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Norvège

Un voyage dans les Lofoten en hiver : neige, lacs gelés, rorbu, aurores boréales…

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Les Lofoten en hiver : Reine, fjords et aurores boréales

12 mars 2013 28 Commentaires

Nous avions choisi de passer la deuxième moitié de la semaine à Reine, une ville un peu plus grande, à quelques kilomètres de Å. Nous aurions tout à fait pu rester à Å, d’ailleurs, et prendre le bus pour aller un peu plus loin, mais nous voulions tester un autre rorbu.

Ainsi, un matin, nous avons sagement attendu le bus qui traverse l’île de Moskenes. Mine de rien, les Lofoten sont plutôt bien pourvus niveau transports en commun, alors même que nous sommes en hiver et que le bus circule pratiquement à vide… Mieux, c’est étonnement pas cher. Nous nous calons bien, pour ne pas être trop ballotés par le conducteur qui roule vite et, en quelques minutes, nous voilà sur le bord de la route, à chercher les Reine Rorbuer.

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Les Lofoten en hiver : Å, lacs gelés et morues séchées

4 mars 2013 24 Commentaires

Après le résumé en iPhonographie, place aux « vraies » photos et à un récit plus complet !

Nous arrivons à Å de nuit. Depuis le ferry, nous ne distinguons que vaguement les montagnes. Un chauffeur de taxi nous attend à l’embarcadère de Moskenes. Je sais déjà que cela va nous coûter un bras mais il est n’est pas loin d’une heure du matin, tout est sous la neige et il n’y a plus de bus depuis longtemps.
La voiture file sur la petite route qui traverse l’île. Nous sommes collés aux vitres. Il est toujours frustrant d’arriver de nuit, sans rien voir des paysages. Mais quelle magie lorsqu’on a la surprise, le matin, de découvrir enfin les montagnes que nous devinions.

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La photo de voyage en vidéo, épisode 2 : les aurores boréales

27 février 2013 57 Commentaires

Le mois dernier, je vous présentais mon nouveau projet, le petit truc que je veux développer cette année sur ce blog : des vidéos qui parlent de photo de voyage. Tous les mois, je vous emmènerai sur une nouvelle destination pour traiter d’un nouveau sujet. Ainsi, le premier épisode se tenait à Etretat, en Normandie, et avait pour sujet les filtres dégradés. Et pour le deuxième épisode ? Hé bien, vous le devinerez aisément si vous avez vu les derniers articles (et si vous avez lu le titre de cet article…), suivi Facebook ou Instagram : je vous emmène en Norvège !
Et avant de chasser les aurores boréales, je vous parle un peu de quelques précautions à prendre pour protéger son appareil photo lorsqu’on voyage dans le froid (n’en déplaise aux grincheux dilettantes).

Je vais revenir en détails sur la marche à suivre pour photographier une aurore mais avant cela, il faut que je vous dise la vérité sur les aurores boréales. Il y en a beaucoup. De plusieurs sortes. Presque toutes les nuits. Pour autant, les grosses explosions de vert que vous voyez dans les photos à la fin de la vidéo restent rares, alors que les petits filets, comme celles du time-lapse, sont très communes et presque invisibles à l’oeil nu (du moins quand on ne connaît pas). Les deux sont des aurores boréales, la différence réside dans leur intensité.
En effet, les petites sont bien visibles sur l’appareil, mais demandent un minimum d’attention à l’œil nu : ça ressemble à un nuage gris vaguement vert si on plisse les yeux mais rien d’éblouissant. Ainsi, il faudra repérer ses trainées blanches et déclencher pour bien vérifier qu’il s’agit d’aurores boréales ! Au départ, je croyais avoir affaire à de la pollution lumineuse émanant des lampadaires situés derrière nous sur le pont…

Par contre, quand une vraie, grosse aurore apparaît, c’est magique et il n’y a aucun doute, c’est bien visible à l’œil nu et illumine le ciel dans son entièreté. Le vert emplit le ciel, et on ouvre la bouche, bêtement, en laissant exprimer ses émotions. C’est relativement indescriptible mais les photos sont fidèles, c’est presque mystique et, l’espace d’un instant, on pourrait croire aux trolls et autres elfes.

Matériel nécessaire pour photographier une aurore boréale

Basiquement, si vous n’arrivez pas à faire des photos correctes de nuit avec votre appareil, vous pouvez oublier l’idée de photographier les aurores boréales. Dans les faits, il faut absolument un appareil qui permette de gérer le temps de pose, donc plutôt de type reflex ou hybride.
Ensuite, un trépied est indispensable puisque, qui dit pose longue, dit appareil qui ne doit pas bouger d’un poil pendant de longues secondes.
Enfin, comme dit dans la vidéo, une télécommande ou un déclencheur filaire reste un gros plus, même si on peut utiliser le retardateur : le but étant de ne pas faire bouger l’appareil en déclenchant.

