et, parfois souvent, j’ai recours à mon logiciel de retouche préféré pour travailler un peu plus mes images.

Je vais donc détailler chaque étape à partir de la photo que vous avez choisie : un lac au Yukon.

Je crois que je n’ai plus besoin de vous dire qu’il faut shooter en RAW, hein !?
La première étape consiste donc à ouvrir le RAW dans Camera Raw, le plugin de développement de Photoshop (vous retrouverez toutes les options que j’utilise dans d’autres logiciels, parfois sous d’autres noms). Le logiciel présente une série d’outils et d’onglets. Je commence donc naturellement par le premier onglet. Tout se fait à l’œil, en bougeant les curseurs. Je vais généralement reprendre la balance des blancs (réchauffer ou refroidir l’image en fonction de la lumière qu’il y avait sur place), rajouter un peu de contraste, de clarté.
Ici, j’avais une image de base particulièrement terne, avec une lumière pas franchement terrible, et des blancs « très blancs » tout en ayant des tons sombres presque bouchés (beaucoup de contraste, en somme). J’ai donc poussé le curseur de récupération des tons clairs tout en apportant de la lumière d’appoint pour les tons foncés (on contre-balance pour homogénéiser les tons). Et j’ai, en plus, beaucoup tiré sur la vibrance et la saturation pour apporter un petit peu de couleur.

 

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Pour densifier un peu plus le ciel, j’ai utilisé l’outil filtre gradué. L’utilisation est très simple : on définit un réglage (en l’occurrence, quelque chose d’un peu plus foncé et contrasté), et on vient l’appliquer en dégradé dans l’image. Ainsi, au point vert, le réglage est appliqué à 100% et, au point rouge, il n’a plus aucune influence sur l’image. Pour l’appliquer, il suffit de cliquer à l’endroit où l’on veut que l’effet s’applique (le point vert), et de maintenir la souris enfoncée en bougeant jusqu’à l’endroit où l’effet prend fin (le point rouge). Au besoin, on pourra bien sûr bouger ces deux points à volonté.
C’est un peu le principe des filtres dégradés que j’utilise à la prise de vue et, comme eux, ça peut s’ajouter et s’empiler. Il suffit d’un nouveau clic !

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Ensuite, je passe généralement en revue les autres onglets : rajouter un petit peu de netteté, activer la correction automatique des distorsions que cause mon ultra grand angle, forcer un poil (ou plusieurs poils) le vignettage. A chaque fois, je me fie à ce que je vois, et c’est la question que vous devez vous poser aussi en faisant vos réglages : est-ce que j’aime le rendu de ce que je suis en train de faire ?

Puis, j’ouvre l’image sur Photoshop.
Dans le cas présent, j’ai d’abord pris les outils tampon et correcteur pour effacer des petits trucs qui me chagrinaient : des taches sur mon capteur, et un gros pissenlit moche ! Pourquoi virer cette plante qui ne m’a rien fait ? (J’aime bien les pissenlits, je les laisse pousser sur ma terrasse pour les donner à mon lapin…) Parce qu’il parasite la lecture de l’image. Il crée une tache verte peu discrète dans le coin, et va à contre-sens : on a une plage de galets puis du bois flotté, l’image contient peu de végétaux vivants et quasiment aucun ton vert.

L’image nettoyée, l’étape suivante, indispensable, consiste à redresser l’horizon.

Alors, en temps normal, on essaie d’avoir une image droite et bien composée dès la prise de vue, certes. Sauf qu’au moment où j’ai pris cette photo, je n’étais pas en mesure de m’allonger à plat ventre sur des galets pour regarder dans mon viseur. Je me retrouve donc avec une photo qui penche. Et ça, bah j’aime pas du tout.

Dans Photoshop, l’idée est d’utiliser les repères, ces grandes lignes qu’on fait apparaître en faisant un cliqué-glissé depuis les règles (CTRL + R pour afficher/masquer les règles, CTRL + H pour afficher/masquer les repères). On va donc placer un repère sur ce que l’on veut et, idéalement, sur des éléments qui devraient être droits. Pour cette photo, j’ai donc utilisé l’eau. Si cette explication n’est pas claire, vous avez un article complet sur le sujet ici : redresser l’horizon. Puis, avec la transformation manuelle, on va tourner l’image, tout simplement. Ici, j’en ai profité pour descendre ma ligne d’horizon et ainsi avoir plus de ciel.