Où photographier une aurore boréale

Forcément, il vaut mieux être dans le Cercle Polaire, ou en tout cas dans des contrées nordiques, et plutôt en hiver (février est un très bon mois : on a assez de lumière pour profiter de la journée un minimum, et il y a encore de nombreuses aurores boréales bien visibles dans la nuit noire). Ensuite, il faudra trouver un endroit propice aux photos, donc loin des mégalopoles (qui n’existent pas dans nos cercles polaires mais vous avez compris l’idée), et tourné vers le Nord (on ne dit pas « nothern lights » pour rien) à moins d’être déjà au Pôle ou d’avoir choisi l’antarctique (mais on parlerait d’aurore australe plutôt que d’aurore boréale).
Il faudra bien sûr que la météo soit de la partie, un nuage épais pouvant obscurcir le ciel et ne pas permettre de voir l’aurore.
Pour savoir s’il faut aller poireauter de longues heures dehors, il y a donc quelques sites et applications donnant des prédictions :

Et pleins d’autres… Mais la magie d’une aurore boréale réside aussi dans la longue attente, dans le « wouah » qui sort naturellement quand enfin elle apparaît et qu’on oublie que nos orteils sont congelés.

Comment photographier un aurore boréale

Rentrons donc dans le vif du sujet. Comme dit dans la vidéo, il faut repérer un lieu sympa, poser son trépied, faire un cadrage qui nous plaît (laissant une grande place au ciel, à moins de vouloir jouer sur les reflets dans l’eau, les gros plans…), tester quelques réglages et ensuite, attendre et croiser les doigts (et là, on apprécie les habits chauds, hein ? et les rasades de gnôle qui tient au corps quand on aime ça).

Pour la mise au point, deux options : la faire sur un élément savamment placé en amorce dans votre cadrage, ou la faire sur l’infini.
Pour les réglages, je vous conseille de passer en mode manuel et d’éviter les vitesses trop lentes : entre 10 et 15 secondes on fige le mouvement de l’aurore sans trop le dénaturer. Il faudra donc ajuster les ISO et l’ouverture en fonction de cela : le but, c’est de voir les étoiles (évitez de monter trop haut en ISO, sous peine d’image bruitée). Faites quelques tests jusqu’à satisfaction. Et surtout, quand l’aurore arrive, regardez bien le résultat sur l’écran avant de mitrailler, il faudra peut-être affiner les réglages et parfaire le cadrage.

Si vous êtes proche d’une ville, les filtres dégradés dont je vous parlais dans le premier épisode pourraient vous être très utiles. Alors, ne faites pas comme ce touriste étasunien que j’ai vu mettre le filtre à l’envers de sorte à assombrir le ciel ! Non, le but c’est justement l’inverse ! Les villes, même petites comme dans les Lofoten, peuvent devenir des pollutions lumineuses peu esthétique : en gros, on va cramer les zones trop éclairées pour réussir à photographier le ciel, et il est même probable que ça occasionne des halos lumineux parasites.
Du coup, le filtre dégradé permettra d’assombrir la ville et autorisera des vitesses plus lentes pour faire ressortir le ciel et l’aurore boréale. C’est surtout valable pour les aurores de faible intensité, bien sûr.

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Un dernier conseil : je ne le dirai jamais assez, travaillez en RAW !

Attendre

Hé bien oui. Voir une aurore boréale, c’est un peu d’informations glanées sur les sites de prédictions, un peu de chance, et beaucoup de patience. Ainsi, un soir, nous avons rejoint un groupe de touristes sur un pont. Ils étaient là bien avant 18h, avant même le coucher du soleil et participaient à une de ces excursions conçues pour voir les aurores : on monte à dix dans un van, accessoirement on remplit 3 vans ainsi, un photographe est là pour donner des conseils (…), on vous dépose à un spot intéressant, et on ne vous rend pas votre argent si vous ne voyez rien ! Ce peut être une bonne option pour certaines personnes ; pour autant, nos voisins sur le pont sont partis à 20h, frigorifiés et affamés, sans avoir rien vu.
Et à 21h30, alors que nous finissions notre paquet de chips (et Le Belge son « sauciflard » avec ses « litrons de bibine »), appréciant le silence retrouvé (nous n’avons croisé que peu de gens durant la semaine, et ce fut le seul groupe), nous avons pu profiter du début des aurores…