 

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Maintenant, on va commencer à retravailler encore un peu plus le ciel. Car oui, ici, on a une grosse problématique : on veut garder des branches d’arbre claires. On ne peut donc pas abuser des filtres gradués qui noirciraient le bois.

Dans Photoshop, j’ai donc dupliqué mon calque de base pour lui appliquer : Image > Réglages > Tons foncés / Tons clairs. Ici, en bougeant les curseurs, je vais pouvoir retrouver de la matière dans les tons clairs.
J’utilise un rayon assez large pour que les transitions entre les zones retouchées restent douces, et j’affine la gamme des tons (on définit ici la largeur du spectre des blancs impactés par le réglage) ainsi que la quantité (à quel point on assombrit) à l’œil : ces réglages changeront donc d’une photo à l’autre.

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Et là, vous allez me dire que ma modification s’applique sur toute l’image alors que je voulais laisser tranquille ce bois déjà mort. Mais c’est là qu’est toute l’astuce dans Photoshop : on a dupliqué notre calque auparavant et on va donc pouvoir appliquer un masque de fusion. Le principe est là encore très simple : on vient peindre en noir sur le masque pour masquer (ben ouais…) ce qui se trouve sur le calque. Ici, je vais donc venir peindre sur mes branches pour retrouver les originales du calque inférieur. C’est plus facile à faire qu’à expliquer, essayez et vous verrez !

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Pour finir, sur le même principe, j’ajoute des calques de réglage : j’applique ainsi des modifications en venant peindre en blanc sur les masques. Grâce aux Niveaux, je vais assombrir telle zone, par exemple. Avec Teinte/Saturation, je vais baisser les bleus sur les montagnes. Le but est de travailler localement, par petites touches. Et, grâce à la multiplication de calques, tout est toujours modifiable et annulable (dans le jargon, on dit qu’on travaille en « non destructif » puisqu’on peut toujours revenir en arrière)

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Et voilà, vous savez tout !

 

Retrouvez d’autres conseils pour vos photos de voyage : la photo au smartphone par Adeline, améliorer ses photos dans Lightroom par Julie, tout ce qu’il faut savoir pour choisir un polaroid par Julien.

Cet article a été réalisé en partenariat avec la Commission Canadienne du Tourisme et le Collectif des blogueurs voyage.

 

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10 Commentaires

Maryline Lambelin 20 novembre 2014 à 12:51

Merci !

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Comment densifier les ciels de ses photos sur P... 20 novembre 2014 à 20:56

[…] Aujourd’hui, je vous livre un de mes secrets : comment je retravaille mes ciels en post-production. La vidéo ci-dessus, réalisée par Léa Petel, vous donne les grandes lignes, et voici un article détaillé avec la marche à suivre Je vous ai demandé…  […]

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Sylvie Araujo 21 novembre 2014 à 17:52

😉 merci

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Joel Trentequatre 22 novembre 2014 à 8:14

Il ne reste plus qu´à faire par soi même, merci

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Leurne 23 novembre 2014 à 10:28

Quand même, j’ai une peur avec ces filtres Lee… C’est de les abimer, et vue le prix!!

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Oreille 2 décembre 2014 à 12:31

Faut juste bien les ranger dans leur pochette à chaque fois…

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Les moustaches en vadrouille 24 novembre 2014 à 12:24

Et hop, dans les favoris 🙂

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Gallery on Wheels 27 novembre 2014 à 12:43

Sacree photo ! de notre cote on fait plus tourner des videos autour du voyage en fourgon amenager. et quoi de mieux que participer a un concours video pour mieux sensibiliser http://www.festivalnikon.fr/video/2014/359 n´hesitez pas a supporter et partager le film !!

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Karine 27 novembre 2014 à 18:42

Ton article m’a beaucoup plus surtout au niveau des détailles. Je viens de commencer la photographie à mes temps perdu. Et j’avais constaté que mes prises de paysage n’étaient pas très réussi a cause du ciel. je te remercie d’avoir pris la peine de nous édifier sur sujet.

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Nicolas 30 novembre 2014 à 1:00

Merci pour les nombreux détails, il ne me reste plus qu’à faire le test lol !

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