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De retour de Norvège : les Lofoten en hiver, résumé en iphonographie

20 février 2013 23 Commentaires

La semaine passée, nous étions donc en Norvège, et plus précisément dans les Lofoten, sur l’île de Moskenes (dans le comté du Nordland, ça ne s’invente pas). Initialement, nous devions emmener la tente, et bivouaquer. Je sais, vous vous dites que le camping en hiver, dans le Cercle Polaire, c’est un truc de suicidaires. Mais non, au contraire, les températures restent relativement douces pour la latitude et c’est tout à fait envisageable, pour peu que l’on trouve un bon endroit à l’abri du vent où planter la tente et, surtout, que l’on soit bien équipé en duvets et autres petites couches chaudes.

Mais Monsieur Oreille n’est plus tout jeune, et le voilà avec un retour de lombo-sciatique la semaine précédant notre départ. Du coup, en femme dévouée et compatissante, j’ai consenti à laisser la tente à Paris (ce qui a libéré de l’espace pour du matériel photo !) et nous avons passé la semaine dans de charmants rorbuer.

Je vous prépare des articles complets avec de « vraies » photos mais, en attendant, voici une petite mise en bouche reprenant les photos que vous pouviez retrouver en direct, la semaine passée, sur Instagram et sur Facebook. Des photos à l’iPhone donc, puisque le but est de partager : vite ! (avec un poil de Snapseed, bien sûr, l’appli qui permet de retoucher ses photos directement sur son smartphone et dont je vous avais déjà parlé)

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Nous sommes donc partis un samedi, pour un long trajet jusqu’à Å (prononcez « o », en norvégien). Lors de notre voyage au Laos, nous avions pris deux avions, passé une nuit à Bangkok, puis repris un avion, un tuk-tuk, un bus, un tuk-tuk, une pirogue et finalement un bus pour arriver à Luang Namtha, notre première étape. Hé bien ce trajet jusqu’à Å m’a vraiment rappelé le début de notre séjour au Laos, sauf qu’on allait beaucoup moins loin, et qu’il faisait froid.

Nous avons donc commencé par un après-midi et une nuit à Copenhague ; c’est toujours agréable de profiter d’une escale pour avoir un petit aperçu d’une ville. Puis nous avons repris deux avions, marché, attendu un ferry, pris le ferry (le « attendu » a son importance quand il fait nuit et froid et qu’on attend 2h les pieds dans la neige…), pris un taxi hors de prix (10€/km) et sommes enfin arrivés dans notre première cabane (rorbu en français !) pour une nuit de sommeil bien méritée.

Minute pratique : aller de l’aéroport de Bodø au ferry
Étant donné le coût de la vie en Norvège, économiser quelques euros sera toujours sympa. Sachez donc que pour aller de l’aéroport à l’embarcadère vers les Lofoten, vous n’avez pas besoin de prendre le bus ni même un taxi. L’aéroport est en ville, à 10 minutes du centre et à 20 minutes des ferrys ! A pied !
Ainsi, atterrissant à Bodø, suivez la direction du centre (« sentrum ») et, de là, longez simplement l’eau vers l’Est, jusqu’à la gare ferroviaire.
La seule difficulté (si tant est que ça en soit une) c’est de ne pas se tromper d’embarcadère. En effet, il y a le port de plaisance dans le centre-ville, puis un premier embarcadère pour des petits bateaux. Pour les ferrys vers les Lofoten, il faut s’éloigner un petit peu plus du centre. A noter également qu’il n’y a pas d’endroit chauffé où attendre en dehors des heures de bureau (fermeture à 17h en hiver). Évitez donc d’y être trop en avance si vous voyagez l’hiver : notre ferry était à 21h, on a dû sautiller sur place pendant deux bonnes heures !

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L’hébergement en rorbu est assez typique dans les Lofoten, et il faut avouer que ces cabanes de bois rouge ont un charme fou. Pour ne rien gâcher, elles permettent d’y cuisiner, l’occasion de compenser leurs tarifs assez élevés. Je vous ferai visiter les deux dans lesquels nous avons séjourné dans un prochain article, mais quand on est entré à l’intérieur, la tente ne nous manquait pas vraiment… (c’est quand on a tendu la carte bleue, qu’on a eu une pensée pour elle).

Minute pratique : le camping sauvage dans les Lofoten
Le camping sauvage ne pose aucun souci en Norvège
, dès lors qu’on observe quelques règles de bons sens. Ainsi, il faudra bien sûr rester à distance des habitations (mais si on bivouaque, ce n’est pas pour aller dans le jardin des gens, c’est pour s’éloigner des villes et profiter de la nature, non ?) et respecter l’environnement. En été, il est interdit de faire du feu là où il y a de la végétation mais ça ne pose aucun problème dans les régions comme les Lofoten, vu l’omniprésence des rochers…

A Å (oui, ça fait bizarre…), nous avons fait deux jolies balades sur des lacs gelés et recouverts de neige. Il est recommandé de rester dans les traces laissées par les skieurs : il ne faudrait pas que la glace s’effondre sous nos pas.

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Le silence y était impressionnant. Nous étions véritablement seuls au monde. Pas un bruit. Pas un souffle de vent, pas un oiseau. Nous entendions la neige craquer sous nos pas, et nos respirations. C’est très intimidant d’entendre un tel silence, assourdissant, effrayant. Mais très agréable de profiter de ce calme, et de cette solitude méritée !

Pour autant, les nuits au rorbu n’étaient pas non plus vraiment bruyantes. Le village était tellement calme qu’on aurait pu le croire vide. Juste les cris des mouettes pour nous réveiller le matin et nous mettre dans l’ambiance dès le lever du soleil… Et encore, avec le double vitrage, fallait tendre l’oreille pour les entendre.

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Nous avons passé la deuxième moitié de la semaine à Reine, une ville un peu plus grande, en nombre d’habitants comme en surface. Å et Reine ne sont distantes que de quelques kilomètres, mais les deux villes offrent chacune une vision différente des Lofoten. A Reine, on peut moins facilement partir se promener dans la nature mais on voit de l’eau qui n’est pas gelée et on apprécie l’aspect « fjord ».

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Partout, les étendoirs se remplissent de morues en train de sécher. Et si à Å on voyait surtout des corps, les têtes étant entreposées dans des bacs, à Reine, on ne voit que les têtes, réunies en grappes… Certains n’apprécieront pas l’odeur, mais la morue fait aussi partie du charme des Lofoten. Par contre, difficile d’en acheter sur place en hiver : le seul magasin où nous avons vu du poisson, proposait des machins panés surgelés. Ouais. Non, on n’en a pas pris.

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Et puis, les Lofoten en hiver, tout comme le reste de la Scandinavie, c’est aussi les aurores boréales. Ci-dessus, c’était la plus grosse, arrivée quand on n’y croyait plus, le soir de la Saint-Valentin… Je ne vais pas m’étendre sur les aurores boréales puisque, vous vous en doutez, je vous prépare un petit truc sur le sujet, blog sur la photo de voyage oblige ! Rendez-vous la semaine prochaine !

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Et chaque voyage se termine toujours de la même manière : il faut rentrer à la maison. Alors nous avons repris le taxi pour le ferry du samedi matin, à 7h (quand on loge à Reine, on peut aller à pied jusqu’au ferry en 1h, mais en hiver c’est un peu dangereux : nuit, brouillard, routes verglacées…), puis nous avons pris le ferry, dormi à Bodø, marché jusqu’à l’aéroport, pris l’avion jusqu’à Oslo, poireauté 3h, repris un avion (jusqu’à Paris) et repris un taxi (taxi qui coûte beaucoup moins cher à Paris que dans les Lofoten, d’ailleurs).

Minute pratique : où dormir à Bodø et où manger
Je parle assez peu d’hôtels et de restaurants, mais là, j’ai deux bonnes adresses à vous proposer : la ville est chère, le choix va être stratégique. L’hôtel s’appelle tout simplement Bodø Hotell (Prof. Schyttesgt. 5). Pourquoi je vous le conseille ? Les chambres sont correctes, bien isolées, mais ce n’est pas pour ça, non. C’est parce que c’est presque une demi-pension : buffet gargantuesque le matin (sucré et salé) et soupe le soir (avec mini-buffet). Mine de rien, ce genre de détails réduit l’addition à la fin du séjour… Pour ne rien gâcher, le personnel est réellement très agréable.
Quant au restaurant, testez le Café Kafka, c’est l’un des moins chers de la ville, c’est bon même si ça reste majoritairement du burger mais, surtout, le cadre est génial : c’est familial avec une déco très sympa, de la musique improbable (Mathieu Boogaerts et le « gentiment je t’immole » de Mai Lan pendant que nous y mangions… On a signalé au serveur que Mai Lan pourrait ne pas être appréciée si des familles francophones venaient…), du WiFi gratuit et une ambiance très chaleureuse.